Élections législatives vénézuéliennes de 2020

From Wikipedia, the free encyclopedia

Inscrits20 710 421
Votants6 307 976
Blancs et nuls45 088
Élections législatives vénézuéliennes de 2020
277 députés de l'Assemblée nationale

(élections indigènes)
Corps électoral et résultats
Inscrits 20 710 421
Votants 6 307 976
30,46% en diminution 43,7
Blancs et nuls 45 088
PSUV  Diosdado Cabello
Voix 4 321 975
69,01%
en augmentation 36,1
Sièges obtenus 253 en augmentation 198
AD  José Bernabé Gutiérrez
Voix 433 334
6,92%
Sièges obtenus 11 en augmentation 11
Répartition des sièges
Diagramme

Les élections législatives vénézuéliennes de 2020 ont lieu le afin de renouveler les 277 députés de l'Assemblée nationale du Venezuela. Un temps avancées à 2018 puis reportées à une date indéterminée à cause de la pandémie de Covid-19, elles sont finalement organisées l'année prévue, dans le contexte de crise politique entre le gouvernement et l'assemblée sortante, au sein de laquelle l'opposition est majoritaire depuis les élections législatives de 2015.

Avec un taux de participation de seulement 31 %, le Parti socialiste unifié du président Maduro remporte une large majorité des sièges[1].

Réactions internationales avant les élections

Initialement prévues pour 2020[2], le président Nicolás Maduro et le vice-président de l'Assemblée nationale constituante, Diosdado Cabello émettent le souhait de les anticiper et de les organiser le , le jour même de l'élection présidentielle vénézuélienne de 2018[3],[4], et d'organiser en ce jour les élections des conseils législatifs des États et des conseils municipaux[5]. Le , pour des raisons techniques et d'organisation, le Conseil national électoral rejette cette date et annonce qu'il communiquera le calendrier électoral la semaine suivante[6]. Finalement, Maduro, en accord avec une petite partie de l'opposition, reporte le scrutin[7].

Le , Maduro propose de nouveau des législatives anticipées pour 2019[8]. Il fait de même le [9]. Le , Diosdado Cabello, devenu entretemps président de la Constituante, propose l'organisation du scrutin en 2019 ou le [10].

En raison de la pandémie de Covid-19, le président Maduro annonce en que le scrutin n'aura pas lieu durant l'année[11].

Les partis d'opposition présentent des divisions internes entre partisans du boycott et tenants de la participation. Le Tribunal suprême de justice (TSJ) arbitre ces conflits[12].

En , le Tribunal suprême de justice (TSJ), à la suite de l'échec de discussions entre le pouvoir exécutif et l'Assemblée nationale, désigne de nouveaux membres à la tête du Conseil national électoral. Le TSJ nomme notamment une magistrate ciblée par des sanctions canadiennes à la présidence du conseil électoral. L'opposition vénézuélienne qualifie le processus électoral de « farce » et annonce se retirer des élections[13],[14].

Les 16 et , le Tribunal suprême de justice décide de remplacer les dirigeants des partis d'opposition Action démocratique et Primero Justicia, nommant respectivement José Bernabé Gutiérrez et José Brito à la tête de ces partis[15]. Il fait de même le avec ceux de Volonté populaire et nomme José Gregorio Noriega à la tête du parti[16].

Début , le conseil électoral national annonce finalement l'organisation des élections le suivant[17].

La Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme Michelle Bachelet dénonce dans un rapport sur la situation humanitaire du Venezuela que les décisions du TSJ réduisent « la possibilité de créer les conditions nécessaires à des processus électoraux crédibles et démocratiques ». Bachelet indique que les nouveaux représentants du CNE étaient choisi « sans le consensus de toutes les forces politiques et ont interféré avec l’organisation interne de deux des principaux partis politiques d’opposition »[18].

En , les tendances pro-Guaidó des partis Action démocratique, Justice d'abord, Volonté populaire et Un nouveau temps, annoncent leur boycott du scrutin[19],[20]. Au contraire, Henrique Capriles, le candidat de la droite aux élections présidentielles de 2012 et 2013, a appelé l'opposition à « jouer le jeu de la démocratie » et à prendre part aux élections. Le député Stalin Gonzalez, jusqu'alors le plus proche conseiller de Juan Guaidó, prend ses distances avec ce dernier et se rallie à Capriles[21]. La Conférence épiscopale vénézuélienne, traditionnellement proche de l'opposition, demande à cette dernière de « prendre ses responsabilités » et de rejeter l’abstention[22].

En septembre, le gouvernement vénézuélien invite l'Organisation des Nations unies et l'Union européenne à dépêcher des observateurs pour surveiller le déroulement du scrutin[23]. L'UE refuse, estimant que les conditions pour des élections transparentes ne sont pas réunies[24].

Les États-Unis annoncent qu'ils ne reconnaîtront pas les résultats des élections et l'Union européenne demande qu'elles soient reportées, considérant que les conditions d'un scrutin transparent et juste ne sont pas réunies. Une trentaine de pays demande dans une déclaration commune, publiée le 21 aout 2020, la création au Venezuela d'un gouvernement de transition qui conduirait à « une élection présidentielle libre et juste le plus tôt possible »[25].

Washington commence à émettre certaines réserves à l'égard de Juan Guaido. Donald Trump déclare en n’avoir « pas beaucoup confiance » en celui-ci, dont l’adoubement par son gouvernement, estime-t-il, n’a pas « eu une grande signification »[12]. Elliott Abrams, le représentant spécial des États-Unis au Venezuela, a toutefois affirmé que Washington maintiendrait son soutien à Juan Guaido après l'élection. Il a également fait savoir qu'il était en discussion avec quelque 60 pays afin de s'assurer qu'ils s'associeraient à la position américaine sur le Venezuela[26].

Le , le gouvernement américain annonce des sanctions contre cinq dirigeants de l’opposition ayant décidé de se présenter aux élections « pour leur complicité dans les tentatives de Maduro de déposséder le peuple du Venezuela de son droit de choisir ses dirigeants lors d’élections libres et équitables […] En agissant de la sorte, ces individus concourent aux tentatives grossières d’un dictateur désespéré et illégitime pour s’emparer du pouvoir de facto et de le conserver »[27].

Système électoral

L'assemblée est composée de 277 sièges pourvus pour cinq ans selon un mode de scrutin parallèle. Sur ce total, 133 le sont au scrutin majoritaire plurinominal dans 87 circonscriptions, dont trois sièges réservés aux communautés indigènes. Dans chaque circonscription, les candidats ayant recueilli le plus de suffrages sont élus, à hauteur du nombre de sièges à pourvoir. Les 144 sièges restants sont quant à eux pourvus au scrutin proportionnel plurinominal, dont 96 répartis dans 24 circonscriptions de trois à dix sièges correspondant aux 23 États du pays plus le district de la capitale, Caracas, auxquels s'ajoutent 48 sièges pourvus dans une unique circonscription nationale. Après décompte des suffrages, les sièges sont répartis à la proportionnelle selon la méthode d'Hondt[28],[29],[30].

Au scrutin précédent, l'Assemblée comportait 167 députés, dont 113 élus au scrutin majoritaire, tandis que 51 députés étaient élus au scrutin proportionnel plurinominal de liste dans une unique circonscription nationale. Enfin, trois sièges étaient réservés aux indigènes[31],[32].

Résultats

Résultats des législatives vénézuéliennes de 2020[33]
Partis Proportionnelle Circonscriptions Total +/-
Voix % Sièges Voix % Sièges
Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) 3 910 197 62,43 123 6 780 123 61,69 130 253 en augmentation 198
Tupamaro 99 747 1,59 0 175 232 1,59 0 0 en stagnation
Patrie pour tous (PPT) 87 994 1,41 0 146 606 1,33 0 0 en stagnation
Mouvement nous sommes le Venezuela (MSV) 66 500 1,06 0 114 178 1,04 0 0 en stagnation
Pour la démocratie sociale (Podemos) 52 104 0,83 0 86 744 0,79 0 0 en stagnation
Mouvement électoral du peuple (MEP) 33 316 0,53 0 57 724 0,53 0 0 en stagnation
Alliance pour le changement (APC) 31 114 0,50 0 51 830 0,47 0 0 en stagnation
Organisation renouveau authentique (ORA) 21 408 0,34 0 38 434 0,35 0 0 en stagnation
Unité populaire vénézuélienne (UPV) 19 595 0,31 0 30 402 0,28 0 0 en stagnation
Total Grand Pôle patriotique Simón Bolívar (GPPSB) 4 321 975 69,01 123 7 481 271 68,07 130 253 en augmentation 198
Action démocratique (AD) 433 334 6,92 11 785 443 7,15 0 11 en diminution 14
Espoir pour le changement (EL CAMBIO) 284 315 4,54 3 537 428 4,89 0 3 en augmentation 3
Venezuela d'abord (PV) 187 264 2,99 2 311 628 2,84 0 2 en augmentation 2
Comité d'organisation politique électorale indépendante (COPEI) 175 840 2,81 1 293 663 2,67 0 1 en stagnation
Parti communiste du Venezuela (PCV) 170 352 2,72 1 303 535 2,76 0 1 en diminution 1
Avancée progressiste (AP) 156 248 2,49 3 332 727 3,03 0 3 en augmentation 3
Solutions pour le Venezuela 99 649 1,59 0 187 988 1,71 0 0 en stagnation
Mouvement vers le socialisme (MAS) 77 311 1,23 0 136 185 1,24 0 0 en stagnation
Mouvement écologique du Venezuela (MOVEV) 67 550 1,08 0 86 813 0,79 0 0 en stagnation
Changeons - Mouvement citoyen (CMC) 52 588 0,84 0 99 043 0,90 0 0 en stagnation
Volonté populaire (VP) 44 268 0,71 0 79 647 0,72 0 0 en diminution 14
Venezuela uni (VU) 29 188 0,47 0 51 684 0,47 0 0 en stagnation
Autres partis 163 006 2,60 0 303 043 2,76 0 0 -
Sièges réservés aux indigènes 3 en stagnation
Votes valides 6 262 888 99,29
Votes blancs et invalides 45 088 0,71
Total 6 307 976 100 144 10 990 098 100 130 277 en augmentation 110
Abstentions 14 402 445 69,54
Inscrits / participation 20 710 421 30,46

Réactions internationales

Suites

Notes et références

Related Articles

Wikiwand AI