Élisabeth Prévost
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Élisabeth Marie Louise Prévost |
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Élisabeth Prévost est une voyageuse et écrivaine française née le 31 janvier 1911 à Charleville dans le département des Ardennes et morte le à Boissise-le-Roi en Seine-et-Marne.
Juste avant la Seconde Guerre mondiale, elle entretint une relation avec Blaise Cendrars, qui fut un événement majeur de sa vie et inspira l'écrivain.
Selon Monique Chefdor, universitaire et fondatrice à New York en 1978 de l'Association Internationale Blaise Cendrars, « c'était avant tout une baroudeuse, très anglaise de style et pleine d'humour mais somme toute assez solitaire »[1].
Une propriétaire aisée
Élisabeth Marie Louise Prévost naît le 31 janvier 1911 à Charleville dans les Ardennes[2]. Élevée « à la garçonne », elle chasse le sanglier avec son père dès l'âge de dix ans, et se voit offrir son premier fusil à treize ans, pour sa première communion[3]. Elle est issue d'une famille de maîtres de forges du côté maternel et de banquiers du côté paternel[3],[N 1], et hérite dans les Ardennes d'une vaste propriété forestière — peut-être près de Brognon, à la lisière de la forêt de Signy-le-Petit[4] —, Les Aiguillettes. Là, elle élève des chevaux de concours, joue au polo et pratique la chasse à courre[3]. Elle est suffisamment aisée pour disposer d'une dizaine de gens de maison[N 2],[3], et voyager aux quatre coins du monde.
Elle chasse ainsi dans les Carpates, parcourt la Mongolie en train[5]. Tentée par l'aventure, elle achète une vieille Ford à bord de laquelle elle traverse l'Afrique en 1934 « à la recherche d'une mine d'or », et pour chasser au Congo et au Tchad[6]. En 1936, elle visite l’Europe en roulotte, de la Bretagne à la mer Noire[5].
Blaise Cendrars
Le 7 février 1938, Élisabeth rencontre Blaise Cendrars à Paris, grâce à Pierre Pucheu[7], un ami commun[5]. Cendrars qui a rompu avec Raymone sa fiancée, a cinquante ans ; elle vingt-sept[1]. Elle l'invite à séjourner dans sa propriété : il y restera en secret jusqu'en 1939[N 3], pendant « une année et demie de mystère, entouré de hauts sapins mélancoliques et de grands hêtres roux et rouges en automne, non loin d'une rivière où sautaient des truites »[8].
L'écrivain la surnomme « Madame mon copain »[8], et le couple qu'elle forme avec lui « Bee and Bee » (pour Beth et Blaise)[6]. Elle lui inspire[8] le personnage de Diane de la Panne, dans L'Homme foudroyé : « j'adore les femmes qui boivent, et mademoiselle de la Panne buvait sec. C'est pourquoi je la traitais en copain ».
La nature de leur relation reste inconnue ; la guerre les sépare, en 1939. Élisabeth devenue âgée écrira : « Blaise Cendrars fut, dans ma vie, et pour toute ma vie, l’être qui marqua le plus mon cœur et mon esprit ». L'écrivain quant à lui, lui dédiera La Forêt vierge (« à Bee and Bee, qui m'a enlevé [...][N 4] »).
Autour du monde
Elle multiplie alors les voyages, quittant chaque année la France pendant plusieurs mois, jusqu'à soixante-dix ans passés. Au cours de ses multiples tours du monde, elle essuie trois naufrages. Ce qui fera reconnaître à Joseph Kessel : « Élisabeth Prévost a voyagé beaucoup plus que moi »[5].
Aimantée par le goût de l'aventure, elle participe à des reportages, par exemple au sein d'une unité américaine sur la ligne Maginot[5], ou plus tard au Québec[6]. Membre de la National Geographic Society, elle parcourt le Sahara avec une caravane touareg, escalade le Rwenzori — troisième sommet d'Afrique —, vit cinq jours dans un village de Pygmées, explore les mines d'or de Kilo-Moto au Congo, les chutes du Nil, navigue entre les îles chiliennes sur un bateau militaire, accompagne des gauchos pour la transhumance des moutons en Patagonie (photographiée par Gisèle Freund)[5]. Le journal Combat l'envoie en Indochine, Toute la pêche rencontrer les Indiens du lac Mistassini[5]. Elle photographie des baleines aux Açores, on la retrouve agricultrice au Chili[5], éleveuse de variétés rares de lapins aux îles Baléares[6], pêcheuse de saumon en Irlande[6].
Bien introduite dans le monde du théâtre, elle est chargée des relations publiques de la tournée de Louis Jouvet en Amérique du Sud, participe à la création du festival d'Avignon aux côtés de Jean Vilar, dirige les Ballets des Champs-Élysées avec Roland Petit[5], investit dans le cinéma[1].
Elle rencontre nombre d'écrivains ou personnalités des arts : Jorge Luis Borges, Adolfo Bioy Casares, Silvina et Vitoria Ocampo, Jean Cocteau, Jean Giraudoux, Jeanne Moreau, etc.[5].
En 1988-1989, elle embarque dans un cargo pour son dernier tour du monde. Au retour, elle s'installe sur l'île d'Houat en Bretagne où elle est inhumée[9]
Elle meurt le à Boissise-le-Roi en Seine-et-Marne[10].
Activités littéraires
Vers la fin de sa vie, Élisabeth publie trente-et-une lettres[N 5] reçues de Blaise Cendrars. Elle est pour sa part l'auteure de plusieurs récits et nouvelles, dont Les Carottes au Plaza, qu'elle rédige après la mort de Cendrars[1]. Elle a aussi écrit plusieurs reportages, restés inédits[1].
