Éléazar Avaran, également désigné sous l’épithète d’Éléazar Hachorani, est parmi les membres de la dynastie hasmonéenne. Quatrième fils du sacrificateur Mattathias et frère cadet de Judas Macchabée, il participe activement à l’insurrection de la Judée contre la souveraineté séleucide. Sa trajectoire s’achève prématurément en 162 av. J.-C. lors de la bataille de Beth-Zacharia. Au cours de cet affrontement, il périt écrasé par un pachyderme de guerre qu’il avait lui-même éventré, espérant ainsi occire le monarque adverse.
L'historiographie dispose de données biographiques ténues concernant Éléazar, dont la figure demeure essentiellement circonscrite par son trépas sacrificiel. Selon le Rouleau d'Antiochus, son ascendant lui prête une ferveur religieuse intransigeante, l'assimilant à la lignée zélote de Phinées. Le second livre des Maccabées (8, 21-23) consigne qu'Éléazar procède à une lecture publique du Tanakh en amont de l'engagement belliqueux ultime, lequel fait l'objet d'une relation détaillée au sein du troisième livre des Maccabées (6, 1-15).
Lors de l'affrontement de Beth-Zacharia, Éléazar identifie un pachyderme de guerre dont le caparaçon distinctif suggère la présence du souverain séleucideAntiochos V. Engagé dans une manœuvre téméraire, il s'immisce sous le proboscidien et lui inflige une estocade létale au flanc. L'affaissement soudain de la bête provoque l'écrasement immédiat du guerrier[1]. Nonobstant ce sacrifice, les forces judéennes subissent une déroute face à l'hégémonie adverse. L'historien Flavius Josèphe souligne l'inanité stratégique de cet acte, lequel n'assure à son auteur qu'une gloire posthume dépourvue d'incidence militaire. Une tradition alternative, consignée dans le Megillat Antiochos, relate que la dépouille d'Éléazar est ultérieurement exhumée d'un amas de déjections éléphantines[2].
L'héroïsme d'Éléazar, gravure extraite de la Bible Macklin d'après un tableau de Philip James de Loutherbourg, 1815.Mort d'Éléazar (illustration de Gustave Doré extraite de La Sainte Bible de 1866)
La progéniture de Mattathias se voit adjoindre divers épithètes onomastiques, ainsi que l'atteste le premier livre des Maccabées. Si Judas reçoit le qualificatif de ha'Makabi — exégétiquement traduit par «le Marteau» — Éléazar hérite du surnom d'«Avaran», mentionné sous la forme «Sauran» dans la recension alexandrine du texte. Ce vocable suscite des conjectures étymologiques divergentes: il désignerait «le Perceur», en réminiscence de sa fin tragique, ou bien l'«être blanc», allusion possible à une leucodermie ou à la clarté de son teint[3]. Des variantes textuelles consignent également «Horan», vraisemblablement issu du radical Hor évoquant la perforation, ou encore «Eran», dont la sémantique renvoie à la vivacité et à la vigilance[4].
L'épisode de la fin tragique d'Éléazar constitue un motif récurrent de l'iconographie médiévale. Investi d'une fonction typologique, cet acte d'abnégation est exégétiquement perçu comme une préfiguration du sacrifice christique[5]. L'illustration de ce récit offre par ailleurs aux enlumineurs l'opportunité d'une incursion dans la peinture animalière; toutefois, l'absence de confrontation directe avec l'animal vivant engendre des représentations dont l'extravagance morphologique trahit une méconnaissance anatomique de l'éléphant. Au XIXe siècle, Gustave Doré livre une interprétation picturale de cet héroïsme belliqueux. La postérité de la figure d'Éléazar s'inscrit également dans la toponymie contemporaine: l'implantation de la colonie d'Elazar, sise dans le Goush Etzion à proximité du site historique de la bataille de Beth-Zacharia, ainsi que plusieurs artères urbaines de Jérusalem et de Tel Aviv, perpétuent son onomasse.