Émilienne d'Alençon

danseuse, actrice et courtisane française From Wikipedia, the free encyclopedia

Émilienne d'Alençon, née Émilienne Normand (légitimée Émilienne André) à Paris 9e le et morte à Monte-Carlo (Monaco) le , est une comédienne, danseuse de cabaret, célèbre courtisane et poétesse française de la Belle Époque.

Décès
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MonacoVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Émilienne Marie NormandVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Naissance, Décès ...
Émilienne d'Alençon
Émilienne d'Alençon vers 1902.
Biographie
Naissance
Décès
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MonacoVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Émilienne Marie NormandVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Émilienne d'AlençonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Vue de la sépulture.
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Biographie

Enfance et famille

Fille naturelle, Émilienne Marie Normand naît de père inconnu le à Paris dans un milieu modeste[1] : sa mère, Maria Victoria (ou Victorine) Normand (1842-1903), célibataire, est concierge rue des Martyrs[2]. Le , gérante d'un hôtel meublé, cette dernière se marie à Paris 8e avec Louis Victor André, sans profession, qui légitime Émilienne, lui donnant son nom[3].

Ses origines et la spontanéité de ses répliques vaudront à Émilienne André l'appellation de « gavroche féminin »[4].

Carrière

Débuts

Émilienne André est lancée dans le demi-monde à l'âge de 15 ans en 1885 par Charles Desteuque, surnommé « l’intrépide vide-bouteilles ». Ce chroniqueur de la rubrique des « Demi-mondaines » au Gil Blas, et nouvellement secrétaire des Folies Bergère[2], cherche de nouvelles jeunes femmes à lancer dans les cabarets[5]. La jeune fille fait ses débuts avec un numéro de danse sensuelle de dresseuse de lapins au Cirque d'été des Champs-Élysées, en 1889. Elle prend ensuite un numéro de dressage d'ânes, puis travaille au bois de Boulogne, Chez Maxim's et dans les théâtres. En lui prédisant une belle carrière, la prostituée Laure de Chiffreville lui donne son pseudonyme[4], sûrement en référence à une tenue en dentelle au point d'Alençon empruntée à sa tante[2].

Émilienne d'Alençon devient célèbre par sa liaison de 1889 à 1892 avec le jeune duc Jacques d'Uzès, rencontré au Cirque d'été, qui lui fait donner des cours de maintien, de langue française et d'histoire[2] dans l'espoir de pouvoir l'épouser. La famille du duc, en particulier sa mère la duchesse Anne de Rochechouart de Mortemart, s'oppose à ce mariage et l'envoie faire ses faits d'armes au Congo belge où il meurt de la dysenterie en [2].

Son numéro d'effeuillage aux Folies Bergère permet à Émilienne d'Alençon de rencontrer de nombreuses célébrités de l'époque et admirateurs[2]. Elle a ensuite des liaisons avec Étienne Balsan, le roi Léopold II de Belgique, le prince de Galles et futur roi d'Angleterre Édouard VII, de 35 ans son aîné[2], et peut-être l'empereur allemand Guillaume II, la mettant en concurrence directe avec les grandes demi-mondaines comme la Belle Otero ou Liane de Pougy[4].

Apogée

Émilienne d'Alençon est l'une des « Trois Grâces » de la Belle Époque, avec Liane de Pougy et Caroline Otero. Elle est comédienne aux Folies Bergère, joue au Casino de Paris, aux Menus-Plaisirs, à la Scala, aux Variétés. Elle se fait connaître à l'international par de nombreuses photographies et cartes postales[4]. Le guide Paris-Parisien la décrit en 1899 comme une « notoriété de la vie parisienne » et une « jolie demi-mondaine »[6].

À l'hippodrome, elle rencontre Percy Woodland, de 18 ans son cadet, avec qui elle a une liaison pendant un an. Elle fait ensuite la connaissance d'un autre jockey, George Alexander dit Alec Carter (1887-1914), surnommé « l'imbattable » (il a remporté 139 courses d'obstacle en un an[2]), qu'elle épouse en 1905. Lors des courses, elle porte les premiers chapeaux de son amie Coco Chanel, qu'elle a rencontré par l'intermédiaire d'Étienne Balsan, pour l'aider à la faire connaître et lancer son activité[4].

On lui prête plusieurs liaisons, avec la poétesse Renée Vivien vers 1908, et diverses danseuses des Folies Bergère, comme La Goulue en 1889 ou Julia Seale, ainsi qu'avec Liane de Pougy[7]. La liaison avec cette dernière est relayée de manière sensationnelle et caricaturale par les journaux, Gil Blas évoquant rapidement un mariage et l'arrivée d'un enfant[4]. En 1914, à 27 ans, Alec Carter meurt au combat lors de la Première Guerre mondiale, à Saint-Pol-sur-Ternoise dans le Pas-de-Calais[8].

Le déclin

En 1918, Émilienne d'Alençon se passionne pour la littérature et écrit le recueil de poèmes Sous le masque, d'une note mélancolique. En 1919, elle publie un ouvrage consacré à ses recettes de beauté personnelle sous le titre de Secrets de beauté pour être belle : recueil de conseils utiles et pratiques pour les soins de la femme[4], suivant son précepte « Être belle, c'est un métier ! ».

Mais, la Belle Époque terminée, commence le déclin d'Émilienne d'Alençon. Elle n'est plus à la mode et ne se remet pas du décès de son époux Alec Carter. Elle plonge dans l'alcool et l'opium, qui la rendent malade physiquement et mentalement. Après avoir longtemps été entretenue, elle s'endette à force de dépenses pour ses maîtresses et dans les jeux d'argent. Renée Vivien parle d'elle en ces termes[4] :

« Tu te flétriras un jour, ah, mon lys !

Tes pas oublieront le rythme de l’onde,

ta chair sans désirs, tes membres perclus

ne frémiront plus dans l’ardeur profonde,

l’amour désenchanté ne te connaîtra plus »

En 1931, pour éponger ses dettes, Émilienne d'Alençon met en vente l'ensemble de ses biens, parmi lesquels une importante collection de veilleuses en porcelaine, son précieux mobilier décoré de plaques de porcelaine et ses paravents de soie peinte, à l'Hôtel Drouot[9]. Elle réside alors 2, rue Narcisse-Diaz[10],[11].

Elle s'installe à Nice, sur la Riviera, pour y finir ses jours, et meurt à Monaco le [12]. Elle est plus tard inhumée au cimetière des Batignolles à Paris, à la demande de sa fille Marthe[13], dans la sépulture de sa famille maternelle, la chapelle de la famille Normand.

Dans la culture populaire

Galerie

Publications

Bibliographie

Notes et références

Liens externes

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