Épidémie dansante de 1518

cas de manie dansante à Strasbourg en 1518 From Wikipedia, the free encyclopedia

L'épidémie dansante de est un épisode de manie dansante observé en à Strasbourg, alors ville libre du Saint-Empire romain germanique, qui aurait concerné un total d'environ quatre-cents personnes et entrainé la mort de plusieurs d'entre elles.

Description

Plusieurs manifestations importantes de manie dansante ont été répertoriées au cours des siècles, notamment le à Erfurt[1], le aux Pays-Bas ou à Aix-la-Chapelle, en et en Alsace[1].

Selon Paracelse, l'épidémie de Strasbourg débuta en lorsqu'une femme, Frau Troffea (nom cité par Paracelse, quoique « fort improbable »[2]), se mit à danser avec ferveur dans une rue de Strasbourg pendant quatre à six jours[3],[1]. En une semaine, 34 autres personnes s'étaient mises à danser et, en un mois, elles furent aux alentours de 400. Certaines finirent par mourir de crise cardiaque, d'accident vasculaire cérébral ou d'épuisement bien qu'aucun auteur contemporain aux faits n'évoque de décès liés à cette épidémie de manie dansante[3],[2].

Les documents historiques de l'époque, incluant des « notes des médecins, des sermons de la cathédrale, des chroniques locales et régionales et même les billets émis par le conseil municipal de Strasbourg » indiquent clairement que les victimes dansaient. On ignore encore aujourd'hui pourquoi ces personnes se sont mises à danser jusqu'à ce que mort s'ensuive[3]. L'épidémie de Strasbourg de « est l'une des mieux documentées. C'est même la seule à avoir pu être reconstituée aussi précisément. [...] Au total, une vingtaine d'épisodes comparables ont été rapportés entre et . Le dernier serait survenu à Madagascar, en [4]. »

Comme l'épidémie s'aggravait, des nobles inquiets demandèrent l'avis des médecins locaux. Ces derniers rejetèrent les causes astrologiques et surnaturelles, annonçant qu'il s'agissait d'une « maladie naturelle », causée par un « sang trop chaud ». Néanmoins, au lieu de prescrire des saignées comme il était d'usage, les autorités encouragèrent les danseurs en établissant un marché aux grains et en construisant une scène en bois. Ils pensaient en effet que les malades ne s'arrêteraient de danser que s'ils pouvaient le faire sans interruption jour et nuit jusqu'à épuisement. Pour améliorer l'efficacité du traitement, les autorités embauchèrent même des musiciens pour maintenir la danse des malades[5],[6].

Postérité

En 2013, il est fait référence à cet événement dans l’épisode 18 de la seconde saison de Scooby-Doo : Mystères associés. Dans cet épisode, un groupe de Jazz fantomatique hypnotise les habitants de Crystal Cove grâce à sa musique, les rendants semblables à des morts vivants épris d’une Manie dansante.

En , Jean Teulé publie Entrez dans la danse[7], un roman historique relatant les événements de Strasbourg en , adapté en en bande dessinée avec Richard Guérineau.

En 2019 il y a est fait référence dans la série Evil saison 1 épisode 10 comme point de comparaison avec une épidémie de chant dans une école

En , le réalisateur anglais Jonathan Glazer réalise le court-métrage Strasbourg , présentant des gens dansant, enfermés dans des appartements aux murs vides. Le film a été tourné durant le confinement dû à la pandémie de Covid-19, faisant ainsi un parallèle entre les deux épidémies[8].

Le groupe suisse Cellar Darling sort en le single DANCE, en grande partie inspiré par l'épidémie dansante de mais faisant aussi un parallèle avec la société contemporaine[9].

Le jeu vidéo Elden Ring contient une référence à cette épidémie dansante. Le village aux Moulins situé au nord de la carte est un village uniquement habité par des villageoises possédées qui ne s'arrêtent jamais de danser, sauf si le joueur les attaque.[réf. nécessaire]

L'autrice Kiran Millwood Hargrave utilise l'épidémie dansante de Strasbourg de comme trame historique dans son roman La danse des damnées paru en .

La metteure en scène Julie Desmet Weaver s'inspire du fait-divers pour concevoir un film immersif pour dôme, mettant en scène la peste dansante. Cette œuvre chorégraphiée par Eugénie Andrin et mise en image par Claire Allante, revisite le roman de Jean Teulé, dans un motif contemporain. L'œuvre fait sa première au Théâtre national de Chaillot en .

Notes et références

Voir aussi

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