Épilepsie canine

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L'épilepsie canine est un groupe de pathologies hétérogènes ayant une caractéristique commune : la présence de crises convulsives chroniques récidivantes. L'épilepsie est le trouble neurologique le plus fréquent chez le chien. Elle affecte 1 % de la population canine et son incidence, légèrement plus élevée chez les mâles que chez les femelles, peut atteindre 18 % dans certaines races. L’épilepsie canine n’est pas un syndrome difficile à diagnostiquer, bien que la cause exacte des crises convulsives reste souvent indéterminée. Les crises sont généralement très impressionnantes et facilement reconnaissables par le propriétaire.

Convulsions

Les convulsions sont des manifestations d'une perturbation cérébrale paroxystique conduisant à une modification du comportement de l'animal. Ces changements de comportement peuvent se traduire par :

  • des perturbations motrices ;
  • des troubles sensitifs, sensoriels, neurovégétatifs ;
  • des troubles psychiques ;
  • éventuellement une altération de l'état de conscience.

L'importance relative de toutes ces anomalies intervient dans la classification du type de convulsion (sans préjuger de la cause). Lorsqu'une convulsion est transitoire on peut parler de crise convulsive.

Épilepsie

L'épilepsie, ou la maladie épileptique, est définie par la survenue répétée ou récurrente et plus ou moins régulière de crises convulsives ou crises épileptiques d'aspect similaire. L'épilepsie évolue habituellement sous un mode chronique (pour toute la vie de l’animal), bien qu'il puisse exister des cas de rémission de longue durée.

Il n’y a pas de consensus quant au nombre minimal de crises ou la période de temps minimum, mais en pratique vétérinaire, la meilleure définition de l’épilepsie est : deux crises ou plus séparées d’au moins un mois. La fréquence des crises varie de plusieurs crises par jour à moins d’une crise par an.

Prévalence et caractéristique de la maladie

L’épilepsie est la maladie neurologique la plus fréquente chez le chien. On considère qu’environ 1 % de la population canine globale souffre d’épilepsie, tous types de manifestations confondues. La prévalence peut atteindre 18 % chez certaines races. Les races prédisposées incluent le beagle, le labrador et le golden retriever. L’épilepsie canine n’est pas un syndrome difficile à diagnostiquer, bien que la cause exacte des crises convulsives soit souvent indéterminée. Les crises sont généralement très impressionnantes, angoissantes et facilement identifiables.

Crise d’épilepsie

Déroulement de la crise et modifications physiologiques

La crise convulsive est due à des décharges neuronales incontrôlées. Ces décharges prennent naissance localement et se propagent pratiquement instantanément à tout ou partie de l'encéphale. La crise débute au niveau cellulaire ; les neurones impliqués primitivement dans la crise constituent le foyer épileptogène. Les crises d'épilepsie peuvent donc être très diverses. Le plus souvent elles apparaissent de la même façon chez un même malade. Les raisons pour lesquelles un groupe de neurones se met à envoyer des décharges sont variables. Elles découlent toutes d’une hyperexcitabilité neuronale qui peut résulter :

  • d'un déséquilibre des systèmes excitateurs (glutamate) et inhibiteurs (GABA) ;
  • d'une altération membranaire : protéine de structure, protéine fonctionnelle, canaux ioniques ;
  • d'une altération de l'environnement neuronal : troubles biochimique dans les troubles de l'homéostasie, mais également structurale : inflammation, nécrose.

La survenue d'une crise n'est pas sans conséquence sur le système nerveux. Des lésions dépendantes du temps apparaissent rapidement et peuvent aggraver la maladie épileptique.

À court terme, les décharges neuronales paroxystiques entrainent des modifications du milieu extracellulaire et une consommation accrue d'oxygène et de glucose qui vont aggraver la souffrance neuronale. Les mouvements anormaux générés par les crises vont également augmenter la consommation énergétique périphérique ainsi que la température corporelle.

À moyen et long terme, la stimulation répétitive dû à des crises fréquente ou nombreuses (salves) peut entraîner l'apparition de foyers épileptiques secondaires, tel qu'un site épileptogène miroir dans l'hémisphère opposé (effet miroir), ou le développement de nouveaux circuits de propagation (effet feu de broussailles).

Ces éléments militent en faveur d'un traitement précoce de la maladie épileptique.

Phases de la crise

Les syndromes convulsifs se manifestent sous la forme de crises ou de succession de crises caractérisées par des perturbations de l'activité motrice, neurovégétative, sensitive ou psychique. N'importe quelle combinaison de ces perturbations est possible et les crises peuvent être généralisées ou partielles d'où une terminologie spécifique et relativement complexe. Une crise se déroule généralement en suivant les quatre phases suivantes :

  • Prodrome : période précédant la survenue d'une crise et au cours de laquelle l'animal présente une attitude ou un comportement singulier. Elle peut durer de quelques minutes à quelques jours. La phase de prodrome passe inaperçue aux yeux de la plupart des propriétaires de chiens épileptiques, mais certains propriétaires disent qu’ils peuvent prédire l’arrivée des crises de leur chien au vu de son comportement pendant cette période. Nombre de ces comportements semblent être liés à une anxiété accrue, le chien pouvant chercher à attirer l’attention, gémir ou se cacher, par exemple.
  • Aura : période de la crise pendant laquelle l'animal est conscient. Il peut s'agir d'une période focale initiale, précédant une crise généralisée. L’aura survient généralement quelques minutes seulement avant la phase ictale et peut inclure des modifications comportementales, voire une activité motrice asymétrique pouvant rapidement évoluer vers l’activité motrice symétrique-généralisée de la phase ictale. L’aura est plus prononcée que le prodrome et elle est généralement très rapprochée de l’ictus.
  • Ictus (période critique, état de mal) : c’est la crise proprement dite. La majorité des crises sont dites « tonico-cloniques », le chien passant par une période d’extrême tonicité des muscles extenseurs, puis tombant en décubitus latéral, alternant ainsi périodes de rigidité et de relaxation. On observe des contractions rythmiques des muscles : pédalage, soubresauts des membres, mouvements de mastication. Le chien est généralement inconscient pendant la phase ictale mais garde les yeux ouverts. Souvent, l’activité motrice anormale s’accompagne de dysfonctionnements du système autonome de type miction, défécation ou salivation.
  • Post ictus : c’est la période de troubles (non convulsifs) suivant la période ictale. Elle n'existe pas forcément, et sa durée s'étend généralement de quelques minutes à quelques heures, parfois 24 à 48 heures. Elle peut inclure confusion, cécité, surdité, ataxie, sommeil profond ou même agressivité. Il peut s’agir de la seule phase observée par le propriétaire s’il n’a pas assisté à la phase ictale.

Classification des crises

Selon le tableau clinique

On distingue :

  • les crises partielles ou focales ; elles n’impliquent qu’un seule zone du cortex cérébral ;
    • simples (sans perte de connaissance)
  1. avec des signes moteurs,
  2. avec des signes sensitifs,
  3. avec des troubles neurovégétatifs,
  4. avec des troubles comportementaux,
    • complexes (avec perte de connaissance),
  1. évolution d'une crise simple,
  2. perte de connaissance d'emblée,
    • évolutives : passage d'une crise partielle à une crise généralisée,
  • les crises généralisées : bilatérales, symétriques, avec perte de connaissance, elles impliquent d’emblée les deux hémisphères cérébraux ou constituent une évolution secondaire de crises focales ;
    • absences : elles sont caractérisées par une perte brutale du contact avec un regard vitreux, une indifférence aux stimuli. Elles sont parfois accompagnées de phénomènes cloniques tels que des clignements des paupières, des spasmes de la face ou des mâchonnements. Bien connues chez l'homme, elles sont mal documentées chez le chien car difficiles à identifier cliniquement.
    • Crises myocloniques : un ou plusieurs groupes musculaires subissent des contractions soudaines et transitoires (saccadées). On parlera de crise clonique lorsqu'un même groupe musculaire subit des myoclonies répétitives et prolongées.
    • Crises toniques : augmentation soutenue du tonus musculaire, avec, à terme, l'impossibilité de maintenir la station debout.
    • Crises toniques-cloniques : alternance de phases toniques et cloniques.
    • Crises atoniques : décubitus et perte complète du tonus musculaire

Certaines crises focales évoluent tellement vite en crises généralisées que la composante focale initiale peut passer inaperçue.

Selon la fréquence des crises

On distingue :

  • crises isolées (autolimitées) : ce sont les plus fréquentes. Elles se manifestent sous forme de crises uniques. Les crises isolées n’engagent pas le pronostic vital. Elles sont plus inquiétantes pour le propriétaire que pour le chien, qui est généralement inconscient pendant la crise ;
  • crises groupées : elles correspondent à deux crises ou plus en l’espace de 24 heures. Leur pronostic est moins bon que celui des crises isolées et elles peuvent évoluer en status epilepticus. Les chiens ayant des crises groupées peuvent se révéler plus résistants aux traitements antiépileptiques bien que, pour certains, les groupes de crises puissent être espacés de plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Les chiens souffrant de crises groupées doivent être traités de manière précoce avec des antiépileptiques ;
  • status epilepticus (continu, état de mal épileptique) : c’est une série de crises ou une activité convulsive continue, sans période de reprise de conscience durant au moins cinq minutes. Elles peuvent entraîner la mort si elles ne sont pas interrompues. Le status epilepticus est un événement médical grave nécessitant un traitement immédiat afin d’interrompre l’activité convulsive.

Selon l’origine

  • Épilepsie idiopathique (ou épilepsie primaire) : il n’existe aucune anomalie structurelle cérébrale sous-jacente et une origine génétique est supposée Cette catégorie est la plus fréquente chez les chiens de race ayant leur première crise entre 1 et 5 ans. Les crises sont généralement symétriques et généralisées. Le cas typique d’épilepsie idiopathique est un chien de race pure, totalement normal cliniquement entre les crises, et dont la première crise survient vers l’âge de 2-3 ans.
  • Épilepsie symptomatique (ou épilepsie secondaire) : c’est la conséquence d’une cause identifiable dans le cerveau (intracrânienne) ou ailleurs (extracrânienne) :
    • Intracrânienne : tumeur, inflammation, hémorragie ou infarctus, tissu cicatriciel, traumatisme, maladies dégénératives, hydrocéphalie.
    • Extracrânienne (appelées aussi crises réactives) : hypoglycémie, encéphalose hépatique, déséquilibres électrolytiques.
  • Épilepsie probablement symptomatique (ou épilepsie cryptogénique) : serait la conséquence d’une lésion structurelle cérébrale non identifiable. Elle pourrait être due à une zone de tissu cicatriciel dans le cerveau faisant suite à un accident survenu des mois auparavant. Ces lésions pourraient être trop petites pour être visualisées à l’IRM ou même à l’autopsie. Cette forme est suggérée par un début d’activité convulsive asymétrique.

Maladies et troubles associés aux crises d’épilepsie

De nombreuses pathologies peuvent être à l’origine de crises d’épilepsie :

  • maladies vasculaires ;
  • maladies inflammatoires et infectieuses ;
  • traumatismes ;
  • anomalies congénitales (malformation) ;
  • maladies métaboliques qui peuvent engendrer des anomalies à l’origine de signes neurologiques — convulsions notamment — alors que le cerveau est sain. On compte parmi ces maladies : l’encéphalose hépatique, l’hypoglycémie, les intoxinations ;
  • tumeurs ;
  • maladies dégénératives ou de stockage ;
  • l’épilepsie idiopathique.

Mise en place du traitement

Options thérapeutiques actuelles

Bibliographie

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