Équilibre de la terreur

doctrine de stratégie militaire au sujet de la dissuasion nucléaire From Wikipedia, the free encyclopedia

L’équilibre de la terreur ou destruction mutuelle assurée (DMA, ou MAD en anglais)[a] est une doctrine de stratégie militaire au sujet de la dissuasion nucléaire.

Conséquences de l'explosion de la bombe atomique sur Hiroshima le .

Doctrine élaborée à l'époque de la guerre froide, d'une part par l'Union soviétique (et ses satellites au sein du Pacte de Varsovie), et d'autre part par les États-Unis (et ses alliés au sein de l'OTAN), celle-ci affirme que l'utilisation à grande échelle de l'arme nucléaire par l'un des deux protagonistes provoquerait à coup sûr la destruction des deux camps. C'est la forme extrême de la dissuasion, où les bénéfices d'une attaque seraient invalidés par les pertes, puisqu'il y aurait annihilation de chacun des belligérants. Il est donc nécessaire pour chaque belligérant de disposer d'un arsenal d'armes de destruction massive suffisant pour annihiler l'ennemi.

Cette stratégie est une forme d'équilibre de Nash, dans lequel chacune des parties ne peut rompre l'équilibre qu'en s'exposant à être détruit.

Doctrine

La doctrine sous-entendue par cette expression s'analyse comme la capacité pour chaque bloc d'annihiler l'autre par une attaque nucléaire massive en cas d'agression : le premier qui tente de détruire l'autre est en quelque sorte assuré d'être détruit à son tour, annulant complètement l'intérêt d'une telle attaque[1]. Les puissances constituées représentaient des forces de destruction capables de « faire sauter plusieurs fois la planète », selon une expression populaire très en vogue à l'époque, en cas de guerre nucléaire. Les Américains renoncent donc à la doctrine des « représailles massives » pour celle d'une « riposte graduée ».

Développement de l'arme nucléaire

Malgré leurs accords de limitation de têtes nucléaires, le stock d'armement nucléaire des deux superpuissances reste très important.

C'est en invoquant cette doctrine que, durant la guerre froide, les deux superpuissances qu'étaient les États-Unis et l'Union soviétique ont développé un stock d'armes nucléaires leur permettant de se détruire mutuellement et éviter qu'une « première frappe » adverse ne les désarme.

Dès le , grâce au lancement de Spoutnik 1, le premier satellite artificiel, les Soviétiques montrent aux Américains qu'ils sont capables de lancer des missiles intercontinentaux.

Le développement de sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) a permis aux deux camps d'avoir une capacité de « seconde frappe » en cas d'attaque nucléaire de l'autre camp.

La quantité d'armements accumulés et déployés de part et d'autre a conduit à tenter de nombreuses négociations, avant de parvenir à des accords de désarmement partiels (par exemple les accords SALT ou de négociations sur la limitation des armements stratégiques à partir de 1969).

Evolution stratégique liée à ce scénario

L'imaginaire collectif considère encore aujourd'hui l'arme atomique comme une menace pour la paix.

Le risque de prolifération nucléaire vers des pays irresponsables est toujours craindre au delà des puissances déjà dotées.

Il est néanmoins nécessaire de comprendre que dans toute l'histoire de la guerre (dont les conflits furent de plus en plus terribles et meurtriers au fur et à mesure de l'évolution des techniques de combats), aucune stratégie n'a autant œuvré pour la diplomatie et le statu quo que la dissuasion nucléaire.

Le principe de la dissuasion nucléaire est fort simple : toute agression trop directe envers une puissance nucléaire expose l'agresseur à une riposte cataclysmique et absolument insoutenable, un pays non-nucléaire ne peut donc en aucun cas s'attaquer frontalement à une telle puissance.

La bien nommée Guerre froide, qui avait tous les ingrédients (situation géopolitique, détestation mutuelle, rapport de force idéologique…) pour dégénérer en conflit mondial, fut un exemple de guerre impossible.

L'équilibre de la terreur ou MAD en anglais (Mutually Assured Destruction ou « Destruction mutuelle assurée ») une situation plus précise : lorsque deux puissances sont nucléaires, toute agression atomique de l'une expose l'agresseur à une riposte destructrice d'une ampleur au moins équivalente, ainsi le déclenchement des hostilités est a priori impossible. Car le fait d'être agresseur ne profère aucun avantage particulier comme ce pouvait être le cas dans la stratégie classique, être attaquant ou attaqué signifie de toute façon la destruction, d'où l'exigence constante de garantir la paix.

La solution la plus efficace trouvée pendant la guerre froide pour garantir la sécurité du monde, fut justement, par le traité ABM (ABM pour anti-missiles balistiques) signé en 1972, de limiter non pas les capacités offensives de chacun des deux camps, mais de limiter les capacités défensives. En effet, le meilleur gage de paix était de préserver à tout prix la destruction mutuelle assurée, et ainsi d'interdire l'utilisation généralisée de ces nouvelles technologies des années soixante-dix des missiles antibalistiques. Cela montre à quel point la très contre-intuitive dissuasion nucléaire est l'une des meilleures assurances imaginable pour la sécurité du monde, y compris lorsque celui-ci était divisé par la confrontation est-ouest.

Dans la fiction

Cinéma

Télévision

Jeux vidéo

Notes et références

Voir aussi

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