Éric Freymond

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Naissance
Décès
(à 67 ans)
Saanen (Suisse)
Nationalité
Suisse
Éric Freymond
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Biographie
Naissance
Décès
(à 67 ans)
Saanen (Suisse)
Nationalité
Suisse
Activité

Éric Freymond, né le et mort le à Saanen[1], est un homme d'affaires, collectionneur d'art et mécène suisse issu d'une famille influente de Suisse romande[2],[3].

Origine et formation

Il est le fils de Pierre Freymond, avocat, député radical au Grand Conseil vaudois et conseiller national suisse, et de son épouse née Monique Antoinette Vernet[4]. Il épouse Caroline Berthout van Berchem, très riche héritière qui lui donnera deux filles[3].

Éric Freymond commence en 1979 ses études de droit à l'université de Genève, en Suisse, et poursuit sa formation auprès de l’étude Haissly & Vodoz[5].

Carrière dans le monde de la banque et de la finance

En 1988, Éric Freymond rejoint la banque Ferrier, Lullin & Cie SA en tant gestionnaire de fortune de la clientèle privée européenne. Sept ans plus tard, il intègre le groupe de gestionnaires de fortune Vernes et Associés[5],[6].

Gestionnaire de fortune et de patrimoine

En 2001, il fonde sa propre société de gestion de fortune, Semper Gestion SA[7], qui se concentre sur la gestion de patrimoine d’une clientèle privée. La société va développer des antennes à Shanghai et à Londres[8].

Par le biais de Semper, Éric Freymond investit dans le monde du luxe, de l'associatif, ainsi que dans l’innovation. C’est ainsi qu’il devient administrateur de « La Montre Hermès SA »[9] et dans la société Wijet.

En 2014, Éric Freymond décide de se concentrer sur ses clients les plus aisés et prétend développer sa collection d’art. Il se retire de Semper Gestion SA[10]. Après son retrait de Semper Gestion SA, Eric Freymond lance un nouveau Family office basé à Genève sous le nom de Phidias Gestion[11]. Phidias servira de véhicule d'investissement à Eric Freymond à partir de 2015 et jusqu'à sa liquidation après son décès le 11 novembre 2025.

En 2025, le média d'investigation Glitz révèle qu'Éric Freymond disposait d'une holding secrète enregistrée dans le canton suisse de Zoug, administrée par Dimitri Couderc, dirigeant des sociétés Caibuo Capital et Squale Capital ; Xavier Del Marmol et Inès Bodmer sont également cités comme associés de Axius AG[12].

Fondé de pouvoirs de Nicolas Puech et de Richard Desurmont

Eric Freymond obtient, vers la fin des années 1990, une procuration générale pour gérer les biens de Nicolas Puech, un des héritiers du groupe Hermès[13]. Eric Freymond gère avec une grande discrétion une affaire qui oppose LVMH à Hermès au début des années 2010[14],[15]. Il est administrateur de sa fondation, rebaptisée Fondation Isocrate en 2022[16] et dont les nouveaux statuts restreignent le rôle décisionnaire de l'hériter Hermès[17]. En 2022, lorsque Nicolas Puech se rend compte qu'Eric Freymond lui a subtilisé les actions Hermès, il lui retire tous ses mandats[18].

Il s'occupe aussi de la gestion des biens de Richard Desurmont, un français installé à Gstaad, qui meurt en 2021 et dont Eric Freymond est alors l'exécuteur testamentaire. La principale héritière de Richard Desurmont, Heidi von Salvisberg, lui fait retirer sa qualité d'exécuteur testamentaire lorsqu'elle se rend compte d'un possible détournement[18].

En 2019, il perd 22 millions d'euros à l'Île Maurice où il prétendait essayer d'investir pour le compte d'un client[19].

Investissement et mécénat

L'espace Muraille

À la suite de son départ de Semper Gestion SA, Éric Freymond et son épouse[20] décident de s’investir dans le développement d’un espace culturel entièrement consacré à l'art contemporain au cœur de la ville de Genève, l’espace Muraille.

En 2019, après cinq ans d’expositions, l’espace Muraille rejoint l’association genevoise Art en Vieille-Ville[21], qui regroupe une quinzaine de galeries d’art et trois musées genevois ; le musée Barbier-Mueller, le musée d’Art et d’histoire de Genève, et la fondation Baur.

Après le suicide de Eric Freymond, sa veuve décide de fermer Espace Muraille[22].

Alain Ducasse

Éric Freymond compte parmi les investisseurs de la holding de tête du groupe du chef cuisinier Alain Ducasse[23].

Solar Impulse

En 2003, Éric Freymond devient un des premiers investisseurs du projet Solar Impulse de l'aéronaute Bertrand Piccard, qui a lancé le défi, avec son partenaire André Borschberg, de faire le tour du monde en avion solaire[10].

Wijet

Il investit en 2009 dans le projet Wijet de « taxi-jets »[24]. Wijet fait faillite en 2019[25].

Projet Be.care

Éric Freymond investit dans le projet be.care, une plateforme de diagnostic médical préventif[26]. Elle fait faillite en 2023[27].

Affaires judiciaires

Affaire Afflelou

Sa position en tant que fondateur et administrateur de Semper Gestion SA l’a amené à assumer une condamnation[28] de Semper Gestion SA dans « l'affaire Afflelou »[29],[30], entamée par l'Autorité des marchés financiers. Il est donc condamné en 2009 « pour manquement d’initié dans l’affaire Afflelou »[13]. Dans cette affaire, l'Autorité des marchés financiers prononce à son encontre une sanction de 2,5 millions d'euros, qui sera confirmée en appel puis en cassation[29] ; l'entreprise Semper Gestion écope elle d'une amende de 1,5 million d'euros[29].

Affaire LVMH-Hermès

Le premier contact entre LVMH et Eric Freymond a lieu fin 2001 lorsque Pierre Godé est chargé par Bernard Arnault de chercher à acquérir des actions de la société Hermès. Freymond aide alors LVMH à contrôler, directement ou indirectement, 17,1% du capital d'Hermes en 2006. Il n'est pas clair s'il a vendu à la même époque les actions appartenant à Nicolas Puech[18].

À la suite du différend opposant LVMH et Hermès, dans lequel il joue un rôle central en sa qualité de gestionnaire de fortune de Nicolas Puech, Éric Freymond fait l'objet d'une plainte en 2016 pour « faux et usage de faux » déposée en 2015 par Hermès. Le groupe lui reproche d'avoir fourni, au nom de Nicolas Puech, une déclaration de détention de titres inexacte : une partie des actions auraient été en réalité prêtée à LVMH pour lui permettre de mener son opération de rachat[31].

En 2018, après ne pas avoir répondu aux convocations de la justice, il est intercepté à l'aéroport Paris-Charles de Gaulle et emmené au Tribunal judiciaire de Paris où la magistrate Charlotte Bilger, chargée de l'affaire, lui signifie officiellement qu'il est placé sous le statut de témoin assisté pour avoir « en sa qualité de gestionnaire de fortune disposant d'un mandat général, altéré frauduleusement la vérité d'un écrit ». L'année suivante, quelques semaines avant la clôture de cette instruction, il est mis en examen[31].

En 2018, Éric Freymond assigne en justice le groupe LVMH et son président Bernard Arnault, en exigeant 380 millions d'euros pour les avoir aidés à monter au capital d'Hermès[32]. Dans sa plainte, il contredit la version que LVMH a fourni aux enquêteurs de l'AMF et affirme que le groupe visait intentionnellement l'acquisition d'Hermès depuis 2002, contrairement à ce qu'il a toujours maintenu[33]. En 2019, selon le média d'investigation Glitz, il reçoit finalement une partie de cet argent et retire sa plainte[34].

Des 2012, Éric Freymond est assisté par l’avocat parisien Jérôme Lemercier (Cabinet Pevensey)[35]qui joue un rôle pivot dans l’affaire en étant missionne par ce dernier auprès de Nicolas Puech par Éric Freymond. Jérôme Lemercier visitera souvent la propriété à Séville de Nicolas Puech. Au même moment, Jérôme Lemercier est en contact avec Pierre Gode, orchestrateur de l’opération. Éric Freymond a affirmé aux juges lors de son audition que Jérôme Lemercier est celui qui en “sait le plus” dans cette affaire[36].

Le , convoqué dans le cabinet des juges du tribunal judiciaire de Paris, Éric Freymond est interrogé pendant trois jours ; il reconnaît qu’il a transféré les actions de son client Nicolas Puech à LVMH[37].

Mort et postérité

Notes et références

Articles connexes

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