Pierre Godé

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Décès
Nom de naissance
Pierre Gérard Henri GodéVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Pierre Godé
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Pierre Gérard Henri GodéVoir et modifier les données sur Wikidata
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Distinction

Pierre Godé, né le à Abbeville et mort le à Saint-Paul-de-Vence[1],[2], est un avocat et dirigeant d'entreprise français.

Origines et formation

Pierre Godé naît le 4 décembre 1944 à Abbeville dans la Somme[3]. Il est fils de fonctionnaires[4], cadet d'une fratrie de 6 enfants[2]. Il effectue sa scolarité au collège Courbet et au lycée d'Abbeville où il rencontre Josette Salon qu'il épouse le 11 juillet 1964[5]. En 1963 il intègre la faculté de droit de l'Université Lille-II où il sera remarqué notamment par les professeurs Jestaz et Patarin[6]. C’est sous la direction de ce dernier qu’il rédige et publie, en 1977, sa thèse. Agrégé de droit privé, il enseigne cette discipline aux universités de Lille-II et de Nice de 1977 à 1989. Il sera ensuite l’architecte de l’ombre du groupe LVMH qu’il construit avec Bernard Arnault[7].

Carrière

Ses débuts à Lille

Pierre Godé commence sa carrière comme assistant dans le cabinet de Bruno Lemistre. Parallèlement à son activité d’enseignement, il publie plusieurs articles et chroniques juridiques dans la Revue trimestrielle de droit civil[8][source insuffisante].

C’est en 1970 qu’il rencontre Bernard Arnault qui travaillait à l'époque avec son père Jean Arnault. Il[Qui ?] déclare « mon père m'avait dit avant d’entrer dans le bureau de Pierre que ce dossier était si compliqué qu’il espérait pouvoir l’expliquer clairement à ce jeune avocat. Il n’a pas eu à parler, Pierre avait tout analysé préalablement et nous à d'entrée proposé des solutions lumineuses[6] »[pas clair] .

Son rôle dans le rachat de Boussac Saint-Frères

En août 1984, Pierre Godé est contacté par Bernard Arnault pour l'assister dans les négociations pour la reprise de Boussac Saint-Frères⁣⁣, ⁣ détenue par les frères Willot, mais sous contrôle de l'état grâce à une société de location gérance (CBSF)[9]. Bernard Arnault saisit l’opportunité d’unir ses forces aux Willot, proposant de devenir un « cinquième frère » et d’acquérir un cinquième de leurs actions en échange de son soutien pour éviter la liquidation du groupe. Espérant ainsi contrecarrer l’avancée des autorités et sécuriser le contrôle du groupe[6].

Pour s'assurer que les frères Willot respectent les engagements, Pierre Godé propose d'utiliser un texte désuet[source secondaire souhaitée] : « le prêt de consommation : est un contrat par lequel l'une des parties livre à l'autre une certaine quantité de choses qui se consomment par l'usage, à la charge par cette dernière de lui en rendre autant de même espèce et qualité »[10]. Par l'effet de ce prêt, l'emprunteur devient le propriétaire de la chose prêtée jusqu'au terme du prêt. Il ne restait donc plus qu'à matérialiser l'opération : chaque frère signe les ordres de mouvement correspondant d'une part à la cession définitive au profit de Bernard Arnault, d'autre part à la cession sous forme de prêt de consommation sous conditions, également au profit de Bernard Arnault[source secondaire souhaitée].

En , Laurent Fabius et Edith Cresson, alors ministre de l'industrie, confirment le choix de la solution proposée par Bernard Arnault et Pierre Godé pour la reprise du groupe Boussac Saint-Frères[11]. En 1985, lassé de faire des allers-retours Nice-Paris, Pierre Godé décida de quitter l'enseignement et le barreau pour se consacrer pour quelque temps à ce qui était devenu son activité principale : le redressement de l'entreprise Financière Agache / Boussac Saint-Frères.

La conquête de LVMH

Après la fusion de 1987 entre Moët‑Hennessy et Louis Vuitton, la structure nouvellement formée de LVMH devient source de tension entre les familles des spiritueux et de la mode[12]. Dans ce contexte, Bernard Arnault, en collaboration avec Michel Pietrini et l’équipe Agache, conçoit une OPA visant à reprendre le contrôle de LVMH, mais se heurte à un chantage d'Henry Racamier qui exige la levée de la condition de mise en place de la société Agache[6]. Pour éviter l’échec de l’opération et la menace d’une contre‑OPA, Arnault et Pierre Godé sollicitent l’appui d’Antoine Bernheim, qui les avertit des risques d’un engagement seul. Après négociations, ils réussissent à obtenir un financement du Crédit Lyonnais, à convaincre les actionnaires de la branche vins‑spiritueux d’accorder un droit de préemption et à conclure un accord de principe avec Guinness, ce qui leur permet d’atteindre 22,4 % du capital total de LVMH[13].

Au début de l’année 1989, à la suite d'une mise en garde maladroite de Henry Racamier, Bernard Arnault, persuadé d’avoir déjà un contrôle de fait sur LVMH, décide d’acheter rapidement les titres qui s’offrent sur le marché : entre le 5 et le 6 janvier, il acquiert 800 000 actions sur 940 000 échangées, bien au-delà de la capacité de ses adversaires à réagir[14]. Henry Racamier, se sentant trahi, tente d’interdire la cotation à la demande d’Alain Chevalier, mais la COB (maintenant AMF) refuse la suspension. Pendant ce temps, la rivalité entre Moët‑Hennessy et Louis Vuitton se fait plus aiguë : le directoire de LVMH convoque une assemblée générale qui, à la majorité, décide de transformer le mode d’administration de Louis Vuitton en société à conseil d’administration afin de renforcer son lien avec le groupe[15]. André Sacau, instigué par Arnault, soutient cette mesure, mais Racamier le fait reculer et annule la résolution, entraînant de nouveau l’intervention de la COB qui déclenche une enquête sur la légitimité de l’OPA et sur l’obligation de maintien des cours. Dans cette mêlée où la presse et le président Mitterrand se mêlent, Arnault progresse jusqu’à 39 % du capital, mais sa prise de contrôle reste contestée.

Pierre Godé réussit à démontrer que les bons de souscription étaient intrinsèquement liés aux obligations, que l’émission respectait la résolution du conseil d’administration, et que la demande de nullité des actionnaires minoritaires ne pouvait pas être acceptée, confirmant ainsi la validité de l’émission pour LVMH et les sociétés du groupe Arnault[16]. La famille Racamier vend alors le solde de ses actions LVMH et Bernard Arnault prend le contrôle de LVMH. Depuis, Pierre Godé est connu comme l'« éminence grise » de Bernard Arnault.

Vice-président de LVMH

Pierre Godé est nommé vice-président du groupe LVMH - Moët Hennessy Louis Vuitton[1]. Il participe à la structuration juridique et à l’expansion internationale du groupe, notamment lors des acquisitions de maisons comme Celine (marque), Givenchy ou Loewe , ainsi que dans le développement de Christian Dior SE et de la distribution sélective avec Sephora (entreprise)[17].  

Considéré comme l’un des collaborateurs les plus proches de Bernard Arnault, il contribue à la stratégie de croissance du groupe jusqu’à son décès en 2019.

Vie privée

Pierre Godé était marié à Josée Godé. Le couple a eu trois enfants et sept petits-enfants. Amateur d’art et de musique classique, il partageait ces passions avec son épouse.  

Il est décédé le 10 novembre 2019 à l’âge de 74 ans[1].

Prix Pierre Godé

Organisé en collaboration avec la Fondation de l’Université de Lille et parrainé par le Groupe LVMH, ce prix distingue un étudiant de master en droit des affaires ou en droit de l’entreprise. Les candidats doivent réussir des épreuves écrites suivies d’un grand oral. Le lauréat du Prix Pierre GODÉ reçoit 15 000 € ; les trois finalistes bénéficient, quant à eux, d’une proposition de stage dans une entreprise partenaire[pertinence contestée][18][source secondaire souhaitée].

Ouvrages

  • Volonté et manifestations tacites, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Travaux et recherches de l'Université du droit et de la santé de Lille : droit privé et sciences criminelles » (no 1), , 275 p. (BNF 34593335).
  • Consommation, Paris, Dalloz, coll. « Dictionnaire juridique », , VII + 339 (BNF 34719223).

Décoration

Références

Liens externes

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