Études critiques sur les données
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Les études critiques sur les données (en anglais: Critical Data Studies, abrégé CDS) forment un champ interdisciplinaire qui s'intéresse aux dimensions sociales, politiques, économiques et culturelles des données. Ce champ vise à analyser de manière critique les processus de production, de circulation, de gouvernance et d'utilisation des données, en insistant sur les rapports de pouvoir qu'ils impliquent.
Elles regroupent une variété de domaines dont la géographie, les sciences de l'information, les études urbaines, la sociologie et la communication.
Les études critiques sur les données se sont développées au début des années 2010, dans le contexte de la montée en puissance du big data et des discours qui en soulignent les promesses d'objectivité et de neutralité[1].
Le terme Critical Data Studies est introduit en 2014 par les géographes Craig Dalton et Jim Thatcher, qui appellent à déconstruire l’idée selon laquelle les données seraient, par nature, neutres. Dans leur article What does a critical data studies look like, and why do we care?[2], ils proposent sept principes structurant ce champ d’étude, parmi lesquels : reconnaître que les données ne sont jamais « brutes » (raw), analyser les infrastructures de données comme des dispositifs de pouvoir, ou encore encourager des formes alternatives de production de données orientées vers la justice sociale.
Parmi les auteur·es associé·s à ce champ, on retrouve notamment danah boyd et Kate Crawford (études des médias), Rob Kitchin (géographie), Nick Couldry et Ulises Mejias (sociologie), ainsi que Paola Ricaurte (études culturelles et décoloniales).
Concepts clés
Culture de données
Le concept de culture de données (data culture en anglais) désigne les manières collectives par lesquelles les données sont produites, interprétées, diffusés et utilisées. Il met l'accent sur les normes, les valeurs, le savoir-faire, les pratiques et les dispositifs techniques qui influencent la relation des individus ou des organisations avec les données. Ce concept permet aussi de mieux comprendre la différence entre les publics que les concepteurs pensent atteindre, ceux que les algorithmes identifient automatiquement, et les publics réels qui utilisent concrètement les outils numériques[3].
Pouvoir des données (data power)
Les études critiques sur les données considèrent que les données sont des constructions sociotechniques : elles sont produites dans des contextes précis, selon des choix techniques et politiques. Le concept de pouvoir des données (data power) y occupe une place centrale, et désigne la capacité des données à influencer ou reproduire des structures de pouvoir à différentes échelles.