Œuvres pour faire danser de Beethoven

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Concert de l'Orchestre de la Hofburg de Vienna, Großer Redoutensaal, Hofburg, Vienne (2008). Certaines des danses de Beethoven ont été créées dans cette salle.

Ludwig van Beethoven a composé des danses à travers les genres tels que menuet, danse allemande, contredanse, l'écossaise et la valse, presque toutes des danses populaires de la société de son temps. À la fin du XVIIIe siècle, la danse de cour qui domine est le très formel menuet ; mais au début du XIXe siècle, cette position est renversée par la valse qui rapproche les partenaires dans une plus grande intimité. La contredanse, avec sa mesure binaire, était aussi populaire auprès des classes moyennes, tandis que la « danse allemande » des villages de Bavière et d'Autriche a fourni la base de la valse elle-même.

Dans la musique de danse, l'attention n'est que partiellement axée sur la musique ; il faut donc la plus grande simplicité dans l'harmonie et la mélodie. Les œuvres écrites par Beethoven dans ce genre sont ainsi sans prétention et peuvent être considérées comme mineures dans sa production. Il est cependant des pièces qui annoncent les grands chefs-d'œuvre à venir.

« Que Beethoven s'intéressât de préférence à la musique de danse autrichienne, on ne saurait en douter en présence des faits. Jusqu'à son arrivée à Vienne, en 1792, Beethoven ne connaissait d'autre musique populaire, avec ses rythmes particuliers, que les airs des montagnes de Berg et de Clèves; on voit par le catalogue de ses compositions qu'il s'en est occupé beaucoup[1]. Il s'est essayé, surtout, dans la musique de danse autrichienne, comme pour faire reconnaître, par ses essais, son droit de sujet. »

 Anton Schindler, Histoire de la vie et de l'œuvre de Ludwig Van Beethoven, Garnier frères (Paris), 1864, p. 107[2]

Les danses composées pour orchestre par Beethoven sont parmi ses premières œuvres purement orchestrales et sont regroupées dans neuf recueils WoO 7 à 11, 13 à 17 auxquels il faut ajouter le tardif « Gratulations-Menuett » WoO3 (1822) — les WoO 12 et 16 ne sont pas de Beethoven. Presque toutes sont des compositions de circonstance. Les Douze Menuets WoO 7 et les Douze danses allemandes WoO 8 étaient destinés à l'une des redoutes avec bal masqué organisées chaque année fin novembre par la Société de pension des artistes de Vienne (Wiener Künstler-Pensions-'Institut) — une association suffisamment riche pour s'offrir les services de compositeurs en vue, tel Joseph Haydn en 1792, Leopold Kozeluch en 1793, Karl Ditters von Dittersdorf et Joseph Leopold Eybler en 1794. C’est probablement pour des circonstances analogues que furent composés les Six Menuets WoO 10, les Douze danses allemandes WoO 13 et les versions originales des Contredanses WoO 14. En revanche, un apparentement de genre, un nombre plus restreint d'instruments original, ainsi qu'une tournure simple et populaire des Ländler WoO 11 et 15, évoquent manifestement un cadre plus intime, tout au moins non officiel[3],[4].

Comme il était alors d'usage, les danses pour orchestre étaient publiées soit sous la forme d'une version pour piano, soit pour orchestre très réduit (le plus souvent deux violons et basse), tandis qu'un très petit nombre de copies de parties de la version originale était en vente. Les arrangements pour piano des menuets et des danses allemandes WoO 7, 8, 10 et 13, ainsi que les Ländler WoO 11 et 15, sont certainement, ou très probablement, de Beethoven lui-même. Les versions originales des WoO 10, 11 et 13 ont disparu. Toutefois, leur existence se laisse déduire d'après le titre même de la source (WoO 13), d'après la facture orchestrale de la version pour piano (WoO 10), ou bien de par l'analogie avec des recueils comparables (WoO 11 en comparaison avec WoO 15). Dans la plupart des cas, on ne peut répondre avec une certitude absolue à la question concernant l'authenticité des arrangements pour piano, car l'on ne possède aucune source autographe. La mention désignant explicitement le compositeur comme arrangeur des WoO 7 et 8, dans une annonce de la Wiener Zeitung du , pourrait signifier qu'il était alors de règle que de tels arrangements eussent été réalisés par des copistes habiles, ou bien même chez l'éditeur. Il pourrait éventuellement être question, entre autres, du frère de Beethoven Karl en tant qu'arrangeur : on sait que celui-ci s’occupa pendant plusieurs années de façon intensive, et parfois même arbitraire, des affaires de Beethoven, et que d’après ses propres déclarations il arrangeait de temps à autre pour différents instruments des compositions de Ludwig — soi-disant sous la surveillance de ce dernier, mais dans certains cas assurément de sa propre autorité. La réduction pour piano des Sept Contredanses extraites des WoO 14, dont il est question dans l'appendice au catalogue WoO, se trouve dans une copie rédigée par lui, et réalisée probablement aussi à son instigation[3].

Beethoven a également composé des danses directement pour le piano et ce sont des œuvres relativement facile à jouer, sauf la Polonaise opus 89.

Œuvres pour piano

Œuvres orchestrales et pour petits ensembles

Notes et références

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