Ṣafī al-Dīn al-Urmawī
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Ṣafī al-Dīn al-Urmawī ou Abd al-Mu'min ibn Yusuf ibn Fakhir (الارموي = صفي الدين الأرموي en arabe) est un musicien, érudit en musicologie et bibliothécaire sous le califat d'Al-Musta'sim, né vers 1216 à Ourmia et mort en 1294 à Bagdad.
Biographie
Il est né vers 1216, probablement à Ourmia[1],[2].
Il étudie la jurisprudence chaféite, le khliaf al-fiqh (jurisprudence comparée) à la madrassa Mustansiriyya, l'arabe, la littérature et la calligraphie, ce qui lui permet d'occuper un poste de copiste dans l’administration juridique du calife Al-Musta'sim[2]. À l'époque du pillage de Bagdad par le mongol Houlagou en 1258, il se met au service des conquérants. Le gouverneur d'Iraq al-Juwayni lui offre le poste de chancelier de Bagdad[2].
Abd al-Mu'min ibn Yusuf ibn Fakhir est célèbre pour sa théorie systématique qui repose sur la division de l'octave en 17 parties.
L'invention de deux instruments de musique de la famille du qanûn et du oud lui est attribuée[2].
Ṣafī al-Dīn al-Urmawī a eu pour élèves Yākūt al-Musta’ṣimī et Šams al-Dīn al-Suhrawardī dans l'art de la calligraphie[2]. En matière de musique, Djamal al-Dln al-Wasitl et Nizam al-Dln ibn al-Haklm ont diffusé ses compositions au Moyen Orient et en Égypte[2].
C'est en 1284, à l'époque de la chute de la famille des Juwaini qui le protège qu'il sera emprisonné pour dettes. Ṣafī al-Dīn al-Urmawī meurt le , à l'âge d'environ 80 ans[réf. souhaitée].
Écrits
Il écrit un traité sur les proportions musicales (vers 1236) : Le Livre des modes (Kitàb al-adwar[3]). Il y a consigné certaines de ses compositions grâce à une notation composée de lettres pour la hauteur des notes et de chiffres pour leur longueur[2]. Il s'agit du texte le plus ancien sur la théorie musicale en dehors des œuvres d'Avicenne. C'est une source précieuse sur la pratique musicale en Perse. On y trouve notamment la division de l'octave en 17 intervalles[2].
Un autre livre, Al-Risala al-Sharafiyya, écrit pour Sharaf al-din Juwayni, qui traite des proportions musicales, est plus tardif. Il est davantage influencé par les théories grecques. Al-Urmawī y discute les théories d'al-Farabi[2].
Il a établi une théorie au sujet des sciences de la prosodie de la rime et de la rhétorique et on lui attribue un discours sur la science musicale[réf. nécessaire].