Étienne Duboys Fresney
homme politique et officier français
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Étienne Duboys Fresney est un général et homme politique français né le à Laval (Mayenne) et décédé le à Châtelain au Château de la Chevalerie. Il fut député, sénateur, et joua un rôle important dans les débats politiques et militaires de son époque, notamment sur les questions de laïcité, d’éducation, et de défense nationale[1].
| Président Conseil général de la Mayenne (d) | |
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| Sénateur de la Troisième République | |
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Homme politique, militaire |
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Biographie
Origines et famille
Étienne Duboys-Fresney est issu d’une famille établie en Bretagne. Il est le fils d'Étienne Duboys Fresney et de Marie Guitet de la Houllerie. Il est élève du Lycée de Laval, dont il deviendra président de l'amicale des Anciens élèves, lors de sa création en 1878, et président d'honneur en 1881[2].
Carrière militaire
Le génie militaire
Étienne Duboys-Fresney entre à l'École polytechnique le [3], à l’âge de 17 ans, et en sort sous-lieutenant du génie en 1827. Il commence une carrière militaire d'officier du génie, comme son père, et grimpe rapidement les échelons :
- Lieutenant le [3]
- Capitaine le [3]
- Chef de bataillon le [3]
- Lieutenant-colonel le [3]
- Colonel le [3]
- Général de brigade le [3]
Les lieux d'affectation sont variés : Montpellier, Briançon, Paris à l'état-major, Brest, Arras et Rennes[4]. Il se trouve à Lyon en avril 1834 lors de la Révolte des canuts[4].
Il participe à plusieurs campagnes militaires, notamment en Algérie et en Crimée:
- En 1844, il assista le général Jean-Baptiste Morvan en tant qu'aide de camp lors de son inspection générale des fortifications en Algérie[5].
- En 1847, il fut nommé chef du génie à Quélern, où il supervisa d'importants travaux de fortification des côtes de Bretagne[5].
- En 1849, il occupe le poste de chef du génie à Vincennes[5].
- Au début de 1853[5], il fut envoyé en Algérie, d'abord à Alger, puis à Laghouat et à Orléansville.
Guerre de Crimée
- Au mois de mars 1854[5], il fut appelé lors de la Guerre de Crimée, avec successivement Gallipoli, Varna, le débarquement d'Oldfort[4], la Bataille de l'Alma et au Siège de Sébastopol[6]. Le , alors qu'il commandait courageusement le flanc gauche des attaques contre le bastion du Mât, il fut blessé à la jambe par un éclat d'obus et passa près de trois mois à l'ambulance en raison de cette grave blessure[5]. Les inspections militaires ont noté qu'il ne pouvait pas monter à cheval et avait une légère raideur dans sa jambe, mais qu'il pouvait marcher longtemps et remplir ses fonctions. Cette blessure a toutefois affecté Étienne Duboys Fresney dans sa vie quotidienne et militaire[4].
Retour en France
De retour en France, il fut nommé chef du génie à Paris, poste qu'il occupa jusqu'au , date à laquelle il devint commandant en second de l'École polytechnique[5], école ou son frère Joseph a été renvoyé en 1833. Plus tard, de 1888 à 1892, il présida la Société amicale de secours des anciens élèves de cette école[5]. Le , il fut nommé à la direction du génie à Metz, où il commença l'étude des nouveaux forts pour les Fortifications de Metz, qui ont joué un rôle significatif lors de la guerre franco-prussienne de 1870[5]. Il est appelé, le à la direction du génie de Paris[5]. Le , il fut désigné membre du comité des fortifications et investi des fonctions d'inspecteur général du génie, qu'il exerça durant les années 1868 et 1869.
Guerre de 1870-71
En 1870, au déclenchement de la guerre avec la Prusse, bien qu'il souffrît toujours de sa blessure et qu'il ait atteint la limite d'âge[5] le , il s'engagea activement lors du Siège de Paris en tant que directeur des travaux du service du génie, dans la zone située entre le Mont Valérien et Saint-Denis. Il resta présent à Saint-Denis durant le bombardement qui frappa la ville en janvier 1871[5]. Après l'Armistice franco-allemand, il est placé définitivement dans le cadre de réserve[5].
Carrière politique
Débuts sous la Monarchie de Juillet
Aux Élections législatives de 1842, il est élu député sous l'étiquette de l’opposition libérale, il est député de la Mayenne de 1842 à 1846, siégeant dans l'opposition de gauche, et vota contre le ministère de François Guizot[2], contre l'indemnité à George Pritchard, et contre la proposition Rémusat[4]. À la suite de la dissolution de la chambre sortante par le roi Louis-Philippe Ier, il renonça à la vie politique pour se consacrer entièrement à sa carrière militaire[5].
De 1865 à 1866, il fait construire une résidence de villégiature[7] pour la période estivale à Origné à proximité du château de la Roche[8]. Il a été un acteur majeur dans la création de la paroisse (puis de la commune d'Origné) en 1857. Il a également contribué à la construction de l'église (1879-1887), de l'école (1868) et du cimetière[7]. Il fit don à l'église d'Origné d'une toile La Vierge et l'Enfant entre saint Benoît et saint Quentin, une copie[9] du tableau de Francesco Marmitta, reçu de Napoléon III pour ses faits d’armes, et ses campagnes[10].
Troisième République
Après la Chute du Second Empire, il revient à la vie politique. Il retrouve un siège de député en , aux élections complémentaires, après la défaite de son fils Étienne Albert aux Élections législatives en [3] face à la liste monarchiste[11].
Dans sa profession de foi, il évite le terme République et se contente d'indiquer son opposition à toute révolution violente et son respect pour l'opinion nationale librement exprimée. Il s'engage également à soutenir la politique d'Adolphe Thiers[11]. Il est élu représentant de la Mayenne à l’Assemblée nationale le , siégeant au centre gauche[3]. Il est élu conseiller général du Canton de Laval-Est le où il élimine de la vie politique le catholique intransigeant Ambroise-François-Xavier Blanchet[11], et est choisi comme président du Conseil général en décembre 1871, et le [2].
Il est élu aux Élections sénatoriales de 1876, dès le premier tour[11], sénateur de la Mayenne, seul candidat républicain du département. Il est élu avec des voix conservatrices car il est homme d'ordre bien que ses votes n'aient jamais différé de ceux des radicaux les plus avancés[11]. Il est réélu Élections sénatoriales de 1879 et siège à gauche[3], soutenant les ministères républicains sur les questions scolaires, religieuses et coloniales[3]. Il ne se représente pas en 1888.
Prises de position
Catholique pratiquant, mais républicain modéré[2], Étienne Duboys-Fresney est connu pour ses positions modérées, mais fermes. Comme député; il vota: contre le pouvoir constituant de l'Assemblée, contre le service militaire de trois ans, contre la démission de Thiers, contre l'arrêté contre les enterrements civils, contre la Loi du 20 novembre 1873 instituant le septennat, contre le ministère de Broglie, pour la dissolution, pour l'Amendement Wallon, pour les Lois constitutionnelles de 1875[1], contre Loi du relative à la liberté de l'enseignement supérieur, dite loi Laboulaye[12]. Comme sénateur; il vota : pour l'Amnistie des communards en 1876[12].
Il s’oppose notamment à la Loi relative à la création des syndicats professionnels en 1884, qu’il juge attentatoire aux libertés et à l’égalité. Il défend le droit des pères de famille à choisir l’éducation de leurs enfants et s’élève contre la laïcisation forcée des écoles, tout en restant fidèle à ses convictions républicaines. Son discours au Sénat en 1884, où il dénonce la loi comme une « iniquité » et une « contrefaçon hypocrite des régimes précédents », est resté célèbre.
Il est également membre de la commission d’enquête sur l’affaire de l’École polytechnique (1876)[1], où il proteste contre le rapport de M. Bertrand qu’il juge partial (juillet-août 1876)[13].
Ses obsèques furent célébrés à Laval et en présence de tout ce que la Mayenne comptait comme autorités et notables[2]. Le cerceuil, arrivé à la gare fute scorté jusqu'à l 'église Saint-Vénérand de Laval par le régiment au complet. Aucun discours ne fut prononcé[2]. Il est le père d’Étienne Albert Duboys Fresney, sénateur de la Mayenne. À la suite de son décès, ses biens sont partagés entre ses deux enfants survivants[7]. Sa fille Ernestine, qui est également bienfaitrice de la commune d'Origné et des œuvres religieuses, hérite du Château de la Roche, où elle se rend de temps en temps, tout en vivant principalement à Paris, boulevard Saint-Germain[7]. Pendant quelques années, elle accueille des jésuites à la Roche et transforme temporairement son salon en chapelle[7].
Ascendance & postérité
Étienne Thérèse Amaranthe Duboys-Fresney est le fondateur d’une dynastie militaire et politique : son fils aîné, Étienne, devient général de brigade et sénateur de la Mayenne, tandis que son second fils, Joseph, est élu représentant du peuple en 1848. Son petit-fils, Étienne Albert, sera sénateur, et son arrière-petit-fils, Jacques, député de la Mayenne[4]
- François Duboys, sieur de la Vrillère x Anne de Paris
- René Antoine Dubois des Sauzais (1708-1792) x Jeanne Perrine Geslin
- François Duboys des Sauzais (1745-1827)
- Joseph Duboys des Sauzais (1749)
- Jeanne Joseph Duboys des Sauzais x Jacques Defermon
- Jacques Defermon des Chapelières
- Joseph Defermon des Chapelières
- Jeanne Defermon x Philibert Ginoux
- César-Auguste Ginoux-Defermon
- Georges Ginoux-Defermon
- Étienne Duboys Fresney (1758-1864) x Marie Anne Magdeleine Guittet de la Houllerie
- Étienne Duboys Fresney (1808-1893) x Claire Rondelou
- Marie Amélie Duboys Fresney (1835-1855)
- Étienne Albert Duboys Fresney (1837-1907) x 2. Cécile d'Héliand x 2. Berthe d'Héliand
- 1. Jacques Duboys-Fresney (1873-1956) x Berthe Lemoine
- 2. Robert Duboys Fresney (1880-1962)
- Marie Ernestine Duboys Fresney (1841-1939)
- Marie Claire Duboys Fresney (1841)
- Joseph Duboys Fresney (1812-1872)
- Étienne Duboys Fresney (1808-1893) x Claire Rondelou
- Jeanne Joseph Duboys des Sauzais x Jacques Defermon
- Charles Duboys des Sauzais (1759-1843)
Décorations
Il est décoré à plusieurs reprises, devenant Grand officier de la Légion d’honneur en 1871. Il est chevalier de la Légion d'Honneur le [3], puis officier le [3], puis commandeur le [3], et enfin Grand officier de la Légion d'Honneur le [3]. Il est aussi décoré de l'Ordre du Médjidié de 4e classe[14], de la médaille de Crimée ainsi que la Médaille de la valeur militaire[15],[4].