Étienne Albert Duboys Fresney

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Naissance
Décès
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Nationalité
Activité
Étienne Albert Duboys Fresney
Fonctions
Sénateur de la Troisième République
-
Conseiller général
-
Maire d'Origné
-
Biographie
Naissance
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Nationalité
Activité
Père
Enfant
Autres informations
Distinction

Étienne Albert Duboys Fresney est un homme politique français né le à Laval (Mayenne) et décédé le à Paris

Militaire

Fils du général Étienne Duboys Fresney, ancien député et sénateur de la Mayenne, il commença ses études au lycée de Laval, les continua au collège d'Amiens, puis se prépara au Collège Sainte-Barbe à l'École des Mines de Paris où il fut admis[1]. Il fit des stages comme ingénieur dans le Nord, dans le Pays de Galles et en Espagne. Son journal de voyage, daté de 1862 est conservé[2] à la Bibliothèque de l'École des Mines de Paris. Il devint ingénieur civil des Mines.

En 1870, il s'engagea lors de la Guerre franco-allemande de 1870, devint commandant au 66e régiment de mobiles (les Mobiles de la Mayenne) dans l'Armée de la Loire[3]. Il fit ordinairement fonction de colonel à la tête du régiment. Il prit part à la campagne de France à l'extérieur de Paris, pendant que son père défendait la capitale. C'est pour ses faits d'armes qu'il a été fait de Chevalier de la Légion d'Honneur[3].

Politique

Il est maire d'Origné de 1866 à son décès, conseiller général du canton de Château-Gontier de 1890 à 1907.

A l'âge de 33 ans, il se présente aux Élections législatives de 1871 dans la Mayenne, dans la liste républicaine, qui échoue face à la liste monarchiste. Il est alors propriétaire au milieu de ses terres d'Origné. Pour Michel Denis[4], républicain modéré et catholique pratiquant, son mode de vie anticipe la fusion des différentes tendances conservatrices qu'il parviendra presque à faire triompher à la fin de sa vie.

Bien qu'il ait épousé Cécile d'Héliand, puis Berthe d'Héliand, toutes deux issues de la noblesse, et qu'il ait fait élever ses fils chez les Jésuites[4], il s'est rapidement déclaré républicain conservateur et catholique[5],[6]. Pour les Élections cantonales de 1890, après la fuite d'Alfred Barouille, il a habilement surmonté les réticences du comité républicain de Château-Gontier[7], dont le soutien était crucial pour accéder à la présidence du comice agricole, puis au poste de conseiller général du Canton de Château-Gontier-Ouest, en battant le comte de Bréon[4]. Toutefois, en 1892, satisfait d'entendre la grande voix de Rome appeler les catholiques à se rallier, il semble avoir cherché à éviter toute solidarité avec le comité républicain, suscitant ainsi l'hostilité de nombreux chefs ou demi-chefs du parti[4]. L'Encyclique Au milieu des sollicitudes de Léon XIII a donc fait émerger un nouveau type de notable selon Michel Denis[4]: catholique sans être royaliste, propriétaire rural tout en étant ouvert au monde moderne, républicain mais très conservateur.

Malgré différentes sollicitations, il ne se présente pas aux Élections législatives de 1898. Aux Élections cantonales de 1898 dans la Mayenne, il se présente comme candidat républicain indépendant[8],[9].

Sénateur républicain de la Mayenne

Il se présente aux Élections sénatoriales de 1899 sur la liste Républicaine. Ili se dit lui-même républicain conservateur et catholique[11]. Les républicains connus jusqu'alors pour leur anticléricalisme[12], acceptent de soutenir la candidature d'un catholique, alors que des catholiques acceptent ce patronage républicain[13]. Le choix du candidat Duboys-Fresney peut faire croire à un succès dans la fin de la vieille division entre conservateurs et républicains. En réalité, les résultats du scrutin révèlent la même cassure que deux ans auparavant[14].

Il est élu sénateur de la Mayenne aux Élections sénatoriales de 1899 sur la liste Républicaine.

Sénateur catholique de la Mayenne

Dès novembre 1902, il lance la création d'une Association des catholiques de la Mayenne, qui se constitue le , restreignant ainsi l'autonomie d'action des monarchistes[4]. Il est révoqué des fonctions de maire d'Origné le [15] en raison de son opposition à la Laïcisation de l'école communale d'Origné. Remplacé par Pierre Helbert, il redevient maire d'Origné en mai 1905. Le , il refuse de faire partie du Comité républicain, qu'il l'a fait élire précédemment[16]. Il se déclare indépendant et ne voulant pas se trouver en désaccord avec son entourage, et va siéger au Sénat avec l'Opposition.

Il se présente sur la liste de droite, les républicains libéraux aux Élections sénatoriales de 1906 où les monarchistes contribuent à rendre certain l'échec des candidates républicains sortants[4]. Il siège à droite et s'occupe essentiellement du statut des travailleurs agricoles. En 1906, à la suite des succès électoraux de la droite aux Élections législatives de 1906 dans la Mayenne, n'ayant jamais été royaliste, il est à l'initiative de la formation avec les sénateurs et députés de la Mayenne, d'un groupe parlementaire catholique dont l'objectif est d'assurer aux catholiques au Conseil général de la Mayenne lors des Élections cantonales de 1907 dans la Mayenne[4]. Cette organisation facilite le retour des monarchistes catholiques comme député de Christian de Villebois-Mareuil (1906), et au sénat de Paul Le Breton (1907)[4], qui remplace Étienne Albert Duboys Fresney après son décès.

Membre de diverses commissions spéciales au Sénat, il se préoccupa principalement de l'amélioration des conditions de travail des agriculteurs et du développement de l'agriculture française. Il prit aussi part à la discussion du projet de résolution relatif au budget du Sénat pour l'exercice 1906[5].

L'Abbé Angot indique qu' il garda jusqu'à sa mort la confiance de ses électeurs en dépit des influences officielles. La Gazette de Château-Gontier[17] le présente comme un Républicain catholique, qui n’hésita pas, lorsque les circonstances le demandèrent, à affirmer ses convictions religieuses et fut, pour cela odieusement combattu par les radicaux. Lors de la séance de rentrée du Sénat, le , le président du Sénat Antonin Dubost fit son éloge funèbre en ces termes : Grand propriétaire, il avait rendu des services notables à son département et au monde agricole. Au Sénat, il poursuivait son engagement dans les mêmes questions, dont il avait une connaissance approfondie et une vaste expérience.[5].

Agriculture

Il s'occupa de la gestion de ses domaines agricoles et s'investit dans diverses sociétés et organismes agricoles locaux. À la suite des lois de 1884 permettant la libre association professionnelle, qui autorise entre autres la formation de syndicats agricoles, et la création de banques locales mutualistes[18], puis à la loi du , promue par le ministre de l'Agriculture Jules Méline, permet la création de caisses locales de crédit agricole[19] et à la loi du qui organisent le Crédit agricole mutuel, Étienne Albert Duboys Fresney fonde en 1899 la première caisse locale à Château-Gontier[4]. Sous le patronage du Syndicat des agriculteurs, cette caisse établit en 1901 une caisse régionale du Crédit Agricole mutuel du Maine et de l'Anjou, réduite à la Mayenne en 1908. Son premier conseil d'administration est constitué uniquement de républicains[4], et une subvention de 60 000 francs de l'État permet un démarrage prudent[20].

A Château-Gontier, il soutint longtemps une coopérative qui donna d'excellents résultats, et favorisa toutes les œuvres chrétiennes, charitables, sociales et agricoles.

Ascendance & postérité

Étienne Thérèse Amaranthe Duboys-Fresney est le fondateur d’une dynastie militaire et politique : son fils aîné, Étienne, devient général de brigade et sénateur de la Mayenne, tandis que son second fils, Joseph, est élu représentant du peuple en 1848. Son petit-fils, Étienne Albert, sera sénateur, et son arrière-petit-fils, Jacques, député de la Mayenne[3]

Notes et références

Sources

Liens externes

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