1er régiment de carabiniers-cyclistes (Belgique)
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| 1er régiment de carabiniers-cyclistes | |
Monument aux 1er & 2e bataillons de carabiniers-cyclistes à Stuivekenskerke | |
| Création | 15 décembre 1913 |
|---|---|
| Dissolution | juillet 2003 |
| Pays | |
| Allégeance | |
| Branche | Force terrestre |
| Type | infanterie |
| Rôle | infanterie cycliste |
| Couleurs | jaune et vert |
| Devise | Vuur en vlam |
| Marche | Marche du 1er régiment de carabiniers-cyclistes |
| Guerres | Première Guerre mondiale, Seconde Guerre mondiale |
| modifier |
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Le 1er régiment de carabiniers-cyclistes (néerlandais : 1ste regiment carabiniers wielrijders) était une unité d'infanterie de la force terrestre des forces armées belges.
Entre-deux-guerres
En 1890, une section d'Infanterie cycliste est constituée dans le régiment de carabiniers. Celle-ci devient en 1896, compagnie et en 1898, on en crée trois supplémentaires (une dans chaque bataillon).
Le 12 juin 1911, ces quatre compagnies sont rassemblées en un bataillon au sein du régiment. En 1913, il est attaché à la Division de Cavalerie sous le nom de Bataillon des carabiniers-cyclistes. En , le bataillon est engagé dans des missions de reconnaissance sur le Geer et la Gette. Ses unités infligeront des pertes sérieuses aux escadrons de cavalerie allemandes lors d'attaques par surprise et des embuscades. Les carabiniers-cyclistes reçoivent le surnom de « Schwarze Teufel » (Diables Noirs) lors de la bataille des casques d'argent le à Halen.
Les , et , trois compagnies cyclistes sont constituées avec des réservistes.
Le 2e bataillon de carabiniers-cyclistes est officiellement créé le , par le regroupement des 3 compagnies de réservistes. Il dépend alors de la 2e Division de cavalerie créée fin 1914. Le bataillon d'avant-guerre devient quant à lui le 1er bataillon de carabiniers cyclistes.
En , la 2e Division de Cavalerie est dissoute et les deux bataillons de carabiniers-cyclistes sont intégrés à la 1re Division de Cavalerie. La première guerre mondiale coûte au 1er bataillon la vie de 6 officiers et 111 sous-officiers et cyclistes[1].
Après la guerre, il participe à l'occupation de la Ruhr. Il est dissous à son retour en .
En , à la suite d'une réorganisation de l'armée, quatre régiments de cyclistes sont formés.
Ils sont supprimés le de la même année pour former deux nouveaux régiments. Le 1re est formé par les anciens 1er et 4e régiments. En 1929, la garnison est répartie entre les villes de Tervuren (1er bataillon) et de Laeken (2e bataillon).
Seconde Guerre Mondiale
Mobilisation
État-major
Le régiment est mobilisé le , à l'annonce de la phase A du plan de mobilisation, à sa caserne de Tervuren. Les miliciens des classes 1936 à 1938 sont rappelés et permettent la mise sur pieds de guerre des 2 bataillons et de la compagnie de canons antichars. Le régiment est placé sous le commandement de la 1re division de cavalerie.
Une semaine plus tard, le 1er septembre, à l'annonce de l'activation de la phase C, les réservistes les plus anciens du régiment sont rappelés pour former le 3e régiment de carabiniers-cyclistes. Les réservistes des classes 1932 à 1935 furent rassemblés par le régiment et mobilisés à Tervuren (1er groupe), Vossem (2e groupe) et Sterrebeek (compagnie canons antichars C47).
D'abord positionné sur la frontière franco-belge, le , le régiment quitte la 1re division de cavalerie pour se placer à Hechtel. Quelques jours après son arrivée à Hechtel, il relève un détachement du bataillon de cyclistes-frontière du Limbourg le long du canal Bocholt-Herentals.
Le sous-secteur du régiment s'étendait du pont de Kaulille à De Maat, près de Mol. Le poste de commandement était situé à Hechtel. La rive sud du canal Bocholt-Herentals est garnie de bunkers de mitrailleuses construits durant l'entre-deux-guerres disposés à intervalles réguliers et pouvant ainsi couvrir de tirs croisés le canal. Un bunker est également construit à chaque pont pour abriter le poste chargé de sa destruction. Ces différents bunkers sont reliés au poste de commandement du régiment par des lignes téléphoniques souterraines. Le 2e régiment de guides prolonge le flanc droit de la position avancée depuis le pont de Kaulille et plus au sud le long du canal Zuid-Willemsvaart jusqu'à Neeroeteren. Sur son flanc gauche, c'est le 3e régiment de carabiniers qui est déployé derrière le canal Dessel-Turnhout-Schoten.
Le régiment a reçu en renfort la compagnie de chars T13 (12 véhicules) de la 3e division d'infanterie. Il est également soutenu par deux batteries d'obusiers de 105 mm du 3e groupe du 19e régiment d'artillerie. Plusieurs officiers manquaient à la veille de l'invasion allemande car employés par le Corps de cavalerie depuis le comme instructeurs pour le cours d'officier de réserve à l'École d'infanterie du Camp de Beverloo.
1er bataillon
Son poste de commandement est à Overpelt et couvre la zone à droite du sous-secteur:
- La 2e compagnie est déployée le long du canal entre Grote-Barreel et le pont de Lille-Saint-Hubert.
- La 1re compagnie est établie sur le canal entre Lille-Saint-Hubert et le pont de Kaulille hormis un peloton détaché à la protection de l'état-major du régiment.
- L'état-major de la 3e compagnie est adjointe au poste de commandement du bataillon. Ses sections de mitrailleuses sont dispersées dans le sous-quartier et placées principalement dans les bunkers le long du canal.
- Le bataillon est soutenu par la 9e batterie du 19e régiment d'artillerie déployé à Kleine-Brogel.
2e bataillon
L'état-major du bataillon est basé à Lommel qui couvre les quartiers gauches du sous-secteur :
- La majeure partie de la 4e compagnie est cantonnée à De Maat. Un des pelotons est stationné à Lommel comme détachement de garde de l'état-major du bataillon.
- La 5e compagnie est stationnée à Grote Barreel. Son 3e peloton, renforcé d'un chasseur de chars T13, est détaché sur le terrain d'entraînement de Hechtel pour intervenir en cas d'attaque aéroportée.
- L'état-major de la 6e compagnie est rattaché au poste de commandement de Lommel.
- Le bataillon est soutenu par la 8e batterie du 19e régiment d'artillerie déployée dans le hameau de Lindel, près d'Overpelt.
10 mai
État-major
Le régiment est mis en alerte entre 1 h 15 et 2 h. A 3 h, écoutant les radios belges et néerlandaises, l'état-major entend sur Radio Hilversum le premier avis officiel relatant l'attaque allemande.
Juste avant l'aube, le bruit des avions survolant les positions du régiment se fait entendre. Il fut d'abord soupçonné qu'ils volaient en direction de l'Angleterre mais lorsque 3 Messerschmitt survolèrent à basse altitude Hechtel, il devint clair que la Belgique était la cible des raids.
À 5 h 30, l'état-major du groupement Ninitte informa le régiment que la frontière belge avait été violée par les Allemands à Maaseik et Maasmechelen. L'annonce de la mobilisation générale en réponse à l'invasion allemande n'intervient qu'à 6 h du matin.
Peu avant 8 h, l'état-major du groupement Ninitte confirme que les commandants de régiment peuvent ouvrir leurs enveloppes scellées contenant les ordres secrets. Pour le régiment, il s'agit de faire sauter immédiatement les ponts sur le canal 3 à 13. Dès l'alerte générale donnée, la 2e compagnie du bataillon de cyclistes-frontière du Limbourg, alors en exercice à Bourg-Léopold, est immédiatement envoyée dans le sous-secteur de la 1re compagnie. Quant à la 2e compagnie du bataillon de cyclistes-frontière du Limbourg, lorsqu'elle se présente à Hechtel au quartier général du régiment vers 8 h, elle reçoit l'ordre de rejoindre le pont 11 de Lommel, encore intact pour y sécuriser son accès.
À 11 h, 9 des 11 ponts sont détruits. Les deux autres ouvrages, le pont 3 et le pont 11 (Lommel) ne le sont que partiellement et attendent des charges explosives supplémentaires. À midi, le travail était terminé et le canal n'est plus franchissable sans aide. Une fois le pont de Lommel entièrement détruit, la 2e compagnie de cyclistes-frontière est, vers 13 h, relevée de sa mission et reçoit l'ordre de se rendre à Tongres pour rejoindre son bataillon.
À 16 h, le régiment reçoit l'ordre de commencer le repli de la position avancée. L'état-major et le 2e bataillon doivent se replier sur Donk, à l'ouest de Herk-de-Stad, tandis que le 1er bataillon se dirige vers Wijer. Les véhicules non essentiels du régiment sont partis plus tôt dans la matinée. Seuls les cyclistes et les véhicules de transport de l'armement collectif et des munitions restent. Avant le départ, les derniers barrages routiers antichars formés par les barrières Cointet sont fermés et verrouillés. Les centraux téléphoniques de Lommel et de Neerpelt sont détruits.
En passant par Hechtel, le colonel commandant le régiment apprend qu'un avion ennemi aurait atterri sur la piste du camp de Beverloo et ordonne à l'un des chasseurs de chars T13 de s'y rendre pour le détruire. Le reste de la retraite se déroule relativement sans incident. Jusqu'au canal Albert, la voie est déserte, presque personne en vue. Près du pont de Stokrooie, nombre de civils en fuite commencent à arriver. L'état-major du régiment atteint Donk peu après 18 heures. Les cantines de campagne fournissent un repas chaud. À 21 h 30, un officier est envoyé à moto sur le canal Bocholt-Herentals pour transmettre l'ordre de retraite à l'arrière-garde. Ce détachement rejoindra le cantonnement de Wijer vers minuit. Le régiment, qui n'a pas encore eu à subir le contact de l'ennemi, a pu se replier derrière le canal Albert sans pertes et avec ordre.
1er bataillon
Un seul des quatre officiers de la 1re compagnie était présent, les 3 autres étant en permission ou affectés ailleurs. Le poste de commandement est gardé par le 3e peloton. Au sous-quartier de la 2e compagnie, un civil est tué par des débris de l'explosion de la destruction du pont sur le canal à hauteur de Lille-Saint-Hubert.
Le bataillon partira pour Wijer vers 16h30, en suivant une route passant par Hechtel, Helchteren, Stokrooie et Stevoort. L'état-major du régiment suivra ce même itinéraire jusqu'à Stokrooie, puis bifurquera vers Donk. Lors de la traversée d'Hechtel-Eksel, le régiment fut brièvement mitraillé par plusieurs bombardiers légers Dornier Do 17 qui survolaient le territoire et poursuivirent leur vol en direction du hameau de Resterheide.
2e bataillon
Comme pour la la 1re compagnie, plusieurs officiers de la 5e compagnie manquent à l'appel.
À partir de 8 h 0, le bataillon est temporairement renforcé par la 2e compagnie du bataillon de cyclistes-frontière du Limbourg pour sécuriser le pont de Lommel. Lors de la destruction préventive du pont 11 à Lommel, un capitaine néerlandais envoyé par le commandant de la ligne Peel-Raam au nord de la frontière belge dans le but d'établir la liaison, fut tué dans l'explosion. Qui plus est, le pont ne fut qu'à moitié détruit et une seconde tentative, effectuée le jour-même vers midi, fut nécessaire. Après cela, la compagnie de cyclistes-frontière regagna ses positions à Tongres.
Après avoir quitté la ligne avancée, le bataillon fut envoyé à Donk en passant par le camp de Beverloo, Bourg-Léopold, Beringen et Herck-la-Ville.
3e peloton
Le peloton avec un de char T13 sécurise la lande de Hechtel contre une éventuelle attaque aéroportée ennemi jusqu'à 15 h 30 où il reçoit l'ordre d'exécuter une destruction déjà planifiée dans la Stationsstraat, à l'est du centre du village ainsi que sur la voie ferrée Winterslag-Eindhoven. La mission est accomplie une heure plus tard et le détachement part ensuite via Hechtel, Helchteren et Zolder pour le pont de Stokrooie. Il traverse le canal Albert sous une attaque aérienne allemande et après un détour par Kermt, arrive aux alentours de 22 h 0 au hameau de Waterkant à Donk. A peine installé, à 23 h 0 le détachement reçoit l'ordre d'un officier du Corps de Cavalerie de se rentre au château de Spinveld, au nord de Saint-Trond, pour y assurer la défense rapprochée de l'état-major du corps.
11 mai
État-major
A 8 h 0, en réunion d'état-major, l'ordre arrive de transférer le régiment à Saint-Trond pour y occuper la ville et d'en faire un centre antichars. A 10 h 0, le régiment est prêt à se mettre en marche. Un effectif réduit reste à Donk afin de maintenir un contact téléphonique avec l'état-major du groupement Ninitte. Peu avant 11 h 0, ils sont prévenus par téléphone que Tongres vient de tomber et que les allemands approchent rapidement de Saint-Trond. Le régiment doit accélérer sa marche pour occuper la ville avant l'arrivée des colonnes blindées ennemies. Les routes venant des l'est sont encombrées de civils et soldats en fuite dont de nombreux détachement de la 7e division d'infanterie. Ceci ralenti l'établissement de la position défensive. Qui plus est, la Luftwaffe attaque continuellement.
Aux alentours de 18 h 0, plusieurs véhicules blindés Panhard AMD-178 appartenant à 2 pelotons de reconnaissance du 12e régiment de cuirassiers français arrivèrent. Le régiment demanda aux officiers français d'effectuer une reconnaissance le long des routes vers Hasselt et Tongres. Les véhicules partirent. Moins d'une heure plus tard, de violents échanges de tirs eurent lieu dans la zone de progression de la 2e compagnie, en direction de Tongres. Les Français y ont rencontré l'ennemi et se replièrent.
Le contact avec l'état-major du groupement Ninitte fut perdu. Il fut alors considéré que le régiment ne bénéficiait plus de la couverture de son flanc et demeurait la seule formation dans la zone d'avancée ennemie. Un groupe de reconnaissance pour évaluer une retraite vers Hoeleden fut envoyé via Zoutleeuw, Drieslinter et Neerlinter. À leur retour, il fut décidé que le régiment se déploierait le long de la Gette. Le détachement retourna à Saint-Trond, mais s'enlisa dans les chemins boueux conséquence des inondations causées par l'armée sur la rive est de la Gette.
Entre-temps, le colonel commandant le régiment ordonna le repli de celui-ci sur Hoeleden. La marche depuis Saint-Trond devait commencer à 1 h du matin.
1er bataillon
Les troupes du bataillon sont déployées en périphérie est et sud de la ville. La 2e compagnie est placée près de la route principale menant à Looz et Tongres, d'où la menace principale est attendue. Elle est renforcée par un peloton de mitrailleuses, deux canons antichars C47 et deux chars T13. La 1re compagnie se retranche au sud de cette compagnie. Le bataillon établit son poste de commandement près de l'hôpital.
2e bataillon
Le bataillon est déployé au nord de Saint-Trond. La 4e compagnie est répartie sur plusieurs points d'appui près du parc de la ville et du domaine 't Speelhof. Le 3e peloton y fait front au nord et occupe une position d'environ 300 mètres le long de la voie ferrée Saint-Trond-Hasselt, de part et d'autre de la Diestersteenweg. Le peloton est soutenu par un char T13, posté sous le pont ferroviaire, à l'entrée de la ville.
3e peloton
Le peloton assure la sécurité du quartier général du Corps de cavalerie au château de Spinveld à Metseren. Lorsque l'état-major quitte ce poste vers 16 h pour se replier sur Diest, le détachement est réintégré au régiment.
12 mai
État-major
Le Corps de cavalerie a reçu l'ordre de se positionner sur la ligne formée par le Démer et la Gette. Toutes les unités de cavalerie disponibles (1er et 2e régiments de chasseurs à cheval, 1er et 4e régiments de lanciers et 1er et 4e régiments de carabiniers-cyclistes accompagnées de quelques unités de reconnaissance de divisions d'infanterie) seront déployées sur cette position le plus vite afin de ralentir l'avancée allemande durant le repli de l'armée de campagne vers la Ligne KW. Le quartier-général souhaite que la position Démer/Gette soit occupée jusqu'à la nuit du 13 au 14 mai.
Le régiment quitte Saint-Trond aux alentours de minuit, puis passe par Wilderen, Booienhoven, Helen et Grimde pour Tirlemont, où de nombreux pneus de vélos sont crevés par les éclats de verre qui jonchent les rues après les récents raids aériens. Après avoir traversé Tirlemont, le régiment se déplace vers le nord, le long de la rive ouest de la Gette, tandis que le Corps de cavalerie se prépare à l'arrivée des avant-gardes allemandes sur la position Démer/Gette. Le 1er bataillon atteint Zuurbemde vers 4 h 0 du matin et est placé en repos. Le 2e bataillon est cantonné à Hoelede. Le parc de véhicules du régiment est stationnée à Waanrode.
Le commandant du régiment contacte l'état-major de la 2e Division de cavalerie, son échelon supérieur le plus proche qui se trouve à Kersbeek-Miskom. Le général-major Beernaert décide de scinder le régiment en deux. Le 1er bataillon sera placé sous le commandement de la Brigade de cavaliers portés et se déploiera le long de la Winterbeek aux côtés du 2e régiment de guides. Cette position transversale sur le canal Albert était destinée à relier le sous-secteur de la 6e division d'infanterie, le long de la rive du canal, à l'extrémité nord de la position Démer/Gette à Halen. Le 2e bataillon, ainsi que la majeure partie des canons antichars C47, sont quant à eux rattachés au 2e régiment de carabiniers-cyclistes, qui avait établi son poste de commandement au château de Kortenaken et occupait le sous-secteur nord le long de la rivière Gette.
En fin d'après-midi, juste avant le début des mouvements, un contre-ordre tombe, le régiment ne sera finalement pas scindé mais sera envoyé dans son intégralité à Tessenderlo pour occuper l'extrémité nord de la position transversale le long du Winterbeek. Initialement, le mouvement devait se faire via Diest mais ce plan fut modifié après que les officiers furent informés de la destruction des ponts traversant le Démer. L'itinéraire alternatif passerait par Bekkevoort, Montaigu, Aarschot, Herselt, Averbode et Veerle jusqu'à Tessenderlo. L'état-major ne fut informé que tardivement de la nouvelle mission et ne rattrapa la colonne qu'à Kleine Kempen dans les environs de Waanrode. Le colonel se rend ensuite à Okselaar, où le poste de commandement du général-major Ninitte a été établi. Ninitte dirigera l'opération le long du Winterbeek.
Au nord du Démer, la colonne principale perd un temps considérable en raison du trafic généré par diverses unités se retirant du canal Albert. Les cyclistes atteignent l'abbaye d'Averbode vers 22 h 0. Des éléments des 9e et 35e régiments de ligne, entre autres, sont repérés. Le régiment est contraint de s'arrêter pendant que l'état-major régimentaire attend à Okselaar les ordres de déploiement.
Le régiment reçoit l'ordre de déployer ses troupes entre la ville de Diest au sud et le Winterbeek au nord, le 2e bataillon sur le flanc gauche et le 1er bataillon sur le flanc droit. L'avancée se fera dans la seconde moitié de la nuit du 12 au 13 mai.
Compagnie C47
Lors de la traversée de Tirlemont, la compagnie est arrêtée au passage de Grimde par le commandant du 7e escadron du 4e régiment de lanciers qui prétend avoir reçu l'ordre pour ce faire. Après quelques protestations, six chasseurs de chars T13 restent finalement sur place tandis que les trois autres chars T13 qui se trouvaient plus avant dans la colonne ne rebroussent pas chemin et poursuivent.
Quatre de ces chars T13 sont positionnés autour du passage à niveau de Grimde quant aux deux autres ils pénètrent en ville pour aller surveiller les ponts sur la Gette. Le poste de commandement est installé dans le stade de l'équipe de football du Racing Club de Tirlemont.
Près du passage à niveau, un train abandonné transportant deux canons ferroviaires de la 9e batterie du 5e régiment d'artillerie d'armée bloque la route menant au point d'appui du 4e escadron du 4e régiment de lanciers à Grimde. Un sergent, employé civil de la Société Nationale des Chemins de Fer Belges, parvient à mettre en marche la locomotive pour éloigner le train abandonné de la ligne de tir des chars T13. Le train se retrouve à peu près à mi-chemin entre Grimde et Tirlemont, derrière un train de marchandises déraillé en provenance de Liège.
13 mai
État-major
Le régiment commence par se placer dans le sous-secteur sud, le long du Winterbeek :
- Le 2e bataillon occupe la partie gauche.
- Le 2e régiment de guides s'est installé au nord de Deurne.
- La 5e compagnie est déployée face au sud-est, le long du Winterbeek, entre la ligne de chemin de fer Diest-Tessenderlo et la route Deurne-Lummen.
- La 4e compagnie se place dans la continuité, vers le sud entre le croisement du Winterbeek et la ligne de chemin de fer Diest-Tessenderlo et Schaffen.
- Le 1er bataillon occupe la la partie droite
- Le poste de commandement du bataillon est positionné à l'extrémité est de Molenstede.
- La 1re compagnie est déployée au nord, le long de la ligne de chemin de fer Diest-Tessenderlo, autour de Schaffen.
- La 2e compagnie fait la liaison avec la périphérie nord de Diest, du passage à niveau de Schaffen, sur la ligne ferroviaire Diest-Tessenderlo, jusqu'à l'ancien Fort Léopold (nl).
- Chaque compagnie est appuyée par un seul canon antichar C47.
- Le poste de commandement régimentaire est situé à Engsbergen dans une petite maison équipée d'une ligne téléphonique.
- Le régiment ainsi que le 2e régiment de guides sont appuyés par l'artillerie du 2e groupe du 19e régiment d'artillerie.
Les premiers éléments du régiment arrivent sur leurs positions vers 6 h. Cependant, le déploiement prendra toute la matinée pour se terminer vers midi. Le général de division Ninitte est passé entre-temps au poste de commandement pour donner personnellement ses dernières instructions pour la défense du Winterbeek.
Vers 20 h, l'état-major régimentaire reçoit l'ordre de se replier. Le corps de cavalerie se réorganiserait dans la vaste zone au nord de la capitale et serait placé en réserve. Le régiment est initialement envoyé à Nekkerspoel, près de Malines. Le repli débuterait dans la seconde moitié de la nuit du 13 au 14 mai et serait couvert par le 3e peloton de la 3e compagnie et le reste des chars T13, qui bloqueraient le pont sur le Winterbeek sur la Turnhoutsebaan jusqu'à 2 h 30 du matin.
1er bataillon
La 1re compagnie reçoit l'ordre d'avancer vers la ligne ferroviaire Diest-Tessenderlo vers 3 heures du matin. Durant leur marche, les militaires rencontrent régulièrement de petits groupes de soldats fuyant le canal Albert. À l'aube, la compagnie atteint le pont déjà détruit sur Winterbeek, dans la Nieuwe Dijkstraat. Sans moyen de traverser, toute progression est impossible. Vers 9 h, la compagnie reçoit l'ordre de consolider sa position. Les troupes, épuisées, s'installent sur le terrain. Vers 15 h 15, la compagnie reçoit l'ordre urgent de contrer un parachutage autour d'Engsbergen. Les positions sont abandonnées, mais après une demi-heure de marche forcée vers l'ouest, un contre-ordre la renvoie à ses positions initiales. Finalement, la compagnie ne participa pas au combat. Vers 18 h, des tirs sont entendus en direction de Schaffen, mais à 21 h, les soldat reçoivent l'ordre de se replier vers l'endroit où ont été stationnés les vélos sans voir l'ennemi. Moins d'une demi-heure plus tard, l'unité reçoit l'ordre de retourner une troisième fois sur ses positions. La compagnie abandonna finalement la zone vers minuit.
La 2e compagnie atteint sans difficulté durant la nuit ses positions désignées et est la première à signaler l'arrivée de l'ennemi. À 9 h 50, six éclaireurs allemands à vélo sont pris pour cible à la périphérie nord-est de Diest. La patrouille disparaît et le calme revient. Peu après midi, la compagnie est prise sous le feu. L'ennemi a déployé deux mitrailleuses, forçant un peloton à se déplacer vers l'ouest. Les escarmouches qui s'ensuivent font une bonne demi-douzaine de blessés qui seront évacués vers l'abbaye d'Averbode et confiés aux moines. À 13 h 45 suit à un ordre écrit provenant de l'état-major du régiment, la compagnie se replie derrière le Winterbeek situé à environ 1 500 mètres derrière sa position. Plus tard dans l'après-midi, l'ordre est donné à la compagnie de regagner ses positions le long de la ligne de chemin de fer Diest-Tessenderlo. Cependant les Allemands avaient déjà atteint la gare de Diest et installé une mitrailleuse dans une ferme à environ 800 mètres au nord de la voie d'évitement bloquant la progression de la compagnie dans le chemin creux du Lazarusberg. Malgré une demande de renforts et une riposte à l'aide d'un canon C47, la compagnie finit par se disperser sans avancer davantage et maintient ses positions. L'ennemi s'est solidement implanté à la limite nord de Diest et fixe les points forts de la 2e compagnie par un feu constant.
À 23 h 30, l'ordre de repli arrive.
2e bataillon
La 5e compagnie tombe au contact de l'ennemi dès 13h. Une patrouille de 4 soldats réussi sur la journée à capturer pas moins de 16 allemands.
Compagnie C47
Dès l'aube, l'artillerie belge ouvrit le feu en direction d'Hakendover, et peu après les quatre chasseurs de chars T13 entrèrent en action à Grimde. Les Allemands ne poursuivirent pas leur progression et le 4e escadron du 4e régiment de lanciers maintint ses positions toute la journée. Vers 19 h 30, les positions autour de la gare furent bombardées par plusieurs avions de la Luftwaffe endommageant un T13 et faisant plusieurs victimes.
Les cinq véhicules opérationnels restants demeurèrent à Tirlemont, intégrés à l'arrière-garde, et ne quittèrent la ville que dans la nuit du 13 au 14 mai.
14 mai
L'état-major du corps de cavalerie est établi au château d'Eppegem tandis que le corps est appelé à se rassembler à Klein-Brabant pour se reposer et se réorganiser.
État-major
Le régiment quitte la ligne Démer/Gette peu après minuit, dans la nuit du 13 au 14 mai. Il passe par Engsbergen, Okselaar, Averbode, Herselt, Westmeerbeek, Booischot, Hallaar, Schriek, Putte, Peulis et Bonheiden, pour finalement atteindre Nekkerspoel. L'état-major du régiment arrive sur place vers 4 h 0 du matin. Ils poursuivent ensuite leur route via Hofstade, Elewijt et Perk jusqu'à Melsbroek et Steenokkerzeel. L'arrière-garde rejoindra le régiment dans l'après-midi.
L'état-major du régiment est logé au château de Batenborch, à Peutie. Les commandants de bataillon sont réprimandés pour la forte consommation de munitions de la veille. En effet, pas moins de 250 000 cartouches ont été tirées dans un contact plutôt limité avec l'ennemi sur le Winterbeek.
Compagnie C47
Les cinq T13 ne quittent Tirlemont que vers 3 h 0 du matin et reçoivent l'autorisation de se replier sur Louvain que lorsque les dernières unités belges auront quitter la ville. Le détachement franchit la ligne KW et poursuivit sa route vers Bruxelles où me commandant de la place lui signale que son régiment est cantonné à Meise. Le détachement y trouve une centaine de soldats du 1er régiment de carabiniers-cyclistes, la plupart ayant abandonné leurs armes et leurs bicyclettes. Ils sont pris en charge par la compagnie. Vers 15 h 0, ils sont rejoints par 2 autres T13 du régiment déployés auparavant à Gossoncourt. L'ensemble du détachement est alors pris en charge par le 14e régiment d'artillerie et passe la nuit à Meise.
15 mai
État-major
Le corps de cavalerie est cantonné au nord de Bruxelles et fait l'objet d'une réorganisation complète. Le régiment est alors rattaché à la 1re division de cavalerie. Il est brièvement question d'un mouvement vers la forêt de Buggenhout, mais le régiment reste à Melsbroek et Steenokkerzeel.
Compagnie C47
Le commandant du 14e régiment d'artillerie apprenant que le 1er régiment de carabiniers-cyclistes est cantonné à Steenokkerzeel, renvoie sa compagnie dans ce village. Elle passe le reste de la journée à se réorganiser. Huit véhicules T13 demeurent encore opérationnels.
16 mai
Les Alliés convinrent d'un repli sur la ligne de l'Escaut. L'armée de campagne belge devait faire mouvement 3 nuits durant depuis sa position sur la ligne K.W. jusqu'à la ligne Terneuzen-Gand-Audenarde. Le corps de cavalerie fut désigné comme faisant partie des forces chargées de sécuriser la région du Waasland contre une percée allemande durant le repli des troupes. La 2e division de cavalerie devait garder les points de passage sur l'Escaut entre Termonde et Hoboken. La 1re} division de cavalerie devait quant à elle se déployer entre Wetteren et Beervelde et couvrir également le Moervaart et Lokeren. Si nécessaire, la cavalerie devait pénétrer dans le Waasland pour stopper l'ennemi.
État-major
Le régiment quitte Steenokkerzeel à 13 h 30 en direction de l'Escaut où il devait être déployé entre Wetteren à l'ouest et Berlare à l'est. Son itinéraire passe par Melsbroek, Vilvoorde, Peutie, Grimbergen, Wolvertem, Merchtem, Baardegem, Moorsel, Aalst et Lede. À son arrivée, le régiment est déployé comme suit :
- Le poste de commandement à Berlare.
- Le 1er bataillon entre Schellebelle et Wetteren :
- Le poste de commandement du bataillon à Jabbeke;
- La 1re compagnie est divisée entre Uitbergen, Margote et Schellebelle, à l'exception d'une section qui garde le poste de commandement du bataillon;
- La 2e compagnie s'emparera de Wetteren pour garder le pont sur l'Escaut, entre autres. Une section de fusiliers, renforcée par une section de mitrailleurs et un véhicule blindé T13, est positionnée à Liefkenshoek, sur la rive nord de l'Escaut. Le reste des troupes prend position le long de la ligne de chemin de fer Bruxelles-Ostende, appuyée par une section de mitrailleuses et deux véhicules blindés T13;
- La 3e compagnie a réparti ses mitrailleuses. Le 3e peloton déploiera une section au passage à niveau à Wetteren et une autre à Liefkenshoek.
- Le 2e bataillon est partagé entre Berlare et Schoonaarde :
- Le poste de commandement du bataillon est placé à Berlare;
- La 5e compagnie établi son poste de commandement et son 2e peloton à Schoonaarde, son 3e peloton à Paal et son 1er peloton au poste de commandement du bataillon à Berlare. Les hommes du 1er peloton de la 6e compagnie sont également maintenus à Berlare en raison d'un manque de mitrailleuses.
Le sous-secteur du régiment chevauche en grande partie les positions du 45e régiment d'infanterie français déjà présent. Ce régiment partira dans la nuit du 16 au 17 mai.
17 mai
État-major
Le régiment demeurera sur ses positions toute la journée. Plusieurs postes de DCA furent installés dans la matinée. La journée se déroula sans incident.
Dans la soirée, la 1re division de cavalerie reçut l'ordre d'avancer vers l'Escaut et de garder la rive entre Terneuzen à l'ouest et Doel à l'est. Les Belges souhaitent empêcher un débarquement allemand depuis la presqu'île de Walcheren. La régiment devait se positionner dans le sous-secteur allant d'Ossenisse à l'ouest à Walsoorden à l'est. Initialement, le mouvement devait avoir lieu durant la première partie de la nuit, mais le départ fut reporté au lendemain. Les positions le long de l'Escaut furent reprises par le 1er régiment de lanciers.
18 mai
État-major
En fin de matinée, le régiment est entièrement relevé par les lanciers et vers midi part pour l'estuaire de l'Escaut. L'itinéraire passait par Zele, Durme, Waasmunster, Belsele, Hulst et Kloosterzande. L'avant-garde était assurée par une compagnie du 2e bataillon et quatre chasseurs de chars T-13. Le reste du 2e bataillon ouvrait la marche de la colonne principale suivi par l'état-major régimentaire, un canon C-47, un T-13, le 1er bataillon, deux canons C-47 et un autre T-13. Un peloton de la 2e compagnie, deux automitrailleuses T-13 et une section de mitrailleuses fermaient la marche.
Le régiment arrive en début de soirée et commence la reconnaissance autour de ses nouvelles positions vers 20 h 0. Les cyclistes relèvent le 270e régiment d'infanterie français appartenant à la 60e division d'infanterie. Ce régiment part pour la région de Torhout après avoir participé aux combats de Walcheren (nl). Il est fortement affecté par la défaite, les soldats français se sentant trahis par la population néerlandaise et se méfiant énormément de la population locale.
L'installation du régiment se termine en début de soirée. Il est positionné dans un coude de l'Escaut à Ossenisse :
- Le poste de commandement régimentaire est installé dans une ferme à Groenendijk, près de Kloosterzande;
- Le secteur d'Ossenisse est confié au 1er bataillon;
- Le poste de commandement est installé sur le Hooglandsedijk;
- Au niveau de la 2e compagnie, un peloton est déployée au Knuitershoek et un autre à Zeedorp. Une section envoie un groupe de combat à Kampen et trois autres sur la Hooglandpolderdijk;
- Le secteur Walsoorden est occupé par le 2e bataillon;
- Le régiment reçoit un appui-feu du 1er groupe du 19e régiment d'artillerie.
Des troupes allemandes sont aperçues sur l'île de Walcheren, sur la rive opposée.
La 1re division de cavalerie impose un couvre-feu. Les civils trouvés en rue entre 22 h 0 et 7 h 0 risquaient d'être abattus sans sommation. Plusieurs patrouilles sont ainsi formées pour surveiller les villages et polders environnants. La position le long de l'Escaut devait être maintenue jusqu'à ce que les dernières troupes de l'armée de campagne aient franchi le Canal Gand-Terneuzen dans la nuit du 19 au 20 mai.
19 mai
État-major
Les cyclistes demeurent sur leur position le long de la rive sud de l'Escaut, de Kampen à Walsoorden en passant par Ossenisse. La 1re compagnie est déplacée vers Kampen. Walsoorden est bombardé à plusieurs reprises par l'artillerie allemande déployée sur Walcheren, sans atteindre néanmoins le régiment.
Le régiment perd son appui d'artillerie lorsque le 1er groupe du 19e régiment d'artillerie se retire sur le canal Gand-Terneuzen.
Dans la soirée, l'état-major du régiment reçoit l'ordre de se replier également. Le régiment doit se retirer discrètement de la rive de l'Escaut à partir de 23 h 30. La 1re division de cavalerie occupera l'extrémité nord du canal, depuis l'extrémité du secteur de la 17e division d'infanterie à Sluiskil, en traversant la ville de Terneuzen, jusqu'au ruisseau Braakman. La 2e division de cavalerie sera déployée en profondeur derrière ces deux divisions. Le régiment reçoit le sous-secteur central Terneuzen-polder Sainte-Anne. Au nord du régiment, le 3e régiment de carabiniers-cyclistes occupera la ville de Terneuzen tandis qu'au sud, le 1er régiment de guides s'installera dans le du sous-secteur polder Sainte-Anne - Sluiskil.
L'itinéraire de marche du régiment passa par Poonhaven, Kwakkel et Othene pour rejoindre Terneuzen.
20 mai
État-major
Dans la nuit du 19 au 20, le régiment se déplaça vers l'ouest pour traverser le canal de Gand-Terneuzen pour occuper le sous-secteur attribué la veille sur une largeur d'environ 3 000 mètres. L'installation commença dès l'arrivée, de sorte qu'à 7 h 0, il occupait déjà les positions suivantes :
- Le poste de commandement du régiment fut installé sur le Goessepolder, près de Knol.
- Le 1er bataillon occupa le quart nord entre Knol et le hameau de Triniteit, près de la jonction de la digue du Sluispolder avec la rive du canal.
- Le poste de commandement fut installé près du point où la digue du Sluispolder rejoignait la Binnendijk.
- Le bataillon a renforcé son premier échelon avec une automitrailleuse T13, deux canons antichars C47 et un peloton de mitrailleuses.
- Un second peloton de mitrailleurs est affectée à la défense antiaérienne.
- La 1recompagnie est déployée au nord et la 2e au sud.
- Les cuisines de campagne et les camions de ravitaillement sont positionnés rue Hasjes à l’ouest de Hoek.
- Le 2e bataillon occupe le secteur sud, entre la jonction de la digue du Sluispolder avec la rive du canal et du polder Sainte-Anne.
- Le bataillon est renforcé par deux automitrailleuses T13, deux canons antichars C47 et un peloton de mitrailleuses.
- La 4e compagnie occupe le poste de commandement nord.
- La 5e compagnie est affectée au poste de commandement sud, en face de Driewegen.
- Le régiment bénéficiera d’un appui d’artillerie des 1er groupes du 17e et 19e régiments d'artillerie.
- La position est couverte par une série d'avant-postes le long de l'Otheense Kreek, occupés par le Bataillon Motocycliste de Chasseurs Ardennais
À l'arrivée du régiment, un millier de réfugiés néerlandais s'étaient regroupés dans le village Hoek. Ils étaient originaires principalement du Brabant-Septentrional. La situation s'empira dans la soirée avec l'arrivée de centaines de civils venus de Terneuzen, l'armée belge ayant ordonné l'évacuation de la ville portuaire à 16 h.
Le général de division Beernaert se rendit au poste de commandement du régiment ce soir-là et insista fortement sur le fait que la bataille imminente sur la ligne Terneuzen-Gand-Audenarde devait stopper définitivement l'avancée allemande. Il évoqua la possibilité de se débarrasser des bicyclettes du régiment afin de ne laisser aucun doute aux soldats quant à l'objectif de l'opération.
21 mai
État-major
Le régiment occupe sous-secteur entre Terneuzen et Sluiskil. Le 3e régiment de carabiniers-cyclistes est toujours sur le flanc gauche quant au 1er régiment de guides, il demeure sur son flanc droit.
Rien de particulier ne se passe dans la matinée. Par manque de pelles, certains détachements sont envoyés dans les fermes voisines à la recherche d'outils supplémentaires. La récolte est plutôt maigre, mais les travaux avancent néanmoins bien.
Dans l'après-midi, le 2e régiment de guides et le 4e régiment de carabiniers-cyclistes arrivent sur le deuxième échelon du secteur de la 1re division de cavalerie. Le régiment de carabiniers-cycliste est déployé entre Hoek et l'Oud-Vogelschorpolder.
Autour de 18 h, le bruit de tirs d'artillerie se fait entendre au-loin au sud des lignes mais le secteur de la 1re division de cavalerie reste encore hors de portée de l'artillerie de l'envahisseur. Des avions de reconnaissance sont repérés très régulièrement.
La 2e compagnie envoie une patrouille vers l'Otheense kreek à 21 h 40. Le cours d'eau n'est plus depuis peu couvert par le bataillon motocycliste des chasseurs ardennais et le régiment souhaite vérifier les positions ennemies. Ceux-ci sont déjà proches du canal, puisque moins d'une heure plus tard, la patrouille est déjà de retour dans les lignes après avoir essuyé des tirs allemands.
22 mai
État-major
En début de soirée 21 au 22 mai, les Alliés décident de se replier une nouvelle fois. L'armée belge doit abandonner la tête de pont Terneuzen-Gand-Audenarde et se retirer derrière une nouvelle ligne formée par le canal Léopold, le canal de dérivation de la Lys et la Lys. Le repli doit s'effectuer au cours des deux nuits suivantes. Le canal Gand-Terneuzen ne serait abandonné que durant la seconde nuit de la manœuvre (dans la nuit du 23 au 24 mai) afin de permettre l'évacuation de l'important dépôt de l'armée de Eeklo.
Le 22 mai, aussi bien la 6e que la 17e division d'infanterie sont retirées du canal. La 17e division d'infanterie transfère le secteur entre Sluiskil et le Sas de Gand à la 1re division de cavalerie. Le 4e régiment de carabiniers-cyclistes est déplacé du deuxième échelon vers la rive du canal, entre la limite nord de Sluiskil et le hameau de Papenschoor. Au nord de Sluiskil, il fait sa jonction avec le 1er régiment de guides. Sur le flanc sud, les lignes seront tenues par le 2e régiment de carabiniers-cyclistes.
Le régiment envoie à nouveau des patrouilles le long du canal. À l'aube, une mission de reconnaissance du 2e bataillon part pour Driewegen et ensuite pour Spui. À 9 h 30, la patrouille essuie des tirs provenant de ce village durant sa progression le long de la Spuiweg.
23 mai
État-major
Les troupes allemandes atteignent le canal en divers endroits et des combats éclatent ici et là. Après le départ du 4e régiment de carabiniers-cyclistes du deuxième échelon, le régiment perd également son artillerie. Aussi bien le 1er groupe du 17e que du 19e régiment d'artillerie sont retirées de la zone du canal.
Entre 16 h 0 et 18 h 0, le régiment doit reprendre les positions du 1er régiment de guides parti rejoindre le 3e régiment de lanciers à Biervliet en vue d'y former un groupement tactique. Le 2e bataillon est transféré dans ce sous-secteur et laisse le sien à la 2e compagnie. La 1re compagnie devient ainsi la seule compagnie de fusiliers dans l'ancien secteur du bataillon du 1er bataillon.
Par la suite, le régiment recevra un nouvel ordre de marche pour la retraite prochaine du canal. Dans la nuit du 23 au 24 mai, il sera envoyé à Saint-Jean-in-Eremo sur le canal Léopold en passant par Philippine, Isabellahaven, Maagd van Gent et la Blekkersdijk.
24 mai
État-major
Le régiment est déployé entre Saint-Laurent et Saint-Jean-in-Eremo.
- Le poste de commandement est installé dans une maison à la limite nord de Saint-Jean-in-Eremo.
- Le 2e bataillon est positionné sur le flanc gauche, dans le secteur longeant le ruisseau Oostpolder, du pont de la Sint-Jansstraat jusqu'à la Houtlanddijk.
- Le 1er bataillon occupe le secteur droit, qui comprend les hameaux de Comer et Zonne, et où se situe également le pont de la Beoostereedepolderijk.
- La 1re compagnie est positionnée en face de Comer et aura le pont de la Sint-Janspolderdijk dans son secteur.
- La 2e compagnie s'est vue attribuée le secteur situé en face de Zonne.
- Le 4e groupe du 19e régiment d'artillerie procure l'appui-feu du régiment et est en position au sud de Sint-Margriete depuis environ 5 h.
Par l'intermédiaire du quartier général de la 1re division de cavalerie, la 1re compagnie bénéficie également d'une liaison indirecte avec celui de la 17e division d'infanterie, positionné le long du canal de dérivation de la Lys. La 1re compagnie peut, si nécessaire, faire appel à l'artillerie de cette division.
Peu après 10 h, l'ordre est reçu de détruire les ponts sur le canal Léopold. Ces ouvrages déjà fragilisés, leur destruction commence dans l'heure qui suit.
Le régiment envoie plusieurs patrouilles dans la matinée qui signalent des mouvements de troupes ennemies et rentrent saines et sauves dans les lignes avant la tombée de la nuit.
Le reste de la journée se déroule sans grand incident. Les troupes s'affairent à renforcer les fortifications de campagne. Les Allemands testent la solidité de la ligne de défense. À la nuit tombée, une patrouille ennemie lance un raid à travers le canal mais est rapidement repoussée.
25 mai
État-major
Le régiment subit les bombardements ennemis sans conséquences majeures. Un sous-officier est néanmoins tué au cours d'une patrouille. L'état-major est informé qu'il doit à nouveau se replier durant la nuit.
26 mai
État-major
À partir de minuit, le régiment abandonne ses positions le long du canal Léopold pour se replier sur le sous-secteur de la Heille. Le passage d'Aardenburg s'avère particulièrement difficile. Le peu de routes sont encombrées par les unités de cavalerie qui doivent rejoindre leurs nouvelles positions au plus vite. L'état-major du régiment arrive sur sa nouvelle position à Lapscheure vers 3 h du matin. L'installation des troupes est très lente. Les nombreux fossés de drainage dans les polders rendent extrêmement difficile la mise en place de l'armement collectif. Des ponts de bois doivent être construits ici et là pour acheminer les mitrailleuses, les canons antichars C47 et les munitions des routes jusqu'aux positions.
Durant la nuit, la 1re division de cavalerie est déplacée sur la ligne de Retranchement-Sluis-Middelbourg. À 7 h, le sous-secteur de Heille est occupé par le régiment appuyé par le 1er groupe du 17e régiment d'artillerie :
- L'état-major est stationné dans une ferme entre le centre du village de Lapscheure et la route principale reliant Maldegem à Knokke. Les occupants de la maison n'ont pas fui et sont extrêmement perturbés par l'arrivée des soldats.
- Le 1er bataillon occupe le côté gauche, de l'ancien Kruisschans (inclus) jusqu'à la limite de Heille.
- Le 2e bataillon occupe le côté droit, de la limite nord à la limite sud de Heille.
Pendant la journée, plusieurs patrouilles sont envoyées à Aardenburg et Saint-Jean-in-Eremo qui s'avère déjà occupé par les allemands
Les plus importantes attaques allemandes contre le nord de la zone d'occupation belge ont lieu à Balgerhoeke et Renaix, sur le canal de dérivation de la Lys que l'ennemi franchit à ces deux endroits vers 16 h. Vers 19 h 30, le front s'effondre près du 23e régiment de ligne, près de Renaix. Le 7e régiment de chasseurs à pied doit également se replier du canal près de Balgerhoeke. L'état-major général n'a d'autre choix que de se retirer du canal de dérivation et de tenter de rétablir une ligne de défense le long de l'axe Strobrugge-Maldegem-Oostwinkel. Une force de réserve est constituée à laquelle le régiment est intégré et auquel est adjoint la compagnie T13 de la 3e division d'infanterie. Elle reçoit le nom de Groupement Morel
Le groupement sera gardé en réserve à Maria-Aalter pour pouvoir intervenir dans le secteur de la 18e division d'infanterie ou de la 12e division d'infanterie. Le régiment démarre à 0 h 30.
27 mai
État-major
La marche vers les bois autour de Maria-Aalter traverse Moerkerke, Sijsele, Oedelem, Beernem et Sint-Joris. Certaines compagnies ont du mal à suivre. Au petit matin, les compagnies sont déployées dans les bois, juste au sud de la Stratemstraat.
Sur le canal de dérivation, les Allemands percent la mince ligne de défense dans le secteur de la 12e division d'infanterie à Zomergem et progressent vers Ursel. Vers 10 h 30, le groupement Morel reçoit l'ordre de se déployer le long de la ligne Eentveld-Knesselare-canal Gand-Bruges. Les 11e et 12e divisions d'infanterie battent en retraite du canal de dérivation et doivent se retrancher derrière cette nouvelle ligne. Les Allemands suivent de près et développent leur attaque en direction d'Ursel et du bois du Drongengoed. Le 4e régiment de carabiniers-cyclistes doit prendre en charge le sous-secteur Eentveld-Knesselare et sera appuyée sur son flanc droit par le 1er régiment de carabiniers-cyclistes, qui doit progresser vers la Hoekestraat.
Les unités ne sont pas prêtes à se mettre en marche avant 12 h 30 environ. Le 1er régiment de carabiniers-cyclistes part pour le pont Sint-Joris, où il doit traverser le canal de Gand à Bruges. L'itinéraire le plus rapide, via la chaussée de Maria-Aalter, est impraticable en raison du trafic militaire intense obligeant les compagnies à progresser indépendamment par diverses routes de campagne. Une fois le canal franchi, les unités sont dirigées vers leurs nouvelles positions le long de la Hoekestraat, depuis la limite sud de Knesselare au nord jusqu'à la gare de Maria-Aalter au sud.
- Le 1er bataillon est affecté au secteur nord :
- La 2e compagnie fera la liaison avec la 4e compagnie à la limite sud de Knesselare et occupera Kwadam.
- La 1re compagnie est chargée de la défense du village de Baasels.
- Le bataillon est renforcé par un peloton de la 5e compagnie :
- Le 2e bataillon est déployé dans le secteur sud.
- La 4e compagnie occupe la zone située entre la limite sud de Baasels et le canal Gand-Bruges.
- La 5e compagnie est positionnée à l'extrême sud du flanc et assure notamment la garde du pont de la Hoekestraat enjambant le canal.
Le ravitaillement et de bagages du régiment demeurent en arrière dans les bois de Maria-Aalter.
Vers 21 h 30, le régiment reçoit l'ordre du Groupement Morel de se replier sur Nieuwenhoven pour minuit.
1er bataillon
Durant la phase finale de la marche, le 1er bataillon suit le 2e bataillon du 4e régiment de carabiniers-cyclistes. Cette formation rencontra les premières troupes allemandes presque immédiatement après son arrivée, ce qui entraîna inévitablement le bataillon dans des combats ininterrompus. La 2e compagnie atteignit ses positions désignées sous le feu ennemi. La 1re compagnie parvint à occuper Baasels sans entrer en contact avec l'assaillant. Ces 2 compagnies atteignent finalement leurs position vers 16 h 0.
Le 4e régiment de carabiniers-cyclistes réussit à chasser les troupes ennemies du centre de Knesselare et y fait de nombreux prisonniers. Cependant, la contre-attaque ne se fit pas attendre et, tandis que l'artillerie allemande pilonnait Knesselare, l'infanterie commença à encercler le village. Au sud, la progression se poursuivit vers les positions de la 2e compagnie. Faute de temps pour creuser des tranchées, les troupes cherchèrent à se mettre à couvert sur le terrain et entre les maisons.
Au nord de Knesselare, les Allemands semblaient avoir réussi à contourner le 1er bataillon du 4e régiment de carabiniers-cyclistes. Les assaillants furent repérés en direction d'Oostveld. Par chance, le groupement Morel avait réussi à envoyer des renforts à Knesselare (4 side-cars du 1er bataillon du 1er régiment de chasseurs à cheval et un chasseur de chars T13 de la compagnie C47. L'ennemi stoppa sa progression, mais parvint à mettre le T13 hors de combat avec un canon antichar.
2e bataillon
Le bataillon atteint ses positions sans difficulté. En journée, il est confronté à de nombreux détachements en retraite de la 11e division d'infanterie. Les premières unités de reconnaissance ennemies n'apparaissent que vers 20 h 0. Il est également soumis à un feu d'artillerie qui font une victime. Quelques échanges de tirs ont lieu au nord du secteur tandis que sur le flanc sud, les allemands tentent de progresser le long des 2 rives du canal Gand-Bruges et la 5e compagnie parvient a faire quelques prisonniers. Les allemandes suspendent leur progression au crépuscule.
28 mai
État-major
Le régiment abandonne ses positions à partir de 0 h 30 sous la menace ennemie.
Le gros des troupes se replie par le pont de Sint-Joris. Le régiment assure la couverture du 4e régiment de carabiniers-cyclistes. Au pont, c'est le chaos total, une file d'attente se forme avant que les derniers éléments du régiment n'atteignent la rive sud. Ce pont est détruit par le génie vers 4 h 30. La destination est modifiée et la troupe doit faire route vers Rooiveld, un hameau situé à un bon kilomètre à l'ouest de Nachtegaal. Les compagnies y arrivent à intervalles réguliers entre 3 h 0 et 7 h 0..
Le poste de commandement du régiment est installé dans une grande ferme à Rooiveld. Là, des habitants arrivent pour prévenir que la BBC a annoncé la capitulation de l'armée belge.
Après le 28 mai
À partir du 29 mai, les troupes et le matériel de toute la 1re division de cavalerie sont rassemblés dans la zone située entre le canal de dérivation de la Lys, le canal de Lieve et le canal de Gand-Terneuzen. Le 1er juin, toutes les unités sont transférées dans des camps de prisonniers de guerre. Les colonnes se rassemblent à Dudzele. Escortée par un peloton de motards allemands, la division toute entière se rend à Berchem, où tous les véhicules et l'artillerie sont entreposés dans un dépôt à ciel ouvert.
La troupe traverse ensuite Anvers à pied et est internée au camp de Brasschaat (nl). Elle est déportée en Allemagne via la gare de Sint-Mariaburg. Les miliciens flamands seront libérés peu après.
Après-guerre
Le est formé le 1er bataillon de carabiniers-cyclistes qui hérite des traditions du régiment de même dénomination comme bataillon d'infanterie blindée de la 16e division blindée.
Entre 1960 et 1962, trois compagnie de marche partent pour le Congo suite aux troubles qui mèneront à son indépendance.
Le , le bataillon est transféré à la 17e Brigade blindée.
Il participe à plusieurs missions BELBAT en Slavonie orientale entre 1992 et 1997.
Il est également déployé en Bosnie entre 1999 et 2000 dans le cadre de la mission BELUBG 3.
Le , le 1er bataillon de carabiniers-cyclistes est dissous.
Fanion
Un premier fanion fut remis le à Clèves (Allemagne) par le commandant de la Division de Cavalerie, le Lieutenant-général Lemercier.
Il porte les citations suivantes :
- Campagne 1914-1918
- Haelen
- Anvers
- Reigersvliet
- Wippelgem
- Winterbeek
- Knesselaere
Il porte également la fourragère de l'Ordre de Léopold.
Après la dissolution du régiment, ses traditions ont été transmises au camp de Beverloo en octobre 2007.
Organisation
Le régiment est composé comme suit:
- 1 compagnie d'état-major;
- 1 compagnie de canons antichars C47
- 2 bataillons divisés en :
- 2 compagnies de fusiliers
- 1 compagnie de mitrailleurs
Après guerre, le régiment est composé comme suit:
- 1 compagnie d'état-major et services divisées en :
- 1 état-major
- 1 peloton mortiers
- 1 peloton d'éclaireurs
- 1 peloton de lance-roquettes Milan
- 3 compagnies d'infanterie blindée divisées en :
- 1 état-major
- 3 pelotons d'infanterie
- 1 peloton de lance-roquettes Milan
- 1 compagnie de réserve
Garnisons
Avant la seconde guerre mondiale :
- Tervuren
- Laeken
Après la seconde guerre mondiale :
- Spich
Béret
Contrairement aux autres unités de l'infanterie belge, il était de de couleur noire.
