Cet article présente les évènements qui ont eu lieu en 2005 au Soudan.
Un accord de paix final au Soudan du Sud a été signé le à Nairobi entre le vice-président soudanais Ali Osmane Taha et John Garang, chef de la rébellion sudiste de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), mettant un terme au plus long conflit en Afrique (21 ans) qui a fait 1,5 million de morts.
Cet accord prévoit pour une période de 6 ans une large autonomie pour le sud du Soudan qui aura son propre gouvernement et une armée autonome. À l'issue de cette période, un référendum d'autodétermination sera organisé. Les revenus issus du pétrole seront partagés en part égale entre le sud et le nord. D'autre part, le gouvernement aura 70% des postes dans l'administration centrale contre 30% pour la rébellion du sud. Enfin, la charia (loi islamique) sera en vigueur uniquement dans le nord du pays, à majorité musulmane. Elle ne sera pas appliquée dans le sud à majorité chrétienne et animiste.
Le , des milliers de Soudanais ont manifesté leur joie dans les rues de Khartoum. Le Conseil national de libération du Mouvement Populaire de Libération du Soudan (SPLM) a ratifié à l'unanimité le à Rumbek l'accord de paix.
Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté le à l'unanimité la résolution 1590 présentée par les États-Unis qui prévoit l'envoi d'une Mission des Nations unies au Soudan (Unmis) composée de 10 000 soldats et 715 policiers civils afin de «soutenir l'application de l'accord de paix» au sud-Soudan signé en par le gouvernement le Mouvement/Armée de libération du Soudan (SPLM/A) de John Garang. Cette mission a un mandat initial de 6 mois.
À la conférence des donateurs qui s'est tenu les 11 et à Oslo (Norvège), les bailleurs de fonds ont promis de donner 4,5 milliards de dollars en vue de la reconstruction du Soudan, dévasté par 21 années de guerre civile.
John Garang, chef des anciens rebelles du Sud-Soudan est devenu le vice-président du Soudan conformément aux accords de paix de . Après la mort de John Garang le , il est remplacé par Salva Kiir le .
Darfour
L'Union africaine a décidé de déployer une force de maintien de la paix au Darfour. La force devrait à terme être composée de 3 320 hommes.
Le , un bombardement aérien sur un village a eu lieu au Darfour tuant une centaine de personnes. Adam Thiam, porte parole de l'Union africaine a déclaré que c'était «l'attaque la plus grave perpétrée ces derniers mois. C'est plus qu'une violation très grave du cessez-le-feu car ce n'est pas un acte isolé». Les actes de violence se multiplient ces dernières semaines, à quelques jours du sommet de l'Union africaine qui sera consacré notamment à la situation au Darfour.
Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU, a appelé le les Nations unies à engager une action urgente pour mettre fin aux massacres dans la région du Darfour dans le sud du Soudan. Dans un rapport remis la veille, l'ONU accuse le gouvernement soudanais et les milices arabes d'avoir commis au Darfour «de sérieuses violations» de la loi internationale, équivalentes à «des crimes de guerre» ou «des crimes contre l'humanité» en faisant références aux pratiques généralisées de tortures, viols, meurtres et pillages de civils.
Le , Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies a appelé l'OTAN et l'Union européenne à «étudier sérieusement ce qu'elles peuvent entreprendre concrètement pour aider à faire cesser» la tragédie que représente la guerre au Darfour, responsable depuis deux ans de plusieurs dizaines de milliers de morts et de 1,6 million de personnes déplacées.
Dans un entretien à l'Agence France-Presse (AFP) le , Jan Egeland, secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires humanitaires que le conflit au Darfour a fait au moins 180 000morts au cours des 18 derniers mois, soit une moyenne de 10 000morts par mois. Ces chiffres tiennent compte des personnes décédées à cause des privations et des maladies.
Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté le par 12 voix pour et trois abstentions (Algérie, Chine et Russie) une résolution présentée par les États-Unis prévoyant des sanctions (gel des actifs et interdiction de déplacement à l'étranger) pour les personnes qui seraient reconnues coupables d'avoir commis des atrocités ou menaçant le processus de paix. Une commission comprenant des représentants des 15 États membres du Conseil de sécurité sera chargée de désigner ces personnes. La résolution étend également l'embargo sur les armes et interdit au gouvernement les vols militaires offensifs sur le Darfour. Le ministère des affaires étrangères considère que cette résolution qu'elle juge «déséquilibrée et inopportune» ne tient pas compte des «efforts du gouvernement pour traiter les questions liées à la politique, à la sécurité et à la situation humanitaire au Darfour».
Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté le par 11 voix pour et 4 abstentions (Algérie, Brésil, Chine et États-Unis) une résolution permettant de traduire les auteurs d'exactions (meurtres, viols ou pillages) au Darfour devant la Cour pénale internationale (CPI). Les États-Unis, opposés à la Cour pénale internationale, ont obtenu que ces ressortissants mis en cause ne puissent y être jugés. Ainsi, la résolution prévoit que «les citoyens, responsables actuels ou passés ou du personnel d'un État contribuant non partie au traité de Rome sur la Cour pénale internationale, seront soumis à la juridiction exclusive de cet État pour tout acte présumé lié à des opérations au Soudan».
Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a approuvé le le renforcement de son dispositif de maintien de la paix au Darfour. Ses effectifs passeront de 2 200 à 7 700hommes.