Cet article présente les faits marquants de l'année 2008 au Rwanda.
Jeudi : une Rwandaise de 91 ans a été brûlée vive par un groupe de villageois qui craignaient d'être mis en cause par la justice pour avoir décimé sa famille lors du génocide en 1994.
Dimanche : arrestation en Allemagne de Rose Kabuye, responsable du protocole du président rwandais Paul Kagame; elle faisait l'objet d'un mandat d'arrêt européen émis par la France.
Jeudi : Dennis Polisi, le vice-président de la Chambre des députés, accuse la justice française de «coup d'État» et de «mépris pour les Africains» après l'arrestation en Allemagne avec un mandat d'arrêt français de Rose Kabuye, la directrice du protocole présidentiel rwandais: «C'est un mépris pour les Africains, pour les pays pauvres. Comment un juge européen peut-il s'asseoir dans son bureau et faire arrêter les plus hautes autorités d'un pays? [...] au moment où des génocidaires se prélassent en Europe sans s'inquiéter, des juges européens s'acharnent contre ceux-là mêmes qui ont arrêté le génocide»[1].
Mercredi : l'Allemagne a remis Rose Kabuye à la justice française qui l'a mise en examen pour «complicité d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste» dans le cadre de l'enquête sur l'attentat contre le président Juvénal Habyarimana en 1994, point de départ du génocide qui a fait 800 000 morts. Cette extradition donne lieu à d'importantes manifestations au Rwanda.
Lundi : les autorités judiciaires françaises ont autorisé Rose Kabuye, mise en examen et placée sous contrôle judiciaire en France dans l'enquête sur l'attentat contre le président Habyarimana en 1994, a été autorisée à retourner au Rwanda pour les fêtes.