2009 en Somalie
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Cet article présente les faits marquants de l'année 2009 en Somalie.
Chronologies
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Janvier 2009
- Jeudi :
- Le journaliste, Hassan Mayow Hassan, travaillant pour une importante radio privée de Somalie, Shabelle, est assassiné par balles près de son domicile à Afgoye, une localité à 30 km à l'ouest de Mogadiscio. Selon des témoins il aurait été tué par des membres des forces de sécurité[1].
- 9 civils sont tués par un tir de mortier.

- Vendredi :
- Nouvelles violences dans la capitale Mogadiscio causant la mort de 2 soldats éthiopiens et 7 civils somaliens. Un groupe de soldats éthiopiens auraient été touchés par une explosion alors qu'ils inspectaient la zone du carrefour stratégique de K4 au sud de la ville à la recherche d'engins explosifs. Ils auraient alors ouvert le feu dans la rue en représailles tuant sept civils dont une femme[2].
- L'armée éthiopienne commence ses opérations de retrait de la Somalie ce qui devrait prendre plusieurs jours. Elle était présente depuis fin 2006 lorsqu'elle était intervenue officiellement pour soutenir le gouvernement de transition, et avait mis en déroute, début 2007, les milices des Tribunaux islamiques, maîtres pendant quelques mois de l'essentiel du centre et du sud du pays. Le retrait éthiopien fait planer de sérieuses inquiétudes sur la sécurité dans ce pays en guerre civile depuis 1991. La force de l'Union africaine, l'Amisom, déployée depuis et dont le mandat qui expirait fin décembre a été prolongé de deux mois, va se retrouver seule sur le terrain face à des Shebab (l'aile militaire des Tribunaux islamiques) de plus en plus puissants. Mal équipée et sous-financée, l'Amisom est forte de seulement 3 400 soldats burundais et ougandais, alors que son mandat initial prévoyait un contingent total de 8 000 hommes[3].
- Dimanche ,
Pount : Libération des deux journalistes étrangers — un rédacteur britannique et un photographe espagnol — enlevés le dans la province autoproclamée autonome du Puntland (nord).
- Mercredi : les deux volontaires de Médecins du monde, la Japonaise Keiko Akahane (32 ans) et le Néerlandais Wilhem Sools (27 ans) sont libérés après trois mois et demi de captivité. Ils avaient été enlevés en Éthiopie dans la province de l'Ogaden le par des hommes armés près de la frontière avec la Somalie, et détenus depuis dans la province centrale[4].
- Mardi : dans le cadre de son retrait, l'armée éthiopienne a abandonné deux de ses principales positions dans le nord de la capitale Mogadiscio : le camp militaire d'Heylebarise et l'ancienne usine de fabrication de pâtes.
- Mercredi : de violents combats ont opposé à Mogadiscio les troupes éthiopiennes aux insurgés islamistes causant la mort d'au moins 14 civils.
- Vendredi :
- Les Nations unies votent une résolution leur permettant d'apporter un « soutien logistique » à la force de paix de l'Union africaine déployée en Somalie. Ce paquet constitue un soutien logistique global financé par l'ONU pour l'AMISOM allant jusqu'à « la fourniture de moyens lourds (avions, hélicoptères) en passant par la fourniture de carburant, de nourriture, d'équipement ».
- Libération d'un journaliste et de deux chauffeurs somaliens enlevés le près de Mogadiscio avec une journaliste canadienne et un photographe australien, ont été libérés par leurs ravisseurs cette nuit a annoncé à l'AFP le journaliste. Les deux journalistes étrangers sont toujours gardés en otages.

(1994)
- Samedi : les trois mille soldats des troupes éthiopiennes ont terminé leur retrait de Mogadiscio laissant vacant le pouvoir aux mains du nouveau premier ministre Hassan Hussein soutenu par l'Alliance pour la relibération de la Somalie, dont le leader, Sharif Ahmed, avait déjà dirigé les Tribunaux islamiques deux ans plus tôt[5]. La coalition entre les groupes les moins extrémistes rescapés du TFG va tenter de s'imposer dans le sud du pays, en compétition avec les groupes radicaux chabab qui désormais vont s'appliquer en priorité à pousser au départ la force de l'Union africaine en Somalie, l'AMISOM en attaquant leurs bases; selon leur porte-parole : « Vous aviez pris l'habitude de voir les bases éthiopiennes attaquées quotidiennement. À partir de maintenant, vous entendrez que ce sont les bases de l'Union africaine qui ont été attaquées ». Composée actuellement de 3 400 hommes, alors que les troupes éthiopiennes disposaient 15 000 soldats, l'AMISOM s'est toujours limitée à assurer surtout la survie de ses troupes, confinées dans une petite zone entre le port et l'aéroport de Mogadiscio.
- Mardi : au moins 12 personnes ont été tuées et 18 autres ont été blessées dans la soirée à Mogadiscio lors de différents affrontements opposant des insurgés islamistes aux forces gouvernementales en particulier dans le quartier de Madina. Les insurgés ont réussi à prendre le contrôle d'un barrage.
- Mercredi :
- Le Yémen, séparé de la Somalie par le golfe d'Aden, accorde l'asile politique à l'ancien président somalien Abdullahi Yusuf Ahmed, qui a démissionné en décembre au terme d'une crise politique majeure. L'ancien chef d'État disposera désormais d'un domicile permanent au Yémen.
- Jeudi : alors que le taux de malnutrition s'élève dans le pays est à 18,6 %, au-delà du seuil de 15 % synonyme de situation critique, le directeur du Programme alimentaire mondial pour la Somalie, Peter Goossens, menace de suspendre les distributions de nourriture dans certaines zones du pays si les autorités et groupes armés somaliens ne garantissent pas la sécurité de son personnel. En un an 4 employés de l'organisation ont été assassinés.
- Samedi : au moins 14 civils trouvent la mort à Mogadiscio dans l'explosion d'une voiture piégée qui visait un barrage de la Force africaine de paix en Somalie (Amisom) mais qui a foncé sur un autobus de passagers.
- Dimanche : l'armée éthiopienne a achevé son retrait total de la Somalie après deux années de présence aux côtés du gouvernement somalien pour lutter contre l'insurrection islamiste. L'armée éthiopienne était intervenue officiellement fin 2006 pour soutenir le gouvernement somalien, et a mis en déroute début 2007 les forces des tribunaux islamiques qui avaient contrôlé pendant quelques mois l'essentiel du centre et du sud de la Somalie. L'Éthiopie, en majorité orthodoxe, avait justifié cette intervention en arguant que les tribunaux islamiques menaçaient sa sécurité.
- Lundi : les miliciens islamistes — les shebabs, aile militaire des Tribunaux islamiques — qui contrôlent la majeure partie de la Somalie s'emparent de toute la ville de Baidoa (sud), siège du Parlement de transition somalien. Parallèlement, le pouvoir central tente, depuis Djibouti, de trouver une solution politique au conflit, notamment en élargissant la représentation du Parlement aux islamistes modérés.
- Mardi : au moins 18 civils somaliens ont été tués à Mogadiscio quand des soldats de la mission de paix de l'Union africaine ont ouvert le feu après l'explosion d'un engin explosif au passage de leur convoi.
- Samedi : le Parlement de transition, réuni à Djibouti en raison des violences persistantes et de l'insécurité généralisée en Somalie, a élu président de la République, cheikh Sharif Cheikh Ahmed, chef de l'Alliance pour la relibération de la Somalie (ARS) — islamistes modérés somaliens —, après le départ du président Abdullahi Yusuf Ahmed, poussé à la démission fin . L'autre candidat sérieux était le Premier ministre sortant, Nur Hassan Hussein. Lundi, les Shebab, insurgés islamistes opposés aux institutions de transition, ont pris la ville de Baïdoa (250 km au nord-ouest de Mogadiscio), siège du Parlement de transition.
Février 2009
- Dimanche :
Pount : Un employé pakistanais d'une compagnie minière est enlevé par des hommes armées dans le Puntland.- Un attentat suicide à la voiture contre le camp des soldats burundais de la Mission de l'Union africaine en Somalie à l'ancienne université, cause la mort de 11 soldats et en blesse 15 autres. Cette attaque, la plus meurtrière commise contre l'Amisom, porte à 20 le nombre de soldats de l'Union africaine tués en Somalie depuis son déploiement en .

(janvier 2010)
- Mardi : Au lendemain de l'arrivée du nouveau président élu Sharif Cheikh Ahmed, des miliciens du parti islamique Hizbul Islam, lourdement armés ont attaqué les forces pro-gouvernementales dans le district de Taleh, dans le sud de la capitale somalienne, entraînant de violents combats. Faisant au moins 23 morts, dont 18 civils, et 90 blessés. Hizb al-Islamiya est alliée au Cheikh Hassan Dahir Aweys, un chef islamiste somalien réfugié en Érythrée et recherché pour ses liens avec Al-Qaïda[6].
- Samedi : le nouveau président Sharif Cheikh Ahmed annonce à la presse avoir « accepté » le principe d'un cessez-le-feu avec les insurgés islamistes et l'application de la loi islamique dans le pays, défendue par une médiation de responsables musulmans.
Mars 2009
- Mercredi ,
Pount : des combats entre milices de clans rivaux, dans le district d'Ufeynau cause la mort d'au moins 7 personnes, en majorité des combattants, et 11 blessées. Les affrontements ont éclaté à propos d'une ancienne querelle concernant l'accès à la terre.
- Mercredi : un attentat à la bombe dissimulée cause la mort de Ubeyd Ali Fidow et de deux autres personnes. Il fut l'ancien chef de la sécurité de deux anciens premiers ministres somaliens Ali Mohamed Gedi et Nur Hassan Hussein. Le véhicule tout-terrain à bord duquel les trois hommes avaient pris place a été entièrement détruit dans l'explosion.
- Samedi : des combats éclatent dans la soirée, lorsque des groupes d'islamistes modérés, lourdement armés, ont attaqué et pris le village de Wabho (région de Galgadud), à environ 500 km au nord-ouest de Mogadiscio, jusque là tenu par les Shebab islamistes.
- Dimanche : au moins 13 personnes, essentiellement des combattants, ont été tuées lors des affrontements qui se déroulent depuis la veille entre islamistes modérés et Shebab dans la région de Galgadud.
- Lundi : quatre employés de l'ONU — trois expatriés et un Somalien — travaillant pour le Programme alimentaire mondial et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), sont enlevés tôt le matin par des hommes armés à Wajid et libérés dans la journée à la suite de négociations menées par des chefs coutumiers et des responsables du mouvement des Shebab. (miliciens islamistes somaliens). Ces efforts ont finalement payé et les otages sont libres" a indiqué le responsable.
- Jeudi : le chef d'Al-Qaida, Oussama ben Laden, dans un message adressé aux « champions de Somalie », appelle les radicaux islamistes en Somalie à renverser et à combattre le nouveau président Sharif Cheikh Ahmed, ancien dirigeant des Tribunaux islamiques somaliens : « Il est comme les présidents qui sont à la solde de nos ennemis ».
- Mercredi :
- Quatre policiers sont tués par balles et un cinquième blessé à Mogadiscio lorsque des assaillants circulant à bord de deux véhicules ont ouvert le feu sur eux.
- Cinq fonctionnaires kényans sont enlevés en Somalie par des hommes armés dans la localité frontalière de Bulohawo (sud de la Somalie) alors qu'ils avaient traversé la frontière depuis la localité kényane de Mandera pour faire des achats. Les ravisseurs réclament une rançon. Cette région est contrôlée par le groupe islamiste radical des Shebab et ses alliés. Le groupe a récemment mis en garde le Kenya de s'abstenir de toute ingérence dans les affaires somaliennes sous peine de représailles. Le Kenya a exprimé plusieurs fois sa préoccupation que les islamistes contrôlent le port de Kismayo (sud de la Somalie) ce qui entraînerait des répercussions négatives sur la sécurité aux frontières.
- Jeudi : Le ministre de l'Intérieur, Abdukadir Ali Omar, est blessé dans le quartier de Bakara à Mogadiscio dans un attentat à la bombe visant sa voiture. Deux passants et un de ses gardes du corps ont été tués.
- Samedi : Les cinq fonctionnaires kényans enlevés mercredi ont été libérés contre rançon.
Avril 2009
- Jeudi : Les Shebab ordonnent à Radio Mandeq, la dernière radio indépendante émettant depuis Bulohawo — une zone de l'extrême sud du pays contrôlée désormais par les Shebabs — d'arrêter sa diffusion, a indiqué son directeur, Hassan Mohamoud Halane : On ne nous a donné aucune raison justifiant la fermeture. Ils nous ont simplement dit par téléphone d'arrêter la diffusion et d'aller au poste de police pour une explication en ordonnant de produire une copie des programmes diffusés par la radio.
- Lundi :
- Des tirs de mortiers près de l'aéroport de Mogadiscio ont visé l'avion transportant un parlementaire américain, Donald Payne, membre du comité des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, alors qu'il s'apprêtait à quitter la capitale somalienne. Il était arrivé le jour même pour s'entretenir avec le Premier ministre puis avec le président de la Somalie, au sujet de la piraterie sévissant au large de la Somalie et « sur les moyens pour la communauté internationale d'aider le gouvernement de transition somalien ».
- Les Shebab revendiquent l'attaque au mortier contre l'avion du parlementaire américain. Selon le cheikh Hussein Ali Fidow : « Nous avons mené cette attaque contre l'ennemi d'Allah qui était arrivé pour répandre la démocratie en Somalie […] Ce gouvernement accueille favorablement l'Amérique, qui est notre principal ennemi, et nous ne cesserons jamais de les attaquer ».
- Mardi : Selon le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), quelque 60 000 déplacés sont retournés depuis le début de l'année à Mogadiscio malgré le climat de violence qui règne dans la capitale. Les réfugiés espèrent trouver à Mogadiscio des conditions de vie meilleures que dans les campements provisoires installés dans la campagne environnante, mais le HCR n'encourage pas les déplacés à rentrer, car la situation dans la capitale n'est toujours pas sécurisée et les services de première nécessité ne sont pas assurés. Des centaines de milliers de personnes vivent dans des campements qui s'étalent sur 30 kilomètres le long de la route à l'ouest de Mogadiscio. Les conditions de vie y sont épouvantables, ils manquent de tentes, de sanitaires et de nourriture, l'insécurité empêche souvent les organisations humanitaires d'approvisionner ces campements en nourriture et en biens de première nécessité[7].
- Mercredi : Le député Abdullahi Issa Adow est abattu à Mogadiscio par 3 hommes armés.
- Samedi : Le Parlement de transition somalien, réuni à Mogadiscio, approuve à l'unanimité le projet de loi du gouvernement instaurant la loi coranique (charia) dans le pays, en guerre civile depuis 1991, a déclaré le vice-président du Parlement, Osman Elmi Boqore.
- Dimanche : Deux médecins, un belge et un néerlandais, membres de Médecins sans frontières, ont été enlevés dans la région de Hodur, près de la frontière éthiopienne à 250 km au nord-ouest de Mogadiscio par des hommes en armes alors qu'ils revenaient d'une mission sur le terrain.
- Jeudi :
- Ouverture à Bruxelles de la Conférence internationale des donateurs pour rétablir la sécurité en Somalie.
- La Commission européenne promet « au moins 60 millions d'euros pour soutenir les institutions sécuritaires en Somalie et la mission de l'Union africaine en Somalie (Amisom) », soit près de la moitié de l'aide de 166 million de dollars espérée par l'ONU. La Commission européenne a prévu une aide au développement de 215,4 millions d'euros pour la Somalie pour la période 2008-2013. Selon le commissaire au Développement Louis Michel : « Depuis près de vingt ans, la Somalie ne bénéficie pas de l'État de droit mais est régie par la loi de la jungle. Maintenant, pour la première fois, la Somalie a un gouvernement crédible et la communauté internationale doit le soutenir ». Selon José Manuel Barroso : « Les actes récents de piraterie ont réveillé la communauté internationale, mais il serait faux de limiter la réponse à une intervention militaire […] C'est simplement un nouveau symptôme d'un profond délabrement de l'État pendant 17 ans »[8].
- L'ensemble des participants à la conférence se sont engagés à débloquer 250 millions de dollars (191 millions d'euros) pour aider à stabiliser le pays et lutter contre la piraterie maritime, alors que 166 millions étaient espérés.
- Un bateau de 117 migrants illégaux en provenance de la côte somalienne près de Bossasso, a fait naufrage au large des côtes de la région d'Abyan (250 km à l'est d'Aden), le bateau qui a fait naufrage faisait la traversée avec une autre embarcation qui transportait environ 105 personnes. Au total 165 personnes, ont été recueillis. Depuis le début de l'année, 387 embarcations et 19 622 personnes sont arrivées au Yémen après la périlleuse traversée du Golfe d'Aden en provenance de la Corne de l'Afrique pour fuir la violence et la famine, principalement en Somalie, causant la mort de 131 migrants clandestins auxquels s'ajoutent au moins 66 autres portés disparus.
- Ouverture à Bruxelles de la Conférence internationale des donateurs pour rétablir la sécurité en Somalie.
- Mardi : Les deux médecins, belge et néerlandais, de Médecins sans frontières (MSF), enlevés le sont libérés grâce à l'entremise du chef coutumier, Hassan Mohamed, ayant participé aux négociations pour leur libération.
Mai 2009
- Mardi : un soldat burundais de la force de paix de l'Union africaine en Somalie (AMISOM) a été « assassiné ».
- Jeudi : de violents affrontements à Mogadiscio entre forces militaires et les shebabs islamistes ont fait au moins 4 morts dont trois civils et au moins 55 blessés civils.
- Samedi : de violents affrontements ont lieu dans le district de Yaqshid (nord de Mogadiscio) entre les forces islamistes soutenant le gouvernement et une milice islamiste radicale du groupe Hizbul Islam, faisant au moins 7 morts civils victimes des combats et en blessant dix autres. Dans un autre quartier un obus a touché un café faisant 2 morts et 7 blessés.
- Dimanche : un obus de mortier tiré contre une mosquée de Mogadiscio tue au moins 14 personnes et en blessent au moins une dizaine d'autres.
- Mardi :
- Selon l'ONG Elman Human Rights Organization, une organisation de défense des droits de l'Homme, au moins 113 civils ont été tués au cours des affrontements dans Mogadiscio depuis samedi et environ 345 autres civils ont été blessés dans ces violences. 10 000 civils auraient fui leurs maisons dans la seule journée d'aujourd'hui.
- Les combats s'étendent à localité de Mahas, située à 300 km au nord de Mogadiscio, alors que les forces pro-gouvernementales ont attaqué des positions des Shebab islamistes. Selon le chef coutumier, Abdi Ali Shegow : « Quatre civils et quatre combattants sont morts dans les affrontements ».
- Mercredi :
- Les affrontements de la journée à Mogadiscio auraient faits 13 morts.
- L'envoyé spécial de l'ONU pour la Somalie, Ahmedou Ould-Abdallah, accuse l'un des principaux responsables des islamistes radicaux somaliens, cheikh Hassan Dahir Aweys, d'avoir mené « une tentative de coup d'État » à Mogadiscio ces derniers jours : « Les attaques de ces derniers jours […] à Mogadiscio, c'est une tentative de prise de pouvoir par la force, une tentative de coup d'État […] Aweys est venu pour prendre le pouvoir et renverser un régime légitime, qui a repoussé cette tentative de coup […] Les shebab sont une alliance hétéroclite qui a montré son vrai visage : il ne s'agit pas pour eux d'un combat politique ou religieux, mais d'une bataille économique pour préserver leurs intérêts dans des affaires plus ou moins douteuses […] S'ils étaient aussi puissants qu'ils l'affirment […], pourquoi n'ont-ils pas pris la capitale […] Il s'agit juste d'une rébellion qui combat un gouvernement légitime, certes faible, mais qui a le pouvoir et doit être soutenu et renforcé »[9].
- Le commissaire à la paix et la sécurité de l'UA, Ramtane Lamamra, juge que « l'attaque des Shebab a été repoussée » et que la situation est « sous contrôle », mais révélant que « Les insurgés avec une aide extérieure ont pour la première fois réussi à déployer du matériel lourd », il a également annoncé un prochain renforcement de la force de paix de l'UA en Somalie (Amisom) avec des troupes du Burundi et du Sierra-Leon. Ces renforts porteront à 5 800 les effectifs de l'Amisom, déployée à Mogadiscio depuis . Depuis cette date l'Amisom a déploré 43 morts et plus d'une centaine de blessés, selon l'UA.
- Jeudi : Cheikh Hassan Dahir Aweys, à la tête de l'offensive des derniers jours à Mogadiscio, pour chasser du pouvoir le président Sharif Cheikh Ahmed, l'exhorte à démissionner : « J'appelle Cheikh Sharif Sheikh Ahmed à abandonner son poste autoproclamé de président afin d'épargner les vies des Somaliens […] Nous n'avons pour ainsi dire pas de vrai gouvernement somalien, mais des marionnettes étrangères qui se proclament responsables de la Somalie […] Aucun pays dans le monde n'acceptera un gouvernement imposé de l'extérieur. Les Somaliens sont tout aussi libres de le rejeter ».
- Dimanche :
- Les Shebab, islamistes radicaux, ont lancé une offensive sans précédent contre les forces pro-gouvernementales. Des armes lourdes — tirs de mortiers et d'artillerie lourde — ont été utilisées dans les combats par les deux camps. Le quartier général de la police a été visé par les insurgés alors que les forces pro-gouvernementales ont bombardé le quartier de Bakara au sud de la capitale.
- Les Shebab ont pris après de violents combats, la ville stratégique de Jowhar, située entre Mogadiscio et le centre du pays, faisant environ 70 morts depuis vendredi.
- Mardi : des troupes éthiopiennes lourdement armées et accompagnées de véhicules blindés sont entrées dans une zone frontalière ouest pour établir des barrages routiers à proximité de la ville de Beledweyne.
- Mercredi :
- Selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), environ 43 000 personnes ont fui ces douze derniers jours les combats qui font rage à Mogadiscio pour se réfugier à l'extérieur de la capitale ou dans les pays voisins : « Un nombre important de réfugiés se dirige vers le couloir de Afgooye, au sud-ouest de Mogadiscio, et viennent accroître le nombre de personnes installées dans des camps de fortune » accueillant déjà quelque 400 000 personnes à une trentaine de kilomètres de la capitale. D'autres réfugiés ont trouvé refuge dans les localités « relativement sûres » de Dharkeynley et Deyninle. Au Kenya, 272 800 personnes ont rejoint le camp de Dadaab, dans le nord-est du pays, d'autres réfugiés ont rejoint le Yémen[10].
- Réuni à Addis-Abeba, l'Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad), regroupant six pays d'Afrique de l'Est, appelle le Conseil de sécurité de l'ONU à installer un blocus maritime et aérien de la Somalie.
- Jeudi : au moins trois personnes dont un journaliste somalien sont mortes et au moins 9 autres ont été blessés lors des affrontements à Mogadiscio entre les forces gouvernementales et les rebelles islamistes. Selon le porte-parole de l'armée : Il s'agit d'une importante offensive […] Le gouvernement veut se débarrasser [des insurgés islamistes] et les combats continueront jusqu'à ce qu'ils y parviennent. Les forces gouvernementales ont repris le contrôle de Tarbunka, Bakara et Howlwadag, trois quartiers que contrôlaient les shebab.
- Vendredi :
- Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine demande au Conseil de sécurité de l'ONU de prendre des « mesures immédiates » pour sanctionner l'Érythrée à cause de son soutien aux insurgés islamistes somaliens.
- Les forces gouvernementales lancent une importante contre-offensive contre les positions des insurgés islamistes dans la capitale.
- Samedi :
- De nouveaux affrontements ont fait 53 morts et 178 blessés à Mogadiscio.
- Le croiseur américain, « USS Lake Champlain », a porté secours dans le golfe d'Aden à 52 immigrants somaliens à bord d'un bateau à la dérive depuis sept jours. L'embarcation avait été repérée par un hélicoptère, lors d'un survol de routine dans le cadre des opérations contre les pirates. 17 personnes ont été transférées à bord et reçu des soins médicaux, certains souffrant de déshydratation. Les autres ont reçu des vivres et de l'eau avant d'être également embarquées.
- Dimanche :
- De nouveaux affrontements ont fait trois morts et plus d'une trentaine de blessés à Mogadiscio.
- Selon le Haut Commissariat aux réfugiés, quelque 57 000 personnes ont fui la capitale à cause des combats depuis le , début de l'offensive sans précédent, menée par la milice Hizbul Islam du chef islamiste radical cheikh Hassan Dahir Aweys, et les islamistes radicaux des Shebab, pour renverser le président Sharif Cheikh Ahmed. Au total, ces combats auraient fait au moins 150 morts, essentiellement des civils, dans la ville.
- Lundi :
- Selon le ministère des Affaires humanitaires, les combats menés dans la capitale depuis le début de l'offensive du , ont fait au moins 208 morts, en grande majorité des civils, et 700 blessées.
- Les deux journalistes indépendants, la journaliste canadienne Amanda Lindhout et le photographe australien Nigel Brennan, enlevés le par des inconnus armés sur la route reliant Mogadiscio à Afgoye, 25 km plus à l'ouest, où ils avaient l'intention de visiter des camps de déplacés, ont lancé, lors d'un entretien téléphonique de 5 minutes, un appel de détresse, décrivant des conditions de captivité extrêmement éprouvantes et appelant leurs gouvernements à aider au versement d'une rançon[11].
- Mardi : sept civils sont tués lors d'une attaque au mortier visant apparemment la présidence, sans l'atteindre.
- Mercredi : le président Sharif Cheikh Ahmed accuse l'Érythrée d'armer et de financer les insurgés islamistes qui ont lancé le une vaste offensive dans le but, revendiqué, de le renverser : « Nous savons de manière certaine que la majorité des armes aux mains des insurgés viennent d'Érythrée. Nous savons que des officiers érythréens viennent ici et apportent de l'argent en liquide. L'Érythrée est très impliquée ici […] Le but de l'Érythrée est de maintenir l'Afrique de l'Est dans la tourmente. À partir du moment où il y a une guerre et des tensions entre l'Éthiopie et l'Érythrée, l'Érythrée a besoin d'un endroit où les groupes d'opposition éthiopiens peuvent être entraînés. Ils visent la destruction de l'Éthiopie et ils veulent la déstabiliser à partir de la Somalie »[12].
Juin 2009
- Lundi : les forces armées gouvernementales, ont attaqué les positions contrôlées par les insurgés islamistes dans le quartier de Dharkinley (sud-ouest de Mogadiscio). Les violents combats — aux mitrailleuses lourdes et aux tirs mortier — ont entraîné la fuite de plusieurs centaines d'habitants dont beaucoup avaient déjà fui d'autres quartiers. D'autres combats sporadiques ont eu lieu dans le quartier de Yaqshid (nord de Mogadiscio)[13].
- Mercredi : au cours des dernières 24 heures, au moins 12 personnes, dont cinq civils, ont été tuées et au moins 73 autres personnes ont été blessées dans de violents combats dans le quartier de Jamhuriya (Mogadiscio) entre les forces gouvernementales et les insurgés islamistes.
- Vendredi :
- Au moins 36 personnes ont été tuées et au moins 60 autres personnes ont été blessées dans de violents combats pour le contrôle du village de Wabho (centre), situé près de la frontière éthiopienne, entre des miliciens pro-gouvernementaux et des insurgés islamistes.
- Au moins 64 personnes ont été tuées dans de violents affrontements dans le secteur de Guriel (centre, 400 km au nord de Mogadiscio) entre des miliciens pro-gouvernementaux du mouvement religieux Ahlu Sunna wal Jamaa, et des insurgés islamistes radicaux du shebab et leurs alliés du Hizbul Islam.
- Dimanche : le directeur de l'antenne privée, Radio Shabelle, Mokhtar Mohamed Hirabe (45 ans), est tué par balles à Mogadiscio, alors qu'il marchait dans la rue dans le quartier de Bakara où se trouve le grand marché central, contrôlé par les milices islamistes extrémistes des shebab, puis « les assaillants se sont rapprochés et lui ont encore tiré dans la tête ». Il est le troisième journaliste de Radio Shabelle visé par une attaque depuis le début 2009 et le deuxième directeur de radio assassiné sur le marché de Bakara[14].
- Mardi : des combattants islamistes radicaux Shebab ont attaqué dans la matinée une position gouvernementale, Galgalato, dans la banlieue nord de la capitale Mogadiscio. Au moins six gardes somaliens sont tuées dans l'affrontement. Les shebab affirment qu'ils contrôlaient désormais cette zone stratégique à la sortie nord de la capitale[15].
- Mercredi : de nouveaux affrontements ont lieu dans le district de Hodan (sud de la capitale) entre les forces gouvernementales et les insurgés islamistes shebab, causant la mort du commandant de la police de la région de Mogadiscio, de trois policiers et de quatre autres personnes. Il y a aussi eu neuf blessés civils. Depuis début mai, ces combats ont fait au moins 250 morts (civils et combattants)[16].
- Jeudi : le ministre de la Sécurité intérieure, Omar Hashi Aden, et 19 autres personnes trouvent la mort dans un attentat suicide perpétré contre leur hôtel dans la ville de Beledweyne (nord de Mogadiscio) et revendiqué par les shebab. Un moudjahid est entré avec son véhicule chargé d'explosifs dans le bâtiment où le groupe se rencontrait[17].
- Vendredi : un député est tué par balles à Mogadiscio par un groupe d'hommes armés. Il s'agit du troisième haut responsable somalien tué en trois jours en Somalie, pour cause d'apostasie selon les extrémistes islamistes.
- Samedi :
- Des milliers d'habitants de Mogadiscio ont fui la capitale somalienne où les Shebab ont intensifié leur offensive contre le gouvernement du président Cheikh Sharif Ahmed, principalement vers la localité d'Afgoye, où environ 400 000 déplacés s'entassent déjà dans des conditions effroyables.
- Des tirs sporadiques ont été entendus dans le district de Karan (nord), l'un des derniers bastions contrôlés par les forces pro-gouvernementales dans le nord et où des affrontements ont eu lieu vendredi.
- Le président du Parlement exhorte les pays voisins — Kenya, Éthiopie, Djibouti, Yémen — à « déployer des troupes en Somalie dans les prochaines 24 heures », affirmant que le pouvoir du gouvernement avait été « affaibli » par les attaques des islamistes radicaux. En réponse, le ministre de la Communication éthiopien, Bereket Simon, déclare que l'Éthiopie n'interviendra pas en Somalie aux côtés du gouvernement de transition, tant qu'une décision n'aura pas été prise par la communauté internationale.
- Dimanche : l'Organisation de la conférence islamique, dont la Somalie est membre, condamne « les actions des insurgés, des actes terroristes contraires aux valeurs de paix et de réconciliation préconisées par l'islam » et appelle à une action immédiate de la communauté internationale en Somalie. De son côté, le président de la Commission de l'Union africaine, Jean Ping, estime que le gouvernement somalien avait « le droit » de demander un soutien militaire international face à « l'agression » des insurgés.
- Lundi :
- Le président Cheikh Sharif Ahmed décrète l'état d'urgence face à l'intensification des attaques des insurgés islamistes, qui mettent en péril un gouvernement ne contrôlant qu'une petite partie du pays et qui a lancé ce week-end un appel à l'aide désespéré à ses voisins. Ce décret présidentiel doit encore être approuvé par le Parlement somalien pour entrer en vigueur[18]. Le gouvernement ne contrôle plus que quelques régions du centre de la Somalie et des quartiers stratégiques de la capitale — le palais présidentiel, le port, l'aéroport notamment — protégés par les soldats de la force de paix africaine (Amisom).
- À l'issue d'une rencontre à Nairobi avec son homologue somalien Omar Abdirashid Sharmarke, le premier ministre kényan Raila Odinga se dit favorable à l'envoi de troupes étrangères en Somalie, mais sans se prononcer sur l'envoi de troupes kényanes.
- Jeudi :
- 4 voleurs reconnus coupables lundi, du vol de téléphones portables et de fusils d'assaut, par un tribunal islamique des Shebab au nord de Mogadiscio, ont été amputés de la main droite et de la jambe gauche devant environ 200 personnes. Il s'agit de la mise en application d'une forme très stricte de la charia. Amnesty International a appelé dans un communiqué les shebab à ne pas appliquer « ces châtiments cruels, inhumains et dégradants »[19].
- Selon département d'État, les États-Unis ont fourni des armes et des munitions au gouvernement somalien pour combattre les insurgés[20].
- Dimanche : un tribunal islamique à Wanlaweyn (90 km au sud de Mogadiscio) ont condamné à la lapidation un homme accusé de viol et de meurtre « d'une jeune fille de 18 ans en mai dernier ». Une dizaine d'insurgés Shebab procède à la lapidation devant plus de mille personnes[21].
Juillet 2009
- Vendredi : le gouvernement somalien de transition a lancé une offensive pour déloger les Shebab (insurgés islamistes intégristes) de certaines positions récemment prises à Mogadiscio, notamment de le quartier de Karan (nord). Les violents combats ont causé la mort d'au moins 15 civils[22].
- Mardi :
- Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés annonce que 204 000 habitants de Mogadiscio ont fui les intenses combats qui opposent depuis 8 semaines les forces gouvernementales somaliennes et les « milices Al-Shabab et Hisb-ul-Islam » : « L'escalade du conflit à Mogadiscio a un impact dévastateur sur la population de la capitale somalienne, causant d'énormes souffrances […] provoquant le plus grand exode de la capitale somalienne depuis l'intervention éthiopienne en 2007 […] Durant la seule semaine dernière, environ 105 personnes ont été tuées et 382 ont été blessées […] beaucoup d'habitants fuient leur maison pour la première fois depuis le début en 1991 de la guerre civile en Somalie ». Les déplacés en Somalie dépassent les 1,2 million de personnes[23].
- Les Shebab ont décapité, près de Baidoa (250 km au nord-ouest de Mogadiscio), deux hommes accusés de soutenir le gouvernement du président Sharif Cheikh Ahmed combattu par les insurgés islamistes radicaux. Plusieurs autres seraient toujours en détention.
- Mercredi : des pirates somaliens ont capturé un cargo turc, l'« Horizon-1 », avec 23 personnes à bord, toutes de nationalité turque. Il se rendait d'Arabie saoudite vers la Jordanie avec une cargaison de 33 000 tonnes de sulfure d'hydrogène. Une frégate turque est déployée dans cette zone depuis l'an dernier dans le cadre de la force internationale qui pourchasse les pirates et trafiquants d'armes somaliens.
- Vendredi : la Haut commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, Navi Pillay, déclare que de graves violations des droits de l'homme sont commises en Somalie et « peuvent être considérées comme des crimes de guerre ».
- Dimanche : des combats, entre forces gouvernementales, soutenues par les soldats de la force de l'Union Africaine, l'Amisom, et les Shebab, dans le quartier d'Abdiasis (nord de Mogadiscio) ont éclaté à la suite d'une offensive des forces gouvernementales, appuyées par des chars de la force de l'UA, contre des positions tenues par les insurgés islamistes radicaux. Le premier bilan fait état de la mort de plusieurs islamistes, de 2 soldats et de 4 civils.
- Lundi : des pirates somaliens ont capturé, à environ 14 milles nautiques de Bosasso, le principal port de la région semi-autonome du Puntland (nord-est de la Somalie), une petite embarcation traditionnelle indienne, un dhow et pris en otages ses 11 membres d'équipage avant de s'en servir comme bateau-mère pour attaquer, en vain, un super-tanker, le « VLCC tanker A Elephant » dans le golfe d'Aden. La capture du dhow indien porte à 15 le nombre de bateaux détenus par des pirates somaliens et à plus le nombre de 200 marins retenus captifs. Selon Ecoterra International, une ONG environnementale qui suit de près la piraterie somalienne, 145 attaques menées par des pirates somaliens ont été enregistrées en 2009, dont 45 réussies[24].
- Mardi : à la suite de l'enlèvement de « deux agents du gouvernement français qui se sont fait passer pour des journalistes dans un hôtel de Mogadiscio », l'organisation Reporters sans frontières se dit « choquée » par l'attitude des deux « conseillers » des services de renseignement français déclarant : « Être journaliste n'est pas une couverture. C'est un métier. Nous sommes choqués par cette manière de faire. Ces deux conseillers, dont nous souhaitons bien sûr la libération rapide, étaient en mission officielle et n'avaient pas à recourir à ce procédé pour se couvrir. Leur attitude met les journalistes en danger dans une région où ils le sont déjà ». Ces deux « conseillers » des services de renseignement français étaient en mission à Mogadiscio, où ils apportaient une aide en matière de sécurité au gouvernement somalien, ils ont été enlevés par une dizaine de miliciens Shebab dans l'hôtel Sahafi, situé dans le sud de la capitale somalienne et où ils étaient enregistrés comme journalistes[25],[26].
- Samedi : les Shebab annoncent que les deux agents français enlevés mardi vont être « jugés bientôt selon la loi coranique » (charia).
- Lundi : les Shebab interdisent désormais à trois organismes des Nations unies — le Programme de l'ONU pour le développement (Pnud), le Bureau politique des Nations unies pour la Somalie (UNPOS) et le Département de la sécurité et de la sûreté des Nations unies (UNDSS) — de travailler en Somalie car considérées comme des « ennemis de l'Islam » : « Ces agences étrangères qui opèrent actuellement en Somalie seront complètement fermées et considérées comme des ennemis d'Allah et des musulmans »[27]. Quelques heures après cette déclaration, des miliciens Shebab ont investi les bureaux de trois organismes de l'ONU dans deux villes : le Programme de l'ONU pour le développement (PNUD), du Bureau politique des Nations unies pour la Somalie (UNPOS) et du Département de la sécurité et de la sûreté des Nations unies (UNDSS) dans les villes de Baidoa et de Wajid[28].
- Jeudi : dans la nuit, des combats entre Shebab et forces gouvernementale ont causé la mort d'au moins 15 civils et font 55 blessés. Des positions gouvernementales ont reçu des tirs de mortiers et les insurgés « utilisaient des civils comme boucliers humains »[29].
- Lundi : des affrontements dans le sud de Mogadiscio entre les forces gouvernementales et les insurgés islamistes, qui ont attaqué une réunion de quelque 300 parlementaires, causent la mort d'au moins sept civils et en blessent 18 autres. Des tirs d'obus de mortier ont été tirés par les rebelles sur des zones habitées[30].
Août 2009
- Samedi : le Burundi annonce avoir envoyé un troisième bataillon de 850 soldats à Mogadiscio pour renforcer la force de paix de l'Union africaine en Somalie. L'Amisom compte désormais plus de 5 000 soldats burundais et ougandais. Le bataillon a été acheminé en secret en 4 nuits par avion. 17 soldats burundais de la force africaine ont été tués en Somalie depuis leur déploiement, dont 11 lors de l'attentat de février dernier[31].
- Jeudi :
- La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, en déplacement à Nairobi (Kenya), demande à l'Érythrée de cesser de soutenir les islamistes radicaux somaliens déterminés à renverser le président Sharif Cheikh Ahmed : « Il est plus que temps pour l'Érythrée de cesser et de renoncer à son soutien aux shebab et de commencer à devenir un voisin plus coopératif que déstabilisateur […] Nous devons faire en sorte que certains des pays voisins arrêtent de financer l'organisation terroriste des shebab »[32].
- Les États-Unis annoncent vouloir doubler leurs livraisons d'armes légères et de munitions au gouvernement somalien de transition pour l'aider à lutter contre les insurgés islamistes radicaux.
- Vendredi : dans la soirée, d'importants affrontements à l'arme lourde ont eu lieu à Harardere (300 km au nord de Mogadiscio), un des principaux repaires des pirates somaliens, entre des milices des sous-clans Saleban et Eyr, du clan Habargidir, en raison d'un contentieux foncier. Au moins 9 personnes ont été tués et 7 autres blessés.
- Samedi : des combats ont opposé à Mogadiscio les Shebab aux troupes gouvernementales appuyées par la force de l'Union africaine. Les insurgés islamistes ont tiré des obus de mortiers en direction de l'aéroport et du palais présidentiel. Au moins 8 civils ont été tués et 17 autres blessés, la quasi-totalité des victimes se trouvait dans le marché de Bakara, le plus grand de la ville.
- Mardi : libération des quatre expatriés de l'ONG humanitaire « Action contre la faim », dont deux Françaises, et leurs deux pilotes belge et bulgare, retenus en otages depuis le . Ils avaient été enlevés à Dhusa Mareb (580 km au nord de la capitale Mogadiscio) après avoir été pris en embuscade par un groupe d'hommes en armes.
- Jeudi : des affrontements entre des insurgés islamistes radicaux et des soldats ont eu lieu à Bula Burte (210 km de Mogadiscio, centre) et ont causé la mort d'au moins 21 personnes.
- Samedi : des combats ont opposé à Mogadiscio les Shebab aux troupes gouvernementales appuyées par des soldats ougandais et burundais de la force de l'Union africaine, dans les quartiers de Holdan, de Holwadag et de Bakara. Au moins 6 personnes civiles ont été tuées et 15 autres ont été blessés. Selon les forces somaliennes : les insurgés « ont attaqué nos forces dans la soirée avec des tirs de mortiers et de lance-roquettes RPG, mais ils ont perdu beaucoup d'hommes dans notre contre-attaque ».
- Mercredi :
- Selon le ministre de l'Information, les deux agents français enlevés le à Mogadiscio sont « sains et saufs et en bonne santé », sous la protection du gouvernement. Selon des sources du palais présidentiel, l'un des deux agents aurait réussi à échapper à ses ravisseurs en tuant 3 d'entre eux, et l'autre aurait été libéré contre rançon, ce que dément le ministère français des Affaires étrangères[33].
- Des affrontements entre de factions rivales pro-gouvernementales ont eu lieu au sud-est de Mogadiscio et ont causé la mort de 6 personnes dont 3 civils, après que des membres de la police militaire eurent tenté de désarmer la garde rapprochée d'un député.
Septembre 2009
- Samedi : selon le ministre des Affaires étrangères, Ali Ahmed Jama, le gouvernement est engagé dans des contacts directs avec les insurgés extrémistes dans le but de mettre fin à un cycle meurtrier de violences dans le pays : « Le gouvernement maintient ses plans de réconciliation et nous avons commencé à discuter avec les groupes rebelles du Hezb al-Islam et des shebab […] Certains d'entre eux ont déjà rejoint le gouvernement et nous espérons que notre mission pour [parvenir à] une réconciliation plus vaste sera bientôt fructueuse […] Nous travaillons étroitement avec toutes les communautés et le pays sera bientôt sous le contrôle du gouvernement »[34].
- Lundi : selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), le nombre de personnes déplacées depuis 1991 dépasse 1,5 million, soit 250 000 de plus depuis le dernier. Des centaines de civils ont été tués dans des combats, principalement dans des échanges de tirs de mortier opposant les insurgés et forces gouvernementales et leurs alliés de la force de paix de l'Union africaine. La plupart des déplacés de Mogadiscio ont fui en direction d'Afgoye, à 30 km, qui est devenue un immense bidonville hébergeant plus de 500 000 personnes dans des abris de fortune[35].
- Mardi : dans la nuit, des affrontements entre insurgés et forces gouvernementales soutenues par celles de l'Union africaine dans la zone de Maka al-Mukarama, au sud de Mogadiscio, causent la mort de 8 civils et font 31 blessés, près d'une base utilisée par des soldats de l'UA et proche de quartiers densément peuplés[36].
- Vendredi : une attaque au mortier par les Shebab à Mogadiscio contre le port, touche l'hôpital pour vétérans de l'armée, causant la mort de 10 personnes et fait 12 blessés parmi un groupe de vétérans handicapés. Plusieurs autres obus de mortier ont aussi touché les quartiers proches du port et la prison principale tuant 3 gardiens[37].

(2006)
- Lundi : selon des témoins, des « militaires étrangers » à bord de quatre hélicoptères ont mené une opération commando aéroportée près du village de Roobow dans le district de Barawe, le long de la côté somalienne, à environ 250 km au sud de Mogadiscio. Ils ont détruit un véhicule au sol et ont fait prisonniers plusieurs de ses passagers qu'ils ont emmenés à bord des hélicoptères. Il y aurait aussi plusieurs morts[38].
- Mardi :
- Un ministre somalien et un responsable américain annoncent la mort d'un chef islamiste tué hier et quatre autres chefs étrangers de groupes militants lors d'un raid héliporté des forces spéciales américaines contre une voiture dans le sud du pays. Il s'agit du Kényan Saleh Ali Saleh Nabhan (28 ans), soupçonné d'avoir participé aux attentats de Mombasa en 2002, revendiqués par Al-Qaïda, contre un hôtel à capitaux israéliens, ayant fait 15 morts, et contre un avion de ligne israélien décollant de l'aéroport[39].
- Les islamistes radicaux shebab menacent de « venger » la mort du responsable régional d'Al-Qaïda, Saleh Ali Saleh Nabhan, tué la veille lors d'un raid héliporté des forces spéciales américaines dans le sud de la Somalie : « Ceux qui meurent pendant le mois saint du ramadan pour la gloire d'Allah valent beaucoup plus que ceux qui sont encore en vie […] Ils sont morts en martyrs au nom du jihad […] Les musulmans se vengeront de cette attaque ».
- Jeudi :
- Les Shebab rendent publiques leurs quatre conditions pour la libération du militaire français qu'ils détiennent toujours depuis la mi-juillet, le deuxième ayant réussi à s'enfuir. Ils exigent du gouvernement français : « la cessation immédiate de tout soutien politique ou militaire au gouvernement apostat de Somalie », « le retrait de tous ses conseillers en sécurité de la Somalie », « le retrait de toutes ses compagnies de sécurité présentes en Somalie » et « le retrait de sa force navale des côtes somaliennes ». Ils demandent aussi « le retrait de toutes les forces croisées de l'Amisom », « la force de paix africaine en Somalie » et « en particulier celle du Burundi »[40].
- Un double attentat-suicide a eu lieu contre le quartier général de la force de paix de l'Union africaine, installée dans l'enceinte de l'aéroport de Mogadiscio et tenue par des soldats ougandais. Parmi les 21 morts, dont 17 soldats, figurent le général burundais Juvénal Niyonguruza, no 2 de la force de paix, et parmi les 17 blessés, le général ougandais Nathan Mugisha[41].
- Vendredi : dans la nuit, la France a évacué par avion militaire 17 personnes blessées dans le double attentat à la voiture piégée commis contre le quartier général à Mogadiscio de la mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM).
- Dimanche :
- Le cheikh Hassan Dahir Aweyses, un des plus importants chefs des Shebab appelle, lors d'une prière organisée à Elashabiyaha (18 km à l'ouest de Mogadiscio) à l'occasion de la fête de l'Aïd el-Fitr, à de nouvelles attaques suicide contre la force de paix de l'Union africaine en Somalie (Amisom), trois jours après l'attaque la plus meurtrière jamais enregistrée par la force depuis son déploiement en 2007. Le chef islamiste était à la tête des Tribunaux islamiques balayés fin 2006 par une intervention militaire éthiopienne[42].
- Le Kenya a relevé le niveau de surveillance dans la zone frontalière, en particulier aux postes frontières, de Liboi, Garissa et Wajir, à la suite de la mort de l'islamiste kényan, Saleh Ali Saleh Nabhan, tué lundi dans le sud du pays lors d'une opération américaine héliportée. La police fédérale américaine (FBI) le considérait comme le cerveau d'un attentat à Mombasa en contre un hôtel appartenant à des Israéliens, qui avait fait 18 morts, dont trois kamikazes.
- Mardi : dans une vidéo rendue publique, intitulée « Labaik ya Oussama » (« À ton service Oussama », en arabe), les insurgés islamistes radicaux, Shebab, proclament leur allégeance au chef de l'organisation islamiste al-Qaïda, Oussama ben Laden, et se disent « à son service ». Cette vidéo de 48 minutes, une succession d'images de combats de rues, d'entraînements de combattants islamistes, de parades de véhicules militaires, et de diverses images d'archives sur la Somalie, ponctuées de sermons et « nasheed » (chants) aux accents guerriers, est diffusée depuis dimanche sur des forums et sites internet islamistes, d'autre part des combattants shebab ont organisé des distributions de CD de cette vidéo dans plusieurs quartiers de Mogadiscio[43].
Octobre 2009
- Samedi :
- Libération des trois employés étrangers de l'ONG Action contre la faim (ACF) retenus en otage depuis juillet après avoir été kidnappés dans une localité kényane frontalière de la Somalie.
Pount : selon l'organisation de défense des journalistes, CPJ, les autorités de la région autonome du Puntland ont suspendu de façon définitive les permis de travail des journalistes Nuh Muse, Mohamed Yasin et Abdulkadir Mohamed, leur reprochant de fournir une couverture « négative » du Puntland et de susciter l'instabilité dans la région. Toutes les radios du Puntland bénéficiant d'accords avec VOA, une radio publique américaine à destination de l'étranger, se sont également vu interdire de retransmettre les émissions de cette radio depuis vendredi. Les mesures d'interdiction auraient été suscitées par la diffusion d'une interview d'un religieux, Sheikh Sayid Khalif, qui aurait ouvert récemment une représentation au Puntland du mouvement soufi Ahlu Sunna Wal-Jama’a[44].
- Dimanche : de nouveaux combats entre les rebelles Shebab et des islamistes du Hizbul Islam, autour du village de Jana Abdala (sud, 60 km à l'ouest de Kismayo), causent la mort de 8 personnes et en blessent 14 autres. Jana Abdala est le bastion du chef de guerre Hassan Abdullahi, dit « Turki »[45].
- Mercredi : selon une source diplomatique, le groupe français Bolloré aurait comme projet d'investir 500 millions d'euros dans le port de Berbera (nord) afin de créer un nouveau corridor d'approvisionnement pour l'Éthiopie. Berbera est le principal port de la province semi-autonome du Somaliland et situé à 1 090 km d'Addis-Abeba, la capitale éthiopienne. Pour l'instant, l'Éthiopie, pays enclavé depuis l'indépendance de l'Érythrée en 1992, dépend essentiellement du port de Djibouti pour ses approvisionnements et ses exportations, ce qui crée des problèmes d'engorgement au niveau du port comme de la route entre les deux pays. Le Somaliland jouit d'une relative stabilité en dépit de tensions politiques liées aux multiples reports de l'élection présidentielle, mais « la principale faiblesse du projet pour l'instant, c'est le mauvais état de la route qui relie Berbera à l'Éthiopie, qui doit être réparée »[46].
- Jeudi : des affrontements entre soldats de l'Anisom et les Shebab ont causé la mort de 17 civils et en ont blessé 58 autres dans Mogadiscio.
- Vendredi : des islamistes radicaux shebab ont attrapé et traîné pour les flageller devant des centaines d'habitants de la ville portuaire de Kismayo, deux jeunes hommes, « surpris en train de regarder des films pornos sur leurs téléphones portables ». Obligés d'avouer « leur crime » au public, ils ont reçu chacun 25 coups de fouet, en application de la charia, la loi islamique, puis emprisonnés pour 15 jours, pour « ces actes diaboliques »[47].
- Jeudi : un Somalien, âgé de 112 ans, épouse une jeune fille de 17 ans, dans la petite ville de Guriel (centre), proche de la frontière éthiopienne. Le marié centenaire a eu 5 autres épouses et 90 enfants et petits-enfants. Selon le mari, son régime alimentaire et ses nombreuses activités physiques durant sa jeunesse seraient à l'origine de son exceptionnelle longévité[48].
Novembre 2009
- Mercredi : la journaliste canadienne Amanda Lindhout et le photographe australien Nigel Brennan, 2 journalistes indépendants, ont été libérés contre paiement d'une rançon de 1 million de $US après 15 mois de captivité en Somalie. La journaliste Amanda Lindhout, détenue pendant 15 mois, déclare, dans une interview accordée par téléphone depuis Mogadiscio, avoir été « battue et torturée » par ses ravisseurs, des « criminels se faisant passer pour des combattants de la liberté »[49].
- Vendredi : selon le responsable de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour les urgences humanitaires, Éric Laroche, la situation en Somalie est « la pire qu'ait connu le pays en 18 ans de crise […] le secteur de la santé est complètement sous-financé ». La moitié de la population somalienne, soit 3,6 millions de personnes, est dépendante de l'aide extérieure. Depuis le début de l'année, les combats, la sécheresse et les inondations ont provoqué le déplacement d'un demi-million de personnes supplémentaires. La malnutrition touche 20 % des enfants de moins de cinq ans, dont 5 % sous une forme aiguë.
Décembre 2009
- Jeudi : un attentat-suicide contre l'hôtel Shamo à Mogadiscio cause la mort d'au moins 18 personnes, dont 3 ministres du gouvernement de transition et 2 journalistes somaliens; au moins 19 autres personnes sont blessées. L'explosion a visé une cérémonie de remise de diplômes à des étudiants; un des étudiants présents a déclenché des explosifs qu'il portait sur lui. Parmi les ministres tués : le ministre de l'Éducation supérieure, Ibrahim Hassan Addow, le ministre de l'Éducation, Mohammed Abdullhai Waayel, et la ministre de la Santé, Qamar Aden Ali. Un quatrième membre du gouvernement, le ministre des Sports, Suleyman Olad Roble, a été blessé[50].
- Samedi : le ministre des Sports, Suleyman Olad Roble, grièvement blessé dans l'attentat meurt des suites de « ses blessures à l'hôpital Aga Khan ». Au total, 24 personnes sont mortes et plus de 60 autres ont été blessés lors de cet attentat-suicide. Les insurgés islamistes radicaux shebab et du Hezb al-Islam ont démenti vendredi être impliqués dans cet attentat-suicide. Il s'agit de l'un des plus violents attentats menés dans Mogadiscio depuis la généralisation de la guerre civile en Somalie, consécutive à la chute le du président Mohammed Siad Barré, renversé par une rébellion.
- Dimanche : le premier ministre annonce le limogeage du chef de la police, le colonel Abdi Hasan Qeybdid, et du chef des forces armées, le général Yusuf Dhumaal, pour avoir échoué à écraser l'insurrection radicale islamiste qui secoue le pays depuis des mois. Ces limogeages interviennent trois jours après un attentat-suicide qui a fait 24 morts dont quatre ministres dans un hôtel de Mogadiscio, pendant une cérémonie de remise des diplômes à des étudiants. Ils ont été remplacés par le général Ali Mohamed Hasan pour la police et par le général Mohamed Gele Kahiye pour l'armée. Les deux principaux groupes rebelles — les shebab liés à Al-Qaïda et leurs alliés du Hezb al-Islam — ont nié toute implication dans ce massacre[51].
- Lundi : des centaines de personnes ont manifesté à Mogadiscio pour dénoncer la violence des insurgés islamistes shebab, un rassemblement sans précédent dans la capitale somalienne en guerre. La manifestation a eu lieu devant l'hôtel Shamo, où 24 personnes ont été tuées le dans un attentat suicide perpétré lors d'une remise de diplômes à des étudiants en médecine. Les manifestants ont notamment brûlé le drapeau noir et blanc frappé du sceau du prophète, bannière adoptée par les shebab et plus généralement par les partisans d'Al-Qaïda dans le monde[52].
- Lundi : six enfants d'une même famille de nomades sont tués par l'explosion d'une vieille mine anti-char datant de la guerre entre l'Éthiopie et la Somalie, dans le village de Balanbale (centre), près de la frontière éthiopienne. Balanbale était une base militaire de l'armée somalienne lors de la guerre avec l'Éthiopie de 1977 à 1982.
- Dimanche : au moins sept personnes ont été tuées, surtout des civils, et cinq autres blessées à Mogadiscio lors d'échanges de tirs à l'arme lourde entre forces gouvernementales et rebelles islamistes. Ces derniers ont pilonné au mortier un poste de police dans le sud de Mogadiscio où se déroulait un anniversaire, faisant un mort, un officier, et trois blessés parmi les policiers. En riposte, les forces gouvernementales ont tiré à l'arme lourde, mais ils ont tué six civils en divers lieux de la capitale, ont indiqué des témoins.
- Lundi : un attentat à la bombe, contre le convoi d'un responsable du gouvernement de transition, Mohamed Qoryarey, à proximité du palais présidentiel, cause la mort d'au moins 5 personnes à Mogadiscio et fait 8 blessés.

