A House of Dynamite
film américain sorti en 2025
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A House of Dynamite, ou Une situation explosive au Québec[1], est un film américain réalisé par Kathryn Bigelow et sorti en .
| Titre québécois | Une situation explosive |
|---|---|
| Réalisation | Kathryn Bigelow |
| Scénario | Noah Oppenheim |
| Musique | Volker Bertelmann |
| Sociétés de production | Prologue Entertainment |
| Pays de production |
|
| Genre | thriller |
| Durée | 112 minutes |
| Sortie | 2025 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Le film met en scène une attaque imminente d'un missile nucléaire qui menace les États-Unis[2] et l'intrigue se déroule de trois points de vue différents de différents échelons de la défense américaine[3] : depuis la Situation Room de la Maison-Blanche, du point de vue des militaires et en particulier celui du général commandant le STRATCOM, et du point de vue du président des États-Unis, en déplacement durant ces instants critiques. Le missile, dont l'origine n'est pas connue, se dirige vers Chicago et doit frapper la ville dans 20 minutes[4].
Le film est présenté en compétition à la Mostra de Venise 2025, avant sa diffusion sur Netflix.
Sa réalisatrice le présente comme le dernier opus d'une trilogie informelle après Démineurs () et Zero Dark Thirty ()[3],[5].
Synopsis
L'intrigue du film est présentée de façon non linéaire et non chronologique, présentant la même séquence trois fois selon des perspectives différentes (à la manière du film japonais Rashōmon de Kurosawa[6],[7]). Chaque section possède un titre distinct qui s'affiche à l'écran.
Inclination Is Flattening (« L'inclinaison s'aplatit »)
Washington. Le capitaine Olivia Walker est responsable de la supervision de la salle de crise de la Maison-Blanche. Comme chaque matin, elle prend son poste et est informée de plusieurs développements géopolitiques : un exercice imminent de l'Armée populaire de libération, des échanges suspects entre l'Iran et ses alliés dans le conflit contre Israël. Surtout, la Corée du Nord démeure silencieuse après un récent essai de missile balistique.
La base Sea-based X-band Radar, qui sert de radar d'alerte précoce, détecte le lancement d'un missile balistique intercontinental non identifié. Étonnamment, l'engin n'a pas été détecté au décollage, mais en plein vol, au-dessus du Nord-Ouest Pacifique. Initialement considéré comme un essai de routine nord-coréen, la situation change lorsque le missile entre en orbite basse et que sa trajectoire semble viser Chicago dans les vingt minutes suivantes.

Une visioconférence est initiée entre la salle de crise du Pentagone et divers commandements des forces armées. Le président des États-Unis se connecte en dernier, et le niveau d'alerte est porté à DEFCON 2. Le NORTHCOM ordonne aux unités du major Daniel Gonzalez, basées à Fort Greely (en) en Alaska, de lancer deux intercepteurs terrestres de missiles (GBI). Le premier ne parvient pas à se déployer, tandis que le second ne parvient pas à neutraliser le missile balistique intercontinental (ICBM), ce qui horrifie le major Gonzalez, qui vomit à l'extérieur. Le niveau d'alerte est porté à DEFCON 1.

Simultanément, le secrétaire à la Défense Reid Baker déclenche le plan de continuité des opérations du gouvernement fédéral américain. Celui-ci entraîne l'évacuation immédiate de certains employés fédéraux, dont Cathy Rogers, de la FEMA, un organisme gouvernemental américain voué à assurer l'arrivée des secours en situation d'urgence. Jake Baerington, conseiller adjoint à la sécurité nationale (le conseiller à la sécurité nationale en titre étant en train de subir une coloscopie[8]), est transporté d'urgence au Centre opérationnel d'urgence présidentiel (PEOC). Jake conseille au président de ne pas riposter tant que l'origine du missile n'est pas confirmée. L'impact étant imminent, Walker téléphone à sa famille pour les avertir de quitter la banlieue de Washington.
Hitting a Bullet With a Bullet (« Frapper une balle avec une balle »)
Le même matin, sur la base aérienne d'Offutt dans le Nebraska, le général Anthony Brady, commandant du STRATCOM, est informé du lancement du missile. Il participe à la conférence téléphonique tandis que des bombardiers B-2 du commandement indo-pacifique des États-Unis (INDOPACOM) sont déployés en prévision d'éventuelles représailles. L'équipe du général Brady constate que la Chine, la Russie et l'Iran ont mobilisé leurs forces ; il présente au président le plan opérationnel intégré 8010 et recommande une riposte immédiate.
Alors que Baerington se précipite au PEOC, il envisage d'attribuer le lancement à la Corée du Nord et cite Anna Park, conseillère à la NSA, qui laisse entendre que la Corée du Nord pourrait utiliser des missiles balistiques lancés par sous-marin. Baerington et Park avertissent que l'incapacité des satellites du Defense Support Program (DSP) à détecter le lancement pourrait indiquer une cyberattaque contre les systèmes de commandement et de contrôle américains.
Baerington s'entretient avec le ministre des Affaires étrangères russe, qui nie toute implication de la Russie et de la Chine dans le lancement du missile, mais menace de représailles si la Russie est prise pour cible. Baerington tente de le convaincre d'abaisser le niveau d'alerte des forces stratégiques russes par mesure de bonne volonté ; le ministre part ensuite présenter la proposition au président russe. Alors que le missile balistique intercontinental approche de Chicago, le président confirme son autorité de commandement nucléaire auprès de Brady, via les Gold Codes, qui lui conseille de consulter son conseiller nucléaire, le lieutenant-commandant Robert Reeves, concernant les options de représailles.
A House Filled With Dynamite (« Une maison remplie de dynamite »)
Le même matin, Reeves accompagne le président à un match de basket-ball, tandis que Baker prend son service au Pentagone. Tous deux sont informés de la crise qui se profile ; pendant que le président est évacué par les services secrets, Baker tente, en vain, d'évacuer discrètement sa fille, dont il est séparé, de Chicago. Le président, perplexe face à la notion de non-représailles proposée par Baerington, qu'il considère comme une capitulation, est incapable de se résoudre à riposter comme le suggère Brady.
Le président apprend ensuite l'échec de l'interception par le GBI et est évacué par Marine One, vers un lieu tenu secret. À bord, il confirme son autorité nucléaire auprès de Brady et consulte Reeves sur les options de frappe. Il est également informé de la conversation de Baerington avec le ministre russe des Affaires étrangères. Il prévient la Première dame, qui se trouve au Kenya, de la catastrophe imminente. Au cours de l'évacuation, Baker se suicide en sautant de l'héliport situé sur le toit.
Le président discute avec Reeves de la précarité de la prolifération nucléaire, la comparant à vivre dans une « maison piégée » (a house of dynamite en VO). Il est partagé entre l'avis de Baerington, qui déconseille les représailles, et celui de Brady, qui les préconise. Insistant sur cette dernière option, Reeves présente au président deux options majeures de représailles issues du plan d'opérations ; la décision finale du président n'est pas montrée.
Aftermath (« Conséquences »)
Rogers et Park sont tous deux vus entrant dans le Raven Rock Mountain Complex (Pennsylvanie), où Marine One est également vu atterrir, tandis que Gonzalez est vu agenouillé à l'extérieur de Fort Greely.
Fiche technique
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques IMDb et Allociné, présentes dans la section « Liens externes ».
- Titre original : A House of Dynamite
- Titre québécois : Une situation explosive
- Réalisation : Kathryn Bigelow
- Scénario : Noah Oppenheim
- Musique : Volker Bertelmann
- Décors : Jeremy Hindle
- Costumes : Sarah Edwards
- Photographie : Barry Ackroyd
- Montage : Kirk Baxter
- Production : Greg Shapiro, Kathryn Bigelow et Noah Oppenheim
- Société de production : Prologue Entertainment
- Société de distribution : Netflix
- Budget : N/A
- Pays de production :
États-Unis - Langue originale : anglais
- Format : couleur
- Genre : thriller politique
- Durée : 112 minutes
- Dates de sortie[9] :
- Italie : (Mostra de Venise 2025)
- États-Unis : (sortie limitée en salles)
- Monde : (sur Netflix)
Distribution
- Idris Elba (VF : Daniel Njo Lobé ; VQ : Patrick Chouinard) : le président des États-Unis
- Rebecca Ferguson (VF : Laura Blanc ; VQ : Laurence Dauphinais) : major Olivia Walker, responsable adjointe de la Situation Room de la Maison-Blanche
- Gabriel Basso (VF : Félicien Juttner ; VQ : Marc-André Brunet) : Jake Baerington, conseiller adjoint à la sécurité nationale
- Jared Harris (VF : Daniel Lafourcade ; VQ : Louis-Philippe Dandenault) : Reid Baker, secrétaire à la Défense
- Tracy Letts (VF : Michel Dodane ; VQ : Daniel Picard) : général Anthony Brody, commandant du STRATCOM
- Moses Ingram (VF : Déborah Claude) : Cathy Rogers, employée de la FEMA travaillant à l'Office of National Continuity Programs
- Anthony Ramos (VF : Hugo Brunswick ; VQ : Maël Davan-Soulas) : major Daniel « Danny » Gonzalez, commandant de la base militaire de Fort Greely (en), chargée de la défense antimissile
- Jonah Hauer-King (VF : Théo Frilet ; VQ : Nicholas Savard L'Herbier) : lieutenant commandant Robert Reeves, aide de camp du président chargé du nuclear football
- Greta Lee (VF : Alice Taurand) : Ana Park, experte sur la Corée du Nord à la NSA
- Jason Clarke (VF : Jochen Hägele ; VQ : François Trudel) : amiral Mark Miller, responsable de la Situation Room de la Maison-Blanche
- Willa Fitzgerald (VF : Joy Feldman) : Abby Jansing, journaliste de CNN accréditée à la Maison-Blanche
- Renée Elise Goldsberry (VF : Astrid Bayiha) : Allison, Première dame des États-Unis
- Kyle Allen : capitaine Jon Zimmer, pilote de bombardier B-2
- Kaitlyn Dever (VF : Emma Santini) : Caroline Baker, fille de Reid Baker
- Brian Tee (VF : Stéphane Roux) : agent spécial Ken Cho du Secret Service, responsable de la protection présidentielle
- Brittany O'Grady (VF : Nahla Attali) : Lily Baerington, épouse de Jake Baerington et assistante au Congrès
- Gbenga Akinnagbe (VF : Frédéric Kontogom) : major général Steven Kyle, chef des opérations du STRATCOM
- Abubakr Ali (en) (VF : Aurélien Raynal) : lieutenant Dan Buck, responsable d'un silo de missiles GBI de Fort Greely
- Francesca Carpanini : sergent-cheffe Ali Jones, analyste radar de Fort Greely
- Malachi Beasley (VF : Grégory Lerigab) : premier maître William « Bill » Davis, collègue d'Olivia Walker à la Situation Room de la Maison-Blanche
- Chance Kelly (en) : général Rodbell, chef d'état-major des armées
- Enid Graham (en) : générale Longmen, commandante du NORTHCOM
- J.W. Cortes (en) : amiral Jerry Brendell, commandant de l'INDOPACOM
- Brandon James Ellis (en) : général Maynard, commandant des forces américaines en Corée
- Angel Reese : elle-même
Production
En , Netflix annonce que Kathryn Bigelow va réaliser un thriller pour la plateforme, son premier long métrage depuis Detroit ()[12]. Le mois suivant, la production officialise Idris Elba, Rebecca Ferguson, Gabriel Basso, Jared Harris ou encore Greta Lee dans les rôles principaux[13],[14],[15], et en , Tracy Letts et Moses Ingram[16]. En , c'est au tour d'Anthony Ramos, Brian Tee, Jonah Hauer-King, Kyle Allen, Francesca Carpanini, Abubakr Ali (en), Malachi Beasley, Aminah Nieves et Jason Clarke de rejoindre la distribution[17],[18],[19],[20],[21], ainsi qu'en , Gbenga Akinnagbe[22].
Fin , il est révélé que le tournage a débuté, à Trenton dans le New Jersey[23]. En , il est annoncé que le film est en postproduction[24].
Sortie et accueil
En , il est annoncé que le film — jusqu'à présent sans titre — sera intitulé A House of Dynamite et qu'il aura une sortie limitée dans certaines salles américaines, avant une diffusion sur Netflix le [25],[26]. Il est projeté avant cela à la Mostra de Venise 2025.
Accueil critique
En France, le site Allociné donne une moyenne de 3,8⁄5, d'après l'interprétation de 17 critiques de presse[27].
Le Monde estime que sur un « principe du compte à rebours », la cinéaste a « construit un suspense redoutable », mais qu'il s'agit d'un suspense « curieux », puisque chaque segment est répété dans trois lieux différents, ce qui fait retomber la tension « d'un cran ». Le journal indique que « si Kathryn Bigelow prend ainsi le risque du bégaiement, c’est pour montrer autre chose : un dispositif de défense qui fonctionne, mais à vide. Soit une gradation dans l’absurdité[4]. »
Michel Goya, dans Le Point, salue la « description clinique » des évènements et la performance de Jared Harris dans le rôle du secrétaire à la Défense, mais pointe quelques incohérences dans le scénario liés à l'aspect technique d'une attaque nucléaire. Finalement, il regrette la « frustrante incertitude » dans laquelle le film laisse le spectateur en ne montrant pas les conséquences de l'explosion[28].
Pour L'Humanité, « Kathryn Bigelow signe un film intense qui questionne l'impuissance des États face à la prolifération nucléaire[29]. »
Distinctions
Sélection
- Mostra de Venise 2025 : sélection officielle, en compétition