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Abbas Araghtchi

ministre iranien From Wikipedia, the free encyclopedia

Abbas Araghtchi (en persan : عباس عراقچی), né le [1] à Téhéran, est un diplomate et homme politique iranien, négociateur principal de l'accord nucléaire de 2015 (JCPOA) entre l'Iran et le groupe P5+1 et ministre des Affaires étrangères (en) depuis 2024.

GouvernementPezechkian
PrédécesseurAli Bagheri (intérim)
Hossein Amir Abdollahian
PrédécesseurMohsen Talaei
Faits en bref Fonctions, Ministre iranien des Affaires étrangères (en) ...
Abbas Araghtchi
عباس عراقچی
Illustration.
Abbas Araghtchi en 2024.
Fonctions
Ministre iranien des Affaires étrangères (en)
En fonction depuis le
(1 an, 11 mois et 28 jours)
Président Massoud Pezechkian
Gouvernement Pezechkian
Prédécesseur Ali Bagheri (intérim)
Hossein Amir Abdollahian
Ambassadeur d'Iran au Japon
Prédécesseur Mohsen Talaei
Successeur Majid Matlabi Shabestari
Ambassadeur d'Iran en Finlande

(3 ans, 8 mois et 18 jours)
Prédécesseur Mahmoud Boroujerdi (fa)
Successeur Javad Kachoueian
Biographie
Nom de naissance Seyed Abbas Araghchi
Date de naissance (63 ans)
Lieu de naissance Téhéran (Iran)
Nationalité Iranienne
Famille Ahmad Araghchi (fa) (neveu)
Diplômé de École des relations internationales (en)
Université islamique Azad
Université du Kent
Profession Diplomate

Signature de Abbas Araghtchiعباس عراقچی
Ambassadeurs d'Iran en Finlande (fa)
Ambassadeurs d'Iran au Japon (en)
Négociateurs nucléaires en chef de l'Iran (en)
Ministres iraniens des Affaires étrangères (fa)
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Biographie

Jeunesse et formation

Araghtchi naît dans une famille conservatrice et religieuse de commerçants à Téhéran. Comme de nombreux jeunes Iraniens, il participe volontairement à la guerre Iran-Irak (1980-1988), expérience qui marque sa vision du monde, notamment dans le domaine militaire. Par exemple, il affirme lors d'une conférence en 2018 : « Nous nous souvenons encore des Super Étendards français, des chars Chieftain britanniques, des armes chimiques allemandes, des avions AWACS américains et des dollars saoudiens [qui ont alimenté la guerre de l'Irak contre l'Iran]. Notre programme de missiles (en) est défensif. »[2]

Après la guerre Iran-Irak, il rejoint le ministère des Affaires étrangères iranien et obtient une licence en relations internationales à l'École des relations internationales (en) du ministère. Il poursuit ensuite un master en sciences politiques à l'université islamique Azad de Téhéran (1991), avant d'obtenir un doctorat en politique et gouvernement de l'université du Kent (Royaume-Uni) en 1996, sous la direction de l'intellectuel marxiste David McLellan (en). Sa thèse porte sur « L'évolution du concept de participation politique dans la pensée politique islamique du XXe siècle »[2]. Elle vise notamment à justifier théoriquement la coexistence d'une double légitimité, démocratique et théologique, de la république islamique d'Iran[3].

Carrière diplomatique et politique

Abbas Araghtchi commence sa carrière au ministère des Affaires étrangères en 1989 en tant qu'expert au sein du département des organisations islamiques régionales et des non-alignés, dont il devient le directeur adjoint en 1991[4],[5],[6]. De 1992 à 1997, il est représentant permanent adjoint de l'Iran auprès de l'Organisation de la coopération islamique. Il occupe ensuite plusieurs fonctions à l'Institut d'études politiques et internationales (en) : directeur général du centre (1998-1999), vice-président chargé de la recherche (1998-1999), directeur du centre d'études du golfe Persique rattaché à ce même organisme (1997-1998), ainsi que rédacteur en chef de la revue Siyasat-e khareji Politique étrangère ») publiée par l'Institut (1998-2000)[6].

Il est nommé ambassadeur d'Iran en Finlande de 1999 à 2003, puis directeur du département Europe occidentale du ministère des Affaires étrangères de 2003 à 2004, période au cours de laquelle l'Iran engage ses premières négociations sur le nucléaire avec le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne. En 2005, il devient vice-ministre des Affaires étrangères chargé des affaires juridiques et internationales[2].

Ambassadeur d'Iran au Japon

De 2008 à 2011, il occupe le poste d'ambassadeur au Japon. « La première ville » qu'il visite après sa prise de fonctions est Hiroshima, victime du premier bombardement nucléaire de l'histoire, « parce que c'est un symbole de paix », affirme-t-il[7]. Contrairement à plusieurs diplomates étrangers qui évacuent Tokyo après le séisme de 2011 de la côte Pacifique du Tōhoku, en raison des inquiétudes liées à l'accident nucléaire de Fukushima, Araghtchi décide de rester sur place. Il remet au vice-ministre des Affaires étrangères (ja), Hisashi Tokunaga (en), une cargaison d'aide humanitaire incluant 50 000 boîtes de conserves, affirmant que l'Iran n'a pas oublié le soutien du Japon lors du séisme de 2003 à Bam, qui avait causé des dégâts similaires[8],[9]. Dans la ville sinistrée de Yamada, son épouse participe à des distributions de nourriture, aux côtés du chef cuisinier de l'ambassade (en) et de l'actrice nippo-iranienne Sahel Rosa (en)[9]. En 2022, il est décoré de l'ordre du Soleil levant (2e classe) par le gouvernement japonais pour avoir « contribué à promouvoir les relations bilatérales et l'amitié entre le Japon et l'Iran »[10].

Négociateur nucléaire

Après quatre années passées à Tokyo, Araghtchi retourne à Téhéran, où il est nommé en 2011 vice-ministre des Affaires étrangères pour l'Asie, l'Océanie et le Commonwealth[4].

C'est durant cette période qu'il participe, aux côtés de Saïd Jalili, alors secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale et responsable des négociations nucléaires, à certaines sessions de ces négociations[4]. Wendy Sherman, à l'époque sous-secrétaire d'État des États-Unis (en) et négociatrice en chef du pays, se remémore en 2020 qu'« aucun de nous ne savait que Abbas Araghchi parlait [...] un anglais parfait » et que « pendant la période Jalili [...] nous n'avons presque rien accompli. »[11]

Avec l'arrivée de Javad Zarif au poste de ministre des Affaires étrangères (en) en 2013, la responsabilité des négociations nucléaires passe du secrétariat du Conseil suprême de sécurité nationale au ministère des Affaires étrangères. Zarif conserve Araghtchi dans l'équipe de négociation précédente. Cette décision suscite de nombreuses critiques, tant de la part du personnel du ministère que des opposants au gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad, qui voient en Araghtchi le symbole des négociations infructueuses de Jalili. Pourtant, Araghtchi devient progressivement un élément central de l'équipe iranienne, et de nombreux médias le présentent comme son « bad cop »[12].

Il adopte une approche plus dure, que ce soit lors des réunions à huis clos ou face aux journalistes, et insiste souvent sur l'éloignement des parties par rapport à un accord. Sa présence fréquente devant les caméras le rend reconnaissable et en fait le deuxième membre le plus en vue de l'équipe de négociation après Zarif[12].

Après plusieurs mois de discussions, elles aboutissent enfin en  : l'Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU plus l'Allemagne (P5+1) parviennent à un Plan global d'action conjoint (JCPOA, selon l'acronyme anglais) sur le programme nucléaire iranien.

De 2017 à 2021, il est vice-ministre politique des Affaires étrangères et négociateur de l'Iran dans le cadre des échanges pour le retour de l'Iran et des États-Unis au sein du JCPOA[13],[14]. Après l'élection du conservateur Ebrahim Raïssi à la présidence de la république en 2021, Araghchi est écarté du ministère des Affaires étrangères. Cependant, Kamal Kharazi, ancien ministre réformiste des Affaires étrangères, parvient à le faire entrer au conseil stratégique des relations étrangères (fa) du Guide de la République islamique, dont il devient le secrétaire[12].

Après sa nomination comme ministre des Affaires étrangères en 2024, Abbas Araghtchi récupère la charge des négociations nucléaires[15]. Le , il réaffirme que l'Iran ne cédera pas à la demande de renoncer totalement à l'enrichissement d'uranium, « même » en cas de « guerre »[16]. Le , Araghtchi déclare qu'un accord « historique » avec les États-Unis pour éviter un conflit militaire est « à portée de main » avant la reprise des négociations à Genève. Il souligne que la « diplomatie » doit être « privilégiée » afin d'éviter toute nouvelle escalade[17]. Malgré de fortes tensions et un important renforcement militaire américain dans la région, il réaffirme sur le réseau social X que l'Iran adopte une position « limpide » contre le développement de l'arme nucléaire, tout en défendant son droit à une « technologie nucléaire pacifique »[18].

Ministre iranien des Affaires étrangères

Le , il est nommé ministre des Affaires étrangères sous le gouvernement de Massoud Pezechkian[19], dont il a été l'un des conseillers en politique étrangère pendant la campagne présidentielle[4].

Le , Araghtchi devient le premier ministre iranien des Affaires étrangères à se rendre en Afghanistan depuis 2017, et le premier à y aller depuis la prise de pouvoir des Talibans en 2021[20].

Le , Araghtchi et Mohammad Ghalibaf, le président de l'Assemblée nationale, représentent l'Iran aux funérailles (en) du secrétaire général (en) du Hezbollah libanais Hassan Nasrallah à Beyrouth[21].

Notes et références

Liens externes

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