Le Grand Continent
revue fondée en 2019
From Wikipedia, the free encyclopedia
Le Grand Continent est une revue fondée en 2019 consacrée à la géopolitique[1].
| Le Grand Continent | |
| Pays | |
|---|---|
| Zone de diffusion | Internet, France, Espagne, Italie (pour les versions imprimées) |
| Langue | français, italien, allemand, polonais, espagnol |
| Genre | histoire, société, Europe, géopolitique |
| Fondateur | Ramona Bloj, Mathéo Malik, Gilles Gressani |
| Date de fondation | 2019 |
| Éditeur | Gallimard |
| Ville d’édition | Paris |
| Propriétaire | Groupe d'études géopolitiques |
| Directeur de publication | Gilles Gressani |
| Rédacteur en chef | Mathéo Malik, Ramona Bloj |
| Site web | legrandcontinent.eu |
| modifier |
|
Histoire
Création
La revue est créée en par Gilles Gressani, Ramona Bloj et Mathéo Malik[2]. Elle est éditée par le laboratoire d'idées Groupe d'études géopolitiques[3], une association fondée à l’École normale supérieure en par des élèves alors en scolarité[4], qui se sont donné pour objectif de « penser le monde et les relations internationales à l'échelle de l'Europe ». À ses débuts, la revue ne dispose ni d'édition papier ni de site web, c'est un simple fichier au format PDF envoyé par email à ses souscripteurs[5].
Au début de la pandémie de Covid-19 en Europe, en , le Groupe d'études géopolitiques a publié sur Le Grand Continent un Observatoire géopolitique du Covid-19 comprenant une cartographie présentant la diffusion de la pandémie à l'échelle régionale en Europe[6],[7].
Le président de la République Emmanuel Macron donne au Grand Continent, le , un long entretien en y exposant sa doctrine en matière internationale et sa vision du monde post-Covid[2], lu par 1,5 million de personnes en français, en italien, en espagnol, en allemand, en polonais ou en anglais[8],[9],[10].
Plurilinguisme
La revue prévoit de publier une édition dans les cinq principales langues européennes (français, espagnol, italien, allemand et polonais), avant de lancer une édition anglophone[11][Quand ?].
Place dans le débat public
Un certain nombre d'observateurs[Combien ?] voient dans Le Grand Continent la prolongation ou la relève de revues comme Esprit, la Revue des Deux Mondes ou Le Débat[5],[11],[12] ou la comparent à des revues internationales comme Foreign Affairs[13].
À la fin de l'année 2024, la revue déclare compter 25 000 abonnés et 20 millions de visites par an[5],[13].
Contenu
Les lettres hebdomadaires
La première publication du Grand Continent est une newsletter hebdomadaire, « La lettre du dimanche », qui paraît sans discontinuer depuis[Quand ?][2],[5].
L'autre newsletter du Grand Continent est « La lettre du lundi », qui paraît chaque lundi matin[8],[14].
Revue papier chez Gallimard
Depuis 2022 la revue paraît en format papier aux éditions Gallimard avec un numéro annuel. Depuis 2024, l'écrivain italo-suisse Giuliano da Empoli en assure la direction.
Réception
Critiques positives
Plusieurs médias se sont penchés sur le développement rapide de la revue et sur la place qu’elle a acquise en quelques années dans le monde du débat intellectuel en France et en Europe. En France, le journal Les Échos considère que « la revue numérique Le Grand Continent s'est imposée comme une référence sur les questions de géopolitique »[15]. Pour Libération, la revue est devenue « une référence dans le monde des idées »[16]. Pour Le Monde, Le Grand Continent « est devenu la revue européenne de référence pour penser un monde en plein basculement »[17].
En Europe, El Pais a qualifié Le Grand Continent de « revue extraordinaire »[18]. Dans le Financial Times, la journaliste Rana Foroohar écrit que « le Grand Continent publie parmi les analyses les plus intelligentes et les plus originales sur les affaires étrangères en France»[19]. Politico note que la revue est « sur toutes les lèvres dans les cercles de réflexion parisiens et européens »[20]. Enfin, le Corriere della Sera le décrit comme « la plateforme éditoriale de géopolitique la plus influente en Europe »[21].
Les succès de la revue s’expliquent, d’après ces médias, par plusieurs caractéristiques. Il s'agit d'abord d'une plateforme qui publie des textes de fond mais dont la forme numérique permet une grande réactivité[16]. D'autres évoquent une ambition de publier du contenu de qualité, et notamment des auteurs universitaires parfois jeunes et débutants, tout en les rendant accessibles au grand public, ou encore le modèle économique indépendant de la revue, sans publicité ni mécène, qui repose en très grande majorité sur les abonnements payants[22]. Enfin, certains insistent sur son engagement pour les idéaux humanistes européens[23] et plus précisément pour une résistance face à ce que la revue appelle la « contre-révolution planétaire »[17].
Critiques négatives
La revue a également fait l'objet de critiques remettant en cause son positionnement revendiqué comme « structurant, non structuré »[24]. Le journal italien Il Foglio considère ainsi que la ligne éditoriale de la revue vise en réalité à fragiliser la présidente du Conseil Giorgia Meloni[25]. La fondation polonaise ultraconservatrice Ordo Iuris a dénoncé Le Grand Continent comme « un atelier français de gauche »[26]. Elle est aussi critiquée à gauche. Sylvain Bourmeau, dans un article paru dans son journal d’idée AOC, considère que Le Grand Continent « participe à faire l'extrême droite »[27]. L’article d’AOC a été qualifié de « fake news » dans un droit de réponse du Grand Continent publié sur AOC[27]. Libération, sous la plume de son journaliste Simon Blin, qualifie l'article de Sylvain Bourmeau de « long et très virulent », de « gênant » et dit qu'il prend la forme d'un « procès d’intention »[28].
Les événements
Les tables rondes hebdomadaires
Le Grand Continent est à l'origine d'un cycle de débats hebdomadaires, appelés les Mardis du Grand Continent[29],[30], à l'École normale supérieure, qui ont lieu depuis 2019[2].
Colloques et événements
Au printemps 2018, la revue a organisé un cycle de six conférences retransmises depuis Paris dans une vingtaine de villes européennes[2]. Ces conférences ont été éditées sous la forme d'un livre, Une certaine idée de l'Europe, paru aux éditions Flammarion en .
Sommet Grand Continent
Du au , Le Grand Continent a organisé la première édition du Sommet Grand Continent qui a réuni à Saint Vincent et à Courmayeur, dans la vallée d'Aoste, plus de cent trente politiques, industriels et intellectuels, dans le but de « cristalliser un grand récit européen », autour des transitions écologiques, géopolitiques et numériques[31],[32]. Au cours de cette première édition, Michel Barnier, qui fait partie des participants, reçoit le titre d'ami de la Vallée d'Aoste[33].
La deuxième édition du Sommet Grand Continent a eu lieu du 3 au à Verrès[34], Aoste[35], Saint-Vincent et Courmayeur, et réunit à nouveau plus de cent trente participants. À cette occasion, Le Grand Continent publie un grand sondage mené dans cinq pays de l'Union européenne – France, Allemagne, Belgique, Italie, Espagne – par l'Institut Cluster17[36].
La revue dispose du soutien financier de la région Vallée d'Aoste pour l'organisation de ce Sommet annuel[13].
Prix littéraire Grand Continent
En , la revue organise la première édition de son prix littéraire. Le prix, destiné à récompenser une œuvre marquant un grand récit européen parmi des œuvres en langues française, allemande, italienne, espagnole et polonaise[37].
La dotation du prix est de 100 000 euros pour l'aide à la traduction, l'édition et la promotion[38],[39].
