Aboudramane Sangaré
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| Aboudramane Sangaré | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Ministre d'État, ministre des Affaires étrangères | |
| – (2 ans, 3 mois et 11 jours) |
|
| Président | Laurent Gbagbo |
| Premier ministre | Pascal Affi N'Guessan |
| Gouvernement | Affi N'Guessan I, II, III et IV |
| Prédécesseur | Charles Gomis |
| Successeur | Mamadou Bamba |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | M'bahiakro (AOF) |
| Date de décès | (à 72 ans) |
| Lieu de décès | Abidjan (Côte d'Ivoire) |
| Nationalité | Ivoirienne |
| Parti politique | FPI, EDS |
| Entourage | Laurent Gbagbo Simone Gbagbo |
| Diplômé de | Université d'Abidjan Institut du droit de la paix et du développement |
| Profession | Enseignant, journaliste, homme politique |
| Résidence | Riviéra 3, Abidjan |
| modifier |
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Aboudramane Sangaréⓘ, aussi orthographié Abou Drahamane Sangaré, né le à M'bahiakro et mort le à Abidjan, est un homme politique ivoirien et cofondateur du parti politique du Front populaire ivoirien (FPI). Ministre des Affaires étrangères de la Côte d'Ivoire, d' à , sous la présidence de Laurent Gbagbo, il est président d'une tendance pro-Gbagbo au sein du FPI au moment de son décès en 2018.
Formation et premiers engagements politiques
Né le à M'bahiakro, et d’un père musulman malinké d’Odienné et d’une mère chrétienne baoulée de Bodokro[1], Aboudramane Sangaré effectue sa scolarité à Tiassalé puis à Bouaké, avant d'entrer à l'université d'Abidjan. Il décède le à Abidjan[2].
Il rencontre Laurent Gbagbo sur le campus de l'université en . Alors que ce dernier, ayant terminé ses études, commence à enseigner l’histoire au lycée classique d’Abidjan, Aboudramane Sangaré s'inscrit en deuxième année de droit. Lors de leurs études respectives, ils ont pour mentor commun le professeur Bernard Zadi Zaourou, l’un des premiers opposants à Félix Houphouët-Boigny, qui recrute de jeunes cadres et étudiants de gauche[1].
En , Aboudramane Sangaré et Laurent Gbagbo sont tous deux emprisonnés par le gouvernement du président Félix Houphouët-Boigny, pour leur opposition politique, au camp militaire de Séguéla[3]. Par la suite, le lien entre les deux hommes se renforce encore en France, où ils obtiennent respectivement leurs doctorats en ; Gbagbo en histoire, Sangaré en droit international public obtenu à l’Institut du droit de la paix et du développement (IDPD) de Nice[1].
Ascension politique et création du FPI
Au cours des années 1980, Aboudramane Sangaré participe avec Laurent Gagbo et son épouse Simone Gagbo à la mise en place d'un mouvement politique clandestin d'obédience marxiste-léniniste. Il en devient le secrétaire général en . En , il préside le congrès constitutif du Front populaire ivoirien (FPI), qui se tient dans la clandestinité à Dabou, près d’Abidjan[1]. Le parti est légalisé en .
Aboudramane Sangaré est le premier directeur de la publication[4] du groupe de presse Le Nouvel Horizon / La Voie, journal officiel et quotidien du FPI – devenu par la suite Notre Voie – ; il est également maître-assistant à la faculté de droit de l'université d'Abidjan.
En , il reçoit le prix Ebony – qui récompense les meilleurs journalistes de Côte d'Ivoire – pour son article « Nous sommes presque tous des ripoux », dans lequel il fait état des relations ambiguës entre journalistes et hommes politiques[4].
Répression politique sous la présidence d'Henri Konan Bédié
Sous la présidence d'Henri Konan Bédié, Aboudramane Sangaré rédige une série d'articles virulents contre le président dans La Voie. Il est alors incarcéré[5], entre avril et à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA) pour « incitation à la violence »[6].
Puis en , convoqué dans le bureau du ministre de la Sécurité, Aboudramane Sangaré reçoit une trentaine de coups de matraque du général Gaston Ouassénan Koné – ce dernier lui reprochant un article jugé « insultant » pour lui et sa famille[4].
En , Sangaré publie de nouveau un article satirique, suggérant que la défaite de l'ASEC Mimosas contre l'Orlando Pirates Football Club en finale de la coupe des clubs champions africains de 1995 au stade Félix-Houphouët-Boigny avait été provoquée par la présence du président Henri Konan Bédié. Le , Aboudramane Sangaré et le journaliste auteur de l'article, Emmanuel Koré, sont condamnés à deux ans de prison pour « offense au chef de l'État » et écopent d'une amende de 3 millions de francs CFA[7]. Ils sont libérés le .
Sous la présidence Gbagbo
Au gouvernement
Avec l'arrivée au pouvoir de Laurent Gbagbo, en , Aboudramane Sangaré est nommé ministre d'État, ministre des Affaires étrangères du gouvernement Affi N'Guessan ; il y officie jusqu'en . En , Aboudramane Sangaré devient vice-président du FPI[8].
Crise électorale de 2010-2011 et incarcération
Même après son départ du gouvernement, il reste proche du couple Gbagbo[5]. Durant la crise électorale ivoirienne de 2010-2011, il décide de rester avec le couple Gagbo dans le palais présidentiel d'Abidjan, jusqu'à leur arrestation le [3].
Arrêté à son tour, il est incarcéré à la maison d'arrêt et de correction de Katiola, avant d'être transféré à polyclinique internationale Sainte-Anne-Marie (PISAM) à Abidjan pour des soins médicaux[9], puis reconduit à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA).