Abraham Schuurman
Militaire et politicien néerlandais
From Wikipedia, the free encyclopedia
Abraham Schuurman, né le à Amsterdam (Provinces-Unies) et mort le à Utrecht (Pays-Bas), est un militaire néerlandais.
| Abraham Schuurman | ||
| Naissance | Amsterdam |
|
|---|---|---|
| Décès | (à 83 ans) Utrecht |
|
| Origine | ||
| Allégeance | ||
| Arme | Infanterie | |
| Grade | Lieutenant-général | |
| Années de service | – | |
| Conflits | Guerres napoléoniennes Révolution belge Guerre belgo-néerlandaise |
|
| Distinctions | Chevalier de l'Ordre militaire de Guillaume Commandeur de l'Ordre du Lion néerlandais Grande-Croix de l'Ordre de la Couronne de chêne |
|
| modifier |
||
Biographie
Origines et vie privée
Abraham Schuurman nait à dans ce qui est alors la république des Provinces-Unies, fils de Gerrit Schuurman et d'Anna Elisabeth Redelaar[1]. Il se marie le à Enkhuizen avec Henriette Clara Versfelt avec laquelle il a onze enfants, dont cinq meurent en bas âge[2].
Carrière militaire
Période française
Il commence sa carrière militaire le en tant que cadet sergent au 3e bataillon de chasseurs de l'armée de la République batave et sert dans l'armée du Rhin sous les ordres du général Daendels[3]. Il est promu lieutenant en second le , puis passe au 5e bataillon où il devient premier-lieutenant le et capitaine le . Il est envoyé en poste au Suriname, dans l'empire colonial néerlandais, de à .
Avec la création du Royaume de Hollande, il intègre le 3e régiment de chasseurs de l'armée du royaume de Hollande, le et est engagé dans la campagne de Prusse sous les ordres du général Dumonceau. Il revient en Zélande pendant la guerre de la cinquième coalition et participe notamment à la reprise de Fort Bath. À cette occasion, il est promu Lieutenant-colonel par le souverain, Louis Bonaparte, et décoré d'un sabre honorifique le . Lorsque le royaume, dont le souverain n'est autre que le frère de Napoléon Ier, est intégré au Premier Empire français en 1810 en créant les départements des Pays-Bas, Schuurman est incorporé au 33e régiment d'infanterie légère de la Grande Armée. Il participe à la campagne de Russie sous les ordres du maréchal Davout, lors de laquelle il est fait prisonnier le à la bataille de Krasnoï et ne retrouve la liberté que le , soit deux semaines après la première abdication de Napoléon Ier.
Période néerlandaise

Rentré de ce qui est devenu la Principauté souveraine des Pays-Bas unis, il intègre l'armée néerlandaise le en tant que lieutenant-colonel au 20e bataillon d'infanterie de la milice nationale, qui devient le 16e bataillon après une réorganisation en 1815 et la création du Royaume uni des Pays-Bas. Le il est nommé colonel en second et commandant de la 17e afdeeling des forces armées néerlandaises. Il est ensuite promu colonel le , puis général-major et inspecteur au 1er « grand commandement militaire » (Groot Militair Commando) le [4]. Le il est chargé de la supervision spéciale du Garderegiment Grenadiers en Jagers.
Lorsque la révolution belge se déclenche, Abraham Schuurman est envoyé dès les premiers jours de l'insurrection afin de tenter d'endiguer celle-ci en gonflant la présence militaire dans les Pays-Bas méridionaux. Il arrive à Vilvorde le au soir à la tête de deux bataillons de grenadiers, du bataillon d'instruction et d'une demi-batterie du Korps Rijdende Artillerie (nl)[5]. Après que les troupes en garnison de Bruxelles et de Louvain aient été contraintes d'évacuer, le chef d'état-major de l'armée en campagne, le général Jean-Victor Constant de Rebecque organise son « corps d'armée mobile » et confie au général Schuurman la 1re brigade d'infanterie, qui installe son quartier-général à Malines le [6]. Dès le , les révolutionnaires belges attaquent les avant-postes de l'armée à Vilvorde, puis à Diegem ou encore à Evere, et Schuurman engage ses grenadiers[7] dans ces combats qui font plusieurs morts[8].
La riposte de l'armée ne se fait pas attendre : le , elle attaque Louvain et Bruxelles, déclenchant le célèbre épisode des Journées de Septembre. Schuurman est à la tête de l'une des quatre colonnes qui attaquent Bruxelles le , devant mener l'assaut principal via la porte de Schaerbeek sous la supervision du prince Frédéric en personne[9]. Ils parviennent à entrer en ville mais Schuurman est mis hors combat, blessé d'un coup de feu à la jambe[10]. L'assaut est finalement un échec, les troupes devant se retirer du parc de Bruxelles dans lequel elles se réfugient jusqu'à la nuit du au . Pour son action, Schuurman reçoit le titre de chevalier de 3e classe de l'ordre militaire de Guillaume. Après la déclaration d'indépendance de la Belgique du , l'armée néerlandaise est à nouveau réorganisée et, le , Schuurman prend le commandement de la 1re division d'infanterie.

Après avoir accusé le coup de la révolution, le roi Guillaume Ier décide de tenter une reconquête de la Belgique et lance la campagne des Dix-Jours, dès le . Pour ce faire, Abraham Schuurman se voit à nouveau confier la 1re brigade d'infanterie de l'armée en campagne, comptant 4635 hommes et mise sur pied à Bréda le [11]. Dès le début des hostilités, ils franchissent la frontière entre la Belgique et les Pays-Bas près de Baerle-Duc et prennent Hoogstraten avec le 1er bataillon de chasseurs, le 2e bataillon de grenadiers, ses deux bataillons de la schutterij, deux canons et une compagnie de lanciers[12]. Là aussi, l'opération sera un échec, bien que les forces armées belges ayant été initialement en très mauvaise posture, l'intervention d'un corps expéditionnaire français contraint les Néerlandais à rentrer aux Pays-Bas. Pour sa participation à ce nouvel épisode de la guerre belgo-néerlandaise, Schuurman est nommé chevalier l'ordre du Lion néerlandais.
Après la paix signée lors de la convention de Zonhoven le , il est nommé commandant militaire de la province de Zélande le puis commandant de la forteresse de Bréda le avant d'être détaché au département de la Guerre (nl) le de la même année, dont il devient directeur le . Il est promu lieutenant-général le et devient aide de camp du roi Guillaume II puis revient à la tête d'une unité opérationnelle le en tant que commandant de la 1re division d'infanterie. Il est muté au même poste dans la 2e division le puis nommé commandant militaire des provinces d'Hollande-Septentrionale et d'Utrecht le .
Il termine sa carrière en tant qu'inspecteur de l'infanterie à partir du et est admis à la retraite le . Il continue toutefois à être aide-de-camp du roi Guillaume III jusqu'à sa mort le [13].
Décorations
Chevalier de l'ordre militaire de Guillaume (4e classe le , 3e classe le ) ;
Commandeur de l'ordre du Lion néerlandais (chevalier le , commandeur le ) ;- Metalen Kruis 1830-1831 (nl) () ;
- Distinction pour longs états de service en tant qu'officier dans l'armée néerlandaise () ;
- Grande-Croix de l'Ordre de la Couronne de chêne ().
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Camille Buffin, Extraits du journal du Lieutenant-Général Baron de Constant Rebecque, chef de l'état-major général de l'armée néerlandaise., t. 2, Bruxelles, Librairie Kiessling et Compagnie, coll. « La révolution belge et la campagne des Dix-Jours », (lire en ligne).
;