Abram Krol

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Obverse of medal of Abram Krol by Goldberg from ebay

|vignette|Portrait of Abram Krol: obverse of medal by Goldberg]]

Tombe d'Abram Krol et de son épouse au cimetière du Montparnasse (Paris)

Abram Krol est un artiste peintre, graveur, poète et médailleur français d’origine polonaise né le à Pabianice (Pologne, voïvodie de Łódź) et mort le à Paris.

Son œuvre comporte une cinquantaine de livres, plus de 1300 burins, 250 gravures sur bois, 200 peintures, 200 émaux, une trentaine de médailles, quelques cartons de tapisserie et de nombreuses mosaïques en matériaux divers.

Abram Krol est issu d’une famille hassidique, un des ses grands-pères est rabbin, l’autre horloger. Il est l’ainé de Yacov à qui il dédiera l’ouvrage Stèle pour un jeune frère ; la presque totalité de sa famille a péri lors de la Shoah.

Ses parents l’envoient à Caen en 1938 suivre des études d’ingénieur civil. Il s’engage dans la légion étrangère en 1939 et, démobilisé à Avignon, suit les cours du dimanche de l’école des Beaux-arts tandis qu’il est employé dans un garage. Il se cache à Paris lors de l'invasion de la zone libre.

Il se fait rapidement connaître au sein de la Nouvelle école de Paris, Katia Granoff lui consacre une exposition personnelle dès 1946 et lui donne accès aux milieux littéraires ; Pierre Descargues, président du Salon de la Jeune peinture, et Lucien Becker contribuent à son catalogue. En 1947, il rencontre le graveur Jozef Hecht (lui aussi originaire de Łódź) qui l’initie à l’art du burin et lui permet de rejoindre le groupe de la Jeune gravure contemporaine dont il fut un des fondateurs en 1928. Abram Krol se lie avec Haïm Benveniste, administrateur de la fondation ‘Jacob Benveniste‘ d’aide aux jeunes victimes des nazis, également trésorier de la Maison de la pensée française[1].  Les premiers travaux de Krol pour l’édition sont des portraits de personnalités littéraires : Antonin Artaud, Béatrix Beck, René Lacôte, Jean Paulhan, Claude Roger-Marx, Eugène Guillevic, Pierre Seghers... Il entretient des relations durables avec plusieurs d’entre elles et publie à compte d’auteur un recueil de leurs portraits gravés en 1951.

Dans les années 1950, Krol s’affirme progressivement comme graveur, il développe la technique du cuivre détouré, apprise chez Hecht, et pratique la mise en couleur de ses burins par la xylographie ou la résine. L’État lui achète des œuvres[2]; l'école Estienne publie deux volumes du catalogue de ses livres d’artiste en 1959[3] et 1966[4] préfacés par Robert Ranc[5], l’éditeur d’art genevois Pierre Cailler entreprend le catalogue[6] de son œuvre gravé dont il publie le premier tome en 1969. Krol développe deux thèmes : la gravure animalière et la tradition hébraïque, avec lesquels il participe au pavillon français de la Biennale de Venise en 1960[7]. Sur toile, il travaille en mêlant du sable à la peinture et développe une technique de juxtaposition de plages géométriques colorées qui lui permettent de superposer les plans : il reprend cette technique pour la mosaïque, au début pour des commandes publiques, puis en travaillant les émaux. Il réalise une trentaine de médailles pour la Monnaie de Paris[8], pour moitié de personnalités littéraires et pour moitié de personnages bibliques. Il publie aux Éditions Caractères deux nouveaux recueils qu’il illustre lui-même, Image d’écume et La redite nonpareille.

L’influence juive qui se manifeste dès ses premiers burins découpés (deux stèles, pour ses parents et son frère défunts) s’affirme davantage au cours des années, notamment par la réalisation de deux séries parallèles d’illustrations pour le Pentateuque, l’une au burin (partiellement exposée à Haïfa en 1969), l’autre en taille d’épargne. Il édite également, en petits tirages, plusieurs suites d’estampes inspirées par des livres de l’Ancien Testament, incluant souvent les versets en hébreu, et des extraits de recueils poétiques : Villon, Byron, Poe, Baudelaire, Kafka, Mallarmé, Apollinaire,…

La personnalité artistique d’Abram Krol se caractérise, au-delà des figures animalières, par un double attachement à la poésie et au judaïsme. En deçà de l’horreur de la Shoah, en deçà des visions pittoresques de shtetl, il affirme à sa manière, comme son ami David Shahar, que « le destin de l’individu [hébraïque] est toujours lié très fortement à celui de son peuple »[9] ; l’élévation de la Torah est la figure la plus récurrente de l’ensemble de son œuvre. Il rencontre en 1994 le président israélien Chaïm Herzog pour un projet de prix de gravure[10], inabouti, mais une exposition lui est consacrée à Jérusalem en 1996[11].

Krol s’est montré soucieux de sa trace, il a complété avec des amis le catalogue de ses livres, publié un recueil de lettres et écrits, donné à différentes institutions en France et dans le monde des ensembles de pièces parfois importants : une vingtaine d’œuvres à l’université de San Francisco, autant à celle du Michigan où il a enseigné en 1973, à la Bibliothèque nationale d’Israël qui possède une collection très complète, etc. La Bibliothèque municipale de Dijon détient en outre un recueil de correspondances[12].

Son fils André Krol a réalisé un site où se trouvent la presque totalité des éditions et un échantillon d’œuvres sur différents supports : https://krol-abram.fr.

La tombe d’Abram Krol se trouve dans le carré juif du Cimetière du Montparnasse.

Éditions gravées

Toutes les éditions sont illustrées par Abram Krol. Celui-ci apparaît comme auteur lorsqu'il est aussi auteur du texte. Les livres pour lesquels Krol n'a fait qu'un portrait d'auteur ne sont pas cités.

  • Federico Garcia Lorca, Chant funèbre pour Ignacio Sanchez Meijias, traduit par Rolland-Simon, Paris : Aux dépens des exécutants 1949 (21 burins, 153 exemplaires imprimés sur 251 annoncés).
  • [Genèse] La création, commentée par Robert Aron et accompagnée de 21 burins de Avram (sic) Krol, Paris : Manuel Bruker, 1950 (135 exemplaires).
  • Jean Paulhan, Abram Krol, Maurice Toesca, Confidence inédite extraite du journal de Maurice Toesca, [Paris] : Presses des fils de Victor Michel, 1950 (30 exemplaires).
  • Portraits I, gravés au burin par Krol et précédés d'un texte du graveur. Paris : A. Krol, 1951 (13 burins, 99 exemplaires).
  • William Shakespeare, Hamlet, 30 burins (non édité sauf 6 jeux d’épreuves sans texte).
  • Jean Paulhan, Les Causes célèbres, Paris : [aux dépens des auteurs et exécutants],1951 (21 burins, 162 exemplaires).
  • Arthur Rimbaud, Une saison en enfer, suite de 15 burins gravés en 1951, édition à Troyes : Les Cahiers bleus, 1933 (25 exemplaires).
  • David Scheinert (trad.), Le Cantique des cantiques, Paris : aux dépens du graveur, 1952 (10 burins, 236 exemplaires).
  • Franz Kafka, Un médecin de campagne, traduit par Alexandre Vialatte, Paris : Krol, 1953 (12 burins, 165 exemplaires).
  • Bruno Durocher, La foire de Don Quichotte, Paris : Caractères, 1953 (10 lithographies, 535 exemplaires). Rééd. 1977.
  • L’art d’aimer à travers les âges, Paris : André Vial 1954. (12 illustrations hors-texte de: Dignimont, Oberlé, Touchagues, Vertés, G. Barret, Yves Brayer, Gus Bofa, Berthold Mahn, Lucie Boucher, Hermine David, Valentine Hugo, Krol.)
  • Saint Jean, Apocalypse, Paris : A. Krol, 1954 (12 burins et 3 bois, 165 exemplaires).
  • Jean Cassou, Vie du Morosin, Paris : Caractères, 1954 (3 burins, 101 exemplaires).
  • Hommage à l'écriture : Alphabet hébreu précédé d'un texte extrait du Zohar et suivi de notes du graveur, Paris : A. Krol, 1954 (22 burins et bois originaux, 121 exemplaires).
  • Pierre Hulin, Le  Métro, Paris : Caractères, 1954. Suite de 7 gravures originales d’Avati, Krol, Morog, Pacanowska, G. Paris, Rigal et M. Siméon (99 exemplaires).
  • Abram Krol, Bestiaire, précédé d'un texte de Barthélemy de Glanvil, Paris : A. Krol, 1955 (15 burins et bois gravés, 165 exemplaires).
  • Marc Alyn, Marcel Béalu, ou le fantastique est une réalité, Rodez, éditions Subervie (coll. Visages de ce temps), 1955 (1 frontispice)
  • Abram Krol, La fiancée du septième jour, Paris : Caractères, 1955 (99 exemplaires).
  • Claude Roger-Marx, Portrait de Robert Lotiron, Paris : Manuel Bruker, 1955 (10 burins et 3 bois, 250 exemplaires).
  • Abram Krol, Suite de XXIV burins gravés d‘après Athalie de Racine, Paris : A. Krol, 1955. (85 exemplaires).
  • Abram Krol, Stèle pour un jeune frère, Paris : Caractères, 1957 (12 bois gravés, 249 exemplaires) - Prix Auguste-Capdeville 1959
  • Jean de La Fontaine, XXIV fables, Paris : A. Krol, 1959 (24 burins détourés en couleur, 99 exemplaires).
  • Abram Krol, Suite de XXIV proverbes, Paris, A. Krol, 1959 (24 burins, 46 exemplaires).
  • Liturgie juive, traduit par le rabbin Aron Schulman, d’après un texte du Zohar, Lyon : éditions du fleuve, 1961 (22 burins, 462 exemplaires).
  • Gustave Flaubert, Hérodias, Caen, Société normande du livre illustré, 1962 (23 burins sur fond de bois, 125 exemplaires).
  • Claude-Joseph Rouget de Lisle, La Marseillaise, Paris : A. Krol, 1963 (7 burins, quelques exemplaires).
  • Oscar Wilde, The Ballad of the Reading Gaol/ La ballade de la geôle de Reading, Paris : A. Krol, 1962 (25 burins et 25 bois, 75 exemplaires)
  • André Gide, Thésée, présenté par Sylvio Samama, Paris : A. Krol, 1963 (24 bois en couleurs, 200 exemplaires).
  • Paul Valéry, Le cimetière marin, présenté par Sylvio Samama, Paris : A. Krol, 1963 (25 burins et 25 bois, 100 exemplaires).
  • Eschyle, Agamemnon, traduit par Alexis Pierron, Paris : A. Krol, 1965 (24 burins et 24 bois, 100 exemplaires).
  • Les fêtes, Paris : A. Krol, 1966 (10 burins, 99 exemplaires).
  • Zodiaque, Paris : A. Krol, 1966 (12 burins, 99 exemplaires).
  • L’haggadah de Pessah, Paris : A. Krol, 1966 (24 burins, 99 exemplaires).
  • Le Pentateuque, Paris : A. Krol, 1967-1971 (187 burins, 20 exemplaires).
  • Joseph Majault, Rives, illustré par Krol, Éditions du Temps, 1970 (burins et bois, 400 exemplaires).
  • Abram Krol, Image d’écume, Paris : Caractères, 1974 (16 bois, 270 exemplaires). Rééd. Paris : A. Krol, 2001 (24 burins, 24 exemplaires).
  • Abram Krol, La redite nonpareille, Paris : Caractères, 1976 (20 bois, 300 exemplaires). Rééd. Paris : A. Krol, 1978 (20 burins, quelques exemplaires).
  • Abram Krol, Mi-maʻyene ha-Berakhot : ḥidushim ṿe-heʻarot ʻal Masekhet Berakhot u-fereḳ Ḥeleḳ Des sources des bénédictions : des nouveautés et des éclaircissements sur le traité des bénédictions, Jérusalem : Defus Monzon, 1984.
  • Abram Krol, La fiancée du septième jour, Troyes : Librairie bleue, 1986 (ce volume regroupe les quatre recueils de poésie précédemment parus sous le titre du premier, 400 exemplaires).
  • Le Pentateuque, Dijon : Bibliothèque municipale et Musée archéologique, 1993 (187 bois, 530 exemplaires).
  • François Villon, Extraits des poèmes, Paris : A. Krol, 1995 (12 burins, 24 exemplaires).
  • David Shahar, Brouria, Jérusalem : Sifriat Hasharot, 1995 (5 burins, 50 exemplaires).
  • L’ecclésiaste, Paris : A. Krol, 1995 (24 burins, 24 exemplaires).
  • Charles Baudelaire, Les fleurs du mal, Paris : A. Krol, 1995 (18 burins, 24 exemplaires).
  • Edgar Allan Poe, Poèmes, Paris : A. Krol, 1996 (18 burins, 24 exemplaires).
  • Pays-sage, Paris : A. Krol, 1996 (18 burins, 24 exemplaires).
  • Yerushalayim, Paris : A. Krol, 1996 (16 burins, 24 exemplaires).
  • Sophocle, Oedipe, Paris : A. Krol, 1997 (12 burins, 24 exemplaires).
  • Ruth, traduction du rabbinat français, Paris : A. Krol, 1997 (12 burins, 24 exemplaires).
  • Dominique Daguet, Etoiles d’ombres, Troyes : Les cahiers bleus, 1997 (6 burins, 24 exemplaires).
  • Abram Krol, Hors œuvre : lettres et écrits divers, Gond-Pontouvre, éd. Noël, 1998 (500 exemplaires).
  • Job, Paris : A. Krol, 1999 (20 burins, 24 exemplaires).
  • Franz Kafka, Le château, Paris : A. Krol, 2000 (25 burins, 24 exemplaires).
  • Stéphane Mallarmé, Poésies, Paris : A. Krol, 2000 (18 burins, 24 exemplaires).
  • William Shakespeare, Macbeth, Paris : A. Krol, 2000 (24 burins, 24 exemplaires).
  • Lord Byron, Mélodies hébraïques, Paris : A. Krol, 2001 (23 burins, 24 exemplaires).
  • Les lamentations de Jérémie, Paris : A. Krol, 2001 (23 burins, 24 exemplaires).
  • Bestiaire : 1950-2000, Maubeuge : Centre culturel de l’Arsenal, 2010 (250 exemplaires, dont 12 de tête avec un dessin d’Avati et trois gravures de Roch Vandromme)
  • Rouben Melik, En pays partagé - Poèmes retrouvés 1940-1946 & poèmes 1989-1994, préf. Charles Dobzynski, Le Temps des cerises, 2016 (Vivre en poésie).

Réception critique

Notes et références

Voir aussi

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