Wikiwand AI

Accord de défense conjointe de La Mecque

accord trilatéral de défense From Wikipedia, the free encyclopedia

L’Accord de défense conjointe de La Mecque, également connu sous le nom d’Accord de La Mecque ou Pacte de la Mecque, est un pacte trilatéral de défense mutuelle signé le dans la ville sainte de La Mecque, en Arabie saoudite, par l'Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie[1],[2]. Signé par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, le président turc Recep Tayyip Erdoğan et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, l'accord établit un mécanisme de défense collective en vertu duquel une attaque armée contre l'un des trois États est considérée comme une attaque contre les trois pays du pacte[2],[3].

Type de traité Pacte de défense
Langues Arabe
Anglais
Signé 7 août 2026
La Mecque (Arabie saoudite)
Faits en bref Type de traité, Dépôt ...
Accord de défense conjointe de La Mecque
Description de cette image, également commentée ci-après
États membres du Pacte de la Mecque
Type de traité Pacte de défense
Dépôt Arabie saoudite
Langues Arabe
Anglais
Signé 7 août 2026
La Mecque (Arabie saoudite)
Parties
Parties Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite Drapeau du Pakistan Pakistan Drapeau de la Turquie Turquie
Fermer

Cet accord s’appuie sur l’accord bilatéral de défense stratégique mutuelle conclu entre l’Arabie saoudite et le Pakistan en septembre 2025, étendant un engagement comparable en matière de défense mutuelle à la Turquie[4],[5]. Il a été signé dans le contexte de la guerre d'Iran de 2026, qui a débuté en , ainsi que de la reprise des combats entre l'Arabie saoudite et le gouvernement yéménite internationalement reconnu contre la milice houthie pro-iranienne au Yémen frontalier[2],[3].

Cet accord a pour but d'offrir un troisième axe, sunnite, en contrepoids à l'axe iranien chiite ainsi qu'à l'expansionnisme israélien en Palestine, au Liban et en Syrie[6].

Contexte

L'accord de La Mecque est signé dans le cadre de la crise au Moyen-Orient qui oppose l'Axe de la Résistance mené par l'Iran et ses soutiens (Hamas, Hezbollah, Houthis) à Israël allié aux États-Unis. L'instabilité s'étend dans l'ensemble de la région où plusieurs conflits se sont déclenchés dans la bande de Gaza, au Liban, en Syrie, en Cisjordanie ainsi que dans la mer Rouge et dans le détroit d'Ormuz, tensions intensifiées par le commencement d'une guerre en Iran.

L’Arabie saoudite et le Pakistan ont d’abord établi un engagement bilatéral de défense collective par le biais de l’accord stratégique de défense mutuelle (ADMS), signé le au palais Al-Yamamah, à Riyad, par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif[7]. Cet accord a officialisé des décennies de coopération militaire entre les deux pays, au cours desquelles le Pakistan a longtemps fourni une formation et une assistance technique aux forces saoudiennes[3]. La Turquie et le Pakistan avaient séparément approfondi leurs liens de défense (en), échangeant des navires de guerre et des avions d'entraînement, et en 2023, l'Arabie saoudite a accepté d'acheter des drones de fabrication turque dans le cadre de ce qu'Ankara a décrit comme son plus important contrat d'exportation de défense à l'époque[3]. À la mi-2026, le Pakistan aurait déployé plusieurs milliers de soldats, ainsi que des avions de chasse, des drones et un système de défense aérienne, en Arabie saoudite, et aurait entamé des pourparlers avec le Koweït (en) en sur un accord de sécurité élargi[3].

Ce pacte trilatéral est intervenu dans un contexte d'escalade du conflit régional. Une guerre impliquant l'Iran a débuté le , après que les États-Unis et Israël ont lancé des frappes sur des cibles iraniennes[2],[3]. Dans les mois qui ont suivi, l'Iran et ses forces alliées, notamment les combattants houthis au Yémen et les milices chiites en Irak, ont mené des attaques contre l'Arabie saoudite et d'autres États du Golfe, dont le Koweït, Bahreïn, le Qatar, les Émirats arabes unis, Oman et la Jordanie, ainsi que contre Israël, et ont perturbé certaines livraisons d'énergie[3]. Israël était simultanément engagé à Gaza malgré le cessez-le-feu[8], dans une invasion au sud du Liban et dans des opérations en Syrie, en plus de deux séries de frappes aériennes sur l'Iran[3]. L’Arabie saoudite aurait été prise pour cible sur plusieurs fronts, le conflit menaçant ses exportations de pétrole et ses plans de développement et soulevant des questions quant à la pérennité de sa relation de sécurité de longue date avec les États-Unis[2],[3]. La Turquie et le Pakistan, bien que moins directement exposés aux combats, se seraient dits préoccupés par le risque d'une instabilité régionale plus large affectant leur propre sécurité et leurs économies[2].

Signature

Le Premier ministre pakistanais Sharif accompagné par son chef des Armées Asim Munir, sont arrivés à Djeddah le et ont été reçus par le gouverneur adjoint de la région de la Mecque[1],[2]. Au matin, le PM pakistanais accomplit une umrah à la Mecque[1]. Le président turc arrive à Djeddah quelques heures après et rencontre également le prince héritier saoudien avant la signature de l'accord[1]. L'accord a été officiellement conclu à La Mecque, ville la plus sainte de l'islam, un cadre qui aurait conféré une portée symbolique supplémentaire au pacte de défense. Tous trois ont d'ailleurs assisté à la prière hebdomadaire à la Mosquée al-Haram. Selon une déclaration commune publiée après la signature, l'accord vise à renforcer la dissuasion collective et stipule qu'une attaque armée contre l'un des trois États serait considérée comme une attaque contre les trois. Il prévoit également une coopération accrue en matière de défense entre les signataires. Un responsable turc a qualifié l'accord de défensif et a précisé qu'il n'était dirigé contre aucun pays ni aucun acteur en particulier[3],[9].

Déclaration officielle

À l’aimable invitation du Gardien des Deux Saintes Mosquées, le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdoğan, et le Premier ministre de la République islamique du Pakistan, Muhammad Shehbaz Sharif, se sont rendus en visite au Royaume d’Arabie saoudite le .

Son Altesse Royale le prince Mohammed ben Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, prince héritier et Premier ministre, a reçu le président Erdoğan et le Premier ministre Sharif au palais Al-Safa à La Mecque, où s’est tenu le Sommet de La Mecque Al-Mukarramah sur la défense commune. Au cours de cette rencontre, les relations privilégiées entre le Royaume d’Arabie saoudite, la République de Turquie et la République islamique du Pakistan ont été passées en revue, ainsi qu’un certain nombre de questions d’intérêt mutuel.

Guidés par les liens historiques de longue date entre les trois États, fondés sur les liens durables de fraternité et de solidarité islamique qui les unissent, et s’appuyant sur leurs intérêts stratégiques communs et leur coopération de longue date en matière de défense, Son Altesse Royale le prince héritier, le président de la Turquie et le Premier ministre du Pakistan ont signé l’Accord de défense commune de La Mecque, qui reflète l’engagement commun des trois États à renforcer davantage leur sécurité collective et à promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité dans la région et au-delà, dans la perspective d’un avenir sûr et prospère.

Cet accord vise à renforcer la dissuasion collective contre tout acte d’agression et stipule que toute attaque armée contre l’un des trois États sera considérée comme une attaque contre l’ensemble de ceux-ci. Il prévoit en outre le renforcement de tous les aspects de la coopération en matière de défense entre les trois États[10].

Dispositions

Selon une déclaration conjointe publiée par les trois gouvernements, l’accord vise à renforcer la dissuasion collective contre toute agression, une attaque armée contre l’un des trois États étant considérée comme une attaque contre les trois[2],[3]. La déclaration décrivait l'objectif plus large du pacte comme étant le renforcement de la sécurité collective et la promotion de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans la région et au-delà, sans détailler les engagements ou obligations militaires spécifiques contractés par chaque partie[2],[3]. Un responsable turc a qualifié l'accord de purement défensif, affirmant qu'il n'était dirigé contre aucun pays en particulier, qu'il restait ouvert aux autres États de la région et qu'il ne remplaçait aucun accord bilatéral ou multilatéral existant entre les signataires[2],[3].

Les commentateurs ont estimé qu'il était peu probable que cet accord étende la dissuasion nucléaire du Pakistan à ses nouveaux partenaires. L'analyste de défense Mansoor Ahmed, du Centre d'études stratégiques et de défense de l'Université nationale australienne, a déclaré que la posture nucléaire du Pakistan reste orientée vers la menace perçue de l'Inde, tout en notant que le Pakistan et la Turquie apportent des industries de défense établies au groupe et que l'Arabie saoudite offre un potentiel d'investissement financier et technologique[3].

Analyse

Les analystes ont décrit le sommet de Djeddah-La Mecque comme symboliquement important, réunissant trois États influents à majorité musulmane sunnite à un moment d'incertitude régionale accrue, et comme un signe de coordination croissante en matière de sécurité entre les puissances moyennes régionales[3]. Les réactions au précédent pacte, l’accord saoudo-pakistanais de , avaient été mitigées : les médias d’État iraniens ont décrit ce pacte antérieur comme non menaçant et potentiellement une étape vers un cadre de sécurité régional plus large, tandis que l’Inde a maintenu une position publique neutre[4].

Le média qatari Al Jazeera a décrit cet accord comme un cadre potentiel pour une coopération stratégique, militaire et industrielle de défense plus étroite entre l'Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie. L'analyste de défense Mansoor Ahmed, du Centre d'études stratégiques et de défense de l'Université nationale australienne, a déclaré que le pacte était mieux compris comme un cadre de sécurité et de coopération en matière de défense régionale que comme une alliance directement comparable à l'OTAN[10].

Une analyse complémentaire publiée par Al Jazeera le examinait les implications de l'accord pour le rôle des États-Unis dans la sécurité au Moyen-Orient. Il a été noté que l'administration Trump n'avait pas encore publié de réponse officielle à l'accord au moment de la publication. Les analystes cités dans l'article ont généralement considéré ce pacte comme une tentative des États de la région d'élargir leurs partenariats en matière de sécurité tout en maintenant leurs relations existantes avec les États-Unis. Kristian Coates Ulrichsen, du Baker Institute, a déclaré que les doutes quant à la fiabilité des partenariats de sécurité américains s'étaient développés sur plus d'une décennie et avaient été intensifiés par la guerre contre l'Iran en 2026. Il a fait valoir que les nouveaux accords de défense visaient à offrir des options stratégiques supplémentaires plutôt qu'à remplacer les États-Unis. Sina Toossi, du Centre pour la politique internationale, a également décrit cet accord comme une indication que les États de la région réévaluaient leurs dispositifs de sécurité, l'Arabie saoudite cherchant potentiellement à étendre son réseau de partenariats en matière de sécurité. Yasmine Farouk, de l'International Crisis Group, a proposé une évaluation plus prudente, notant que les trois signataires restaient des partenaires des États-Unis et que l'accord n'indiquait pas nécessairement une volonté de confrontation avec l'Iran. Elle a déclaré que le pacte pourrait plutôt servir de forme de dissuasion et contribuer à une coopération régionale en matière de sécurité à plus long terme[11].

Le Pacte représente aussi une fin de facto à la normalisation entre les États arabes et Israël ainsi qu'une volonté de ne s'aligner ni avec l'Iran ni avec Israël[12].

Réactions

L'Iran a réagi de manière mitigée à cet accord. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, s'est félicité de l'accord et a appelé à une plus grande unité entre les pays à majorité musulmane, tout en les exhortant à compter sur leurs propres capacités. Il a également fait l'éloge des forces armées iraniennes et a lié l'accord à un appel plus large à l'autonomie régionale[13]. Le parlementaire iranien Ebrahim Rezaei, membre de la Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère, a adopté une position plus critique, arguant qu'un accord de défense entre l'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ne garantirait pas à lui seul la sécurité de l'Arabie saoudite. Il a exhorté Riyad à reconsidérer son approche de la sécurité régionale[14].

L'Inde a exprimé son inquiétude suite à l'accord bilatéral de 2025 et à l'accord trilatéral de 2026. Le ministère indien des Affaires étrangères a déclaré que l'Inde attachait une grande importance à son partenariat stratégique avec l'Arabie saoudite, tout en attendant que Riyad prenne en compte les « intérêts et les sensibilités » de l'Inde, et a indiqué que New Delhi évaluerait les implications de l'accord pour la stabilité régionale et la sécurité nationale de l'Inde. Les analystes stratégiques indiens ont ensuite discuté de la possibilité d'une coopération plus étroite en matière de défense et de sécurité avec des partenaires tels que les Émirats arabes unis et Israël[15],[16],[17].

Israël, par la voie de son ministre des Affaires de la diaspora, a décrit ce pacte comme « très dangereux et préoccupant », a affirmé qu'il s'agit « d'une évolution qui est très, très mauvaise pour Israël » et a appelé au renforcement des alliances avec les Émirats arabes unis, la Grèce, Chypre ainsi que le Somaliland, nouvellement reconnu par Israël[18].

Extension possible

Selon un rapport fourni par Middle East Eye, les ministres des Affaires étrangères d'Égypte, du Pakistan, d'Arabie saoudite et de Turquie ont tenu des discussions en marge du sommet de Riyad des nations arabes et islamiques de . Le rapport indiquait que la Turquie souhaitait intégrer l'Égypte à un accord de défense quadrilatéral, mais cela ne s'est pas encore concrétisé. Pour le moment, il est incertain que l'Égypte ou d'autres nations islamiques adhèrent à l'accord[19],[20]. Selon le Guardian, le président turc Erdogan a déclaré que « l’alliance serait ouverte à d’autres pays »[21]. Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré que « l’Égypte pourrait adhérer à l’accord », une fois les questions techniques résolues[22].

Gouvernance et installations

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré que le pacte fonctionnerait de manière similaire à l'OTAN, avec un comité ministériel, des comités politiques et militaires, et un secrétariat permanent chargé de superviser la mise en œuvre des décisions. Le secrétariat général permanent devrait être basé en Arabie saoudite. L'emplacement exact des nouveaux sites de bureaux n'est pas confirmé pour le moment[23],[24].

Références

Voir aussi

Related Articles

Timelines

Top Qs

Fact Checks