Crise au Moyen-Orient depuis 2023
série de guerres
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La crise au Moyen-Orient est une série de guerres et de conflits interdépendants, ainsi qu'une instabilité accrue au Moyen-Orient, qui débute en 2023 après l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre[41]. Cette attaque terroriste survient après une période de tensions et de violences croissantes en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Elle cause la mort d'environ 1 200 personnes en Israël et environ 250 autres sont prises en otages. Israël réagit en lançant une campagne de bombardements intensifs, puis en envahissant la bande de Gaza, dans le cadre de la guerre de Gaza, où plus de 62 000 Palestiniens ont péri depuis 2023. La bande de Gaza est depuis lors confrontée à une crise humanitaire sans précédent et à une famine persistante.
- Moyen-Orient et océan Indien avec conséquences mondiales
- (Israël, bande de Gaza, Cisjordanie, Liban, Égypte, Syrie, Irak, Jordanie, mer Rouge, Yémen, Iran, Qatar, Émirats arabes unis, Arabie saoudite, Oman, Chypre, Koweït, Bahreïn, golfe Persique)
En cours
- Attaque du Hamas contre Israël provoquant l'invasion israélienne de la bande de Gaza
- Pause dans la normalisation israélo-arabe
- Conflit par procuration Iran-Israël dégénère en guerre
- L'invasion israélienne du Liban se termine par un cessez-le-feu
- La chute du régime Assad entraine l'invasion israélienne de la Syrie et des insurrections
- Fin des attaques des milices irakiennes
- Bombardements américains en Iran entraînant des frappes iraniennes en Irak et au Qatar
- La crise de la mer Rouge atténuée à la suite d'un cessez-le-feu entre entre les États-Unis et les Houthis
- Israël bombarde le Qatar dans le but d'assassiner les négociateurs du Hamas
- Plan de paix pour Gaza visant à mettre un terme à la guerre de Gaza
- Échec de l'accord de paix nucléaire iranien et début de la guerre d'Iran qui aboutit à l'assassinat d'Ali Khamenei
| Inconnues |
Conflit israélo-arabe
Conflit par procuration Iran-Israël
Conflit israélo-palestinien
Conflit israélo-libanais
Guerre froide au Moyen-Orient
Batailles
Chronologie
Attaques et massacres
- Festival de musique de Réïm
- Netiv HaAsara
- Alumim
- Be'eri
- Ein Hashlosha
- Holit
- Kfar Aza
- Kissoufim
- Nahal Oz
- Nir Oz
- Nirim
- Nir Yitzhak
- Camp de Jabaliya
- Al-Shati
- Tour Hajji
- Évacuations de Gaza
- Poste de frontière d'Erez
- Hôpital Al-Ahli Arabi
- École de l'UNRWA
- Église Saint-Porphyre
- Convoi médical d'Al-Shifa
- Camp d'Al-Maghazi
- École Al-Buraq
- Massacre de la farine
- Tel al-Sultan
- Rafah
- École Fahmi Al-Jarjaoui
- Massacres lors des distributions de la Fondation humanitaire
Voir aussi
Peu après le début de la guerre de Gaza, plusieurs milices de l'Axe de la résistance soutenues par l'Iran rejoignent le conflit contre Israël. Au Liban, le Hezbollah tire des roquettes sur le nord d'Israël, déclenchant un conflit de quatorze mois qui s'est s'aggravé en en une invasion israélienne du sud du Liban, avant de se conclure par un cessez-le-feu le . En mer Rouge, les Houthis basés au Yémen attaquent des navires en solidarité avec le Hamas, s'attirant les foudres de la communauté internationale, notamment par une série de frappes aériennes menées contre les positions qu’ils tiennent par les États-Unis et le Royaume-Uni. Un cessez-le-feu est finalement signé entre le groupe armé et les Américains en .
L'ampleur des destructions à Gaza conduit à l'isolement diplomatique d'Israël et à la suspension des négociations de normalisation entre Israël et l'Arabie saoudite. Certains accusent Israël de génocide, notamment l'Afrique du Sud dans une affaire en cours devant la Cour internationale de justice ; celle-ci a émis des mandats d'arrêt contre des dirigeants d'Israël et du Hamas pour crimes de guerre.
À trois reprises au cours de la crise, l'Iran et Israël s'affrontent par conflit direct. Les deux pays échangent des attaques sur leurs territoires respectifs en avril et octobre 2024, puis celles-ci s'intensifient à partir de ; à chaque fois, la défense israélienne est soutenue par une coalition multinationale. En , des groupes d'opposition syriens lancent une offensive qui ravive la guerre civile syrienne, aboutissant à la chute du régime Assad le et à la mise en place d'un gouvernement de transition à la place de l'ancien gouvernement baasiste. Le même jour, les forces israéliennes envahissent la Syrie, le gouvernement israélien déclarant nul et non avenu l'accord de désengagement de 1974 avec la Syrie.
Le , les États-Unis et Israël lancent une série de frappes conjointes en Iran, marquant une nouvelle phase d’escalade dans la crise au Moyen-Orient amorcée en 2023. Ces opérations interviennent après un important renforcement militaire américain dans la région et entraînent une riposte iranienne dans plusieurs États du Golfe, ouvrant une confrontation directe entre les parties.
L'attaque du Hamas du a déclenché une spirale d'évènements qui ont bouleversé les rapports de force géopolitiques au Moyen-Orient et profondément affecté les populations concernées. En conséquence, début 2026, les principales composantes de l'« Axe de la résistance » édifié par l'Iran sont soit très affaiblies (Hamas et Hezbollah), soit éliminées (régime Assad en Syrie). Israël a adopté une posture stratégique offensive tous azimut qui a réinstallé sa domination militaire mais éloigné les perspectives de règlement pacifique du conflit israélo-palestinien et de rapprochement avec les États du Golfe. Il s'est engagé dans un conflit direct avec l'Iran à l'issue incertaine. Sur le plan mondial, ces épisodes guerriers successifs contribuent au recul de l'ordre international (en) fondé sur des règles au profit des seuls rapports de puissance et démontrent, s'il en était besoin, la vulnérabilité du commerce maritime et partant de l'économie globalisée aux bouleversements géopolitiques dans la région.
Événements par théâtre
Israël et la bande de Gaza

Le , le Hamas mène une attaque surprise contre Israël depuis la bande de Gaza, s'emparant de territoires dans le sud d'Israël et tuant environ 1 200 personnes[42],[43],[44]. De plus, environ 250 Israéliens et étrangers sont pris en otages et emmenés à Gaza par le Hamas et d'autres groupes armés palestiniens[45]. L'attaque débute par un tir de barrage de plus de 4 000 roquettes et des incursions de parapentes vers Israël[46]. Les combattants du Hamas franchissent également la barrière entre Gaza et Israël et massacrent des civils dans plusieurs localités[47]. Cette journée est décrite par divers médias et hommes politiques, comme la plus sanglante de l'histoire d'Israël et la plus meurtrière pour les Juifs depuis la Shoah[48] En réponse, le gouvernement israélien déclare la guerre pour la première fois depuis la guerre du Kippour de 1973[49].
Après l'attaque du , Israël commence un bombardement et un blocus de la bande de Gaza[50]. L'opération s'intensifie le en raids temporaires dans le nord de la bande de Gaza[50], puis le débute une invasion à grande échelle de Gaza[51], avec comme objectifs la destruction totale du Hamas et la libération des otages[52]. La phase initiale de l'invasion a lieu dans le nord de la bande de Gaza, dont un siège de la ville de Gaza qui commence le [53]. Le Hamas et Israël conviennent d'une trêve de six jours, du 24 au , au cours de laquelle des otages israéliens sont échangés contre des prisonniers palestiniens[54],[55]. Après l'expiration de la trêve en décembre, les troupes israéliennes atteignent la ville de Khan Younès dans le centre de Gaza[56]. Israël mène également une campagne de bombardement de la ville méridionale de Rafah en février[57], capture le poste-frontière de Rafah le alors qu'une offensive dans et autour de la ville débute[58]. Les forces israéliennes pénètre dans Rafah le [59]. En juillet, Tsahal lance une seconde bataille à Khan Younès[60]. Le , l'armée israélienne élimine le chef du Hamas, Yahya Sinwar, atteignant ainsi un objectif majeur de l'invasion israélienne de Gaza[61].
La guerre déclenche cependant une famine persistante[62],[63], une crise humanitaire sans précédant dans la bande de Gaza[64], et provoque le déplacement forcé d'environ 1,9 million des 2,2 millions de gazouis d'avant-guerre[65]. Le , Israël et le Hamas conviennent d'un cessez-le-feu[66]. Il entre en vigueur quatre jours plus tard, le Hamas conservant le contrôle de la bande de Gaza[67],[68]. Israël rompt le cessez-le-feu en reprenant les bombardements le [69].
En , Tsahal lance une nouvelle opération militaire impliquant une force militaire combinée terrestre, aérienne et maritime[70],[71], où celle-ci vise à vaincre le Hamas, à détruire ses capacités militaire et gouvernementales et à prendre le contrôle des trois quarts de la bande de Gaza. Le Hamas répond par une contre-offensive qui consiste en une série d'embuscades et d'opérations militaires à petite échelle contre l'armée israélienne[72],[73]. Par ailleurs, plus de 60 000 Gazaouis ont été tués en [74]. Le , des sources israéliennes rapporte l'achèvement de l'offensive, sans avoir atteint ses principaux objectifs, bien que l'objectif territorial principal — la conquête de 75 % de la bande de Gaza — ait été atteint[75],[76]. À la mi-, Israël lance la seconde phase de l'opération, intitulée opération Chariots de Gédéon II, qui consiste à prendre la ville de Gaza[77].
Un cessez-le-feu entre en vigueur le [78].
Cisjordanie

Les tensions et les violences entre les forces militaires israéliennes et les colons en Cisjordanie se sont intensifiées bien avant le début de la guerre de 2023. Selon l’ONU, 2022 est l’année la plus meurtrière jamais enregistrée pour les Palestiniens[79], cependant dépassée par l’année 2023 (du moins jusqu’en septembre), qui représente l’année la plus meurtrière de l’histoire pour les enfants de Cisjordanie[80].
Pendant la guerre de Gaza, les forces israéliennes mènent des incursions et des frappes aériennes quasi quotidiennes dans les communautés palestiniennes du territoire occupé par Israël en Cisjordanie, dont certaines conduisent à des affrontements avec les milices palestiniennes régionales[81],[82].
Dans les premières semaines après l'attaque du Hamas, Israël arrête 63 membres de l'organisation à Tulkarem[83], et vise une mosquée à Jénine, utilisé d'après Tsahal par le Hamas et le Jihad islamique palestinien (JIP)[82],[84],[85]. Simultanément, les attaques des colons israéliens se multiplient au cours du premier mois de la guerre[86], dans le cadre d'une augmentation générale de la violence des colons[87] qui provoque le déplacement plus de 1 500 Palestiniens pendant la guerre[88]. Le , Israël lance une vaste opération militaire en Cisjordanie consistant en des raids, des frappes aériennes et le blocage des points d'entrée à Jénine et Tulkarem[89],[90],[91], marquant sa plus grande offensive sur le territoire depuis la Seconde Intifada[81]. Le , Israël lance son premier raid majeur post-cessez-le-feu, ciblant Jénine, et annonce son intention de maintenir une présence militaire à long terme dans la ville, marquant ainsi un changement de stratégie[92].
De plus, des affrontements éclatent entre l'Autorité palestinienne (AP) et les groupes combattants qui lui sont opposés en Cisjordanie[93]. L'AP dispose d'une autorité administrative partielle dans la région[94],[95], et est dominée par le Fatah[96], dont les collaborations avec l'armée israélienne pour la sécurité[94],[97] sont critiquées par des groupes armés comme le Hamas et le JIP[93]. Les affrontements s'intensifient en juillet 2024[98], et en octobre, l'AP commence une répression des insurgés à Tubas face à la campagne de déstabilisation de l'Iran, œuvrant dans l'ombre en faveur des milices locales[93],[99]. En , l'AP lance une seconde offensive à Jénine ciblant les brigades de Jénine[95],[94], un groupe de coordination des milices locales[96].
Quelques jours après la mise en place du cessez-le-feu à Gaza en , l'armée israélienne mène une opération militaire de grande envergure en Cisjordanie[100],[101],[102] contre les militants palestiniens en Cisjordanie occupée par Israël. L'opération Protéger la Patrie visait initialement uniquement les Brigades de Jénine, une milice palestinienne locale[103], mais s'est étendue à Tulkarem et à d'autres localités palestiniennes. Il s'agit d'une approche stratégique plus agressive à l'égard des combattants palestiniens en Cisjordanie et différente des incursions précédentes[104],[105]. C'est également la première fois que l'Autorité palestinienne participe directement à une opération militaire israélienne[106],[107].
Liban
En bas : bâtiment détruit par une frappe israélienne dans le centre de Beyrouth pendant les bombardements israéliens au Liban en octobre 2024.
Une série d'affrontements frontaliers entre Israël et le Hezbollah libanais, le long de la frontière israélo-libanaise, débute le [108],[109],[110], lorsque le Hezbollah attaque la région des fermes de Chebaa en soutien à l'attaque du Hamas contre Israël la veille. Israël riposte en attaquant les positions du Hezbollah dans le sud du Liban[111],[112]. Les escarmouches entre les deux parties se poursuivent ensuite dans le sud du Liban et le nord d'Israël, notamment sur le plateau du Golan occupé par Israël[113]. Le Hezbollah déclare initialement attaquer Israël jusqu'à ce que ce dernier mette fin à ses opérations à Gaza[114],[115]; ces attaques provoquent le déplacement de 96 000 Israéliens du nord d'Israël[116].
Le , Israël mène une frappe aérienne dans la banlieue de Dahieh à Beyrouth, assassinant le chef adjoint du Hamas, Saleh al-Arouri[117]. Le Hezbollah riposte le en lançant des roquettes sur une base israélienne près du mont Méron[118],[119]. Deux jours plus tard, Israël élimine le commandant du Hezbollah accusé d'avoir perpétré cette attaque[120]. Le , 12 enfants sont tués sur le plateau du Golan lors d'une attaque dont Israël accuse le Hezbollah[121],[122],[123]. En réponse, Israël tue le commandant du Hezbollah, Fouad Chokr, à Beyrouth le [124].
En , une opération israélienne entraîne l'explosion simultanée de milliers de téléavertisseurs portables utilisés par le Hezbollah le [125] et de centaines de talkies-walkies le lendemain[126]. L'attaque, qui tue 42 personnes[127],[128], marque le début d'une campagne intensive contre le Hezbollah[129]. Dans les jours suivant, Israël poursuit ses attaques au Liban et mène des bombardements aériens massifs provoquant la mort de plus de 700 personnes[130], notamment le 20 septembre 2024, qui coûte la vie à Ibrahim Aqil, le commandant de la force Redwan du Hezbollah[131]. Le , Israël assassine Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah, lors d'une attaque contre le quartier général du groupe à Beyrouth[132].
Le , Israël lance une invasion du Sud-Liban[133]. Selon les autorités israéliennes, 63 000 Israéliens ont dû quitter la zone frontalière avec le Liban à cause des roquettes par le Hezbollah[134],[135],[136]. Le , plus de 25 % du Liban est sous le coup d'ordres d'évacuation israéliens[137]. Durant l'invasion, Israël capture et détruit plusieurs villages et villes du Sud-Liban, tout en poursuivant ses frappes aériennes à travers le pays[135]. Au cours du conflit, plus de 3 700 civils libanais sont tués et environ 1,3 million sont déplacées[138],[139],[140]. Le , Israël et le Hezbollah conviennent d'un cessez-le-feu de 60 jours destiné à mettre un terme durable au conflit[141],[142]. Bien qu'ayant échangé des attaques tout en s'accusant mutuellement de violer le cessez-le-feu, l'accord demeure largement respecté par les deux parties[140].
Selon un nouveau rapport datant de , le Hezbollah aurait perdu 10 000 de ses combattants et la plupart de ses capacités militaires se sont considérablement détériorées[143]. Le , lors d'une réunion gouvernementale consacrée spécifiquement au désarmement du Hezbollah, la majorité du gouvernement a voté en faveur de cette décision. L'armée libanaise est chargée d’élaborer un plan visant à garantir que seul l'État ait le contrôle des armes au Liban. Cette décision s’appuie sur un plan américain visant à désarmer le groupe paramilitaire islamiste chiite[144].
Yémen et la mer Rouge
Crise de la mer Rouge

Peu après le début de la guerre de Gaza en , les Houthis basés au Yémen commencent à cibler les navires marchands et bâtiments de guerre traversant la mer Rouge[145]. Le , le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, déclare que le groupe a lancé des missiles balistiques et des drones vers Israël, et qu'ils continueront de le faire « pour aider les Palestiniens à la victoire »[146]. Le groupe annonce cibler les navires liés à Israël, mais attaqua principalement sans distinction de nombreux navires ayant aucun lien avec le pays[147]. Le , le Galaxy Leader, un cargo affrété par une entreprise de logistique japonaise avec 25 personnes à bord, est détourné par les Houthis à l'aide d'un hélicoptère Mil Mi-17[148]. Le , le MV Rubymar est touché par deux missiles antinavires alors qu'il transporte une cargaison d'engrais. Après avoir dérivé pendant des semaines, le navire sombre le au large du Yémen des suites de l'attaque, devenant ainsi le premier navire coulé par une attaque des Houthis depuis le début de la crise en [149].
En , les Houthis ont mené plus de 50 attaques[150]; selon Abdul-Malik al-Houthi, ses forces ont lancé 606 missiles balistiques et drones contre 107 navires affiliés à Israël et ses alliés à travers la mer Rouge, le détroit de Bab-el-Mandeb, le golfe d'Aden et l'océan Indien[151]. Pour éviter les attaques, de nombreux navires évitent le canal de Suez et la mer Rouge en contournant le cap de Bonne-Espérance à la pointe sud de l'Afrique, ce qui entraîne une augmentation des coûts de transport[152].

La première confrontation a lieu le , lorsque l'USS Carney abat plusieurs missiles se dirigeant vers le nord, au-dessus de la mer Rouge, en direction d'Israël[153]. En décembre, les États-Unis lancent l'opération Gardien de la prospérité, une coalition navale multinationale visant à combattre les attaques en mer Rouge[154]. La coalition comprend les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Australie, Bahreïn, le Canada, la France, l'Italie, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, les Seychelles et l'Espagne[155],[156]. En , l'Union européenne lance l'opération Aspide, comprenant la Grèce, l'Italie, la France, l'Allemagne, la Belgique et d'autres membres de l'UE ; contrairement à l'opération Gardien de la prospérité, Aspide est une coalition purement défensive[16]. Le , les États-Unis et 12 autres pays lancent un ultimatum aux Houthis, les avertissant de cesser leurs attaques sous peine d'intervention militaire[156]. Le , les États-Unis et le Royaume-Uni mènent des frappes aériennes au Yémen contrôlé par les Houthis[157], à la suite d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies condamnant leurs attaques successives[158],[159]. Les frappes sont ordonnées par le président américain Joe Biden[160],[161]. Les deux pays ont lancé 452 attaques au Yémen en [151].
Après une attaque de drone des Houthis en juillet 2024 près du bureau de l'ambassade des États-Unis à Tel Aviv[162], Israël riposte en attaquant des installations militaires et des dépôts pétroliers à Al-Hodeïda, au Yémen[163]. Tsahal attaque de nouveau le Yémen en septembre, au cours duquel six personnes sont tuées[164]. Après les attaques Houthis de , l'État hébreu lance deux vagues de frappes à Al-Hodeïda et à Sanaa, tuant au total 13 personnes[165]. Les attaques israéliennes au Yémen se poursuivent en 2025[166]. Le , les États-Unis déclarent avoir lancé des frappes aériennes et navales sur des dizaines de cibles houthies, sur ordre du président Trump qui a ordonné une escalade de la campagne militaire contre le groupe[167]. Le , les Houthis promettent une réponse à la suite des frappes israéliennes de mars 2025 sur Gaza[168]. Le , les forces iraniennes se retirent du Yémen[169]. Le , l'armée américaine annonce avoir frappé le port de carburant de Ras Issa dans l'ouest du Yémen[170],[171]. La frappe aurait tué au moins 80 personnes et blessé au moins 150 autres[172],[173]. Le , les frappes américaines touchent un centre de détention de migrants africains dans le gouvernorat de Sa'dah, tuant au moins 68 personnes et en blessant 47 autres[174],[175]. Le , un missile balistique lancé par les Houthis frappe un terrain vague dans l'enceinte de l'aéroport international de Tel Aviv-David Ben Gourion, faisant 6 blessés légers, des dégâts très mineurs et causant un cratère d'impacte large et profond de plusieurs dizaines de mètres. De nombreuses compagnies aériennes occidentales annoncent suspendre leur vol vers Tel-Aviv après ce bombardement[176]. Les Houthis revendiquent avoir lancé un « missile balistique hypersonique »[177]. En représailles, l'armée israélienne mène le lendemain des frappes aériennes au Yémen en ciblant des infrastructures le long de la côte, notamment le port d'Al-Hodeïda et une usine de béton à Badschil[178]. Le , l'armée israélienne ordonne l'évacuation de la zone de l'aéroport international de Sanaa[179]. Plus tard, elle déclare avoir frappé plusieurs cibles au Yémen, notamment en « paralysant complètement » l'aéroport de Sanaa, plusieurs grandes centrales électriques de la région et l'usine de béton d'Al-Imran au nord de Sanaa[180]. Le même jour, l'accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et les Houthis entre en vigueur, mettant fin aux frappes aériennes conjointes américano-britanniques sur des cibles houthies au Yémen. Le groupe armé cesse ses attaques contre les navires en mer Rouge, mais souligne que le cessez-le-feu ne s'appliquera « en aucune façon » à Israël[181]. Le , l'armée israélienne déclare avoir mené des attaques sur les ports d'Al-Hodeïda et de Salif en réponse aux attaques des Houthis contre Israël, et avoir détruit des infrastructures dans les ports contrôlés par les Houthis et utilisés pour les transferts d'armes[182],[183],[184]. Le , l'armée israélienne cible un avion de transport houthi[185],[186]. Le , la marine israélienne mène des attaques au Yémen pour la première fois, ciblant le port d'Al-Hodeïda[187].
En , les Houthis coulent deux navires marchands (Eternity C et Magic Seas) capturés en mer Rouge. Il s’agit des premières attaques menées depuis plusieurs mois par le groupe armé yéménite contre des navires qu’ils estiment liés à Israël[188].
Guerre civile yéménite
Depuis 2022, le conflit est en relative accalmie, avec une trêve prolongée, mais sans règlement politique définitif[189]. Depuis , les Houthis, acteurs majeurs de la guerre civile yéménite, mènent des attaques en mer Rouge dans un contexte régional distinct, lié à la guerre Israël-Hamas.
Le , le Conseil de transition du Sud (STC) (une faction sécessionniste soutenue par les Émirats arabes unis) lance une offensive militaire à grande échelle à travers le sud du Yémen, mettant fin à des années d'impasse militaire dans le conflit[190]. L'opération débute dans le gouvernorat de l'Hadramaout, qui est alors sous le contrôle du gouvernement du Yémen, reconnu internationalement et soutenu par l'Arabie saoudite[191].
Irak et Jordanie

À partir du et en réponse au soutien des États-Unis à Israël dans la guerre à Gaza[192], la Résistance islamique en Irak (IRI) et d'autres milices de l'Axe de la résistance dirigé par l'Iran lancent une série d'attaques contre des bases et des actifs militaires américains en Syrie, en Irak et en Jordanie[193]. Elles commencent par une attaque de l'IRI contre la base aérienne américaine d'al-Asad dans le nord de l'Irak, que les États-Unis parviennent à intercepter[194]. Plus de 170 attaques de ce type sont signalés en ; celles-ci visent à faire pression sur les États-Unis pour forcer le retrait de leurs troupes dans la région[193], déployées pendant la guerre contre l'État islamique[192]. Le , une attaque de l'IRI contre une base américaine en Jordanie tue trois militaires américains ; les États-Unis répondent le en attaquant sept sites en Irak et en Syrie[195]. L'IRI mène également des attaques contre Israël à partir d'[196], et en , le groupe armé vise la ville israélienne d'Ashdod dans ce qu'il décrit comme étant la « seconde phase des opérations » de son soutien aux Palestiniens de Gaza[197]; deux soldats israéliens sont tués par des frappes de drones en provenance d'Irak[198]. La majeure partie des attaques contre les bases américaines prennent fin le — ou en avril selon une autre source[199]— à la demande de l'Iran[200]. En , les milices irakiennes conviennent avec le gouvernement irakien de cesser leurs attaques contre Israël[196].
Le , l’Iran mènent une série de frappes aériennes et de drones en Irak et en Syrie, affirmant avoir ciblé le siège régional de l’agence de renseignement israélienne Mossad et plusieurs bastions de groupes terroristes en réponse aux attentats de Kerman le , dont l’État islamique a assumé la responsabilité[201],[202]. La ville d'Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan irakien, est la cible de 11 des 15 missiles tirés au total. Les quatre missiles restants sont dirigés vers le gouvernorat syrien d'Idlib, ciblant les zones contrôlées par l'opposition syrienne[203],[204]. À Erbil même, l’attaque iranienne tue quatre civils et en blesse 17 autres[205]. Les affirmations de l'Iran selon lesquelles les autorités auraient ciblé la présence israélienne au Kurdistan et les groupes terroristes en Syrie sont rejetées par le gouvernement irakien et le gouvernement autonome kurde, qui ont tous deux condamné l'attaque[206]. Le , l’Iran mène des frappes au Pakistan visant Jaish ul-Adl, un groupe combattant islamique sunnite[207]. Le Pakistan répond par des frappes de représailles contre l'Iran le [207].
La Jordanie a abattu des missiles iraniens étant entrés dans son espace aérien lors d'attaques contre Israël en avril 2024[21], octobre 2024[22], et juin 2025[23].
Syrie
Premières attaques israéliennes
Entre le début de la guerre de Gaza en et , Israël a lancé plus de 220 attaques contre la Syrie, par le biais de raids aériens et d'artillerie, tuant 296 personnes. Cependant, le gouvernement syrien, sous la présidence de Bachar al-Assad, reste largement à l'écart du conflit régional[208].
Au cours du premier mois de la guerre, Israël lance des attaques contre les aéroports syriens[209],[210] et dans le sud-ouest de la Syrie[211]. L'État hébreu poursuit ses frappes en Syrie en 2024, notamment à Damas[212] et à Alep[213]. En janvier, Israël élimine un général iranien de la force Al-Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et 12 autres personnes[214]. Le , Tsahal bombarde l'annexe consulaire de l'ambassade d'Iran à Damas, où 16 personnes sont tués, dont Mohammad Reza Zahedi, commandant de la force Al-Qods en Syrie et au Liban[215],[216]. En septembre, Israël attaque et frappe Masyaf, tuant au moins 18 personnes[217], et en octobre, les frappes tuent 13 personnes à Damas[208] et 10 à al-Qousseir[218]. En novembre, 23 personnes sont tués en Syrie dans des frappes ciblant le Jihad islamique palestinien[219],[220],[221], et 92 autres combattants soutenus par l'Iran de divers groupes plus tard dans le mois dans les environs de Palmyre[222],[223].
Offensives de l'opposition et fin du régime d'Assad

Le , une coalition de groupes d'opposition syriens lance une offensive surprise contre le gouvernement syrien dirigé par Bachar el-Assad dans le nord-ouest du pays[224]. Cette offensive intervient alors que des alliés clés du gouvernement Assad – la Russie, l'Iran et le Hezbollah – sont affaiblis par d'autres conflits[225],[226]. Menée par Hayat Tahrir al-Cham (HTS) et appuyée par des rebelles soutenus par la Turquie, cette offensive est la première depuis le cessez-le-feu de 2020, permettant une atténuation des principaux combats de la guerre civile syrienne, en cours depuis 2011[227].
Le , le HTS prend le contrôle de la majeure partie d'Alep[228], la Russie intervenant pour mener des frappes aériennes sur les positions rebelles[229]. Le , les rebelles prennent le contrôle de vastes territoires dans les gouvernorats de Hama, d'Idlib et d'Alep, et lancent une offensive sur la ville de Hama[224],[230]. Celle-ci tombe aux mains du HTS le [231] et, le , ils progressent vers le sud pour prendre la ville de Homs, séparant ainsi le gouvernement de Damas des côtes syriennes[232]. Pendant ce temps, la Chambre des opérations du Sud lance un assaut contre le gouvernement de Deraa et progresse dans la banlieue sud de Damas, tandis que l'Armée syrienne libre, ayant capturé Palmyre, approche de la capitale par l'est[233].
Damas tombe aux mains des rebelles au petit matin du , 11 jours après le début de l'offensive, et HTS proclame la fin du régime d'Assad alors que celui-ci fuit le pays pour Moscou[234],[235]. Ahmed al-Charaa, devient le dirigeant de facto de la Syrie[236] et établit un gouvernement de transition dirigé par Mohammed al-Bachir comme Premier ministre par intérim du pays jusqu'en [237].
Invasion israélienne

Après la chute du régime d'Assad, Netanyahou déclare l'accord frontalier israélo-syrien de 1974 comme étant « effondré » et ordonne à l'armée israélienne de commencer une invasion de la zone tampon en Syrie le long des hauteurs du Golan[238]. Israël envahit le côté syrien du mont Hermon[239], occupe des villages frontaliers dans les parties contrôlées par la Syrie des hauteurs du Golan[240]. Damas et le sud de la Syrie sont bombardés, notamment des stocks d'armes et des bases aériennes abandonnées des forces armées arabes syriennes (FAAS)[241],[242]. Le , Tsahal mène plus de 100 frappes aériennes à travers la Syrie[243], y compris une frappe sur le port de Lattaquié[244]. Ces attaques, ayant détruit une grande partie des moyens navals et aériens de l'ancienne SAAF et de ses défenses aériennes[245],[246],[96], auraient été nécessaires pour empêcher les « extrémistes de s'emparer d'armes abandonnées »[247]. Al-Charaa condamne les actions d'Israël mais déclare que la Syrie n'entrera pas dans un nouveau conflit[96].
Iran
Crises de 2024

Dans la nuit du 13 et , à la suite de l'attaque israélienne contre le consulat iranien à Damas, le Corps des gardiens de la révolution islamique d'Iran lance plusieurs centaines de drones Shahed 136, ainsi que, plus tard dans la nuit, des missiles balistiques et de croisière emportant des charges conventionnelles (pour un total de près de 300 vecteurs)[248]. L'attaque est coordonnée avec les forces de mobilisation populaire d'Irak, le groupe libanais du Hezbollah et les Houthis du Yémen[249]. La plupart de ces vecteurs, lents (les drônes Shahed volant à 185 km/h seulement), mettent ainsi plusieurs heures à atteindre les espaces ciblés. 99% de ces vecteurs sont interceptés avant leur arrivée au sol, soit par les défenses anti-aériennes françaises ou américaines stationnées dans la région, soit par les défenses anti-aériennes israéliennes (notamment au sein de la composante Iron Dome).
Il s'agit de la première attaque directe de l'Iran contre Israël et du premier affrontement direct depuis le début du conflit par procuration Iran-Israël en 1985[250].
Israël mène des opérations militaires de représailles en Iran, en Irak et en Syrie le [251].

De nouvelles frappes iraniennes contre Israël sont menées le au moyen de missiles balistiques lancés en deux vagues[252],[253]. Des explosions sont entendues au-dessus de Tel-Aviv et de Jérusalem. L'armée israélienne confirme que plus de 180 missiles ont été tirés par l'Iran[254] et selon Beyrouth il s'agirait de plus de 400 engins balistiques[255]. Un Palestinien est tué et plusieurs autres sont blessés par des fragments de roquettes à Jéricho[256]. Cette attaque est lancée en réponse à l'assassinat par Israël du chef du Hamas Ismaël Haniyeh le à Téhéran et du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah lors du bombardement du siège du Hezbollah le . C'est la deuxième fois que l'Iran attaque ouvertement Israël depuis son propre territoire après la vague de bombardement du 13 avril 2024. Israël riposte le 26 octobre par une attaque contre la Perse inédite par son ampleur depuis la guerre Iran-Irak[257], avec plus de 100 avions israéliens ciblant les radars et les systèmes de défense aérienne iraniennes[258]. L'attaque aurait gravement endommagé les capacités de défense aérienne et de production de missiles iraniens[259].
Programme nucléaire iranien
Après la lettre de Trump à l'Iran, la marine du CGRI saisit deux pétroliers saoudiens dans le golfe Persique[260]. En avril, selon le ministre des Affaires étrangères français, si l'Iran obtient l'arme nucléaire, une guerre sera quasiment inévitable[261]. D'après le président américain Trump, l'Iran souhaite des négociations directes[262].
« Les Iraniens sont prêts à la guerre, même si les États-Unis attaquent en premier », déclare en le général Hossein Salami[263].
Le , le ministre des Affaires étrangères iranien annonce que l'Iran et les États-Unis entameront des négociations indirectes mais importantes à Oman[264].
Guerre des Douze Jours
Le , Israël lance des attaques à grande échelle contre des cibles dans plusieurs régions d'Iran. Tsahal cible des installations nucléaires et militaires, ainsi que les résidences privées de hauts responsables[265], causant des dommages à des sites nucléaires clés[266] et tuant les plus hauts dirigeants militaires iraniens[267]. Selon les médias d'État iraniens, le commandant du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), Hossein Salami[268],[269],[270], le chef d'état-major des forces armées iraniennes, le général de division Mohammad Bagheri[271], et les scientifiques nucléaires Fereydoun Abbassi et Mohammad Mehdi Tehranchi sont tués dans ces bombardements[272]. Les attaques israéliennes touchent également les civils iraniens[273], où plus de 400 d'entre-deux ont déjà trouvé la mort[274]. L'Iran riposte en bombardant Israël dans les jours qui suivent. Au , l'Iran a tiré 350 missiles balistiques sur l'État hébreu. Ces tirs font 24 morts et de nombreux blessés[275].
Dans la nuit du au , les États-Unis annoncent avoir frappé plusieurs sites nucléaires en Iran, dont l'usine d'enrichissement d'uranium de Fordo, l'usine d'enrichissement d'uranium de Natanz et le centre de technologie et de recherche nucléaire d'Ispahan avec 12 bombes antibunkers GBU-57 largués par 6 B-2 et une trentaine de missiles de croisière Tomahawk[276]. La communauté internationale réagit avec inquiétude face à cette escalade[277]. En réponse de à l'opération Marteau de minuit menée par les États-Unis contre des installations nucléaires iraniennes, l'Iran attaque le plusieurs bases militaires américaines au cours de l'opération Annonce de la Victoire, dont la base militaire d'Al-Udeid, en Irak et au Qatar[278],[279],[280],[281],[282],[283]. Le , les belligérants ont approuvé un cessez-le-feu « complet et total » d'une durée de 12 heures[284].
Protestations antigouvernementales en Iran
Depuis le , une vaste série de manifestations antigouvernementales a éclaté en Iran, d’abord déclenchée par la forte dépréciation de la monnaie, l’inflation et la détérioration du niveau de vie, puis rapidement élargie à des critiques plus générales du gouvernement et du système politique[285]. Les protestations, les plus importantes depuis 2022, touchent toutes les provinces du pays, avec des rassemblements à Téhéran, Ispahan, Chiraz, Machhad et dans d’autres villes, accompagnés d’une répression sévère par les forces de sécurité et d’un blackout des communications imposé par les autorités[286],[287],[288],[289]. Le gouvernement iranien accuse des puissances étrangères, notamment les États-Unis et Israël, d’alimenter les troubles et dénonce des menaces d’intervention extérieure[290],[291], tandis que des dirigeants internationaux mettent en garde contre toute action militaire étrangère, soulignant que cela pourrait aggraver la crise et la situation régionale[292].
Le nombre total de morts pendant les manifestations en Iran atteint des valeurs proches de celles des répressions de 1988. Les estimations confirmées par une source gouvernementale citée par Reuters font état d'au moins 5 000 personnes tuées (incluant environ 500 membres des forces de sécurité)[293], certaines estimations avancent même le nombre de 50 000 morts[294].
Renforcement militaire américain

À partir de la fin , les États‑Unis réalisent leur plus important déploiement militaire au Moyen‑Orient depuis l’invasion de l’Irak en 2003, en mobilisant des moyens aériens, navals et de défense antimissile, dans un contexte de tensions croissantes avec l’Iran, attribuées par les États‑Unis au programme nucléaire iranien, aux manifestations de 2025‑2026 et à la répression gouvernementale ayant causé la mort de milliers de manifestants[295],[296]. Le , cette situation culmine avec une série de frappes militaires conjointes contre l’Iran menées par les États‑Unis et Israël[297],[298],[299].
Les forces déployées comprennent les Carrier Strike Group 3 et 12 de l’US Navy, respectivement commandés par les porte-avions USS Abraham Lincoln et USS Gerald R. Ford, équipés de missiles de croisière, de chasseurs F‑35C Lightning II et F/A‑18E Super Hornet, ainsi que d’autres appareils. L’US Air Force a également envoyé des chasseurs F‑22 Raptor et F‑15E Strike Eagle vers des bases en Israël et en Jordanie, accompagnés d’un grand nombre d’avions ravitailleurs[300],[301],[302],[303],[304].
À la fin janvier, plusieurs États du Golfe ont refusé l’accès à leurs bases et à leur espace aérien aux forces américaines, par crainte de représailles iraniennes[305],[306].
Guerre d'Iran

Le , les États‑Unis et Israël lancent une attaque majeure conjointe contre l’Iran, déclenchant une guerre visant à provoquer un changement de régime[307]. L’Iran riposte par des frappes de missiles et de drones contre Israël ainsi que contre des bases américaines et des alliés des États‑Unis dans la région.
La guerre de 2026 débute par une série de frappes contre des sites militaires et gouvernementaux situés à Téhéran, Ispahan, Qom, Karaj et Kermanshah. Ces attaques entraînent la mort d'Ali Khamenei, le Guide suprême de l’Iran, dont le complexe est détruit, ainsi que la mort d’autres responsables iraniens (en)[308],[309]. Les frappes israéliennes et américaines provoquent également des victimes civiles et des dégâts importants sur des infrastructures telles que écoles, hôpitaux, le Bazar de Téhéran et le palais du Golestan[310]. En représailles, l’Iran lance des centaines de drones et de missiles balistiques contre des cibles en Israël[311] et contre des bases militaires américaines[311] situées en Jordanie, Syrie, Koweït, Bahreïn, Qatar, Arabie saoudite et Émirats arabes unis[312],[313]. L’Iran frappe aussi des infrastructures civiles en Israël, au Koweït, aux Émirats arabes unis, à Oman[314],[315],[316] et, selon certaines sources, en Azerbaïdjan[317]. Le président iranien Pezeshkian présente des excuses pour les frappes sur les pays voisins, déclarant que Téhéran suspendrait ces attaques tant qu’aucune provocation ne viendrait de ces territoires, et attribue les frappes à une « erreur de communication dans les rangs »[318],[319]. La base militaire britannique d’Akrotiri et Dhekelia à Chypre est également touchée par un drone[320]. L’Iran ferme le détroit d'Ormuz, perturbant les exportations mondiales de pétrole et de gaz[321]. Parallèlement, le Hezbollah rejoint la guerre contre Israël, déclenchant un nouveau conflit au Liban[322],[323],[324].
Crise du détroit d'Ormuz
Le , dans un contexte de renforcement des sanctions économiques prises par de nombreux pays contre l'Iran en raison de son programme nucléaire controversé, le premier vice-président iranien Mohammad Reza Rahimi a annoncé que son pays fermerait le détroit d'Ormuz en cas de sanctions visant les exportations iraniennes de pétrole[325].
Qatar
Le , l’Iran riposte aux frappes aériennes américaines visant ses installations nucléaires en lançant au moins quatorze missiles balistiques de courte et moyenne portée contre la base militaire d'Al-Udeid, au Qatar. La quasi-totalité des missiles est interceptée[326],[327].
Le , Israël bombarde le siège du Hamas au Qatar, ciblant plusieurs membres de hauts rangs de l'organisation, dont Khalil al-Hayya, Khaled Mechaal, Mohamed Ismaïl Darwich, Moussa Abou Marzouk et Zaher Jabarine[328],[329],[330]. Les personnes visées participaient aux négociations pour un cessez-le-feu dans la guerre de Gaza et un échange d'otages israélo-palestinien[331]. L'attaque, survenue dans le quartier de Legtaifiya de Doha, la capitale du Qatar, est inédite de la part d'Israël contre ce pays[332],[333].
Pertes
Selon le ministère de la Santé de Gaza, depuis le début de l'invasion israélienne de la bande de Gaza, plus de 72 000 Palestiniens ont été tués à Gaza (chiffres de )[334],[335],[336],[337]. Une étude publiée dans The Lancet dénombre 64 260 morts dus à des blessures traumatiques en [338], tout en soulignant que le bilan réel peut être plus élevé si l’on inclut les décès « indirects »[339],[340],[341],[342]. En , une estimation comparable pour les morts traumatiques atteint 93 000[343]. Une autre analyse publiée en estime à 75 200 les morts violentes et à 8 540 les décès non violents excédentaires entre le et le — soit un chiffre de morts violentes 34,7 % supérieur au décompte du ministère de la Santé de Gaza à cette date. Parmi ces morts violentes, 56,2 % seraient des femmes, des enfants et des personnes âgées[344]. Au total, plus de 171 000 Palestiniens ont été blessés dans la guerre[334],[337].
Le ministère de la Santé de Gaza ne fait pas de distinction entre civils et combattants[345]. L’armée israélienne affirme avoir tué plus de 22 000 combattants[346], tandis que le Hamas déclare en avoir perdu au plus 20 % de ses forces, soit environ 6 000 combattants[347]. Une analyse de l’Associated Press portant sur les données du ministère (jusqu’en ) indique que les femmes et les enfants représentent près de la moitié des morts identifiés, un indicateur souvent utilisé comme approximation des pertes civiles. Plusieurs organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International et B'Tselem, ainsi que certains chercheurs en études sur le génocide et en droit international, estiment qu’un génocide est en cours à Gaza, tandis que d’autres experts contestent cette qualification[348],[349].
En Israël, l'attaque menée par le Hamas le 7 octobre a entraîné la mort de 1 195 personnes, dont 816 civils et 379 membres des forces de sécurité[350],[351],[352]. Sur les 251 personnes prises en otages, 168 ont été libérées, 83 sont décédées, dont trois ont été tuées accidentellement par Tsahal[353],[354],[355]. Au moins 405 soldats israéliens et un officier sont morts pendant l'invasion israélienne de la bande de Gaza[198]. 80 soldats israéliens et 46 civils ont été tués dans la guerre contre le Hezbollah[198],[356]; lors des incursions israéliennes en Cisjordanie les pertes s'élèvent à 37 soldats israéliens tués[357],[358] et 50 blessés[359],[360],[361].
Au Liban, les autorités dénombrent 4 047 morts et 16 638 blessés[362]. Le Hezbollah confirme la mort de 521 de ses membres[363], et selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, 67 combattants du Hezbollah ont été tués en Syrie depuis le début de la guerre[364],[365]. L'armée israélienne estime qu'environ 3 800 membres du Hezbollah ont péri dans les affrontements[366], tandis que selon certains médias, les pertes peuvent atteindre les 4 000[367]. Les premiers accrochages au Sud-Liban ont également fait au moins 20 morts parmi les membres du Hamas et du Jihad islamique palestinien[368]. Selon le ministère libanais de la Santé publique, quatorze journalistes ont été tués par Tsahal en couvrant le conflit[369].
En Cisjordanie, les pertes côté palestinien s'élèvent en à 961 tués[370], dont plus de 200 enfants[371],[372], principalement en raison de raids militaires israéliens[88]. De plus, l'offensive de l'Autorité palestinienne à Jénine entraîne la mort de six soldats de l'AP, de quatre combattants palestiniens et de trois civils[373]. Pendant la crise de la mer Rouge, les Houthis ont tué quatre marins en transit[369],[374], tandis qu'en , les frappes américaines contre des navires houthis en mer Rouge provoquent la mort de 10 combattants yéménites[375]. En , les frappes aériennes américaines et britanniques au Yémen contrôlé par les Houthis ont tué 56 personnes et fait 77 blessés[369],[151]. Cinq soldats américains sont morts en : deux Navy Seals perdus en mer lors d'une opération visant à saisir des armes iraniennes destinées aux Houthis au Yémen[376] et trois soldats tués dans une attaque de l'IRI en Jordanie[377], qui a également fait 47 blessés.
Impact politique et juridique
Avant le déclenchement de la guerre, les États-Unis visent à étendre les Accords d'Abraham de 2020 pour inclure un accord de normalisation diplomatique entre Israël et l’Arabie saoudite, qui pourrait également comporter un accord de défense entre les États-Unis et l’Arabie saoudite. Les États-Unis programment une rencontre entre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et un ambassadeur saoudien à Tel Aviv en . Cependant, l’attaque du Hamas du et l’invasion israélienne de Gaza empêchent la tenue de cette rencontre[378]. Plus tard, en 2024, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane déclare que tout accord de normalisation entre l’Arabie saoudite et Israël nécessite la création d’un État palestinien dans le cadre d’une solution à deux États[379],[380].