Acide N-glycolylneuraminique

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SMILES
InChI
Acide N-glycolylneuraminique
Image illustrative de l’article Acide N-glycolylneuraminique
Structure de l'acide N-glycolyl-α-D-neuraminique
Identification
No CAS 1113-83-3
PubChem 123802
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule C11H19NO10
Masse molaire[1] 325,269 3 ± 0,013 3 g/mol
C 40,62 %, H 5,89 %, N 4,31 %, O 49,19 %,

Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

L'acide N-glycolylneuraminique, ou Neu5Gc, est l'un des deux types fondamentaux d'acides sialiques, avec l'acide N-acétylneuraminique dont il dérive, qui sont rencontrés dans le règne animal. Il est toutefois absent chez l'homme et chez les oiseaux. Son existence a d'abord été détectée en tant que xéno-antigène provoquant une réaction immune forte chez l'homme à la suite d'une sérothérapie. La cible des anticorps, appelés hétérophiles, a finalement été identifiée à des épitopes contenant l'acide N-glycolylneuraminique situés à l'extrémité non-réductrice des chaînes oligosaccharidiques des glycosphingolipides et des glycoprotéines.

L'acide N-glycolylneuraminique n'est autre que l'acide hydroxy-acétyl-neuraminique. L'absence de Neu5Gc chez l'homme provient donc d'un défaut d'hydroxylation de Neu5Ac. Après plusieurs années de tâtonnement pour savoir à quelle étape de la biosynthèse des oligosaccharides se situait l'hydroxylation, il a été découvert qu'elle s'effectue au niveau du précurseur donneur des sialyltransférases, la cytidine monophosphate Neu5Ac. Le gène de la CMP-Neu5Ac hydroxylase a été cloné et il est apparu que, effectivement, il est déficient chez l'homme.

Tout comme les groupes sanguins ABO, le rôle de l'acide N-glycolylneuraminic a été découvert fortuitement par des observations de sérologie. En 1924, Marius Hanganutziu, médecin biologiste au laboratoire de l'hôpital de Cluj, constate une forte agglutination des globules rouges de Mouton au cours d'un test de Bordet-Wassermann. Il constate que le même sérum contient un titre élevé d'anticorps qui agglutinent aussi les globules rouges de Cheval, de Lapin, de Veau ou de Porc. Après enquête, il apprend que le patient s'est blessé avec un outil 10 jours auparavant, qu'il a reçu un sérum anti-tétanique et qu'il a développé une maladie sérique 5 jours plus tard. Supposant que les agglutinines avaient été produites en réaction au sérum anti-tétanique de Cheval, il a examiné le sérum d'autres individus ayant reçu un sérum de Cheval à titre thérapeutique ou expérimental. Tous les sérums contenaient des agglutinines dirigés contre les globules rouges de multiples espèces sauf de l'espèce humaine et parmi les 100 sérums humains contrôles, seuls quatre contenaient des agglutinines à un titre faible[2].

GM3 contenant Neu5Gc, principal ganglioside des érythrocytes de cheval.

Deux ans plus tard, le docteur Deicher, à Berlin, a aussi observé que les sérums étrangers provoquaient l'apparition d'anticorps hétérospécifiques. Il a noté que les sérums de Poule ne donnaient pas naissance au même type d'anticorps[3]. À la suite de ces deux publications, l'antigène inconnu, qui suscitait ces anticorps, a été appelé antigène de Hanganutziu-Deicher

Il a fallu attendre un demi-siècle pour que le mystère s'éclaircisse. En 1977, une équipe japonaise découvre que les immonuglobulines de patients immunisés avec un sérum de Cheval se fixent sur les gangliosides GM3 et sialyl-paragloboside contenant un acide N-glycolylneuraminique[4]. Le résultat a été confirmé un groupe américain[5].

CMP-Neu5Ac hydroxylase

Chez l'homme, l'acide N-acétylneuraminique est le seul acide sialique produit, car la CMP-acide N-acétylneuraminique hydroxylase, qui convertit l'acide N-acétylneuraminique en acide N-glycolylneuraminique par hydroxylation, n'est pas fonctionnelle chez les humains[6], contrairement par exemple aux singes. Le gène qui code cette enzyme est bien présent dans le génome humain sous la forme du pseudogène CMAH[7], devenu inactif à la suite d'une mutation survenue après la divergence entre humains et singes[8] mais juste avant l'apparition du genre Homo[9]. Il est possible que cette mutation ait été favorisée par la prévalence d'une forme de paludisme causée par un Plasmodium virulent se liant préférentiellement à des érythrocytes riches en acide N-glycolylneuraminique plutôt qu'à ceux riches en acide N-acétylneuraminique ; cet avantage aurait cependant disparu avec l'apparition de parasites se liant également aux globules rouges riches en acide N-acétylneuraminique[9].

Répartition

Neu5Gc et cancers

Notes et références

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