Adélaïde Bon

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Adélaïde Bon
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Biographie
Naissance
Nationalité
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Père
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Distinction
Prix des lecteurs du Livre de poche 2019 dans la catégorie essais/documents.
Œuvres principales

La petite fille sur la banquise

Puisque l'eau monte

Adélaïde Bon, née en 1981 à Paris, est une écrivaine, comédienne et militante féministe française.

Enfance et formation

Adélaïde Bon grandit à Paris. Son père, Michel Bon, est dirigeant d’entreprise et sa mère, Catherine Bon, est éditrice chez Gallimard Jeunesse et la fille de Gabriel Brunet de Sairigné, Compagnon de la Libération[1].

Elle obtient son baccalauréat avec mention bien. Elle entre en hypokhâgne puis obtient une licence de lettres tout en intégrant un conservatoire d’art dramatique. Elle réussit ensuite le concours de l’École supérieure d’art dramatique de la Ville de Paris[1].

Carrière

Comédienne et lectrice à voix haute, Adélaïde Bon est également écrivaine. Son premier récit, La petite fille sur la banquise, publié en 2018, est loué par une critique unanime[1],[2],[3],[4] et reçoit le prix des Lecteurs du Livre de Poche en 2019 dans la catégorie essais/documents[5]. En 2025, elle publie son premier roman Puisque l’eau monte[6] aux éditions le Soir Venu.

Parcours littéraire

Récit

En 2018, elle publie La petite fille sur la banquise[7]aux Éditions Grasset. Ce récit raconte son parcours depuis le viol qu'elle a subi à l'âge de 9 ans jusqu'au procès de son agresseur, retrouvé plus de vingt ans après les faits, en passant par sa rencontre avec la psychiatre Muriel Salmona[1] et la lecture de son livre Le livre noir des violences sexuelles[8].

La petite fille sur la banquise est salué par la critique, aussi bien pour ses qualités littéraires que pour son apport pour mieux comprendre le vécu des victimes de violences sexuelles et le fonctionnement du stress post-traumatique. « La Petite fille sur la banquise, un récit littéraire saisissant qui dénonce la culture du viol et la tendance à minimiser un crime que la société peine à définir, à comprendre et donc parfois à punir » écrit Virginia Bart, journaliste aux Inrockuptibles[1]. Dans une chronique pour Le Monde, l'écrivaine Leïla Slimani estime qu’Adélaïde Bon « excelle à raconter mais surtout à faire sentir, dans notre chair de lecteur, les sensations de noyade, d’étouffement, d’impuissance qui la saisissent »[2]. Sur France Culture, Caroline Broué loue « un récit effréné, sans pathos, d’une urgence et d’une force littéraire sans doute proportionnelle à la durée de l’enfouissement du passé »[3].  Lors du passage d'Adélaïde Bon dans l’émission La Grande Librairie, le journaliste François Busnel, évoque « une œuvre de salubrité publique qu’il faudrait faire lire aux hommes politiques, aux juges et aux avocats pour qu’ils comprennent »[4]. Dans l’émission, l'écrivaine évoque ses réflexions sur ce que peut la littérature face à la douleur et la pauvreté du langage face aux violences sexuelles[4]. Elle explique l'image des “méduses” développée dans son livre : « elles sont transparentes, on ne les voit jamais venir. Et c’est une fois qu’elles vous piquent qu’on les sent. Les symptômes de stress post-traumatique sont ces méduses. Ils sont extrêmement insidieux. Ils se mélangent à des choses du quotidien et se déclenchent soudainement sans que l’on puisse comprendre pourquoi. Tout d’un coup, on traverse la rue et la vie ne vaut plus le coup d’être vécue et on ne sait pas pourquoi on a perdu ce goût-là, de vivre »[4].

La petite fille sur la banquise est nommé au Grand Prix 2018 de l'Héroïne Madame Figaro[9] et reçoit le prix des Lecteurs du Livre de Poche en 2019 dans la catégorie essais/documents[5]. Il est traduit en sept langues et adapté une première fois au théâtre par Marie Frémont en 2023 à Saint-Malo[10] et à Paris au Théâtre de Belleville[11], ainsi que par Pauline Bureau en adaptation libre sous le titre “Entre parenthèses” en création au Théâtre de la Colline en 2026[12].

Traductions

Le livre La Petite Fille sur la Banquise a été traduit en sept langues[13].

  • Devcatko Na Kre, traduction vers le tchèque de Martina Parizkova, No Limit, 2018
  • Das Mädchen auf dem Eisfeld,  traduction vers l’allemand de Bettina Bach, Hanser Berlin, 2019
  • The Little Girl on the Ice Floe, traduction vers l’anglais de Ruth Diver, Mac Lehose, 2019
  • The Little Girl on the Ice Floe, traduction vers l’anglais de Tina Kover, Europa Editions, 2019
  • La bambina sulla banchisa, traduction vers l’italien de Silvia Turato, Edizioni E/O, 2019
  • La niña de la banquisa, traduction vers l’espagnol de Cristina Zelich, Anagrama, 2021
  • Το κοριτσάκι στον παγετώνα, traduction vers le grec de Άννα Δαμιανίδη, Stereoma, 2021

Roman

En , elle publie son premier roman Puisque l'eau monte[6]. Il raconte l'histoire d'une femme qui, après un IVG qu'elle réalise secrètement, remonte le cours du temps pour découvrir le destin de ses aïeules, dans le Marais poitevin[14],[15]. Libérée du poids de son passé, elle pourra ensuite se libérer des violences de son présent[16]. Ce livre est salué par la critique. Laëtitia Favro du journal Le Point évoque un « premier roman tant poétique que politique »[17], tandis que Nicolas Julliard de RTS parle d’un « récit viscéral d'une jeune femme déjouant les injonctions d'une vie trop lisse pour elle »[18]. Lilia Hassaine de France Inter note quant à elle qu'« à travers l’image obsédante de l’eau qui monte, ce texte interroge la dissociation, le consentement et la transmission des traumatismes féminins de génération en génération »[19]. Le livre est sélectionné parmi les finalistes du Prix Festival du livre de Chaumont et du Prix Littéraire Gisèle Halimi[20], lequel distingue un livre qui met en avant la force et le courage des femmes ainsi que leur combat pour la liberté.

Théâtre et Lectures

Comédienne dans le théâtre public et à la télévision, elle a également conçu et interprété de nombreuses lectures spectacles dans des usines, des trains, des écoles, des musées[21]. En 2019, avec Ariane Dionyssopoulos et Hélène Francisci, elle fonde la compagnie Une chambre à soi[22] dans laquelle elle met en scène et joue des pièces et des lectures à voix haute[23],[24]. Formée à l’éducation populaire et aux questions de l’égalité femme/homme, elle anime pendant cinq ans des ateliers de théâtre de l’Opprimé et d’écriture dans des lycées de Seine-Saint-Denis, dans le cadre du projet Jeunes pour l’Égalité, pendant treize ans des ateliers de lecture à voix haute dans des écoles REP de Paris, en partenariat avec le Musée du Louvre, ainsi que des ateliers d’empouvoirement auprès de femmes en situation précaire, en partenariat avec les Maisons de l’Emploi de Plaine Commune[13],[1]. En parallèle, elle répond à une commande d’écriture dramatique sur le thème “Noces” pour le festival Paris des femmes, un festival consacré à la création de textes courts pour la scène écrits par des femmes. Sa pièce, La photo de famille, sera jouée au théâtre des Mathurins en [25], et publiée à l’Avant-scène dans le recueil Noces[13],[26]. Adélaïde Bon performe également des lectures musicales de ses textes dans des théâtres ou des salons littéraires[24],[27],[28].

Essais collectifs

En 2022, elle publie Par-delà l’androcène aux Éditions du Seuil, un manifeste écoféministe coécrit avec Sandrine Rousseau et Sandrine Roudaut[29],[30]. Il est issu d’un podcast, intitulé Sensiblement politique, fondé sur “cinq accords pour une politique respectueuse des êtres et du vivant”[31]. « Par-delà l’androcène dénonce les violences, physiques, verbales, psychologiques, larvaires, séculaires, faites aux femmes, à la nature, à la biodiversité, à toutes et tous, au monde. » écrit Dominique Bry, journaliste à Diacritik[32]. Pour Jean-Marie Durand, journaliste aux Inrockuptibles, « leur colère, fruit de leur lucidité, traverse ce texte roboratif invitant à la transformation systémique de nos modes d'existence, dont seuls les conservateurs patentés occultent l'impérieuse nécessité »[33].

En paraît le livre collectif Sous nos regards. Récits de la violence pornographique[34], aux Éditions du Seuil, dont elle est à l'origine avec l'autrice Hélène Devynck. Pour ce livre, un collectif de quinze autrices ont rencontré seize des plaignantes des affaires judiciaires "French Bukkake" et "Jacquie et Michel" afin de raconter leurs histoires. Dans une chronique sur France Inter, Anne-Cécile Mailfert, fondatrice de la Fondation des femmes, qualifie ce livre d’« historique, inédit » concernant une industrie « plus violente que jamais »[35].

Engagements

Militante féministe, Adélaïde Bon s'engage notamment dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles[31]. En 2021, elle s’engage aux côtés de Sandrine Rousseau, candidate écoféministe à la primaire écologiste de l'élection présidentielle de 2022[31].

Œuvre

Notes et références

Liens externes

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