Affaire Schuller-Maréchal
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L'affaire Schuller-Maréchal est une affaire politico-financière en marge de l'affaire des fausses factures des HLM de Paris et de l'affaire des HLM des Hauts-de-Seine, concernant le financement occulte du RPR qui s'est déroulée en France à partir de .
Histoire
Le , dans le cadre du dossier des fausses factures des HLM d'Île-de-France, le juge Éric Halphen perquisitionne au siège du journal électoral de Didier Schuller. Celui-ci, proche de Charles Pasqua, est alors conseiller général RPR des Hauts-de-Seine du canton de Clichy et directeur général de l'office HLM du même département depuis 1986[1].
Le , Didier Schuller porte plainte contre le Dr Jean-Pierre Maréchal, psychiatre et beau-père du juge anti-corruption Éric Halphen, affirmant que Jean-Pierre Maréchal lui aurait offert d'intervenir en sa faveur auprès du juge, moyennant une contrepartie financière[2].
Avec l'accord du parquet de Paris, le directeur central de la Police judiciaire, Jacques Franquet, décide de placer sur écoutes Didier Schuller et Jean-Pierre Maréchal, pour prendre en flagrant délit le psychiatre[3]. Didier Schuller reprend contact avec ce dernier, et ils conviennent d'un rendez-vous le 20 à l'aéroport de Roissy, où il doit lui remettre 1 million de francs en billets[4]. Le , le Dr Maréchal est mis en examen pour trafic d'influence et extorsion de fonds[5].
Jean-Pierre Maréchal nie les faits, et se dit victime d'une machination ayant pour but de déstabiliser son gendre le juge Éric Halphen, afin de freiner l'instruction du dossier des HLM de Paris, qui pourrait mettre en difficulté le maire de la capitale, Jacques Chirac, en vue de la prochaine élection présidentielle[6]. Le juge Halphen demande immédiatement à sa hiérarchie d'être déchargé des dossiers relatifs aux offices HLM ; mais, se rendant compte qu'il a été victime d'une machination, il indique au Parquet de Paris qu'il peut poursuivre ses investigations[7].
À la demande du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), saisi par le président François Mitterrand, le juge Éric Halphen est dessaisi du volet Hauts-de-Seine de l'affaire des HLM de Paris, confié aux juges Philippe Vandingenen et Serge Portelli. Il en conserve cependant le volet parisien[2].
Le , la chambre criminelle de la Cour de cassation, confirmant intégralement une décision de la chambre d'accusation de la cour d'appel de Paris en date du , a déclaré nulle la procédure qui avait été suivie contre le docteur Jean-Pierre Maréchal[8]. La chambre criminelle a allégué d'une part la nullité des écoutes effectuées par des officiers de police judiciaire sans l'autorisation d'un juge et d'autre part le fait que la procédure lancée contre Maréchal était fondée sur une machination, les faits mis à sa charge ayant été favorisée par les instances qui menaient la procédure[9].
En , un mandat d'arrêt international est émis à l'encontre de Didier Schuller. En 1997 il est repéré aux Bahamas, et en 2002 en République dominicaine. Il revient en France le [10].
Selon Jean-Pierre Maréchal et Didier Schuller[11], cette affaire aurait été entièrement montée par Charles Pasqua et le RPR des Hauts-de-Seine, pour faire dessaisir le juge Éric Halphen[12],[13].
Le docteur Jean-Pierre Maréchal est décédé le , à l'âge de 81 ans[14].
Cette affaire, qui a touché le gouvernement dirigé par Édouard Balladur, a sans doute contribué à lui faire perdre l'élection présidentielle de 1995 (il l'a concédé lui-même dans un livre paru 10 ans après[15]). En prenant la défense de son ministre de l'Intérieur Charles Pasqua, et en revenant sur ses premières déclarations, Édouard Balladur, visé sur sa déontologie, s'est attiré les critiques de l'opposition mais surtout des figures qui soutenaient la candidature de Jacques Chirac[16], son concurrent à droite. Il passe de 30 % à 20 % dans les sondages, lui faisant perdre son avance sur son concurrent direct.