Affaire Sophie Le Tan
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| Affaire Sophie Le Tan | |
| Titre | Affaire Sophie Le Tan |
|---|---|
| Fait reproché | Homicide |
| Chefs d'accusation | assassinat |
| Pays | |
| Ville | Schiltigheim |
| Date | |
| Nombre de victimes | 1 : Sophie Le Tan |
| Jugement | |
| Statut | Affaire jugée en première instance : condamné à la perpétuité assortie de vingt-deux ans de sûreté en première instance et en appel ; pourvoi rejeté par la Cour de cassation (chambre criminelle) |
| Formation | Cour d'assises du Bas-Rhin Cour d'assises d'appel du Haut-Rhin |
| Date du jugement | (première instance) (appel) (rejet du pourvoi en cassation) |
| Recours | Appel interjeté le Pourvoi en cassation formé en 2022 |
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L'affaire Sophie Le Tan est une affaire criminelle survenue à Schiltigheim (Bas-Rhin) en France le , qui a pour point de départ la disparition de Sophie Le Tan. Dix jours plus tard, un homme de 57 ans, Jean-Marc Reiser, est mis en examen pour assassinat, enlèvement et séquestration et écroué.
Le au matin, Sophie Le Tan, âgée de 20 ans (née le à Mulhouse), étudiante d'origine vietnamienne, sort de son travail de réceptionniste dans un hôtel et part visiter un appartement à louer à Schiltigheim, au nord de Strasbourg, dont elle a vu l'annonce sur le site Leboncoin. L'étudiante doit ensuite prendre le train pour fêter son anniversaire avec sa sœur et sa mère à Mulhouse, mais elle ne donne plus aucun signe de vie[1].
Auteur de l'annonce immobilière, Jean-Marc Reiser est arrêté dix jours plus tard[2]. Des traces de sang volontairement effacées sont retrouvées dans son appartement et l'ADN de la jeune fille, sur une scie dans sa cave[3].
Le , des promeneurs trouvent le crâne et des os de Sophie Le Tan disséminés dans la forêt de Grendelbruch, à une quarantaine de kilomètres de Strasbourg. La jeune femme a été découpée. Face aux preuves scientifiques irréfutables et sous la pression de ses avocats, Jean-Marc Reiser finit par reconnaître le son « implication » dans la mort de Sophie Le Tan mais exclut la préméditation[4].
Protagoniste
Jean-Marc Reiser est né à Ingwiller (Bas-Rhin) le [5]. Il passa une enfance tumultueuse avec sa sœur, marquée par les déboires d'un père garde-forestier en proie à l'alcoolisme[6]. D'emblée, le jeune garçon se fit remarquer, notamment par son comportement provocateur, dès ses premières années scolaires. Il fut ainsi rapporté qu'à dix heures du matin, il prenait place sur un banc de l'école, une canette de bière en main et une cigarette entre les doigts[7]. Dans la famille, les violences conjugales constituent un phénomène récurrent. En 1974, alors qu’il est adolescent, Jean-Marc Reiser intervient pour protéger sa mère face aux comportements violents de son père. Dans un moment de tension extrême, il menace ce dernier avec une hache. Cet épisode conduit à son hospitalisation dans un centre psychothérapique, avant qu’il ne soit transféré dans une maison de correction[6]. Du haut de ses 1,87 m, l'homme a la réputation d'être impulsif, violent, agressif, mythomane et misogyne[8]. Il étudie à l’Institut régional d’administration (IRA) de Bastia[9].
En , il est condamné à 15 ans de réclusion criminelle pour viol et agression sexuelle. Les enquêteurs remontent jusqu'à lui après son arrestation, en , par des douaniers à Morteau (Doubs) qui découvrent dans sa voiture des armes, des médicaments, une cagoule, et des photos de femmes dénudées, endormies et victimes de violences sexuelles.
Quelques mois plus tard, il est poursuivi et acquitté dans l'affaire de la disparition de Françoise Hohmann, disparue en dont le corps n'a jamais été retrouvé. Représentante en commerce, elle faisait du porte-à-porte pour vendre des aspirateurs. Son dernier client est Jean-Marc Reiser. Selon son avocat, Me Eric Braun, l'accusation n'avait qu'un « faisceau d'indices » et « L'acquittement n'était pas volé »[10]. Le , Thierry Moser, avocat de la famille de la jeune femme, demande auprès du procureur de la République de Strasbourg la réouverture de l’information du chef de séquestration, et dépose plainte pour recel de cadavre[11].
Sorti de prison en , inscrit à l'université de Strasbourg et sans profession, Reiser est régulièrement arrêté pour des cambriolages dans des cliniques ou des cliniques vétérinaires. Lors de perquisitions à son domicile et dans sa voiture en , les enquêteurs retrouvent beaucoup de médicaments dont des anxiolytiques et somnifères puissants[12],[13].
En , il est remis en examen pour la disparition de Françoise Hohmann[14],[15].