Affaire du lycéen harcelé à Poissy
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L'affaire du lycéen harcelé à Poissy est une affaire judiciaire française qui a pour origine le suicide par pendaison d'un lycéen de quinze ans, dans la soirée du à son domicile, dans les Yvelines, à la suite d'un harcèlement scolaire dénoncé à partir de l'automne 2022. L'affaire se caractérise par une première tentative de suicide en , dont les parents ont été informés en mars, les amenant à multiplier les démarches auprès de plusieurs administrations puis à annoncer plusieurs fois par écrit qu'ils se réservent le droit de porter plainte. L'affaire déclenche une polémique nationale et une réflexion sur le rôle des rectorats dans ce type d'affaire en raison d'un courrier envoyé par le rectorat de l'Académie de Versailles aux parents de la victime, jugé comminatoire et qui a été très fortement critiqué par de nombreuses personnalités politiques, jusqu'au ministre de l'éducation nationale Gabriel Attal et à la Première ministre Élisabeth Borne.
Premier trimestre de l'année 2022-2023
En , le harcèlement d'un adolescent issu d'une famille des DOM-TOM[1], scolarisé en 3e prépa-métiers au lycée professionnel des métiers Adrienne-Bolland à Poissy[2] est signalé par écrit. Il avait « fait état de brimades et d’injures répétées de la part de plusieurs élèves nommément désignés »[2]. Les faits ont commencé le [3], deux harceleurs s'en prenant à son physique[1], depuis deux ans selon son père[1], avec des insultes qui touchent toute la famille ou presque[4].
Tentatives du professeur principal
Dans un premier temps, c'est le professeur principal de la classe de l'élève qui tente de trouver une solution durable[3], en acceptant de voir plusieurs fois le père de la victime[3] mais sans y parvenir[5], le harcèlement reprenant ensuite[4][Pas dans la source].
Première tentative de suicide
Les parents découvrant par le psychologue qu'a vu leurs fils qu'il a effectué une tentative de suicide au début de l'année 2023[6], ils décident d'agir plus fermement et sont reçus le [3] par la direction du lycée, qui auditionne aussi « quelques jours plus tard » les deux jeunes accusés de harcèlement[3], dont les parents ont été contactés[2].
Multiples démarches des parents
Le , la famille de la victime avise le service de harcèlement scolaire du ministère de l'Éducation nationale[4],[3]. Le collège conseille au jeune homme d'échanger avec les policiers municipaux, ce qu'il fait[3], et il est convenu qu'il aille avec son père déposer une main courante[7],[3]. C'est ce qu'il fait le , au commissariat de Conflans-Sainte-Honorine[3], avec un policier ultramarin, comme le père de la victime[8]. Entre-temps, au cours du premier semestre 2023 et jusqu'à la fin de l'année scolaire, il a été reçu cinq fois par un conseiller principal d'éducation de son collège[3], afin de trouver une solution. Le , surlendemain de sa main courante, une assistante sociale avise le proviseur du collège qu'il se plaint toujours de la situation, « ressentie comme harcelante »[3] et le un courrier des parents au proviseur signale que rien n'est encore réglé[3].
Réponse du proviseur
Le proviseur répond par une lettre recommandée en date du , où il promet qu'un « accompagnement » doit être mis en place sous quinzaine.
Dans ce courrier, il rappelle que des entretiens ont eu lieu avec les élèves concernés et que la victime a été consultée à de nombreuses reprises sur la situation, en précisant qu'aucun "fait de classe significatif" en lien avec elle, "n'a été remonté par l'équipe pédagogique depuis le ", date du dernier entretien avec les parents[9].
Dès le , un nouveau courrier des parents au proviseur lui répond car ils sont exaspérés par son « agressivité » et son manque d'implication[3]. «Il est incompréhensible que vous puissiez laisser un adolescent subir une telle violence verbale et psychologique dans votre établissement sans réagir d’une quelque manière, aussi allons-nous déposer plainte et vous considérer comme responsable si une catastrophe devait arriver à notre fils», mettent-ils ainsi en garde[10].
Courrier contesté du rectorat de Versailles
Le , c'est le rectorat de Versailles qui répond à ce courrier des parents du [2], par une lettre qui minimise le problème, parle d'un « supposé harcèlement »[2] et menace d'accuser les parents de dénonciations calomnieuses envers la direction du lycée, en listant les peines de prison et amendes encourues. La lettre juge « inacceptables » des propos des parents qui auraient « remis en cause » l'attitude des personnels de l'établissement[3]. (En , un autre "courrier type" similaire envoyé dans le cadre d'une autre plainte d'un parent d'élève, est révélé dans les médias[11]).
Lorsque la mère de la victime lit cette lettre, son fils se trouve juste derrière et elle entre «dans une colère noire », s'inquiétant de « passer désormais pour des coupables »[12]. Selon la mère, « à partir de ce moment-là » son fils n’a plus été le même[4].
Changement d'établissement et suicide
Le lycéen a changé d’établissement, effectuant sa rentrée dans un lycée professionnel du 14e arrondissement de Paris[10] et le , en début de soirée[2], il met fin à ses jours à son domicile[2]. Les tentatives de réanimation des secours arrivés en urgence échouent.
Dix jours après le suicide et après les funérailles de la victime, le courrier reçu par les parents le est rendu public par BFM TV. Son contenu déclenche un « tollé »[13].