Agathocle (Voltaire)
tragédie de Voltaire
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Agathocle est une tragédie de Voltaire, représentée pour la première fois à Ferney, en .
Agathocle a été créé sur la scène de la Comédie-Française, le , soit un an après la mort de l’auteur et ce, afin de le célébrer[1]. C’est la dernière œuvre pour la scène de Voltaire.
Thème
Les personages d’Agathocle incarnent les trois types de gouvernement définis par Montesquieu, dans De l'esprit des lois, Polycrate, le despotisme, qui ne connait d’autre loi que le caprice personnel du souverain, Argide, la monarchie, où le gouvernant est lié par des lois fixes et établies et le citoyen Ydasan la république, caractérisée par l’amour de la patrie et de l’égalité.
Trame
Polycrate, d’un caractère féroce et tyrannique, veut enlever à force ouverte Ydace, une jeune captive qui doit être rendue aux Carthaginois en vertu d’un traité. Argide, l’autre fils d’Agathocle, tendre et généreux, l’aime, la défend ; il est attaqué par Polycrate, et c’est ce dernier qui périt. Agathocle, au lieu de punir le meurtrier, cédant à l’ascendant de la vertu et à la nécessité des conjonctures, remet son sceptre à Argide, qui à son tour, abdique aussitôt et restaure la République.
Distribution
Acteurs ayant créé les rôles[2]
- Agathocle, tyran de Syracuse : Grammont de Roselly.
- Polycrate, fils d’Agathocle : Fleury.
- Argide, fils d’Agathocle : François-René Molé.
- Idasan, vieux guerrier au service de Carthage : Brizard.
- Egeste, officier au service de Syracuse.
- Dorival, conseiller du roi.
- Elpénor : Florence.
- Un officier.
- Marsy.
- Idace, fille d’Ydasan : Saint-Val cadette.
- Barsine : Rose Vestris.
- Une prêtresse de Cérès.
- Suite et soldats.
La scène est dans une place, entre le palais du roi et les ruines d’un temple.
Réception
Le projet de Voltaire était de représenter Agathocle avec Irène, composée en même temps mais, trouvant la pièce trop froide et trop insipide, il change d’avis[3]. Le , il écrit, qu’« Agathocle […] est une témérité qui n’est pas faite pour être publique. J’ai un théâtre à Ferney, et je me suis amusé à faire jouer cette rapsodie, uniquement pour quelques amis. Il faudrait travailler deux ans pour mettre cette pièce en état d’être sifflée à Paris. Je n’en aurai assurément ni le temps ni la force[4]. »
Les amis de Voltaire ont fait jouer cette pièce, à la demande de Madame Denis, qui avait demandé en envoyant le manuscrit aux Comédiens, que la pièce soit jouée, au jour anniversaire de sa mort[a], pour honorer la mémoire, esperant qu’elle bénéficierait du même accueil que celui précédemment réservé à Irène. Un long discours implorant la bienveillance du public, prononcé par Brizard avant le spectacle[5], a ajouté à la maladresse de l’initiative. Le public, après avoir écouté la pièce en silence, n’est pas revenu la voir[6]:380[b].
Réception critique
Après avoir déploré qu’Agathocle ressemble beaucoup à Venceslas, La Harpe souligne le fait que la pièce se ressent du grand âge de l’auteur, dont c’est la dernière tragédie. Alors que dans Venceslas, c’est Argide qui meurt aux mains de Polycrate, dans Agathocle, c’est l’inverse, La Harpe reproche à Voltaire de faire abdiquer Argide, au profit d’une république. Écrivant, en pleine Restauration, La Harpe pense « que cette révolution serait vraiment théâtrale, si tout le rôle d’Argide avait été fait pour amener et préparer ce beau moment[6]. »