Fleury (acteur)
comédien français
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Joseph-Abraham Bénard, dit Fleury, né le à Chartres et mort le à Orléans, est un comédien français.
| Sociétaire de la Comédie-Française | |
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| à partir de |
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| Nom de naissance |
Joseph-Abraham Bénard |
| Pseudonymes |
Fleury, Fleury dit Bénard |
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Biographie
Les premières années de Fleury ont été chaotiques. Son père, incapable d’assumer sa paternité, l’avait remis à une sage-femme peu scrupuleuse, qui, pour s’approprier les mois payés d’avance, l’a abandonné aux Enfants Trouvés, après avoir déclaré à la famille qu’il était mort. Son destin a basculé lorsqu’un artisan bienveillant, cardier de son état, l’a recueilli à l’assistance publique. Ce n’est que sept ans plus tard, lorsque cette femme, à l’article de la mort a confessé son méfait, que son père, désormais directeur d’un théâtre à Nancy, a fini par le retrouver cardant la laine[1].
En 1757, il débute, sans éclat, à Nancy dans une pièce de Destouches, où il joue un rôle de laquais. Contrainte, pour subsister, à de perpétuels déplacements en Lorraine et en Champagne, la famille Fleury, se résolut à envoyer le jeune garçon à Lyon pour y trouver du travail. Par chance, à son arrivée à Lyon, tout juste âgé de douze ans, n’ayant en poche que six francs, le directeur du théâtre de cette ville a aussitôt consenti à l’engager dans sa troupe[2].
Sa vive intelligence et son talent précoce lui ont permis de suppléer son éducation lacunaire, et de capter la bienveillance du roi Stanislas Leszczynski, à la cour de Lorraine, et à lui gagner l'amitié du chevalier de Boufflers. Comédien dans l'âme, il semblait destiné à la scène dès la naissance. Après des débuts prometteurs en province, notamment à Lyon et à Versailles, il tente, sans succès, sa chance à Paris, en 1771. Molé, secondé par Bellecour et Monvel, déclare que « que la Comédie fleurirait sans ce monsieur Fleury ». Obligé d’ajourner ses espérances, il est contraint à un retour en province, vécu comme un exil forcé[2].
Parti pour Lyon, où la directrice du théâtre, Mme Lobreau, l’a engagé sur-le-champ, loin de se résigner, il met cette période à profit pour approfondir son art par des études sérieuses. De retour à Paris, le duc de Duras à qui il avait été recommandé, lui ayant envoyé un ordre de début, en 1774, il fait ses débuts, le , dans le rôle d’Egisthe dans Mérope, ce qui lui vaut d'être nommé sociétaire de la Comédie-Française, le , à l'âge de 28 ans, et réussit parfaitement dans les rôles de petits-maîtres, de courtisans, de mauvais sujets[2].
À l’inverse de Talma, il a rarement abordé la tragédie, lui préférant la comédie où il a excellé, déployant les ressorts de son art avec naturel, finesse et tact. Il excellait surtout à faire revivre les grands seigneurs de la Cour, en incarnant avec une perfection rare leur grâce souveraine, leur amabilité moqueuse et leur impertinence cruelle mais insaisissable. Le maréchal de Richelieu lui aurait même servi de mentor, pour lui enseigner à copier sur le vif les inimitables hommes de cour[2].
Excellant surtout dans le théâtre de Marivaux, il a également joué successivement les rôles dans Turcaret, le Chevalier à la mode de Dancourt, L’Homme à bonnes fortunes de Baron, La Feinte par amour de Dorat, La Coquette corrigée de La Noue, et surtout dans le marquis de L'École des bourgeois d'Allainval, où on ne se lassera pas de l'applaudir. Son triomphe absolu reste les Deux Pages, jouée le 27 mars 1789, où il a livré une incarnation saisissante du roi de Prusse Frédéric II. « Il s'y est si bien modelé sur le portrait en cire que nous en avons à Paris, il a si bien saisi le costume et la physionomie de Frédéric, que l'imitation ne saurait être plus parfaite[3]. »
Pendant la Révolution, resté à la Comédie-Française, lors du départ de Talma, en avril 1791, il joue, le dans la première de Paméla, ou la Vertu récompensée, écrite cinq ans plus tôt par Jean-Louis Laya. À la huitième représentation, le , les deux vers : « Ah ! les persécuteurs sont les seuls condamnables, Et les plus tolérans sont les seuls raisonnables », à l’acte IV, scène xii sont applaudis à outrance. Le jour de la neuvième représentation, comme le rideau allait se lever, un officier de police vient interdire la pièce au nom du Comité de salut public. Malgré les corrections effectuées selon les exigences du Comité, celui-ci a signé un arrêté fermant le théâtre et décrétant d'accusation l’auteur, qui a été incarcéré, lui et ses treize comédiens, dont Fleury, Dazincourt, François Molé, Saint-Prix, Saint-Fal aux Madelonnettes et Louise Contat, Charlotte Vanhove à Sainte-Pélagie, sous l'accusation d’accusés de « modérantisme, d’incivisme, voire même de conspiration royaliste »[4].
Fervent bonapartiste, il figure parmi l'élite des artistes que l'Empereur a fait venir de Paris à Erfurt, en plein cœur de l'Allemagne, en septembre 1808 impressionner, devant un célèbre « parterre de rois », les princes de la Confédération du Rhin et, à leur tête, le tsar Alexandre Ier. Ayant soutenu l'Empereur, même lors des Cent-Jours, sa fidélité l’a mis face, en 1815, après la Seconde Restauration, à un public furibond. Sa présence d'esprit transforme l'épreuve en apothéose, lorsqu'il s'avance vers la rampe, et lance à la foule hostile : « Messieurs, quand on a eu le courage de jouer L'Ami des lois sous la Terreur et subi un an de prison pour cela, on ne saurait être suspect ! Le cri de « Vive le Roi » que vous exigez n'est jamais sorti de mon cœur, mais mon honneur est intact[a]. » Conquis par tant de franchise et de courage, le public a éclaté en applaudissements, scellant son pardon et son triomphe[1].
Fleury a également eu la chance de trouver en la personne du duc de Berry un protecteur aussi influent qu’éclairé, qui lui a témoigné une bienveillance toute particulière. Doyen de la Comédie-Française de 1809 à 1818, il prend sa retraite le , et se retire à Orléans, il a achevé son existence dans sa modeste maison de la rue du Colombier. À l'issue de ses obsèques à Saint Paterne, il a été inhumé au cimetière Saint-Jean[b]. Sa pierre tombale montre un flambeau ardent, surmonté d'une étoile, emblème de son talent[1].
Mémoires apocryphes
Les Mémoires de Fleury, rédigés d’après quelques notes retrouvées dans les papiers de l’acteur après sa mort et publiés en 1836, sont apocryphes, en réalité dus à la plume de son collègue Lafitte.
Théâtre
Carrière à la Comédie-Française
- Entrée en [6]
- Nommé 173e sociétaire en
- Départ en
- Doyen de à
- : Le Misanthrope de Molière : Acaste
- : Mithridate de Jean Racine : Xipharès
- : Eugénie de Beaumarchais : Clarendon, puis Sir Charles
- : George Dandin de Molière : Clitandre
- : Les Plaideurs de Jean Racine : Léandre
- : Tartuffe de Molière : Damis
- : Agathocle de Voltaire : Polycrate
- : Laurette d'après Jean-François Marmontel : le marquis de Soligny
- : Le Droit du seigneur de Voltaire : Gernance
- : Roséide ou l'Intrigant de Claude-Joseph Dorat : le chevalier Dolcé
- : Athalie de Jean Racine : Abner
- : Les Étrennes de l'amitié, de l'amour et de la nature de Dorvigny : Dinville
- : Adélaïde de Gérard Du Doyer de Gastels : Dorval
- : Clémentine et Desormes de Jacques-Marie Boutet de Monvel : Franval fils
- : La Réduction de Paris de Desfontaines-Lavallée : duc de Mayenne
- : Le Bon Ami de Legrand : Eraste
- : Les Héros français de Louis d'Ussieux : Galas
- : Les Noces houzardes de Dorvigny : Lindor
- : Le Mariage forcé de Molière : Alcidas
- : La Discipline militaire du Nord d'Adrien-Chrétien Friedel (d) : de Winter
- : Le Rendez-vous du mari de Pierre-Nicolas André de Murville : Melcour
- : Richard III de Barnabé Farmian Durosoy : Montmorency
- : Britannicus de Jean Racine : Britannicus
- : Nicomède de Pierre Corneille : Attale
- : Tartuffe de Molière : Valère
- : Henriette ou la Fille déserteur de Mademoiselle Raucourt : Lindau
- : L'Écueil des mœurs de Charles Palissot de Montenoy : Gernance
- : L'Inauguration du Théâtre-Français de Barthélemy Imbert : Mercure
- : Le Flatteur d'Étienne-François de Lantier : Saint Firmin
- : Le Satirique de Charles Palissot de Montenoy : Dorante
- : Le Vieux garçon de Paul-Ulric Dubuisson : Dorval
- : Les Amants espagnols de Jean Simon Ferréol Beaugeard (d) : le comte d'Altamo
- : Les Journalistes anglais de Jean-François Cailhava de L'Estandoux : Smith
- : Les Rivaux amis de Nicolas-Julien Forgeot : Damis
- : Molière à la nouvelle salle ou les Audiences de Thalie de Jean-François de La Harpe : Apollon
- : Tibère et Sérénus de Nicolas Fallet : Cecilius
- : Zoraï de Jean Etienne François Marignié (d) : Telasco
- : Le Barbier de Séville de Beaumarchais : le comte Almaviva
- : Le Bienfait anonyme de Joseph Pilhes : Robert fils
- : Le Déjeuner interrompu de Marie-Émilie de Montanclos : Valère
- : Le Roi Lear de Jean-François Ducis d'après William Shakespeare : le duc d'Albany
- : Le Séducteur de François-Georges Mareschal de Bièvre : Darmance
- : Les Aveux difficiles d'Étienne Vigée : Merval
- : Les Deux Amis ou le Négociant de Lyon de Beaumarchais : Melac fils
- : Les Marins ou le Médiateur maladroit de Desforges : marquis de Lincourt
- : L'Avare cru bienfaisant de Jean-Louis Brousse-Desfaucherets : Président de Lumigny
- : Corneille aux Champs-Élysées de Honoré Jean Riouffe : Mercure
- : Le Jaloux de Marc-Antoine-Jacques Rochon de Chabannes : Valsain
- : L'Hôtellerie d'Antoine Bret : Dormin
- : Les Épreuves de Nicolas-Julien Forgeot : Florville
- : Melcour et Verseuil de Pierre-Nicolas André de Murville : Verseuil
- : Edgard, roi d'Angleterre de Marie-Joseph Chénier : Edgard
- : Le Chevalier sans peur et sans reproche de Jacques-Marie Boutet de Monvel : La Palisse
- : Le Mariage secret de Jean-Louis Brousse-Desfaucherets : le chevalier Distelle
- : Les Coquettes rivales d'Étienne-François de Lantier : Clairfons
- : L'École des pères de Alexandre Pieyre (d) : Saint Fons
- : La Maison de Molière ou la Journée de Tartuffe de Louis-Sébastien Mercier imité de Carlo Goldoni : Molière
- : Le Prix académique de Pierre-Germain Parisau : Méricourt
- : Les Amis à l'épreuve de Alexandre Pieyre (d) : Dorival
- : Les Rivaux de Barthélemy Imbert : le capitaine
- : Le Mariage de Figaro de Beaumarchais : le comte Almaviva
- : Tartuffe de Molière : Tartuffe
- : La Belle-mère d'Étienne Vigée : le marquis de Fierval
- : La Ressemblance de Nicolas-Julien Forgeot : Alonse
- : Les Réputations de François-Georges Mareschal de Bièvre : le chevalier
- : L'Inconséquent d'Étienne-François de Lantier : Rosamon
- : Auguste et Théodore d'Ernest de Manteufel : le roi
- : Le Bourgeois gentilhomme de Molière : Dorante
- : La Fausse apparence de Barthélemy Imbert : le chevalier Domval
- : Les Châteaux en Espagne de Jean-François Collin d'Harleville : de Florville
- : Les Fausses présomptions, ou le Jeune gouverneur de Robert[7] : le chevalier Dorsainval
- : Raymond V, comte de Toulouse de Michel-Jean Sedaine : Raymond
- : Jean Calas de Jean-Louis Laya : M. de La Salle
- : Le Tombeau de Desilles de Desfontaines-Lavallée : Henri
- : Le Mari directeur de Flins des Oliviers : Dorval
- : Les Victimes cloitrées de Jacques-Marie Boutet de Monvel : Dorval
- : Dorval ou le Fou par amour de Joseph-Alexandre de Ségur : Dorval
- : Le Conciliateur de Charles-Albert Demoustier : Dorval
- : La Matinée d'une jolie femme d'Étienne Vigée : Melcour
- : Le Faux insouciant de Louis-Jean Simonet de Maisonneuve : Damis
- : Le Vieux célibataire de Jean-François Collin d'Harleville : Charles
- : Lovelace de Népomucène Lemercier d'après Samuel Richardson : Lovelace
- : Iphigénie de Jean Racine, Comédie-Française : Eurybate
- : L'Ami des lois de Jean-Louis Laya : M. de Forlis
- : L'Épreuve de Marivaux : Lucidor
- : Les Fausses Confidences de Marivaux : Dorante
- : Les Femmes de Charles-Albert Demoustier : Lisidor
- : Paméla ou La Vertu récompensée de Nicolas François de Neufchâteau d'après Samuel Richardson : Milord Bonfil
- : L'École des bourgeois de Léonor Soulas d'Allainval : Moncade
- : L'Heureuse erreur de Joseph Patrat : Luville
- : L'Original de François-Benoît Hoffman : Damis
- : La Femme jalouse de Desforges : Dorsan
- : Le Buste de Préville d'Emmanuel Dupaty : Cizetty
- : Les Mœurs du jour ou l'École des jeunes femmes de Jean-François Collin d'Harleville : Formont
- : Le Séducteur amoureux de Charles de Longchamps : Cézanne
- : La Dédaigneuse de Pierre-Jean Duret (d) : Déricourt
- : Le Roman d'une heure de François-Benoît Hoffman : Valcour
- : Le Misanthrope de Molière : Alceste
- : Guillaume le Conquérant d'Alexandre Duval : Damon (prologue)
- : Molière avec ses amis de François Andrieux : Molière
- : Le Tyran domestique d'Alexandre Duval : Vilmont
- : Madame de Sévigné de Jean-Nicolas Bouilly : le chevalier de Pommenard
- : Les Français dans le Tyrol de Jean-Nicolas Bouilly : Florinval
- : La Jeunesse de Henri V d'Alexandre Duval : Rochester
- : La Capricieuse de François-Benoît Hoffman : Valcour
- : Les Projets d'enlèvement de Théodore Pein (d) : Dorval
- : Brueys et Palaprat de Charles-Guillaume Étienne : Palaprat
- : L'Assemblée de famille de François-Louis Riboutté : Blainvil
- : L'Homme aux convenances d'Étienne de Jouy : Gerfeuil
- : La Suite du Menteur de Pierre Corneille : Dorante
- : Le Chevalier d'industrie d'Alexandre Duval : Dumont
- : Les Capitulations de conscience de Louis-Benoît Picard : Probincour
- : La Revanche de François Roger et Augustin Creuzé de Lesser : le duc
- : Andromaque de Jean Racine : Pyrrhus
- : Le Vieux fat ou les Deux vieillards de François Andrieux : M. Rollin
- : Les Deux gendres de Charles-Guillaume Étienne : Frémont
- : L'Auteur et le critique de Louis-Claude Chéron de La Bruyère : Fontalbin
- : Le Ministre anglais de François-Louis Riboutté : Mortimer
- : L'Avis aux mères ou les Deux fêtes d'Emmanuel Dupaty : Méricour
- : L'Intrigante ou l'École des familles de Charles-Guillaume Étienne : Dorvillers
- : La Nièce supposée d'Eugène de Planard : le capitaine
- : Racine et Cavois de Charles-Guillaume Étienne : Cavois
- : Un retour de jeunesse de Louis-François-Hilarion Audibert (d) : Marquis de Villancey
- : Le Faux Bonhomme de Népomucène Lemercier : d'Harville
- : L'Ami Clermont de Benoît-Joseph Marsollier des Vivetières : Nervan
- Le Chevalier à la mode de Dancourt
- L'Homme à bonnes fortunes de Michel Baron