Wikiwand AI

Fleury (acteur)

comédien français From Wikipedia, the free encyclopedia

Joseph-Abraham Bénard, dit Fleury, né le à Chartres et mort le à Orléans, est un comédien français.

Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 71 ans)
Rue du Colombier (d) (Orléans)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Joseph-Abraham BénardVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Sociétaire de la Comédie-Française, à partir de 1774 ...
Fleury
Portrait de Fleury, 1818, par Adèle Romany
Fonction
Sociétaire de la Comédie-Française
à partir de
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 71 ans)
Rue du Colombier (d) (Orléans)Voir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Joseph-Abraham BénardVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonymes
Fleury, Fleury dit BénardVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Sépulture au Grand cimetière d’Orléans.
Fermer

Biographie

Les premières années de Fleury ont été chaotiques. Son père, incapable d’assumer sa paternité, l’avait remis à une sage-femme peu scrupuleuse, qui, pour s’approprier les mois payés d’avance, l’a abandonné aux Enfants Trouvés, après avoir déclaré à la famille qu’il était mort. Son destin a basculé lorsqu’un artisan bienveillant, cardier de son état, l’a recueilli à l’assistance publique. Ce n’est que sept ans plus tard, lorsque cette femme, à l’article de la mort a confessé son méfait, que son père, désormais directeur d’un théâtre à Nancy, a fini par le retrouver cardant la laine[1].

En 1757, il débute, sans éclat, à Nancy dans une pièce de Destouches, où il joue un rôle de laquais. Contrainte, pour subsister, à de perpétuels déplacements en Lorraine et en Champagne, la famille Fleury, se résolut à envoyer le jeune garçon à Lyon pour y trouver du travail. Par chance, à son arrivée à Lyon, tout juste âgé de douze ans, n’ayant en poche que six francs, le directeur du théâtre de cette ville a aussitôt consenti à l’engager dans sa troupe[2].

Sa vive intelligence et son talent précoce lui ont permis de suppléer son éducation lacunaire, et de capter la bienveillance du roi Stanislas Leszczynski, à la cour de Lorraine, et à lui gagner l'amitié du chevalier de Boufflers. Comédien dans l'âme, il semblait destiné à la scène dès la naissance. Après des débuts prometteurs en province, notamment à Lyon et à Versailles, il tente, sans succès, sa chance à Paris, en 1771. Molé, secondé par Bellecour et Monvel, déclare que « que la Comédie fleurirait sans ce monsieur Fleury ». Obligé d’ajourner ses espérances, il est contraint à un retour en province, vécu comme un exil forcé[2].

Parti pour Lyon, où la directrice du théâtre, Mme Lobreau, l’a engagé sur-le-champ, loin de se résigner, il met cette période à profit pour approfondir son art par des études sérieuses. De retour à Paris, le duc de Duras à qui il avait été recommandé, lui ayant envoyé un ordre de début, en 1774, il fait ses débuts, le , dans le rôle d’Egisthe dans Mérope, ce qui lui vaut d'être nommé sociétaire de la Comédie-Française, le , à l'âge de 28 ans, et réussit parfaitement dans les rôles de petits-maîtres, de courtisans, de mauvais sujets[2].

À l’inverse de Talma, il a rarement abordé la tragédie, lui préférant la comédie où il a excellé, déployant les ressorts de son art avec naturel, finesse et tact. Il excellait surtout à faire revivre les grands seigneurs de la Cour, en incarnant avec une perfection rare leur grâce souveraine, leur amabilité moqueuse et leur impertinence cruelle mais insaisissable. Le maréchal de Richelieu lui aurait même servi de mentor, pour lui enseigner à copier sur le vif les inimitables hommes de cour[2].

Excellant surtout dans le théâtre de Marivaux, il a également joué successivement les rôles dans Turcaret, le Chevalier à la mode de Dancourt, L’Homme à bonnes fortunes de Baron, La Feinte par amour de Dorat, La Coquette corrigée de La Noue, et surtout dans le marquis de L'École des bourgeois d'Allainval, où on ne se lassera pas de l'applaudir. Son triomphe absolu reste les Deux Pages, jouée le 27 mars 1789, où il a livré une incarnation saisissante du roi de Prusse Frédéric II. « Il s'y est si bien modelé sur le portrait en cire que nous en avons à Paris, il a si bien saisi le costume et la physionomie de Frédéric, que l'imitation ne saurait être plus parfaite[3]. »

Pendant la Révolution, resté à la Comédie-Française, lors du départ de Talma, en avril 1791, il joue, le dans la première de Paméla, ou la Vertu récompensée, écrite cinq ans plus tôt par Jean-Louis Laya. À la huitième représentation, le , les deux vers : « Ah ! les persécuteurs sont les seuls condamnables, Et les plus tolérans sont les seuls raisonnables », à l’acte IV, scène xii sont applaudis à outrance. Le jour de la neuvième représentation, comme le rideau allait se lever, un officier de police vient interdire la pièce au nom du Comité de salut public. Malgré les corrections effectuées selon les exigences du Comité, celui-ci a signé un arrêté fermant le théâtre et décrétant d'accusation l’auteur, qui a été incarcéré, lui et ses treize comédiens, dont Fleury, Dazincourt, François Molé, Saint-Prix, Saint-Fal aux Madelonnettes et Louise Contat, Charlotte Vanhove à Sainte-Pélagie, sous l'accusation d’accusés de « modérantisme, d’incivisme, voire même de conspiration royaliste »[4].

Fervent bonapartiste, il figure parmi l'élite des artistes que l'Empereur a fait venir de Paris à Erfurt, en plein cœur de l'Allemagne, en septembre 1808 impressionner, devant un célèbre « parterre de rois », les princes de la Confédération du Rhin et, à leur tête, le tsar Alexandre Ier. Ayant soutenu l'Empereur, même lors des Cent-Jours, sa fidélité l’a mis face, en 1815, après la Seconde Restauration, à un public furibond. Sa présence d'esprit transforme l'épreuve en apothéose, lorsqu'il s'avance vers la rampe, et lance à la foule hostile : « Messieurs, quand on a eu le courage de jouer L'Ami des lois sous la Terreur et subi un an de prison pour cela, on ne saurait être suspect ! Le cri de « Vive le Roi » que vous exigez n'est jamais sorti de mon cœur, mais mon honneur est intact[a]. » Conquis par tant de franchise et de courage, le public a éclaté en applaudissements, scellant son pardon et son triomphe[1].

Fleury a également eu la chance de trouver en la personne du duc de Berry un protecteur aussi influent qu’éclairé, qui lui a témoigné une bienveillance toute particulière. Doyen de la Comédie-Française de 1809 à 1818, il prend sa retraite le , et se retire à Orléans, il a achevé son existence dans sa modeste maison de la rue du Colombier. À l'issue de ses obsèques à Saint Paterne, il a été inhumé au cimetière Saint-Jean[b]. Sa pierre tombale montre un flambeau ardent, surmonté d'une étoile, emblème de son talent[1].

Mémoires apocryphes

Les Mémoires de Fleury, rédigés d’après quelques notes retrouvées dans les papiers de l’acteur après sa mort et publiés en 1836, sont apocryphes, en réalité dus à la plume de son collègue Lafitte.

Théâtre

Carrière à la Comédie-Française

Entrée en [6]
Nommé 173e sociétaire en
Départ en
Doyen de à

Notes et références

Liens externes

Related Articles

Timelines

Top Qs

Fact Checks