Agerre (mythologie)
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Agerre ou Aguerre, qui signifie « visible de loin » en basque, est le nom de nombreuses maisons et patronymes basques, mais aussi un lieu de la mythologie basque[1],[2].
Mythologie
Sur la montagne d'Itaundieta, dans la commune d'Ataun (province du Guipuscoa, au Pays basque), se trouve la ferme appelée « Agerre baserria », bâtie sur une crête rocheuse. L'ancien seigneur de cette maison, Juan (Jean) d'Agerre, ainsi que ses descendants, étaient frappés par la malédiction des Jentils, des géants ou génies de la mythologie basque[3].
Non loin de la ferme se trouve le sommet appelé Jentilbaratza[4], dont le nom signifie « le jardin des Jentils ». Sur ce piton rocheux se dressaient autrefois les ruines d'un ancien château, et l'on racontait que les Jentils y vivaient, ainsi que dans les grottes des environs[5].
Un jour, alors que Juan d'Agerre était gravement malade, les Jentils vinrent lui rendre visite dans sa ferme. Ils respectaient en effet les anciennes relations de voisinage et les devoirs d'entraide entre habitants. Pendant que les derniers sacrements de la religion étaient administrés au malade, les Jentils déposèrent sur son lit une magnifique couverture d'un rouge doré afin de rester près de lui.
Comme la nuit était tombée, les Jentils décidèrent de rester dans la ferme pour veiller leur ami malade.
Mais les proches d'Agerre, poussés par l'envie et la cupidité, voulurent garder la précieuse couverture. Ils la cousirent et la clouèrent en secret au cadre du lit pour qu'elle ne puisse pas être emportée. Ensuite, par une ruse, ils réussirent à faire chanter le coq grâce à un jeu de lumière, comme s'il annonçait l'aube.
En entendant le chant du coq, les Jentils de Jentilbaratza crurent que le jour se levait. Comme ils étaient des êtres de la nuit, ils s'enfuirent en toute hâte. En tirant sur la couverture pour la reprendre, celle-ci se déchira, et un morceau resta attaché au lit[5].
Les Jentils de Jentilbaratza comprirent alors la tromperie. Furieux, ils jetèrent une malédiction contre la maison d'Agerre, criée dans les airs :
« Tant que la maison d'Agerre existera, il ne manquera jamais dans cette famille quelqu'un de malade ou privé d'un bras. »
La tradition affirme que cette malédiction s'est toujours accomplie.