Au cours de la première décennie des années 1900, l'Agordat se rendit fréquemment en Méditerranée. En , l'Agordat atteignit Constantinople, où il revint en 1907[2], et le , il était à Alger[2]. En 1911, le navire a également navigué dans la mer Noire jusqu’à Sébastopol[2].
En 1903, le navire participe au blocus naval anglo-italo-allemand du Venezuela[3],[4].
L'Agordat, le Pisa, l'Amalfi, le Napoli et quelques navires supplémentaires (le croiseur cuirassé San Marco, trois destroyers et deux torpilleurs) furent envoyés à Derna avec de nombreux transports de troupes. Arrivés devant la ville le , ils demandèrent sa reddition. Ayant reçu une réponse négative, le Pisa bombarda les casernes et les fortifications. Après quoi, comme il n’y avait pas de réaction, un canot fut envoyé pour demander à nouveau la reddition. Cependant, le bateau fut pris pour cible par de tirs de fusils. L'Agordat et les autres croiseurs ouvrirent alors le feu avec leurs canons de 190 mm, détruisant la ville en une demi-heure. À deux heures de l’après-midi, une première tentative de débarquement s’avéra impossible à cause des tirs de fusils. Le bombardement se poursuivit jusqu’à quatre heures de l’après-midi. Cependant, en raison du mauvais temps, ce n’est que le que 1 500 soldats ont pu être débarqués et que Derna a pu être occupée[2].
Le , l'Agordat intercepte le bateau à vapeur français Chartage, naviguant de Marseille à Tunis, et l’inspecte. Il trouve un avion destiné aux troupes ottomanes (la présence de l’avion et de son pilote à bord du vapeur lui avait été signalée)[6],[7]. À la suite du refus du commandant du Chartage de livrer l’avion, le croiseur détourna le navire français vers Cagliari, d’où il put repartir quatre jours plus tard, après que le gouvernement français eut assuré que l’avion ne serait pas livré à la Turquie[7]. Le , l'Agordat arrêta et détourna vers Cagliari un autre vapeur français, le Manouba, qui avait à son bord un groupe de 29 Turcs prétendant être des médecins et des infirmières du Croissant Rouge turc. Cependant, un rapport avait révélé qu’il s’agissait d’une couverture pour faire venir en Tunisie des officiers turcs. Munis d’une somme d’argent considérable, ils auraient organisé la contrebande en faveur de la Turquie[7]. Comme seuls 11 des 29 Turcs ont été identifiés comme membres du Croissant-Rouge, le navire n’a été autorisé à repartir deux jours plus tard qu’après le débarquement des passagers turcs[6],[7]. L’affaire du Chartage et du Manouba menace de déclencher un incident diplomatique entre l’Italie et la France[6],[7].
Le , l'Agordat, avec le croiseur torpilleur Iride, les vieux cuirassés Re Umberto, Sicilia et Sardegna et un groupe de torpilleurs, appuie le débarquement et l’occupation de Macabez, sur la côte libyenne, à la frontière avec la Tunisie, qui est un centre de contrebande pour les troupes ottomanes[8].
En , plusieurs mois après la fin de la guerre, l'Agordat est envoyé à Smyrne, où il reste stationnaire jusqu’en mai. De mai au , il est en Cyrénaïque[2].
Première Guerre mondiale
Le , l'Agordat est reclassé comme croiseur éclaireur[1],[9]. Au cours de l’été de cette année-là, le navire a été déployé le long de la côte albanaise[2], où les forces italiennes avaient établi des garnisons.
Pendant la guerre, le croiseur éclaireur a opéré en Méditerranée, principalement comme escorteur[1]. Le , il est affecté à l’escadre franco-anglaise[2].
Après la guerre, le croiseur éclaireur a participé à l’occupation de la côte turque sur la mer Noire[11].
En 1921, l'Agordat vieillissant est reclassé comme canonnière[9] et subit des modifications qui aboutissent à un armement composé de 2 canons de 120/40 mm et de 8 canons de 76/40 mm[1]. L’un des deux arbres d'hélice a été enlevé[2].
Désormais vieux et complètement obsolète[1],[9], le navire a été radié en 1923 et envoyé à la démolition.
123(it) «Agordat», sur Marina Militare (consulté le ).
1234(it) Franco Favre, La Marina nella Grande Guerra. Le operazioni navali, aeree, subacquee e terrestri in Adriatico, Gaspari, , 334p. (ISBN8875411352, EAN978-8875411350), p.68, 97, 140-141.