Agression de Paul Pelosi

agression aux États-Unis en 2022 From Wikipedia, the free encyclopedia

Une agression contre Paul Pelosi survient le lorsque Paul Pelosi, le mari de la présidente américaine de la Chambre des représentants de l'époque Nancy Pelosi, est attaqué par un assaillant avec un marteau au domicile du couple, dans le quartier Pacific Heights de San Francisco, en Californie. Paul Pelosi est grièvement blessé[3],[4],[5].

Date
2 h 27 (heure du Pacifique)
TypeTentative d'homicide par matraquage, agression avec une arme mortelle
Faits en bref Localisation, Cible ...
Agression de Paul Pelosi
Image illustrative de l’article Agression de Paul Pelosi
David Wayne DePape (à gauche) s'apprêtant à frapper Paul Pelosi (à droite).

Localisation San Francisco (Californie, États-Unis)
Cible Nancy Pelosi[1]
Date
2 h 27 (heure du Pacifique)
Type Tentative d'homicide par matraquage, agression avec une arme mortelle
Armes Marteau (outil)
Blessés Paul Pelosi
Auteurs David DePape[2]
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La police de San Francisco arrête sur place David Wayne DePape, un homme âgé de 42 ans résidant à Berkeley. D'après les déclarations de l'assaillant, il prévoyait de prendre Nancy Pelosi en otage et de lui faire passer un interrogatoire. Le système judiciaire a retenu le caractère politique de l'attaque. Celui-ci adhérait à des théories du complot relayées sur les réseaux sociaux, notamment celles de QAnon, qui affirmaient entre autres que l'élection présidentielle américaine de 2020 avait été volée à Donald Trump[6]. Il diffusait également des messages à caractère complotiste, raciste, sexiste et antisémite sur ses comptes personnels, et propageait de la désinformation au sujet du vaccin contre la Covid-19[7],[8]. De nationalité canadienne, DePape avait un passif médical lourd, étant atteint de différents problèmes de santé mentale et d'addiction aux drogues. Lors du procès, DePape a admis avoir été motivé à passer à l'acte par les théories du complot et avoir conçu un « grand plan » visant à nuire à plusieurs personnalités publiques, dont les Pelosi.

Le , David Wayne DePape est accusé de deux crimes fédéraux : assaut sur un membre direct de la famille d'un officiel fédéral avec l'intention de nuire à un officiel sur la base de ses actions officielles, et tentative d'enlèvement d'un officiel fédéral sur la base de ses actions officielles. Il a également six chefs d'accusation dans l'État de Californie, dont tentative de meurtre, intrusion dans un domicile privé, assaut avec une arme mortelle et agression sur personne âgée. En quelques jours, les principales personnalités publiques de la droite américaine, dont l'ancien Président américain Donald Trump, ont partagé de fausses informations au sujet de l'attaque, émettant des doutes sur les motivations réelles de l'assaillant et clamant que celui-ci avait agi dans un autre but que celui énoncé. D'autres personnalités politiques, Démocrates comme Républicaines, ont condamné l'attaque.

DePape est reconnu coupable des deux crimes fédéraux le . Le , il est condamné à 30 ans de prison et à cinq ans de contrôle judiciaire pour les chefs d'accusation fédéraux. DePape est condamné par l'État de Californie pour les cinq chefs d'accusation cités plus haut le à une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle le .

Contexte

Lors de l'attaque du Capitole du 6 janvier 2021, Nancy Pelosi est prise pour cible par des assaillants qui saccagent son bureau[9]. Dès la fin de la première présidence Trump, les menaces contre les politiciens et des législateurs américains sont en forte augmentation. La police du Capitole des États-Unis en signale 9 625 en 2021 contre 3 939 en 2017[10].

Incident

La façade de la maison des Pelosi à San Francisco en 2020.
L'appel au 911 de Paul Pelosi peu après l'intrusion de DePape.

Lors de son interrogatoire par la police, David Wayne DePape déclare avoir obtenu l'accès à la résidence des Pelosi en passant par des portes vitrées situées à l'arrière de la maison[11],[12]. Les vidéos des caméras mobiles des policiers intervenus sur place mettent en évidence la présence de verre brisé sur le sol[13], tandis que les images de vidéosurveillance montrent DePape en train de casser les portes vitrées à l'aide de son marteau[14]. Au moment de l'intrusion, peu après deux heures du matin, Paul Pelosi, âgé de 82 ans, était en train de dormir dans sa chambre au troisième étage. L'assaillant l'a réveillé en demandant à « parler à Nancy ». Lorsque Paul Pelosi lui annonce qu'elle n'est pas sur place, il annonce son intention de l'attendre ici[15].

Les images de la caméra mobile des policiers intervenus chez les Pelosi.

Peu après le début de la confrontation, Paul Pelosi demande à DePape d'utiliser la salle de bain, occasion à laquelle il passe un appel au 911 à 2 h 23 dans lequel il nie avoir besoin d'une aide médicale, des pompiers ou des forces de l'ordre[16],[17],[18]. L'interlocuteur lui conseille alors de « rappeler [s'il change] d'avis ». Paul Pelosi indique ensuite qu'un « gentleman » (DePape) attendait le retour de son épouse Nancy Pelosi. Il poursuit la conversation en donnant davantage de détails sur les actions et les exigences de DePape. L'interlocuteur pose alors plusieurs questions pour clarifier la situation. À un moment donné, DePape participe à cet échange et donne son nom complet. Peu après la fin de l'appel, l'interlocuteur décide d'envoyer la police au domicile des Pelosi. Cette décision lui a probablement sauvé la vie[19].

Les policiers de San Francisco arrivent rapidement sur place et toquent à la porte d'entrée à 2 h 31[20]. Pelosi ouvre la porte. Depuis l'extérieur de la maison[21], les policiers voient DePape et Pelosi en train de se battre avec un marteau dans l'entrée[22],[23]. Devant la police, DePape assène un coup de marteau sur le crâne de Pelosi[24],[25]. DePape refuse d'obéir aux forces de l'ordre qui lui ordonnent de lâcher son arme[26],[27].

La police neutralise et interpelle ensuite DePape. Après l'avoir arrêté, elle découvre plusieurs attaches autobloquantes, du ruban adhésif, une corde blanche, un deuxième marteau et des gants en caoutchouc et en tissu dans son sac à dos[28]. D'après les enquêteurs, DePape avait préparé une liste de potentielles futures victimes[29].

À la suite de l'attaque, Paul Pelosi a subi une chirurgie du crâne au Zuckerberg San Francisco General Hospital[30],[31], où il a également reçu un traitement pour des « blessures graves » au bras et aux mains[32]. Il sort de l'hôpital le . David Wayne DePape est également soigné dans le même établissement pour des blessures légères (spécifiquement une épaule disloquée). Immédiatement après avoir été guéri, il est conduit à la prison du comté de San Francisco[33].

Nancy Pelosi était à Washington, D.C. au moment de l'attaque[34]. Elle est retournée en urgence à San Francisco à bord d'un avion gouvernemental, puis a été escortée jusqu'à l'hôpital où se trouvait son mari[35]. Le lendemain, elle écrit une lettre à la Chambre des représentants dans laquelle elle déclare que sa famille était « dévastée et traumatisée par cette attaque quasi-mortelle » et remercie les forces de l'ordre, les urgentistes et l'équipe de l'hôpital pour l'aide qu'ils ont porté à son mari[36].

Paul Pelosi réapparait en public plus d'un mois plus tard, aux côtés de Nancy Pelosi à l'occasion des Kennedy Center Honors. Il portait alors un chapeau et un gant afin de cacher ses blessures[37]. Lors d'un entretien réalisé par Anderson Cooper en , plus d'un an et demi après l'attaque, Nancy Pelosi déclare que son mari se remet lentement de l'attaque, aussi bien physiquement que mentalement.

Enquête

Le FBI, la police de San Francisco, la police du Capitole, le procureur du district de San Francisco (en) et le procureur des États-Unis pour le district de Californie du Nord (en) sont impliqués dans l'enquête sur l'attaque[38].

La procureure du district de San Francisco, Brooke Jenkins (en), déclare que l'attaque semble avoir été uniquement motivée par l'opinion politique du suspect, d'après les déclarations faites par David Wayne DePape le jour de l'attaque[12].

Après que ses droits Miranda lui aient été lus, DePape a déclaré pendant son interrogatoire par la police de San Francisco qu'il prévoyait de prendre Nancy Pelosi en otage car il la considérait comme « la cheffe du groupe de menteurs que sont les Démocrates ». Il se définit aussi comme étant en lutte contre la « tyrannie », comparant son rôle à celui des Pères fondateurs des États-Unis[11]. DePape décrit aussi les violences qu'il avait prévu de faire subir à Nancy Pelosi, notamment le fait de lui briser les genoux si elle lui « mentait », considérant qu'en agissant ainsi, « elle serait rentrée [avec un fauteuil roulant] au Congrès », et que cela aurait servi « d'avertissement » aux autres membres du Congrès[25],[39]. Il déclare également aux policiers qu'il se savait dans une « mission suicide » et qu'il avait d'autres cibles potentielles en tête, dont le gouverneur de Californie Gavin Newsom, l'acteur Tom Hanks et Hunter Biden, le fils du Président américain de l'époque, Joe Biden.

Le lendemain de l'attaque, conformément à un mandat de perquisition fédéral, les enquêteurs ont fouillé un garage situé à Richmond en Californie où David Wayne DePape vivait depuis deux ans. Le rapport de la perquisition précise qu'ils y ont saisi « deux marteaux, une épée et une paire de gants en caoutchouc et en tissu ».

Accusé

La photo du permis de conduire de David Wayne DePape.

L'accusé est David Wayne DePape, un Canadien né en 1980, âgé de 42 ans et résidant dans la ville voisine de Berkeley[40]. Il est arrêté sur les lieux de l'agression.

Vie avant l'agression

DePape grandit à Powell River, en Colombie-Britannique[41],[42],[43]. Au moment de l'agression, il était en situation irrégulière sur le territoire américain, après être entré dans le pays grâce à un visa temporaire de six mois délivré en à San Ysidro[44].

Peu après avoir fini ses études secondaires à Armstrong[45],[46], il déménage aux États-Unis en 2000[47]. À Hawaï, DePape rencontre l'activiste russo-américaine Gypsy Taub (en), avec qui il emménage en Californie[48]. Dès lors, DePape se serait coupé de sa famille[49]. Tandis que Gypsy Taub était en train de devenir l'une des figures de proue du mouvement pour la nudité en public de San Francisco de 2013, DePape lui apportait un soutien important[50].

D'après Gypsy Taub, le couple se serait séparé en 2009. Depuis, la santé mentale de DePape se serait détériorée en raison de sa consommation de drogues, entre autres. Elle se souvient par exemple d'un incident survenu en 2010, lorsque DePape était retourné au domicile de Taub après un an sans nouvelles, se prenant pour Jésus et montrant des signes de paranoïa avancée[51],[52]. Une de ses connaissances a indiqué que les deux avaient mis un terme à leurs échanges en 2012 en raison d'un énième épisode mégalomaniaque. Néanmoins, il est resté une personnalité important dans la vie de Taub et de ses proches. Il est par exemple le garçon d'honneur lors de son mariage en 2013. Par la suite, il cohabite avec Gypsy Taub, son conjoint et leurs trois enfants[53]. Un terme définitif est mis à leur amitié en 2015. DePape quitte alors la maison et se retrouve un temps sans-abri. Au moment de l'agression, il habitait à Richmond dans un garage qu'il louait depuis trois ans[54].

Activité sur les réseaux sociaux

En 2007, DePape crée son blog personnel, écrivant dans un premier temps sur les thématiques de la spiritualité et de l'ibogaïne naturelle. Dans les mois précédant l'agression, DePape a repris l'écriture sur ce blog, cette fois en énonçant des théories du complot et des idées politiques d'extrême droite. Dans des publications sur les réseaux sociaux et sur au moins deux blogs, DePape prouve son adhésion aux idées de l'extrême droite, mettant notamment en avant la mouvance QAnon, le Pizzagate et d'autres théories du complot de cette orientation politique, ainsi que des mèmes internet dans le même sens[55],[56],[57].

Sur les réseaux sociaux dont Facebook, il relaye des médias et publie des commentaires complotistes affirmant que l'élection présidentielle américaine de 2020 avait été volée à Trump, que les vaccins contre la Covid-19 étaient mortels et que George Floyd était décédé d'une overdose. Il critiquait fréquemment les élites, les immigrés, les personnes de couleur, les femmes, la communauté LGBT+, les musulmans, les communistes, les juifs, les soutiens de la justice sociale, les catholiques et la mouvance woke[58]. DePape a crédité Gamergate, Jordan Peterson et James A. Lindsay comme étant ceux qui lui ont permis de découvrir la politique de droite[59]. Il niait la Shoah et appelait à réhabiliter Adolf Hitler[60]. Ses publications étaient la grande majorité du temps incohérentes et délirantes. Sa dernière avant l'agression était intitulée « Pourquoi les Universités deviennent des Sectes »[53].

Poursuites judiciaires fédérales et étatiques

Le , les procureurs fédéraux accusent David Wayne DePape de « tentative d'enlèvement d'un fonctionnaire fédéral dans l'exercice de ses fonctions officielles » et « d'agression d'un membre immédiat de la famille d'un fonctionnaire fédéral et de blessures graves avec une arme dangereuse ». Le , un grand jury fédéral retient les mêmes chefs d'accusation à son encontre[61]. Le , le Service de l’immigration et des douanes des États-Unis dépose une demande d'arrestation de DePape en raison de sa situation irrégulière, souhaitant prendre en charge son expulsion du territoire national une fois sa peine purgée[44].

Le , le Bureau du procureur du district de San Francisco annonce que plusieurs chefs d'accusation issus de la loi californienne sont retenus contre DePape, dont six crimes : tentative de meurtre, cambriolage, maltraitance sur personne âgée, agression avec une arme mortelle, séquestration d'une personne âgée et menaces contre un membre de la famille d'un fonctionnaire. S'il est reconnu coupable de tous les chefs d'accusation, DePape pourrait être condamné à minima à une peine de prison de 13 ans et au maximum à une peine de prison à vie[62]. Le , la possibilité d'être libéré sous caution lui est refusée[63]. Une première audience s'est déroulée le [64]. DePape plaide non coupable des chefs d'accusation fédéraux et étatiques[65].

Le , les enregistrements vidéo et audio de l'agression sont diffusés à l'occasion d'une audience préliminaire à la Cour supérieure de San Francisco. La Cour ordonne à son issue la publication de l'intégralité des médias, répondant ainsi à une demande formulée par un groupement d'organisations médiatiques[note 1]. Les documents diffusés comprennent la piste audio de l'interrogatoire de DePape, l'enregistrement de l'appel de Pelosi au 911 peu après l'intrusion, les images de la caméra piéton des policiers (montrant clairement l'agression et l'arrestation musclée de DePape) ainsi que des extraits des caméras de vidéosurveillance de la maison[14].

Procès fédéral

Le procès fédéral de David Wayne DePape débute le . Dès le début de leur plaidoyer, les avocats de la défense admettent que leur client a bien perpétré l'agression, mais argumentent que celle-ci n'est que le résultat de sa croyance en les théories du complot répandues en ligne, et pas du simple fait que Nancy Pelosi est une fonctionnaire d'État[66],[67].

Les témoins, qui ont apporté des preuves au procès, regroupaient les agents de la police de San Francisco qui se sont rendus chez les Pelosi, des agents du FBI et de la police du Capitole, ainsi que Paul Pelosi qui a pris la parole au sujet de l'agression, de sa rémission et des cicatrices physiques et mentales qui en découlaient[68]. Le neurochirurgien qui a opéré Paul Pelosi a également témoigné[69].

DePape a également accepté de témoigner. Il a admis avoir attaqué Paul Pelosi, déclarant que sa véritable cible était Nancy Pelosi (et pas son mari). Il a aussi admis avoir frappé Pelosi au marteau « de toutes ses forces »[70]. DePape déclare avoir été radicalisé dès 2014, lorsqu'il a développé un intérêt pour le Gamergate et qu'il a commencé à écouter des podcasts de droite ainsi que des « trucs sur les guerres culturelles » sur YouTube pendant son temps libre. Il dit être un auditeur fréquent de James A. Lindsay, Glenn Beck, Tim Pool et Jimmy Dore[71]. D'après ses dires, il pouvait passer autour de six heures chaque jour pendant le week-end à écouter des podcasts et à regarder des vidéos[72]. Influencé par des théories du complot telles que celles propagées par QAnon, DePape s'est mis en tête d'organiser un « grand plan » pour atteindre ses « cibles » — dont des personnalités politiques comme Gavin Newsom, Adam Schiff, Mike Pence, Bill Barr, Bernie Sanders et George Soros, l'acteur Tom Hanks et l'anthropologue Gayle Rubin[66]. Il considérait que les médias traditionnels « mentaient tous au sujet de Trump ».

Le , le jury reconnaît DePape coupable des deux chefs d'accusation fédéraux[73],[74]. Le ministère de la Justice proposait une peine de 40 ans de prison suivie de huit ans de libération conditionnelle[75]. Le , DePape est finalement condamné à une peine de prison de 30 ans suivie de cinq ans de libération conditionnelle[76]. Lors de l'annonce de la peine, DePape exprime des remords et s'excuse auprès de Paul Pelosi[77].

Procès étatique

Après avoir été plusieurs fois repoussé, le procès étatique de DePape débute le [78]. Les preuves apportées au jury sont les images de la caméra piéton des policiers, la confession de DePape aux enquêteurs et son témoignage lors du procès fédéral[79].

Le , le juge abandonne les charges de tentative de meurtre, d'agression avec une arme mortelle et de maltraitance sur personne âgée, considérant que DePape avait déjà été jugé et condamné pour ces faits et qu'un doublon n'était pas nécessaire[80]. Le , DePape est reconnu coupable de cinq chefs d'accusation étatiques : cambriolage, séquestration, menaces contre un membre de la famille d'un fonctionnaire, enlèvement et menaces contre un témoin[81]. Il est condamné le à une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle[82].

Incarcération

Peu après l'annonce du verdict, le père de David Wayne DePape a communiqué ses excuses à Paul et à Nancy Pelosi dans un article du Los Angeles Times[83]. DePape est incarcéré dans le centre pénitentiaire de Tehachapi, en Californie, depuis le [84].

Réactions

Le président Joe Biden exprime son soutien à la famille Pelosi et dénonce la hausse des violences contre les personnalités politiques. Il critique aussi le rôle de cette agression, de l'attaque du Capitole et des théories du complot sur l'ambiance générale aux États-Unis[85]. La vice-présidente Kamala Harris a de son côté accusé le climat politique de l'époque. Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a déclaré que « l'attaque odieuse » contre Pelosi était « encore un autre exemple des conséquences dangereuses de la rhétorique de division et de haine qui met des vies en danger et sape notre démocratie même »[86]. La maire de San Francisco, London Breed, a qualifié l'attaque d'« incident horrible et effrayant », offrant son soutien à la famille de Pelosi et remerciant les premiers intervenants[87].

L'agression de Paul Pelosi est condamnée par plusieurs membres du Sénat et de la Chambre des représentants, aussi bien Démocrates (dont Chuck Schumer) que Républicains (dont Mitch McConnell, Steve Scalise, Kevin McCarthy et John Thune)[88],[89],[90].

Toutefois, la totalité du parti Républician n'a pas condamné l'attaque[91], certains de ses membres commençant même à propager de la désinformation et à créer des théories du complot[92]. Rares sont les Républicains qui ont critiqué les communications de leurs collègues, antérieures ou postérieures à l'agression[90],[93]. Certains haut placés du parti comme Ronna Romney McDaniel et Tom Emmer ont rejeté l'idée selon laquelle les dires des Républicains contribuaient à tendre l'atmosphère médiatique et sociale[94]. Une semaine avant les faits, Emmer avait posé une vidéo de lui-même en train de tirer à l'arme à feu avec la mention #FirePelosi. Après l'agression, il n'a pas répondu aux questions concernant sa vidéo et notamment celle autour de l'utilisation d'une arme à feu[95]. D'autres Républicains ont fait des blagues sur l'évènement[96]. Le gouverneur de Virginie, Glenn Youngkin, a déclaré : « Il n'y a de place pour la violence nulle part, mais nous allons renvoyer Nancy Pelosi pour être avec lui en Californie », une remarque qui a suscité la controverse[97]. Il a ensuite envoyé une lettre d'excuses à Pelosi, qu'elle a acceptée[98].

Donald Trump est de son côté connu pour multiplier les critiques souvent virulentes à l'encontre de ses opposants politiques. L'agression n'a été qu'un prétexte pour surenchérir à travers des messages sur Twitter puis Truth Social[99].

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau écrit sur Twitter que « l'agression de Paul Pelosi est choquante et absolument inadmissible, et je condamne cette violence de la plus ferme des manières »[100].

Notes et références

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