Nancy Pelosi
femme politique américaine
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Nancy Patricia Pelosi, née D'Alesandro le à Baltimore (Maryland) est une femme politique américaine. Membre du Parti démocrate, elle est notamment présidente de la Chambre des représentants des États-Unis de 2007 à 2011 et de 2019 à 2023.
| Nancy Pelosi | ||
Portrait officiel de Nancy Pelosi en 2019. | ||
| Fonctions | ||
|---|---|---|
| 52e présidente de la Chambre des représentants des États-Unis | ||
| – (4 ans) |
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| Élection | 3 janvier 2019 | |
| Réélection | 3 janvier 2021 | |
| Législature | 116e et 117e | |
| Prédécesseur | Paul Ryan | |
| Successeur | Kevin McCarthy | |
| – (4 ans) |
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| Élection | 4 janvier 2007 | |
| Réélection | 4 janvier 2009 | |
| Législature | 110e et 111e | |
| Prédécesseur | Dennis Hastert | |
| Successeur | John Boehner | |
| Cheffe de la minorité à la Chambre des représentants des États-Unis | ||
| – (8 ans) |
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| Législature | 112e, 113e, 114e et 115e | |
| Prédécesseur | John Boehner | |
| Successeur | Kevin McCarthy | |
| – (4 ans) |
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| Législature | 108e et 109e | |
| Prédécesseur | Richard Gephardt | |
| Successeur | John Boehner | |
| Whip de la minorité à la Chambre des représentants des États-Unis | ||
| – (11 mois et 19 jours) |
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| Législature | 107e | |
| Prédécesseur | David Bonior | |
| Successeur | Steny Hoyer | |
| Représentante des États-Unis | ||
| En fonction depuis le (38 ans, 11 mois et 11 jours) |
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| Élection | 2 juin 1987 | |
| Réélection | 8 novembre 1988 (en) 6 novembre 1990 3 novembre 1992 8 novembre 1994 5 novembre 1996 3 novembre 1998 7 novembre 2000 5 novembre 2002 2 novembre 2004 7 novembre 2006 4 novembre 2008 2 novembre 2010 6 novembre 2012 4 novembre 2014 8 novembre 2016 6 novembre 2018 3 novembre 2020 8 novembre 2022 5 novembre 2024 |
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| Circonscription | 5e district de Californie (1987-1993) 8e district de Californie (1993-2013) 12e district de Californie (2013-2023) 11e district de Californie (depuis 2023) |
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| Législature | 100e, 101e, 102e, 103e, 104e, 105e, 106e, 107e, 108e, 109e, 110e, 111e, 112e, 113e, 114e, 115e, 116e, 117e, 118e et 119e | |
| Prédécesseur | Sala Burton (5e district) Ron Dellums (8e district) Jackie Speier (12e district) Mark DeSaulnier (11e district) |
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| Successeur | Bob Matsui (5e district) Paul Cook (8e district) Barbara Lee (12e district) |
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| Présidente du Parti démocrate de Californie (en) | ||
| – (2 ans, 1 mois et 7 jours) |
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| Prédécesseur | Richard J. O'Neill | |
| Successeur | Peter Kelly | |
| Biographie | ||
| Nom de naissance | Nancy Patricia D'Alesandro | |
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | Baltimore (Maryland, États-Unis) | |
| Nationalité | Américaine | |
| Parti politique | Parti démocrate | |
| Conjoint | Paul Pelosi | |
| Diplômée de | Trinity College (BA) | |
| Religion | Catholicisme[1] | |
| Résidence | San Francisco (Californie) | |
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| Présidents de la Chambre des représentants des États-Unis | ||
| modifier |
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Résidente de San Francisco, elle siège depuis 1987 à la législature fédérale pour la Californie. Choisie comme cheffe de groupe des démocrates en 2003, elle est élue présidente de la Chambre des représentants en 2007, ce qui fait d’elle la première femme à accéder au poste. Le républicain John Boehner lui succède en 2011, à la suite de la défaite du Parti démocrate aux élections de 2010. Redevenue cheffe de groupe, elle retrouve la présidence en 2019. Après les élections de 2022, le Parti républicain devenant majoritaire à la Chambre, elle renonce à son poste de cheffe du groupe démocrate.
Situation personnelle
Naissance et famille
Nancy Patricia D'Alesandro est née à Baltimore, dans l'État du Maryland. Son père, Thomas D'Alesandro, Jr. (en), est élu à la Chambre des représentants des États-Unis de 1939 à 1947, puis maire de Baltimore entre 1947 et 1959. Elle est la seule fille d'une famille italo-américaine catholique de six enfants. Son frère Thomas D'Alesandro III (en), également démocrate, est maire de Baltimore de 1967 à 1971[2].
Elle épouse en 1963 un investisseur immobilier, Paul Pelosi, qui fait fortune et avec qui elle a cinq enfants[2].
Nancy Pelosi déclarait en 2006 la troisième fortune du Congrès (16 millions de dollars)[3]. Elle était alors classée comme la 48e femme la plus puissante au monde par le magazine Forbes. En 2007, elle était classée 26e[4], en 2019 3e et en 2020 7e.
Études et formation
Après un Bachelor of arts à Trinity College à Washington, elle part pour San Francisco et devient porte-parole du Parti démocrate pour la Californie du Nord.
Parcours politique
Représentante de Californie (depuis 1987)
Quand, en 1987, la représentante du 5e district de Californie, Sala Burton, décède d'un cancer, Nancy Pelosi est élue à 47 ans, à sa place, lors d'une élection partielle dans l'un des sièges les plus traditionnellement démocrates du pays. En 1993, son district est redécoupé et devient le 8e district de Californie, englobant la ville de San Francisco.
En 2001, elle est élue Minority Whip, adjointe du chef de la minorité démocrate de la Chambre des représentants (en), devenant la première femme à occuper ce poste. À la suite de la démission de Richard Gephardt, qui occupait ce poste après les élections de mi-mandat de 2002, Nancy Pelosi est élue pour le remplacer et devient la première femme à occuper la fonction de chef de parti au Congrès des États-Unis.
Représentante de l'un des districts les plus à gauche du pays, elle est considérée comme l'une des principales voix du courant progressiste. Elle a ainsi voté contre la résolution autorisant le président George W. Bush à entrer en guerre contre l'Irak, mais pour le financement des troupes une fois sur place, et contre les baisses d'impôts généralisées. Elle soutient le droit à l'avortement, s'oppose à la prière à l'école, à l'accord de libre-échange avec la Chine et défend les peines de substitution. Elle est aussi favorable à un retrait progressif des forces américaines d'Irak.
Sa réputation de libérale a toutefois été entachée par son vote en faveur du Patriot Act en 2001, même si elle fut imitée par la quasi-totalité des élus démocrates (elle a cependant voté contre son renouvellement).
À San Francisco, une des villes de son importance parmi les plus à gauche du pays, elle est généralement considérée comme une élue modérée.

Lors de la campagne pour les élections de mi-mandat de 2006, le programme démocrate qu'elle défend comporte six points principaux : le relèvement du salaire minimum, l'élargissement aux classes défavorisées de l’accès aux soins médicaux, la baisse du taux de crédit accordé aux étudiants, l'allègement de la charge fiscale de la classe moyenne et la réduction des coûts administratifs des petites et moyennes entreprises. Le , les démocrates remportent la majorité aux élections à la Chambre des représentants. Nancy Pelosi, confortablement réélue dans son district avec plus de 80 % des voix, devient alors la candidate naturelle en tant que chef de file des démocrates à la Chambre pour accéder au poste de porte-parole de la chambre basse du Congrès.
Présidente de la Chambre des représentants (2007-2011)
Le , Nancy Pelosi est désignée à l'unanimité par les élus du parti à la Chambre des représentants pour qu'elle soit leur candidate à la présidence de la chambre basse du Congrès. Elle est élue présidente de la Chambre des représentants des États-Unis le , faisant d'elle la première femme élue à cette fonction dans l'histoire du pays. Elle échoue cependant à persuader les démocrates de soutenir John Murtha (en), son bras droit et parrain en politique[5], pour diriger le groupe démocrate[6], qui est battu par 149 voix contre 86 par Steny Hoyer, représentant démocrate du Maryland.
En 2008, après une rencontre avec le dalaï-lama et des responsables du gouvernement tibétain en exil, Pelosi a critiqué la République populaire de Chine pour sa gestion des troubles au Tibet. S'adressant à une foule de milliers de Tibétains à Dharamsala, en Inde, Pelosi a appelé les « peuples épris de liberté » du monde entier à dénoncer la Chine pour ses violations des droits de l'homme au Tibet[7].
En 2010, elle joue un rôle important dans l'adoption de l'Obamacare, notamment en rejetant l'idée d'une réforme de la santé moins ambitieuse, une option défendue par le chef de Cabinet de la Maison Blanche Rahm Emanuel alors que le projet initial semblait enlisé au Congrès[8].
À nouveau chef de l’opposition à la Chambre (2011-2019)
Bien que Nancy Pelosi soit réélue confortablement aux élections de mi-mandat de 2010, le Parti démocrate y perd 63 sièges et la Chambre des représentants devient à majorité républicaine. Son successeur à la présidence de la Chambre est John Boehner puis Paul Ryan en 2015. Elle est élue chef de la minorité démocrate (minority leader) pour les 112e, 113e, 114e et 115e congrès des États-Unis. Elle déclare que si Hillary Clinton avait gagné à la présidentielle de 2016, elle aurait pris sa retraite[9].
Alors que les démocrates l’emportent aux élections de mi-mandat de 2018, elle fait l’objet d’une contestation au sein de son parti en raison de son profil modéré, de sa longévité en politique (âgée de 78 ans, elle vient d’être élue pour un 15e mandat de représentante) et de son impopularité[10],[11]. Elle remporte finalement le vote interne à son parti le , puis l’élection en plénière le [11].
Retour à la présidence de la Chambre des représentants (2019-2023)
Avec les démocrates de la Chambre des représentants, l'une de ses premières actions est de mettre en place un comité sur le changement climatique (présidé par Eddie Bernice Johnson) afin d'agir contre le réchauffement climatique et contre les attaques de l'administration Trump envers les scientifiques travaillant sur l'environnement[12].

Contrairement à plusieurs autres parlementaires démocrates, elle se montre réservée sur le lancement d'une procédure de destitution de Donald Trump à l'approche de l'élection présidentielle de 2020[13]. Cependant, sous la pression de son parti, elle annonce le l'ouverture d'une enquête en vue d'une destitution du président[14], qui se termine par l'acquittement de Donald Trump au Sénat.
Le , à l'issue du discours sur l'état de l'Union prononcé devant le Congrès par Donald Trump, elle déchire sa copie du discours pour protester contre ce qu'elle qualifie de "mensonges" de la part du président. Ce geste, en rupture avec les traditions et le décorum entourant traditionnellement le discours sur l'état de l'Union, est largement critiqué par Trump et les élus républicains[15].
Le , elle est réélue comme présidente de la Chambre des représentants, après que les démocrates aient conservé leur majorité à la Chambre des représentants lors des élections du [16].
Le à Washington D.C., elle co-préside avec Mike Pence la session du 117e congrès appelée à certifier le vote du collège électoral de l'élection présidentielle 2020 donnant la victoire à Joe Biden, quand les partisans de Donald Trump prennent d'assaut le Capitole. Son bureau est vandalisé par plusieurs insurgés pendant l'assaut[17].
Le lendemain, elle en appelle à un départ immédiat du président, soit par sa démission, soit par l'invocation par les membres du Cabinet du vingt-cinquième amendement de la Constitution, et affirme être prête à lancer une nouvelle procédure de destitution si nécessaire[18]. Le , elle déclare qu'elle lancera une nouvelle procédure de destitution si Mike Pence n'invoque par le vingt-cinquième amendement dans les 24 heures[19]. Après le refus de Pence, la Chambre des représentants vote le la mise en accusation du président et l'ouverture de la seconde procédure de destitution de Donald Trump afin de l'empêcher de briguer un nouveau mandat en 2024[20]. En février, après cinq jours de procès au Sénat, Donald Trump est acquitté.
Dans les premiers mois de la présidence de Joe Biden, alors que les démocrates ne disposent que d'une majorité de cinq sièges à la Chambre des représentants, elle joue un rôle majeur dans l'adoption par le congrès des principaux projets portés par le président, dont le plan de relance après la pandémie, un plan d'investissement dans les infrastructures ou encore la loi sur la réduction de l'inflation de 2022 (un vaste projet incluant une réforme fiscale, des investissements dans la transition écologique et des mesures destinées à faire baisser le coût des médicaments)[21].

Le , elle visite Taïwan, devenant le plus haut responsable politique américain à se rendre sur l'île en 25 ans[22]. Son voyage ravive les tensions entre les États-Unis et la Chine. La visite a lieu malgré les avertissements de la Chine. À la suite de son arrivée à Taïwan[23], l'armée chinoise déclare être en état d'alerte maximale et annonce son intention de lancer des « opérations militaires ciblées » près de Taïwan, y compris en direct - des exercices d'incendie, des exercices aériens et maritimes conjoints et des lancements d'essais de missiles[24]. Nancy Pelosi déclare que sa visite est un signe de l'engagement du Congrès américain envers Taïwan. Elle considère alors Taïwan comme l'une des « sociétés les plus libres du monde »[25].
Le , un homme pénètre dans sa résidence à San Francisco avec la volonté de s'en prendre à elle, mais elle se trouve alors à Washington. C'est son mari, Paul, qui subit l'agression au marteau. L'intrus, arrêté peu après, fait partie de la mouvance d'extrême-droite QAnon (agression contre Paul Pelosi)[26]. Il est condamné à la prison à vie en [27].
Après les élections de 2022, le Parti républicain devenant majoritaire à la Chambre, elle décide de ne pas se représenter pour briguer un nouveau mandat de cheffe de délégation des démocrates. C'est Hakeem Jeffries, élu de l'État de New York, qui lui succède au poste de leader de la minorité, premier afro-américain à devenir chef d'un parti au Congrès[28]. Nancy Pelosi continue néanmoins de siéger comme représentante de Californie[29].
Après la présidence de la Chambre (depuis 2023)
En , dans le contexte de guerre à Gaza, elle demande qu'une enquête du FBI soit dirigée contre les organisateurs de manifestations pour un cessez-le-feu, estimant qu'ils pourraient être liés à la Russie[30]. En , elle figure parmi les élus démocrates signant une lettre au président Joe Biden demandant l'arrêt des livraisons américaines d'armement au gouvernement israélien[31].
Le , elle est décorée de la médaille présidentielle de la Liberté par le président Joe Biden[32].
Elle joue un rôle clé dans les efforts de certains élus démocrates pour convaincre Joe Biden de se retirer de l'élection présidentielle de 2024 après son débat contre Donald Trump[33]. Quelques jours après son retrait, elle apporte son soutien à Kamala Harris[34]. Elle est réélue pour un vingtième mandat à la Chambre lors des élections de novembre 2024[35].
À l'été 2025, elle joue un rôle important dans la décision du gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, d'organiser un référendum pour amender la constitution de l'État pour contourner la commission indépendante chargée du découpage des circonscriptions pour la Chambre des représentants des États-Unis et établir un découpage plus favorable aux démocrates, après que plusieurs États dont le Texas ait décidé de redécoupages plus favorables aux républicains[36]. La mesure est largement approuvée par les électeurs le [37]. Deux jours plus tard, elle annonce qu'elle ne briguera pas de nouveau mandat lors des élections de , mettant un terme à une carrière de près de 40 ans au Congrès[38].
Historique électoral
Chambre des représentants des États-Unis
| Année | Nancy Pelosi | Républicain | PFP | Libertarien | Indépendant | NLP | Vert |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1987 | 63,36 % | 30,67 % | 1,51 % | 1,37 % | 2,19 % | — | — |
| 1988 | 76,41 % | 19,28 % | 2,27 % | 2,04 % | — | — | — |
| 1990 | 77,18 % | 22,82 % | — | — | — | — | — |
| 1992 | 82,47 % | 11,04 % | 3,25 % | 3,23 % | — | — | — |
| 1994 | 81,85 % | 18,15 % | — | — | — | — | — |
| 1996 | 84,34 % | 12,39 % | — | — | 0,01 % | 3,26 % | — |
| 1998 | 85,83 % | 12,05 % | — | — | — | 2,12 % | — |
| 2000 | 84,41 % | 11,74 % | — | 2,62 % | — | 1,22 % | — |
| 2002 | 79,58 % | 12,50 % | — | 1,66 % | — | — | 6,25 % |
| 2004 | 82,95 % | 11,51 % | 3,53 % | — | 2,02 % | — | — |
| 2006 | 80,39 % | 10,72 % | — | 1,49 % | — | — | 7,39 % |
| 2008 | 71,91 % | 9,68 % | — | 2,28 % | 16,17 % | — | — |
| 2010 | 80,10 % | 15,12 % | 2,46 % | 2,31 % | 0,01 % | — | — |
| 2012 | 85,08 % | 14,92 % | — | — | — | — | — |
| 2014 | 83,25 % | 16,75 % | — | — | — | — | — |
| 2016 | 80,87 % | — | — | — | 19,13 % | — | — |
| 2018 | 86,8 % | 13,2 % | — | — | — | — | — |
| 2020 | 77,6 % | 7,7 % | — | — | — | — | — |
| 2022 | 84,0 % | 16,0 % | — | — | — | — | — |
| 2024 | 81,0 % | 19,0 % | — | — | — | — | — |
Distinctions
Décorations étrangères
Grand-croix de l'ordre du Mérite de la République italienne (Italie), le [42] – officier le [43].
Chevalier grand cordon de l'ordre du Soleil levant (Japon), le [44].
Grand-croix ordre du Cœur d'or (Philippines), le [45].
Dame grand-croix de l'ordre d'Isabelle la Catholique (Espagne), le [46].
Grand-croix classe spéciale de l'ordre des Nuages propices (Taïwan), le [47].
Membre de l'ordre de la princesse Olga (Ukraine), le [48].
Grand officier de l'ordre du prince Iaroslav le Sage (Ukraine), le [49].- Prix Lumière de la vérité le [50].