Agriculture au Burkina Faso
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| Principales cultures |
vivrières : mil, sorgho, maïs, riz, fonio exportation : coton |
|---|---|
| % du PIB | 18,4 % (2020) |
| % de la population active occupée | 82 % (2012) |
| Superficie cultivée | 5,7 millions d'ha |
| Cheptel ovin | 7,5 millions |
| Cheptel caprin | 11,4 millions |
| Cheptel bovin | 8,1 millions |
| Pêche | 13 000 tonnes (2012) |



Le secteur agricole constitue une composante de l’économie du Burkina Faso. Il contribue pour 35 % au produit Intérieur Brut (PIB) du pays et emploie 82 % de la population active[1].
La production agricole est dominée par les céréales (sorgho, mil, maïs et riz), principales cultures vivrières, par le coton, principale culture de rente, et par l’élevage. L’arboriculture et le maraîchage occupent aussi une place non négligeable.

Les terres à vocation agricole sont estimées à 11,8 millions d’hectares, mais seulement 5,7 millions d’hectares sont cultivées[1].

L’agriculture burkinabè est très majoritairement au début des années 2010 une agriculture familiale avec 900 000 exploitations [2] environ de moins de 5 ha, soit 72 % du total des exploitations. Les exploitations de plus de 20 ha, au nombre de 15 000 environ, sont très minoritaires. Elles sont en partie détenues par des investisseurs privés. Une classe intermédiaire entre 5 et 20 ha existe toutefois ; elle représente 335 000 exploitations, soit 26 % de l’ensemble.
Il s’agit d’une agriculture de type pluvial rythmée par l’alternance de la saison sèche (novembre à avril en moyenne) et de la saison des pluies (juin à septembre en moyenne), les mois de mai et octobre étant des mois de transition. La durée de chacune de ces périodes varie cependant selon les zones, la durée de la saison sèche augmentant lorsqu’on remonte vers la zone sahélienne du nord. Les surfaces irriguées sont faibles avec à peine 46 000 ha de périmètres irrigués et 37 500 ha de bas-fonds, très en deçà des potentialités[Quand ?].
Pour l'irrigation, ce pays a, en 2021, 1 100 barrages dont 40 % sont en état de dégradation très avancé, 50 % sont en état de dégradation moyennement avancé et seulement 10 % sont en bon état[3].
Le secteur agricole burkinabè, malgré les progrès réalisés au cours des dernières années, souffre d’une faible productivité en raison de plusieurs facteurs défavorables : aléas climatiques, baisse de la fertilité des sols, faiblesse des infrastructures notamment des routes, manque d’organisation des filières (hors celle du coton), faiblesse des investissements, insuffisance de formation des ressources humaines...
En 2015, près de 100 000 paysans pratiquaient l’agriculture biologique[4].
Politique agricole
Dans les années 1980, le président du Burkina Faso Thomas Sankara décide de faire de la production locale une priorité. La production de céréales, proche de 1,1 milliard de tonnes avant 1983, va grimper à 1,6 milliard de tonnes en 1987. Jean Ziegler, ancien rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation de l’ONU, souligne alors que le pays «est devenu alimentairement autosuffisant »[4].
Au cours des années 1990, comme dans bon nombre d’autres pays africains, le gouvernement a mis en œuvre un Programme d’Ajustement du Secteur Agricole (PASA). Ce programme avait pour objectifs la libéralisation du commerce des produits agricoles, la privatisation des entreprises agro-industrielles ainsi que la suppression des taxes sur les produits d'importation, pour faire baisser les prix pour les consommateurs. Mais la perte de revenus pour les paysans n'a pas été suffisamment compensée par des mesures de soutien comme les subventions à l'achat d'intrants[2].
En 2000 est adopté un cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) avec un important volet agricole traduit en 2003 dans la Stratégie de Développement Rural (SDR). Les principaux objectifs de la SDR sont les suivants:
- accroître les productions agricoles, pastorales, forestières, fauniques et halieutiques grâce à l’amélioration de la productivité
- augmenter les revenus grâce à une diversification des activités économiques en milieu rural
- renforcer la liaison production/marché
- assurer une gestion durable des ressources naturelles
- améliorer la situation économique et le statut social des femmes et des jeunes en milieu rural
- responsabiliser les populations rurales en tant qu’acteurs de développement.
En , la stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD 2011-2015) a remplacé le CSLP. La SCADD est en cohérence avec la politique régionale de développement adoptée par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Elle est déclinée dans un Programme National du Secteur Rural (PNSR) qui comporte un certain nombre de projets opérationnels, relatifs par exemple au développement des filières prioritaires, de développement de l’irrigation et de l’accès à l’eau potable, de création d’un pôle de croissance dans le Centre Est du pays,…
Mais les résultats concrets de ces politiques demeurent incertains. Selon la FAO, en dépit des progrès effectués dans l’adoption d’une approche sectorielle, les politiques agricoles sont mises en œuvre à travers de nombreux programmes, projets et politiques commerciales qui ne sont pas clairement priorisés[2]. De plus, certains programmes ont été annulés avant même d’avoir été mis en œuvre.
Par ailleurs, certaines organisations de la société civile burkinabé considèrent que les orientations politiques devraient donner la priorité à la souveraineté alimentaire du pays et rompre avec les politiques commerciales libérales édictées par l’OMC, ceci afin de protéger les populations rurales de la concurrence exercée par les produits agricoles importés à bas prix et de lutter plus efficacement contre la pauvreté.





