Agustina González López

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Décès
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VíznarVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Agustina Mercedes González LópezVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
La Zapatera, AmeliaVoir et modifier les données sur Wikidata
Agustina González López
Portrait d'Agustina González López pour son livre Justificación (1927).
Biographie
Naissance
Décès
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VíznarVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Agustina Mercedes González LópezVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
La Zapatera, AmeliaVoir et modifier les données sur Wikidata
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Conflit

Agustina González López, née en 1891 à Grenade et morte assassinée, fusillée par les nationalistes durant la guerre d'Espagne à Víznar en 1936, est une écrivaine, intellectuelle, peintre d'avant-garde et femme politique espagnole du xxe siècle.

Surnommée La Zapatera, elle a inspiré deux héroïnes féministes du théâtre de Federico García Lorca: La Zapatera (La Savetière prodigieuse[1]) et Amelia (La Maison de Bernarda Alba)[2].

Amelia, gravure et caricature d'elle-même (1928).

Agustina González López naît près de la Placeta de Cauchiles, dans le quartier d'El Albaicín de Grenade, en Andalousie.

Elle étudie au Real Colegio de Santo Domingo de Grenade, intéressée dès son plus jeune âge par l'astronomie et la médecine. Quand son père meurt, ce sont ses frères aînés et ses oncles paternels qui s'occupent de son éducation. Elle est autorisée à lire après une discussion au sein de sa famille. Pour éviter cette surveillance stricte, elle commence à s'habiller en homme. Découverte, elle brandit sa « folie sociale » pour éviter d'être punie. Cependant, étant donné que sa famille pense qu'elle souffre d'hystérie, elle doit subir de longues périodes alitée et suivre des régimes stricts.

Influencée par les idées de l'écrivain Bartolomé José Gallardo, auteur d'un « Dictionnaire critique burlesque », et de celles du bibliographe Cayetano Alberto de la Barrera y de Leirado, elle publie en 1916 l'essai Idearium Futurismo[3], où elle préconise une simplification de l'orthographe[4],[5]:

« El sistema futurista de eskribir resuelbe las difucultades ortográfikas por lo mismo ke simplifika la ortografía. Este libro ba todo esckrito en futurismo… (fragment du prologue d'« Idearium Futurismo », qui supprime les consonnes c, h q, v, x, y, z.) »

 Andalucía en la Historia

C’est à cette époque qu’elle rencontre le poète Federico García Lorca, qui s’est inspiré d’elle pour créer le personnage principal de sa pièce de théâtre La Savetière prodigieuse[6] mais aussi le personnage d'Amelia dans La Maison de Bernarda Alba », puisqu'elle se fait appeler par ce prénom, qu'elle utilise également pour signer ses écrits[7],[8].

Liée à la franc-maçonnerie, elle publie en 1928 Les Lois secrètes (Las Leyes Secretas), livre dans lequel elle exprime sa conception théosophique de la vie et de la mort. Elle y raconte comment, en pratiquant l'hypnose, elle a réussi à dessiner la couleur des esprits et leurs formes. Dans son essai Justification (Justificación), elle cherche à expliquer les raisons de sa conduite scandaleuse. Elle édite elle-même ses livres et les vend dans la cordonnerie familiale.

En 1933, elle se présente aux élections générales, pour le "Partido Entero Humanista"[9]. L'idéologie de ce parti consistait en un mélange de contenu ésotérique (Entier) et de confiance en l'être humain (Humanisme). Elle est soutenue par deux membres du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE): Alejandro Otero Fernández et Rafael García Duarte Salcedo. María Lejárraga se présentait aux mêmes élections, également dans la circonscription de Grenade. Agustina González obtient 9 voix dans la capitale et 6 dans les villages.

Elle meurt fusillée par les nationalistes en pendant la guerre d'Espagne dans la commune de Víznar[10]. Juan Luis Trescastro, qui se vantait d'avoir assassiné García Lorca, s'est également attribué la mort de La Zapatera "parce que c'était une pute"[11]. Après sa mort, en 1939, elle fut jugée, accusée d'avoir appartenu à la franc-maçonnerie et sympathisé avec les partis de gauche. Elle fut condamnée à une indemnisation de 8000 pesetas que dut payer sa famille.

Francisco Ayala se souvient d'elle dans son livre Mi cuarto a espadas, comme d'"une personnalité extravagante, probablement une cinglée. Elle flânait beaucoup dans les rues, elle entrait – seule! – dans les cafés et restaurants et elle écrivait des choses absurdes qu'elle faisait imprimer et mettait en vente dans la vitrine de sa cordonnerie. Comme on peut le comprendre, une telle conduite était intolérable. La Zapatera était une femme indépendante, y compris en termes économiques, et la désapprobation sociale, à peine réfrénée, devait se défouler à travers des moqueries plus ou moins sanglantes ... J'ai entendu dire – et lu – qu'en 1936, pendant les premiers jours du soulèvement, dont les horreurs trouvèrent une scène privilégiée à Grenade, ils ont fusillé la Zapatera – ce qui ne m'étonne pas, et j'irais jusqu'à dire que cela me paraît normal dans la monstruosité d'une situation propice à laisser libre cours à toutes les mauvaises passions, telles que la rancoeur accumulée dans le machisme.[12]"

Dramaturge

Agustina González a écrit deux pièces de théâtre: Lorsque la vie se tait, comédie en trois actes, qui fut jouée et mal accueillie par la critique, et le drame Les prisonniers de l'espace, dont on ne sait pas s'ill a été joué. Dans cette œuvre, elle mettait en scène les supposés théosophiques. Elle comporte trois actes, nombre symbolique, et sept tableaux. Les personnages, qui agissent dans le présent, le passé et le futur, délimitent les frontières entre le monde de la matière et celui de l'esprit. Son idéal féministe la conduisit aussi à doter d'une nature féminine la troisième personne de la Trinité, le saint-esprit, comme l'avait fait Helena Blavatsky, l'une des fondatrices de la Société Théosophique.

Œuvres

  • 1916 : Idearium futurismo (essai)
  • 1918 : Cuando la vida calla (comédie)
  • 1927 : Las leyes secretas (essai)
  • 1928 : Justificación (essai)
  • 1929 : Los prisioneros del espacio (tragédie)
  • 2019 : Clemencia a las estrellas. Editorial Ménades; 2019. Recueil d'essais.

Postérité

  • En 2019, l'écrivaine et éditrice madrilène Gema Nieto publie Clemencia a las estrellas (Editorial Menades), qui rassemble ses trois essais Justificación», «Las leyes secretas» et «Idearium Futurista»[13].

Voir aussi

Notes et références

Liens externes

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