Aisne au Moyen Âge
From Wikipedia, the free encyclopedia
L'Aisne est l’un des quatre-vingt-trois départements créés en 1790. Il est constitué de territoires issus de la Champagne, notamment la Brie, ainsi que de la Picardie, comprenant le Laonnois, le Soissonnais, le Noyonnais, le Valois, le Vermandois et la Thiérache.
Dans cet article, le Moyen Âge est abordé à partir du territoire correspondant aux limites géographiques actuelles du département.
L'histoire du département de l'Aisne durant l'Antiquité se termine en 486, avec la défaite de Syagrius à Soissons, face aux Francs saliens conduits par Clovis. C'est le début du Moyen Âge dans la région.
La conquête de Soissons est le premier exploit de Clovis Ier. Il décide de faire de cette ville sa première capitale et y résidera pendant plus de vingt ans. Après avoir assis son autorité sur la Gaule, grâce à ses conquêtes, ses intrigues, l'appui des évêques après son mariage avec Clotilde, et sa conversion, il choisira Paris comme capitale.
À sa mort, son royaume est partagé entre ses quatre fils. Soissons et toute la région environnante sont attribuées à Clotaire Ier qui revient à Soissons et en fait sa capitale. Clotaire Ier parvint à réunir les parts de ses deux frères, Childebert et Clodomir. La Neustrie était née alors que le royaume de Metz était désigné sous le nom d'Austrasie.
Clotaire Ier passe les dernières années de sa vie dans sa villa de Braine. À sa mort, le royaume de Neustrie est divisé entre ses deux fils : Chilpéric Ier et Caribert. À la mort de Caribert, Chilpéric Ier récupère la part de son frère et reconstitue le royaume de Neustrie.
La situation de l'Aisne actuelle fait que la région est à l'époque aux limites de ces deux états : Neustrie et Austrasie. Les deux royaumes étaient rivaux et la région a souffert des hostilités entre les deux royaumes. La région a été sous la domination de Frédégonde qui dirigea les affaires du royaume après la mort de son époux Chilpéric Ier, leur fils Clotaire II étant âgé de quatre mois. La région semble avoir été, de manière intermittente, soumise à l'influence de l'Austrasie et de Brunehilde qui dirigeait la politique des rois de ce royaume.
Autour de Soissons, se déroulèrent les évènements les plus importants entre les deux royaumes.
En 593, à Droizy (15 km au sud de Soissons), l'armée de Childebert II est défaite et, en 596, à Latofao (aujourd'hui Laffaux, entre Soissons et Laon), Thibert II est défait.
En , lors de la bataille de Tertry en Vermandois (à quinze kilomètres à l'ouest de Saint-Quentin), Pépin de Herstal, maire du palais d'Austrasie, remporte une victoire sur Berchaire, maire du palais du roi mérovingien Thierry III de Neustrie.
L'Aisne sous Charlemagne et ses successeurs

En 751, Pépin le Bref est proclamé roi et sacré par saint Boniface, à Soissons ; il déplace sa capitale sur Paris ; la région perd son importance politique,
En 768, à la mort de Pépin le Bref, son fils aîné Carloman est élevé au trône par le consentement des grands et la consécration des évêques à Soissons pendant que son frère, Charles (futur Charlemagne), est proclamé à Noyon.
Carloman meurt le au palais carolingien de Samoussy. Charles provoque une réunion des principaux évêques à Corbeny et se fait octroyer la couronne de son frère.
Charlemagne vint de temps en temps dans l'Aisne : en 804, il reçoit le pape Léon III à Reims et à Quierzy.
Son successeur, Louis le Pieux, dit aussi Louis le Débonnaire, connut un règne agité par les conflits familiaux. Dans le partage qui suivit sa mort et qui fut ratifié par le traité de Verdun, la région de l'Aisne fut comprise dans la part attribuée à Charles II le Chauve, son dernier fils.
Le capitulaire de Quierzy

À Quierzy, Charles le Chauve accomplit l'acte important de son règne : le capitulaire de Quierzy qui est l'élément fondateur de la féodalité[1].
Charles souhaitait, en effet, obtenir l'appui et le dévouement de ses vassaux dans le cadre de ses visées impériales et la défense de ses états contre les Normands.
Les Normands
La région actuelle de l'Aisne connut les incursions normandes qui dévastèrent les palais carolingiens de Quierzy et de Servais.
En 882, l'abbaye Saint-Vincent de Laon est pillée et incendiée une première fois par l'envahisseur viking[2]. Dix ans plus tard, après un deuxième pillage, les moines abandonnent l'abbaye. En 925, l'évêque Adelelme de Laon et le roi Raoul favoriseront leur retour[3].
En 883, Charles le Gros achète la paix à leurs chefs Siegfried et Godfried qui se retirent de la vallée de la Meuse pour envahir celle de la Somme. Ils brûlent au passage Saint-Quentin et s'avancent jusqu'à Laon et de Reims. Au retour, ils pillent Château-Thierry.
Au cours de l'hiver 885/886, pendant que les hommes de Siegfried assiègent Paris, la vallée de l'Aisne subit de nombreuses incursions de la part des envahisseurs nordiques ; ils arrivent entre autres jusqu'à Soissons et incendient l'abbaye Saint-Médard.
Lorsque Charles le Gros est déposé, les seigneurs de la région proclament, comme tous les autres seigneurs du royaume, Eudes comme roi.
Eudes et la réaction carolingienne
L'avènement de Eudes Ier en lieu et place du successeur légitime, Charles le Simple, a soulevé une réaction des carolingiens
Le comte de Flandre, Baudouin II de Flandre s'oppose à Eudes Ier ; le comte Waucher (ou Valtguire) s'empare de Laon. Eudes Ier reprend la ville et fait décapiter Waucher. En Aquitaine il ne peut maîtriser le parti carolingien : les chefs, Foulques, archevêque de Reims, et Pépin, comte de Vermandois, sacrent roi Charles, fils de Louis le Bègue. Eudes Ier revint entre Laon et Reims pour contraindre les chefs de la réaction carolingienne à traiter avec Zwentibold, roi de Lorraine qui pénètre en France et assiège Laon. Il est défait par Eudes Ier, ainsi que Foulques et de Pépin.
Eudes Ier promet à Charles le Simple qu'il lui succédera. Charles le Simple devient roi, à la mort d'Eudes, à La Fère, en 898.
L'Aisne sous Charles le Simple

Charles ne possède, en propre, que les comtés de Laon et de Soissons. Il s'entoure d'Haganon comme conseiller, qui va s'aliéner les seigneurs.
En 920, les grands seigneurs tiennent une assemblée à Soissons : ils se séparent du roi et lui dénient toute suzeraineté. Le roi résiste. Ses vassaux prennent les armes et Laon tombe aux mains de Robert, comte de Paris : il se fait sacrer roi à Reims, le .
Après cette destitution forcée, Charles, par l'intermédiaire du même Haganon, traite avec les Lorrains et les Normands. Les tractations permettent la levée d'une armée qui, sous la conduite de Charles, pénètre sur le territoire de l'Aisne et marche en direction de Soissons.
Le , l'armée de Charles le Simple rencontre celle de Robert, à Soissons. Dans la bataille, Robert est tué. Les pertes ayant été nombreuses au sein des deux armées, Charles ne put poursuivre l'armée défaite et dut se réfugier en Lorraine.
Profitant de ce repli, le , les princes proclament et font sacrer à Saint-Médard de Soissons Raoul, duc de Bourgogne et gendre de Robert.
Le comte Herbert de Vermandois

Le comte de Vermandois soutient d'abord Charles, puis s'en détourne lors de sa destitution.
Peu de temps après le sacre de Raoul, Herbert se brouille avec le nouveau monarque et décide de faire appel à Charles. Le roi déchu répond à son appel. Arrivé à Saint-Quentin, Charles est capturé par Herbert, conduit à Château-Thierry, et transféré à Péronne.
Herbert profite de sa « prise » pour obtenir du roi Raoul le siège archiépiscopal de Reims sur lequel il place son fils à peine âgé de cinq ans, le château de Péronne, le comté de Laon.
Le pape Jean X intervint auprès d'Herbert afin qu'il libère Charles. Herbert convoque, en , un synode de six évêques pour délibérer sur la question à Trosly, près de Coucy. Charles meurt en 929. Raoul se mit immédiatement en campagne contre Herbert.
Reims est reprise et son tout jeune archevêque renvoyé. Laon est également reprise, malgré une forte résistance. Saint-Quentin se rend.
Herbert décide de s'enfuir et se réfugie auprès du roi de Germanie, Henri l'Oiseleur.
Les villes et régions reprises par Raoul restent fidèles au fuyard. Noyon et Saint-Quentin se révoltent ; en 935, à Soissons, un traité de paix est signé, qui rend à Herbert le Vermandois et la citadelle de Laon.
Lutte des derniers carolingiens

En 936, à la mort de Raoul, Hugues le Grand fait revenir le fils de Charles le Simple, Louis IV d'Outremer ; il avait suivi sa mère en Angleterre où elle s'était réfugiée.
Louis IV d'Outremer est sacré roi à Laon par l'archevêque de Reims, Artaud. Le sacre de Louis ne fut qu'un répit.
Le domaine royal de Louis IV incluait les comtés de Soissons et de Laon. Son ambition était grande. Trop grande aux yeux de ses vassaux. Ils prirent les armes et s'opposèrent à ses ambitions.
Ils assiègent Reims ; l'archevêque Artaud, fidèle à son roi, doit traiter : il renonce à son siège épiscopal, qui fut rendu au fils de Herbert de Vermandois ; celui-ci en avait été chassé par Raoul (cf.le Comte Herbert de Vermandois ci-dessus).
Les vassaux marchèrent ensuite sur Laon qui restait fidèle au roi Louis IV. La ville résista jusqu'à la paix générale, décrétée en .
Peu de temps après, Herbert meurt. Ses domaines sont partagés entre ses quatre fils. L'un eut le comté de Vermandois, l'autre celui de Château-Thierry, un troisième l'abbaye de Saint-Médard et le dernier, l'archevêché de Reims. La maison de Vermandois voit sa puissance divisée par quatre ; elle ne pourra plus contrebalancer la maison de Hugues le Grand.
Malgré la paix de 942, Louis IV perd de nombreuses possessions ; il se tourne vers la Normandie, fit enlever le duc Richard Ier de Normandie, alors enfant, et le fit enfermer à Laon. Le duc parvint à s'échapper et se réfugia au château de Coucy, et regagna son duché de Normandie.
Louis IV propose à Hugues le Grand de conquérir avec lui la Normandie. Le roi est capturé par les Normands et enfermé à Rouen.

Hugues le Grand intervint pour faire libérer Louis IV, en échange de Laon, dernier centre de la résistance carolingienne à la maison des ducs de France.
Louis IV perd sa ville. Il négocie avec Otton, son beau-frère, quelques troupes armées : il reprend Laon, à l'exception de la tour qui porte son nom. Le combat se traîne, les armes sont déposées. Hugues rend Laon et Soissons à Louis IV.
Après la reprise de Laon et le gain de Soissons, le roi passe ses dernières années à combattre ses vassaux en révolte perpétuelle contre lui. Il meurt à Reims en 954, d'une chute de cheval au cours d'une partie de chasse organisée sur les terres d'Ecry (Asfeld actuel).
Lothaire, fils de Louis IV, succéde à son père. Il a un fils Louis V qui sera le dernier roi carolingien.
Le Laonnois fut encore la résidence des rois Lothaire et Louis V, mais les évènements marquant l'extinction des carolingiens se déroulèrent hors de la région.
Lothaire meurt en 986, et son héritier, Louis, meurt en 987. Hugues Capet, duc de France et roi de fait, est sacré à Noyon par l'archevêque de Reims, Adalbéron.
Au début du XIIIe siècle l'Aisne est un enchevêtrement de territoires, partagés entre différentes puissances majeures, comprenant le roi lui-même, le comte de Champagne, les comtes de Dreux, les évêques de Laon, et les puissants seigneurs de Coucy[4].
Le sac de Soissons
En 1414, l'armée du roi de France Charles VI met le siège devant Soissons, occupée par les troupes de Jean sans Peur, duc de Bourgogne. Le , la ville est prise, pillée et incendiée.
Guerres contre Charles Quint
Trêve de Crépy
Après avoir envahi la Provence et la Champagne, Charles Quint est vaincu à Cérisoles le . Le , dans l'église Notre-Dame, il doit signer la paix de Crépy qui met fin à la guerre contre François Ier.
