Alain Orsoni
homme politique français
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Alain Orsoni, né le à Ajaccio (Corse) et mort assassiné le à Vero (Corse-du-Sud), est un homme politique, homme d'affaires et dirigeant sportif français, frère de Guy Orsoni.
| Dirigeant Mouvement pour l'autodétermination | |
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| à partir de |
| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom dans la langue maternelle |
Alanu Orsoni |
| Nom de naissance |
Alain André Orsoni |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités |
Homme politique, dirigeant de football |
| Appartenance ethno-culturelle | |
| Père |
André Orsoni (d) |
| Mère |
Marinette Catherine Orsoni (d) |
| Fratrie | |
| Enfant |
Guy Orsoni (d) |
| Parti politique |
Mouvement pour l'autodétermination (à partir de ) |
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| Idéologie | |
| Membre de | |
| Conflit |
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| Sport |
Il est le dirigeant du Mouvement pour l'autodétermination (MPA), mouvement créé à la suite d'une scission au sein de l'aile politique du mouvement indépendantiste corse. Soupçonné d'affairisme et d'implication dans le crime organisé corse tout comme son fils Guy, il s'exile volontairement en Amérique latine, puis revient en Europe à la fin des années 1990. Il fait son retour sur la scène publique insulaire une douzaine d'années plus tard, en devenant le président du club de football AC Ajaccio en .
Victime d'une tentative d'assassinat en 2008 par le gang du Petit Bar, il est assassiné le par un tireur embusqué lors des obsèques de sa mère.
Biographie
Débuts
Dans les années 1950, son père, André Orsoni, parachutiste et héros de la Seconde Guerre mondiale, rentre de l'Indochine et rempile dans la guerre d'Algérie. Il déserte en 1961 après les barricades d'Alger. Sa mère, Marinette, est un femme politique qui fut maire de Vero (Corse-du-Sud).
Alain Orsoni obtient son bac économique en 1972. Puis il part à Paris, où il fait ses études à Assas et milite au Groupe union défense, un mouvement étudiant d'extrême droite[3]. À la même époque, il fréquente dans son village en Corse[Lequel ?] des étudiants nationalistes de Nice, dont Léo Battesti. En 1975, lors des événements d'Aléria, il fait partie du groupe dirigé par Edmond Simeoni qui occupe la cave d'un viticulteur pied-noir à Aléria, tout comme son frère Guy. L'opération tourne mal, deux gendarmes sont tués lors de l'assaut. Alors, Orsoni organise sa première cavale dans un camping avant de rejoindre, l'année suivante, le Front de libération nationale corse (FLNC) naissant[3].
En , il est arrêté en compagnie de six autres militants nationalistes, à la suite d'un attentat contre des gendarmes devant l'ambassade d'Iran à Paris, avenue d'Iena, survenu le de la même année qui fait quatre blessés.[citation nécessaire] Il est libéré en décembre 1981 (après avoir notamment entamé une grève de la faim) après l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République dans le cadre d'une loi d'amnistie. Revenu en Corse, il reprend du service au FLNC et est alors contacté par le capitaine Paul Barril qui dit agir au nom de l'Élysée, négociations brèves et sans lendemain.[citation nécessaire]
Mort de son frère
Le , son frère Guy Orsoni est assassiné[4]. Les commanditaires sont rapidement arrêtés par la police. Les raisons de cet assassinat, exécuté par des voyous, semblent avoir été de plaire au pouvoir en place sans que celui-ci soit au courant[pas clair]. C'était en fait Alain Orsoni qui était visé et non son frère. Alain Orsoni raconte dans son livre Maquis ardent comment le FLNC a alors décidé de constituer un commando Guy Orsoni dont la seule tâche a été de liquider tous ceux qui avaient participé à l'assassinat de son frère. Cette vengeance culminera avec l'exécution dans la prison d'Ajaccio de Jean-Marc Leccia, trafiquant de drogue notoire, et de Salvatore Contini, membre repenti de la mafia sarde. Trois militants sont alors arrêtés dans l'enceinte de la prison et jugés un an et demi plus tard à Lyon.
Alain Orsoni affirme ne pas avoir participé au commando du qui se charge des représailles pour « donner à l'affaire une dimension essentiellement politique[réf. nécessaire] », le FLNC ayant semble-t-il décidé de ne pas en faire une vengeance familiale. Après cette action, il est condamné en 1984 pour apologie de meurtre, en compagnie de Léo Battesti. Des années plus tard, il déclare dans le documentaire Génération FLNC : « C'est le plus grand regret de ma vie de pas y avoir été ». Son fils, nommé Guy en hommage à son oncle assassiné, naît le jour même de cette action.
Mouvement corse pour l'autodétermination
En 1986, il est élu à l'Assemblée territoriale de Corse sous l'étiquette du Mouvement corse pour l'autodétermination (MCA).
En 1990, à la suite d'une scission au sein du mouvement indépendantiste, il fonde, avec nombre d'anciens cadres dirigeants du FLNC, le Mouvement pour l'autodétermination (MPA), surnommé « Le mouvement pour les affaires » ou « Monnaie Pour Alain » par ses opposants politiques nationalistes. S'ensuit une lutte fratricide entre les deux FLNC, canal habituel (fidèle à Orsoni) et canal historique (fidèle à François Santoni). Il noue une amitié avec l'avocat Antoine Sollacaro, qui sera assassiné en 2012.
Aux élections de 1992, les diverses listes indépendantistes (MPA/Corsica Nazione) totalisent plus de 25 % des voix et le MPA obtient quatre sièges : Alain Orsoni ne pourra y siéger en raison d'une transgression des règles de financement de la campagne électorale. À la suite des guerres entre les deux branches du FLNC (Canal habituel, ayant pour vitrine légale le MPA, et canal historique, ayant pour vitrine légale la Cuncolta), le MPA se dissout.
En 1993, il obtient 11,41 % et 2 565 voix dans la 1re circonscription de Corse-du-Sud, arrivant troisième.
Amérique latine
Soupçonné d'affairisme, Alain Orsoni part au Nicaragua, en 1996 aux côtés de son ami Francis Perez qui y détient un casino[5]. Il y fait de nombreux investissements dans le secteur des jeux, puis il possède une modeste pizzeria à Miami[3]. Mais il rentre volontairement en France à la fin des années 1990 à la suite d'une affaire judiciaire impliquant plusieurs de ses amis et pour s'acquitter de la condamnation civile due aux gendarmes blessés dans le mitraillage de l'avenue d'Iéna. Il s'installe ensuite à Barcelone jusqu'en 2006.
Président de l'AC Ajaccio
En 2008, Alain Orsoni revient en Corse.
À la suite de la mort de son ancien allié politique et ami Michel Moretti, après y avoir occupé de façon discrète le poste de vice-président, Alain Orsoni devient le président de l'AC Ajaccio en [6]. En , il démissionne de la présidence et est remplacé par Léon Luciani. Il redevient président lors de la saison 2022/2023.
Tentative d'assassinat en 2008
En , Alain Orsoni échappe à une équipe de tueurs, que les policiers ont repérée à la suite de filatures depuis plusieurs jours[7].
Plusieurs personnes sont mises en examen au cours de l'enquête pour association de malfaiteurs : Marie-Jeanne Bozzi, ancienne maire (UMP) de Grosseto-Prugna, Pierre-Toussaint Michelosi, Edmond Melicucci et Jean-Laurent Salasca le 2 avril. Marie-Jeanne Bozzi (assassinée le ) et Pierre-Toussaint Michelosi sont la sœur et le frère d'Ange-Marie Michelosi, membre du banditisme corse, assassiné le à Grosseto-Prugna[8].
Banditisme corse
En , Alain Orsoni est interpellé avec plusieurs personnes dans le cadre de l'enquête sur la vague d'assassinats en Corse dans le milieu du crime organisé. Onze arrestations et des perquisitions se déroulent le même jour. Il est entendu notamment dans le cadre du meurtre de Thierry Castola, ancien compagnon de route avec qui il a fait des affaires en Amérique centrale, travaillant pour le compte d'une société de jeux dans le placement de machines à sous, avant de se brouiller pour des histoires de dettes et de dividendes[9]. Ce dernier, âgé de 36 ans et ancien sympathisant du MPA, a été tué par balles le à Bastelicaccia. En l'absence de preuves à l'encontre d'Alain Orsoni, le meurtre ayant été commis alors qu'il assistait au match de son équipe devant les caméras de télévision, il est relâché après avoir suivi une grève de la faim de trente-six jours.
En 2011, il publie aux éditions Gawsewitch le premier volume de ses mémoires Un destin corse : le maquis ardent, qui couvre la période allant des premiers combats de son père contre l'armée nazie à l'exécution dans la prison d'Ajaccio des assassins de son frère Guy Orsoni.
Assassinat
Alain Orsoni meurt assassiné le à Vero, à l'âge de 71 ans[10]. Arrivé du Nicaragua où il réside habituellement, il est tué par balle par un tireur embusqué lors des obsèques de sa mère, Marinette Orsoni, ancienne maire de la commune[11],[12]. L’enquête est confiée au nouveau parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) et à la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille[13]. Les funérailles d'Alain Orsoni se déroulent le suivant à Ajaccio sous haute surveillance policière, au cours desquelles il est incinéré[14]. Son fils, Guy, incarcéré à Borgo, n'assiste pas à la cérémonie funéraire[15].
Guy Orsoni, son fils
Alain Orsoni est le père de Guy Orsoni (prénom choisi en hommage à son frère Guy assassiné), qui est quant à lui poursuivi dans le cadre de plusieurs assassinats commis ces dernières années dans le milieu corse, assassinats qu'il nie farouchement.[citation nécessaire] En , il a été libéré pour l'un de ces dossiers mais maintenu en prison dans le cadre des deux restants. Son père Alain, lui aussi mis en examen mais relâché après dix mois d'incarcération, a pris la tête d'une campagne pour la défense de son fils et contre « les juridictions d'exception ».[citation nécessaire]
Le , douze personnes sont jugées, dont Alain et Guy Orsoni, pour les assassinats de Thierry Castola et de Sabri Brahimi et la tentative de meurtre de Francis Castola en 2009 en région ajaccienne[16].
Après son père en 2008, Guy Orsoni fait lui-même l'objet d'une tentative d'assassinat en , durant laquelle deux hommes à moto tirent 48 balles au fusil automatique sur sa voiture blindée. Les suspects présumés — Pascal Porri, André Bacchiolelli et Mickaël Ettori — sont des membres de la bande du Petit Bar. Ils disparaissent en cavale après avoir été prévenus que leur arrestation était imminente. L'enquête porte également sur d'autres suspects qui auraient un lien avec la tentative d'assassinat : Ange-Marie Gaffory et Pierre-François Luccioni[17]. Arrêtés dans le cadre d'une autre affaire, Philippe Porri et Jacques Santoni seront mis en examen avec trois autres personnes pour leur rôle dans la tentative d'assassinat de Guy Orsoni[18].

