Alexandre-Mathieu-Victor Clavel d'Haurimonts

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Nom de naissance Mathieu Clavel
Activité principale
Poète, professeur, vérificateur des postes
Alexandre-Mathieu-Victor Clavel d'Haurimonts
Description de cette image, également commentée ci-après
Clavel d'Haurimonts, d'après l'ouvrage de Virgile Josz
Nom de naissance Mathieu Clavel
Naissance
Mayrac
Décès (à 79 ans)
Ancien 4e arrondissement de Paris
Activité principale
Poète, professeur, vérificateur des postes
Auteur
Langue d’écriture Français
Mouvement Poète Montmartrois
Genres
Poésie

Œuvres principales

Enkiridion des mélanges Philosophiques, Moraux, Littéraires et Politiques du philanthrope vieux ermite de Philomélie-d'Haurimonts (recueil, 1834)

Alexandre-Mathieu-Victor Clavel d'Haurimonts, de son vrai nom Mathieu Clavel, né le à Mayrac (Lot, France) et mort le à Paris (France), est un poète français considéré comme un précurseur des poètes montmartrois.

Jeunesse

Mathieu Clavel né le au hameau du Pigeon, sur le terroir de la paroisse Saint Martin de Mayrac (Lot, France)[Note 1],[1],[2] Il est le neuvième enfant de l'union de Jean Clavel et Marie Carrière. Son père est selon les différents actes de naissance des enfants du couple décrit comme « maître maréchal » ou « travailleur ». Il est baptisé le en l'église Saint Martin de Mayrac, par le curé Delaserre et le parrain est son oncle paternel Mathieu Clavel (selon l'usage du temps le baptisé reçoit le prénom de son parrain) qui est alors curé de Foissac (Aveyron, France)[Note 2]. Il fit ses premières années d'études au Collège Royal de Cahors, puis à Toulouse où dès l'âge de 17 ans il est nommé sous-professeur au collège royal. À Toulouse, il étudie auprès de Laromiguière dont il suivit pendant dix mois, au collège de l'Esquille, les leçons de philosophie selon Condillac[3]. Il est ensuite enseignant à Tulle (Corrèze), où il se lie à Cabanis avec qui il semble qu'il soit parti pour Paris[3] et qui sera un soutien pour lui[4]. Clavel raconte sa jeunesse dans une épître de quinze cents alexandrins insérée dans son Enkiridion…[Note 3],[5].

Paris d'Ancien Régime

Installé à Paris « pauvre adolescent » il y est d'abord professeur au faubourg Saint Marceau (ou Saint Marcel) dans l'établissement de Jean Verdier[6],[7]où il enseigne la physique, le grec, la musique et le blason. Il cite dans ses écrits plusieurs de ses élèves dont le jeune Talma, de huit ans son cadet, duquel il écrit :

 « ................... à quatorze ans Talma,
Supérieurement devant moi déclama ».

Mais aussi Desgenettes, Cousin d'Avallon... Dès 1775, il se fait connaître par sa plume et fréquente quelques salons[8], met des vers sur des airs de Mozart ou voit ses vers mis en musique et chantés par les cantatrices en vue[9]. Cette époque est celle d'un poète courtois, qui rime les sentiments.

Il change plusieurs fois de métier, sera médecin puis vérificateur aux Postes. Sa vie est, selon Louis Greil, très accidentée[10].

Révolution et Montmartre

Clavel s'entiche pour la Révolution et même pour les héros de la Terreur. Lors de l'érection de l'arbre de la Liberté devant la direction des Postes, rue Saint-Honoré, il rédige un acrostiche à la République Française où on lit pour les vers qui terminent répuBLIQUE[11]:

Braves Parisiens ! Immortels sans-culottes !
Libérateurs du monde ! Hommes du dix août !
Il approche le jour où d'insolens despotes,
Qu'à votre seul aspect on voit pâlir partout,
Unissant contre vous leur impuissante rage,
Esclaves à leur tour, voudront vous rendre hommage !

Il rimera encore à la gloire de Marat lors de l'inauguration du buste de ce dernier au bureau E de la poste de Paris[12]. Personnage original, il reste sa vie durant républicain et épris de liberté.

Poète badin, il plagie au besoin les auteurs en vue de son époque comme Charles-Albert Demoustier, l'auteur des Lettres à Émilie, ainsi que le fait remarquer Rémy de Gourmont un siècle plus tard dans sa critique des parutions de l'Almanach des Muses pendant la Révolution[13].

Lassé de la ville et de mille extravagances personnelles il cherche son havre de paix[3]. Le Montmartre d'avant la Révolution l'a enchanté, il veut s'y établir pour le reste de ses jours, mais voit grand et veut un jardin à la mode.

"Dans le jardin, auprès du chèvrefeuille,
Vignes, jasmins, pois, choux, roses, navets.
Laitue, œillets,... je veux que l'on y cueille
Une salade en cueillant un bouquet."[14]

En l'an V (1796-1797), il trouve son bonheur dans une ancienne réserve royale, aux Grandes Carrières de Montmartre, sous la fontaine Saint-Denis, barrière de Clichy, route de Clignancourt. Il s'établit donc dans les plâtrières. Il devient alors celui qu'il désigne sous le vocable d'ermite gypseux de la Philomélie[Note 4],[15]. Car il avait baptisé son harmonieux ermitage du nom de Philomélie d'Haurimonts[3]. Il reçoit beaucoup et y organise un ballet champêtre le [16]. Il y écrit de nombreux textes, odes à l'amour, la nature, la beauté, où il exprime ses joies familiales, son bonheur de vivre en ses lieux où il invite et reçoit affichant son bien-être. Les Parisiens d'humeur amoureuse et champêtre ne manquaient pas de faire visite au poète-musicien et philosophe de la Philomélie d’Haurimonts[3].

Restauration et Monarchie de Juillet

La chute de l'Empire et l'entrée des forces coalisées dans Paris se traduit par l'occupation de la Philomélie. Tout y est détruit par l'occupant, ce qui donne à Clavel l'occasion de longs et douloureux poèmes dans lesquels il exprime sa désolation et où il déverse son ressentiment sur Napoléon[17]. Il décrit les violences qu'il subit sous le terme de houspillement.

"Nous fûmes inondés de cosaques du Don
Qui dévastèrent tout, vergers, enclos, maison."

Dépité, à 60 ans passés, il vend sa demeure sans cesser de la chérir, ni promettre d'y revenir. Réfugié au no 12 de la Rue du Bouloy (ancien 4e arrondissement, depuis 1850 dans le 1er arrondissement de Paris) il compose jusqu'à la fin de sa vie. Les troubles de l'année 1830, en France, en Belgique et en Pologne lui donnent l'occasion de ses dernières indignations poétiques adressées à Louis-Philippe et aussi à Béranger qu'il s'étonne de ne pas voir se saisir des événements[18]. Il publie cette dernière polémique en 1833 dans le premier de ses deux ouvrages, et l'insère en 1834 dans la compilation de ses textes en deux volumes.

La vieillesse est là, il écrit « le dit Clavel octogénaire, perclus, cacochyme, gisant depuis le sur son lit d'angoisses lancinantes, paralysie, tétanos, catarrhes, podagre et gravellerie ». Léon Lafage relève ici un trait connu de la prose de Clavel, dans laquelle la phrase se traîne et s'étale souvent sur une page entière et, parfois, la déborde[3]. Louis Greil a par ailleurs relevé une phrase de 47 lignes et 350 mots[4]. Il meurt le à Paris[19] et est inhumé au cimetière de Montmartre dans la 21esection [20].

Œuvres

Voir aussi

Notes et références

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