Alexandre Kantorow
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Rena Shereshevskaya, Jacques Rouvier, Jean-Philippe Collard, Georges Pludermacher, Théodore Paraskivesco, Haruko Ueda (d), Igor Lazko, Frank Braley, Dominique Kim (d), Pierre-Alain Volondat, Christian Ivaldi |
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| Distinctions | Liste détaillée Diapason d'or () Victoires de la musique classique ( et ) Gilmore Artist Award (en) () |
Alexandre Kantorow, né le à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), est un pianiste français.
En 2019, il gagne le premier prix et le grand prix du concours Tchaïkovski. L'année suivante, il reçoit une Victoire de la musique classique dans la catégorie « Soliste instrumental ».
En 2024, il remporte une nouvelle fois la même Victoire de la musique classique, puis le prestigieux Gilmore Artist Award (en), et joue à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris, qui relance sa notoriété auprès du grand public.

Le père d'Alexandre Kantorow est Jean-Jacques Kantorow, violoniste et chef d'orchestre réputé, issu d'une famille russo-juive, qui dirige notamment l'Orchestre d'Auvergne jusqu'en 2011[1],[2],[3].
Sa mère, quant à elle, est également violoniste.
Biographie
Enfance et formation
Sa famille quitte Clermont-Ferrand quand Alexandre a deux ans, pour s'installer en banlieue parisienne[2]. Le jeune Alexandre commence le piano à cinq ans, inspiré par Le Concerto du chat, un dessin animé de Tom and Jerry (avec une des Rhapsodies hongroises de Franz Liszt)[2],[4],[5]. Enfant attiré par les sciences, Alexandre s'imagine devenir cosmonaute et joue du piano sans ambition professionnelle dans ce domaine[4],[5],[6]. Adolescent, il fréquente le lycée Racine de Paris dans une classe aux horaires aménagés (cours seulement le matin) destinée aux élèves suivant un enseignement artistique de haut niveau, où l'ambiance le motive ; il s'y produit avec l'orchestre du lycée[2] puis obtient son bac S à 16 ans[6].
Encore à l'école primaire, Alexandre suit des cours au Conservatoire de Cergy-Pontoise auprès de Dominique Kim. Il entre ensuite à huit ans au conservatoire du 10e arrondissement de Paris. Il poursuit sa formation à onze ans auprès du pianiste Pierre-Alain Volondat puis il intègre la classe d'Igor Lazko à la Schola Cantorum de Paris à treize ans environ, avant celles de Franck Braley et Haruko Ueda au Conservatoire national supérieur de Paris puis de la pianiste russe Rena Shereshevskaya à l'École normale de musique de Paris où il reçoit l'aide des pianos Yamaha[1],[6],[7]. Il est également lauréat de la fondation Safran[8].
Il suit en outre quelques cours avec des connaissances de son père : les pianistes Jacques Rouvier, Jean-Philippe Collard, Georges Pludermacher, Théodore Paraskivesco ou encore Christian Ivaldi[2].
Il passe ses premiers concours et remporte des premiers prix vers 13-14 ans et en 2016, le premier prix du 30e Concours européen de Musiques d’Ensemble de la FNAPEC[Quoi ?][2],[6],[9].
Débuts remarqués sur les scènes internationales (2015-2018)
Il devient concertiste à 16 ans aux Folles Journées de Nantes et de Varsovie avec le Sinfonia Varsovia en 2013[10]. Il donne des récitals notamment au festival Pianoscope de Beauvais de Boris Berezovsky[11], au festival de la Vézère (accompagné de son père), au festival Pianofolie au Touquet avec l'Orchestre à vent de Lens, au théâtre de Cornouailles en 2017, aussi avec les orchestres de Liège (Philharmonique Royal), de Picardie, de Kaunas en Lituanie, avec l'Orchestre de chambre de Bordeaux, l'Orchestre national des Pays de la Loire, l'Orchestre symphonique national à Taipei (Taïwan), l'Orchestre symphonique national de Colombie (es). Le concertiste se produit également à 17 ans à la Philharmonie de Paris avec l'Orchestre Pasdeloup dès 2015, au Concertgebouw d'Amsterdam, au Konzerthaus de Berlin, au Bozar de Bruxelles, au festival de La Roque d'Anthéron, au festival Chopin à Nohant, à Piano aux Jacobins, au festival d’Heidelberg ou encore chaque année depuis 2015 à la Fondation Louis-Vuitton, ainsi que dans d'autres villes françaises ou capitales européennes[style à revoir][12],[1],[4],[2],[10],[7],[13].
En 2015, la virtuosité de ce pianiste de 18 ans est remarquée par « Concert classique » lors de sa prestation à Lille avec l'Orchestre de Douai[14], qui parle l'année suivante de « splendide révélation »[15] « aux doigts fabuleux » et titre « Un grand est né »[16]. En 2016, le magazine américain « Fanfare » s'extasie devant ce « Liszt réincarné »[17].
Alexandre apprécie également le travail collaboratif que nécessite un récital de musique de chambre comme avec l'orchestre de chambre de Bordeaux ou celui donné à Sisteron avec David Petrlik[2],[6], d'autres avec Roland Pidoux, Shuichi Okada, Aurélien Pascal ou Amaury Viduvier[13]. Il intègre d'ailleurs un trio et un quatuor (Talich)[6].
Victoire au concours Tchaïkovski et consécration (2019)
Du au , à l'âge de vingt-deux ans, Kantorow participe au Concours international Tchaïkovski à Moscou, l'un des principaux concours de musique classique[1],[4]. Le jury, présidé par Denis Matsuev, compte aussi Nelson Freire, Michel Béroff ou encore Boris Petrushansky (en)[12]. Lors de la finale, Kantorow interprète le Concerto no 2 de Tchaïkovski et le no 2 de Brahms, accompagné par l'Orchestre symphonique de la fédération de Russie sous la baguette de Vassili Petrenko[7]. Après sa prestation, le public le rappelle cinq fois[18],[19]. Il gagne le premier prix ainsi que le grand prix[20]. S'il est le premier vainqueur français, le pianiste Lucas Debargue s'était déjà illustré en 2015 en finissant quatrième et en recevant le prix de la critique[21].
Dans la foulée, Kantorow est nommé pour les Victoires de la musique classique dans la catégorie Révélation soliste instrumental[12].
Carrière prestigieuse (depuis 2020)
En 2020, il remporte la Victoire de la musique classique de la catégorie « soliste instrumental »[22], et sort un album Brahms-Bartók-Liszt[23].
En 2022, il joue le Concerto no 2 de Tchaïkovski et le no 2 de Liszt au Festival de La Roque d'Anthéron dans le Midi de la France, avec l'orchestre polonais Sinfonia Varsovia dirigé par Aziz Shokhakimov[24].
En , il se produit aux Rencontres musicales de Nîmes avec les violonistes Liya Petrova et Jean-Jacques Kantorow ainsi que le violoncelliste Aurélien Pascal[25]. Quelques semaines plus tard, il est annoncé lauréat du Gilmore Artist Award (en) pour l'année 2024[26]. En , il donne un récital à la Philharmonie de Paris[27].
En , il donne un concert à la Halle aux grains de Toulouse[28], et reçoit une nouvelle fois la même Victoire de la musique classique qu'en 2020[29]. Le , il se produit à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'été à Paris, depuis la passerelle Léopold-Sédar-Senghor au-dessus de la Seine où passent les délégations. Sous une pluie battante, il interprète Jeux d'eau de Maurice Ravel[30]. Cette performance le révèle véritablement au grand public. En , il sort un album Brahms-Schubert, qui contient notamment la Sonate no 1 de Brahms et la Wanderer-Fantasie de Schubert[31].
En , il donne un concert à la Maison de la Radio et de la Musique (Paris)[32].
En , il revient à la Philharmonie de Paris pour un récital[33] et envisage de produire un album live[34].
Goûts et activités
Accueil critique
Années 2010
En 2017, Marie-Aude Roux (Le Monde) écrit à propos de son album Rachmaninov-Tchaïkovski-Stravinsky-Balakirev : « À vingt ans tout rond, le jeune Alexandre Kantorow nous livre un disque d’une rafraîchissante maturité (les mots sont pesés). Le programme, très finement organisé, mêle intelligemment pièces peu connues et grands tubes. Puissance, rondeur, legato, le Français possède un jeu profond et riche, virtuose sans esbroufe, sensuel sans sentimentalisme, une personnalité capable de véritablement penser la musique[35] ».
En 2019, Bertrand Boissard (Diapason) commente son audition au concours Tchaïkovski en ces termes : « Virtuose flamboyant et musicien profond, il a su imposer dans une extraordinaire finale avec orchestre un jeu intense et passionné, plein de bravoure, parsemé d'éclairs poétiques et toujours parfaitement maîtrisé[36] ».