Alexandre Kantorow

pianiste français From Wikipedia, the free encyclopedia

Alexandre Kantorow, né le à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), est un pianiste français.

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Alexandre Kantorow
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En 2019, il gagne le Concours international Tchaïkovski. L'année suivante, il reçoit une Victoire de la musique classique dans la catégorie « Soliste instrumental ».

En 2024, il remporte une nouvelle fois la même Victoire de la musique classique, puis le prestigieux Gilmore Artist Award (en), et joue à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris.

Biographie

Son père, le violoniste Jean-Jacques Kantorow, en 2009.

La mère d'Alexandre Kantorow est violoniste et son père est un Français d'origine russe, le violoniste réputé et chef d'orchestre Jean-Jacques Kantorow, fondateur de l’Orchestre d’Auvergne[1],[2],[3],[4].

Débuts

Sa famille quitte Clermont-Ferrand quand Alexandre a deux ans, pour s'installer en banlieue parisienne[2]. Le jeune Alexandre commence le piano à cinq ans, inspiré par Le Concerto du chat, un dessin animé de Tom and Jerry (avec une des Rhapsodies hongroises de Franz Liszt)[2],[5],[6]. Enfant attiré par les sciences, Alexandre s'imagine devenir cosmonaute et joue du piano sans ambition professionnelle dans ce domaine[5],[6],[7]. Adolescent, il fréquente le lycée Racine de Paris dans une classe aux horaires aménagés (cours seulement le matin) destinée aux élèves suivant un enseignement artistique de haut niveau, où l'ambiance le motive ; il s'y produit avec l'orchestre du lycée[2] puis obtient son bac S à 16 ans[7].

Formation

Encore à l'école primaire, Alexandre suit des cours au conservatoire à rayonnement régional de Cergy-Pontoise auprès de Dominique Kim. Il entre ensuite à huit ans au conservatoire du 10e arrondissement de Paris. Il poursuit sa formation à onze ans auprès du pianiste Pierre-Alain Volondat puis il intègre la classe d'Igor Lazko à la Schola Cantorum de Paris à treize ans environ, avant celles de Franck Braley et Haruko Ueda au Conservatoire national supérieur de Paris puis de la pianiste russe Rena Shereshevskaya à l'École normale de musique de Paris où il reçoit l'aide des pianos Yamaha[1],[7],[8]. Il est également lauréat de la fondation Safran[9].

Il suit en outre quelques cours avec des connaissances de son père : les pianistes Jacques Rouvier, Jean-Philippe Collard, Georges Pludermacher, Théodore Paraskivesco ou encore Christian Ivaldi[2].

Il passe ses premiers concours et remporte des premiers prix vers 13-14 ans et en 2016, le premier prix du 30e Concours européen de Musiques d’Ensemble de la FNAPEC[Quoi ?][2],[7],[10].

Débuts en public (2015-2018)

Il devient concertiste à 16 ans aux Folles Journées de Nantes et de Varsovie avec le Sinfonia Varsovia en 2013[11]. Il donne des récitals notamment au festival Pianoscope de Beauvais de Boris Berezovsky[12], au festival de la Vézère (accompagné de son père), au festival Pianofolie au Touquet avec l'Orchestre à vent de Lens, au théâtre de Cornouailles en 2017, aussi avec les orchestres de Liège (Philharmonique Royal), de Picardie, de Kaunas en Lituanie, avec l'Orchestre de chambre de Bordeaux, l'Orchestre national des Pays de la Loire, l'Orchestre symphonique national à Taipei (Taïwan), l'Orchestre symphonique national de Colombie (es). Le concertiste se produit également à 17 ans à la Philharmonie de Paris avec l'Orchestre Pasdeloup dès 2015, au Concertgebouw d'Amsterdam, au Konzerthaus de Berlin, au Bozar de Bruxelles, au festival de La Roque d'Anthéron, au festival Chopin à Nohant, à Piano aux Jacobins, au festival d’Heidelberg ou encore chaque année depuis 2015 à la Fondation Louis-Vuitton, ainsi que dans d'autres villes françaises ou capitales européennes[style à revoir][13],[1],[5],[2],[11],[8],[14].

En 2015, la virtuosité de ce pianiste de 18 ans est remarquée par « Concert classique » lors de sa prestation à Lille avec l'Orchestre de Douai[15], qui parle l'année suivante de « splendide révélation »[16] « aux doigts fabuleux » et titre « Un grand est né »[17]. En 2016, le magazine américain « Fanfare » s'extasie devant ce « Liszt réincarné »[18].

Alexandre apprécie également le travail collaboratif que nécessite un récital de musique de chambre comme avec l'orchestre de chambre de Bordeaux ou celui donné à Sisteron avec David Petrlik[2],[7], d'autres avec Roland Pidoux, Shuichi Okada, Aurélien Pascal ou Amaury Viduvier[14]. Il intègre d'ailleurs un trio et un quatuor (Talich)[7].

Révélation au concours Tchaïkovski (2019)

Maison Pachkov, Moscou

Le concours Tchaïkovski créé en 1958 se déroule tous les quatre ans mais c'est la première fois que, le à la Maison Pachkov de Moscou en Russie, un Français remporte le premier prix de la plus prestigieuse des compétitions internationales pour instrumentistes qui débute le [1],[19],[5]. Le jury international est présidé par Denis Matsuev, lauréat russe du Premier prix en 1998, qui compte notamment à ses côtés Nelson Freire, Michel Béroff ou Boris Petrushansky (en)[13]. Âgé de 22 ans, Alexandre y interprète le Concerto pour piano no 2 de Tchaïkovski et le Concerto pour piano no 2 de Brahms lors de la finale, accompagné par l'Orchestre symphonique de Russie Evgeny Svetlanov, dirigé par Vassili Petrenko[8]. Le concours est retransmis en ligne dans 190 pays et cumule 16 millions de vues ce jour-là. Le public présent ne s'y trompe pas qui le rappelle cinq fois, séduit par sa sérénité souriante et la qualité remarquable de sa prestation[20],[21].

La même année, Kantorow est nommé pour les Victoires de la musique classique dans la catégorie Révélation soliste instrumental[13].

Confirmation (depuis 2020)

En 2020, il remporte la Victoire de la musique classique de la catégorie « soliste instrumental »[22], prouesse qu'il réitère en 2024[23].

En 2022, il joue le Concerto pour piano no 2 de Tchaïkovski et le Concerto pour piano no 2 de Liszt au Festival de La Roque d'Anthéron, avec un orchestre dirigé par Aziz Shokhakimov[24].

En 2023, il se produit aux Rencontres musicales de Nîmes avec les violonistes Liya Petrova et Jean-Jacques Kantorow ainsi que le violoncelliste Aurélien Pascal[25].

En 2024, il est lauréat du Gilmore Artist Award (en)[26] et le , depuis la Passerelle Léopold-Sédar-Senghor au dessus de la Seine où passent les délégations, il se produit sous une pluie battante à l'occasion de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'été de 2024, interprétant au piano Jeux d'eau de Maurice Ravel [27].

Goûts et activités

Alexandre Kantorow dit apprécier tous les compositeurs mais avoue un penchant pour Brahms et Saint-Saëns. Il aime également écouter du jazz et du rock[2].

Il pratique le tennis, la natation, est amateur de cinéma, de lecture et de jeu de poker[2].

Accueil critique

Années 2010

En 2017, Marie-Aude Roux (Le Monde) écrit à propos de son album Rachmaninov-Tchaïkovski-Stravinsky-Balakirev : « À vingt ans tout rond, le jeune Alexandre Kantorow nous livre un disque d’une rafraîchissante maturité (les mots sont pesés). Le programme, très finement organisé, mêle intelligemment pièces peu connues et grands tubes. Puissance, rondeur, legato, le Français possède un jeu profond et riche, virtuose sans esbroufe, sensuel sans sentimentalisme, une personnalité capable de véritablement penser la musique[28] ».

En 2019, Bertrand Boissard (Diapason) commente son audition au concours Tchaïkovski en ces termes : « Virtuose flamboyant et musicien profond, il a su imposer dans une extraordinaire finale avec orchestre un jeu intense et passionné, plein de bravoure, parsemé d'éclairs poétiques et toujours parfaitement maîtrisé[29] ».

Années 2020

En 2020, Stéphane Friédérich (ResMusica) compte son album Brahms-Bartók-Liszt comme « l'un des grands disques de l'année[30] ».

En 2023, Agnès Simon du même webzine qualifie l'un de ses récitals à la Philharmonie de Paris de « émouvant, tendre, fougueux et génial […] Tout le concert, le pianiste parvient à tenir ce fil ténu de tension et d'inquiétude, justement si propice à la forme de la rhapsodie, joint à l'évident plaisir de la virtuosité pianistique[31] ».

En , après un concert à la Halle aux grains de Toulouse, Thibault d'Hauthuille (Bachtrack (en)) applaudit « une interprétation exceptionnelle d'intensité et d'engagement »[32].

En , Friédérich applaudit une nouvelle fois Kantorow, qualifiant son album Brahms-Schubert de « nouvelle référence non seulement de la Sonate no 1 [de Brahms], mais aussi de la Wanderer-Fantasie de Schubert. Un disque à marquer d'une pierre blanche[33] ».

En 2025, Pierre Michel (Bachtrack) émet une ténue réserve après un concert à la Maison de la Radio et de la Musique : « Parfois Kantorow va presque trop loin dans ses expérimentations, en choisissant des tempos franchement rapides qui entachent la compréhension distincte de la polyphonie et engendrent des accords plaqués en fin de trait à la limite du brutal. On lui pardonne cependant volontiers car l’artiste propose une véritable interprétation, qui accroche l’auditeur de bout en bout par une certaine imprévisibilité qui ne dérive jamais du côté du maniérisme. On lui pardonne parce que dès qu’il prend le temps de dire chaque note, on peut chavirer à tout moment, comme lors d’un troisième mouvement d’une sensibilité poignante »[34].

Discographie

Notes et références

Voir aussi

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