Lucas Debargue
pianiste français
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Lucas Debargue, né le à Paris, est un pianiste et compositeur français.
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Sony Classical (en) |
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En , il gagne le quatrième prix et le prix de la critique du concours Tchaïkovski. En 2019, il enregistre cinquante-deux sonates de Domenico Scarlatti et en 2024, l'intégrale des œuvres pour piano seul de Gabriel Fauré.
Biographie
Enfance et études : un parcours « atypique »
Lucas Debargue naît le à Paris, mais grandit à Villers-sur-Coudun[1], à 12 km de Compiègne. Sa famille n'a pas de lien particulier à la musique[2].
Il étudie le piano à partir de l'âge de onze ans[3],[2] au conservatoire de Compiègne avec Christine Muenier[1]. Adolescent, il se passionne alors pour le répertoire classique, mais ralentit sa pratique musicale à quinze ans[4] pour passer un baccalauréat scientifique et s'inscrire en licence de lettres et arts[2] à l'université Paris-Diderot[5].
À vingt ans, il décide d'abandonner ses études de littérature pour devenir musicien professionnel[4],[2]. Il étudie avec Philippe Tamborini au conservatoire de Beauvais lors de l'année 2010-2011 et obtient un DEM de piano et de musique de chambre[6].
En 2011, il rencontre Rena Cheretchevskaïa au Conservatoire à rayonnement régional de Rueil-Malmaison[7]. Il est ensuite admis à l'unanimité au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, où il obtient sa licence en 2015 sous la direction de Jean-François Heisser[8]. Il continue pendant ce temps de travailler à l'École normale de musique de Paris avec Rena Cheretchevskaïa, qui le prépare aux concours internationaux.
Concours Tchaïkovski et ascension rapide

En 2014-2015, il est encore caissier dans une épicerie alors qu'il prend des cours à l'École normale de musique auprès de Rena Cheretchevskaïa[2].
En 2015, il participe au prestigieux concours international Tchaïkovski[9],[10],[11]. Il est particulièrement remarqué à partir de la demi-finale, lorsqu'il joue Gaspard de la Nuit de Ravel[12]. Il y remporte le quatrième prix de piano et le prix spécial de la critique musicale de Moscou[13],[14],[15], cette dernière remarquant « une véritable signification musicale, dont la liberté de création a impressionné les critiques et le public »[16]. Olivier Bellamy remarque que « depuis le passage de Glenn Gould à Moscou et la victoire de Van Cliburn au concours Tchaïkovski en pleine guerre froide, un pianiste étranger n'avait jamais suscité pareille effervescence[17] ».
Cette récompense lui permet de commencer une carrière internationale de concertiste, qui l'amène à jouer dans les salles les plus renommées : salle Tchaikovski et grande salle du conservatoire de Moscou, théâtre Mariinsky et philharmonie de Saint-Pétersbourg, philharmonie de Berlin, Prinzregententheater à Münich, Elbphilharmonie à Hambourg ; philharmonie, théâtre des Champs-Elysées[18], salle Gaveau et Fondation Vuitton à Paris, Wigmore Hall et Royal Festival Hall à Londres, Concertgebouw à Amsterdam, Suntory Hall à Tokyo, Carnegie Hall à New-York[19].[style à revoir] En , il se produit au festival Pianoscope de Beauvais[20].
En , il obtient le prix Cortot[21] qui marque la fin de ses études à l'École normale de musique de Paris. En , il donne son premier concert aux États-Unis[2].
Poursuite de sa carrière
En 2017-2018, il lit la partition des 555 sonates de Domenico Scarlatti[22], puis en 2019, il en enregistre cinquante-deux[23],[8],[24].
En , il enregistre l'intégrale de l'œuvre pour piano seul de Gabriel Fauré, à l'occasion du centenaire de la mort du compositeur[25],[26],[27],[28]. Christophe Huss (Le Devoir) pense que « le pianiste cherche à défendre un Fauré plus charnu, plus affirmé que nombre d'interprètes plus mesurés[29] ». En de la même année, il participe notamment aux Rencontres musicales d'Évian[30], aux Nancyphonies[31], au Verbier Festival[32] et au festival de La Roque d'Anthéron[33].
En , Debargue donne un récital à la Philharmonie de Paris[34],[35] et, en , à Londres[36], avant de se produire au festival de Pâques d'Aix-en-Provence[37] et de revenir au festival Pianoscope à Beauvais[38].
En , le pianiste et compositeur publie un essai en anglais : Classical music is not dying: it has never been alive, lui valant des republications d'extraits sur le site de Radio Classique, le blog Slippedisc et le magazine Diapason[39],[40],[41], notamment en raison d'une violente charge à l'encontre de la critique musicale institutionnelle : « Despite the adoration of supposed « competence » in classical music, it’s most of the time self-confidence that gives more authority to some than to others[19]. »[Traduire passage]
Accueil critique
Auprès de la critique, Debargue a une réputation de « penseur[4] », de « chercheur[22] », de « philosophe sonore[42] ». Son parcours et sa personnalité apparaissent comme anti-conformistes et controversés[43],[2][source détournée], ce qui se traduit par un accueil critique hétérogène[Interprétation personnelle ?].
Années 2010
En 2016, Marie-Aude Roux (Le Monde) applaudit l'« authentique talent » de Debargue[12]. La même année, Julien Hanck, du webzine spécialisé Bachtrack (en), qui assiste à un concert avec orchestre à la salle Gaveau (Paris), livre une critique bien plus mitigée ; tout en reconnaissant l'« instinct musical incontestable » du pianiste, il le soupçonne cependant d'« histrionisme », et émet quelques doutes sur sa maîtrise technique[44].
En 2019, l'album Scarlatti de Lucas Debargue divise les critiques du webzine français ResMusica, Stéphane Friédérich applaudissant « un Scarlatti joyeusement expérimental » et Benedict Hévry le trouvant au contraire « à la limite de la surinterprétation et loin de la spontanéité[45] ». Zachary Woolfe consacre un article élogieux à cet enregistrement dans The New York Times[46].
Années 2020
En 2022, après ses débuts dans la grande salle du Carnegie Hall à New York, David Wright écrit pour New York Classical Review que Debargue est « un pianiste transcendantalement accompli[47] ».
En 2023, Alain Lompech (Bachtrack) peine à comprendre Debargue lors d'un récital à la Philharmonie de Paris : « Quelques très beaux passages ne compensent pas ce propos brouillon d'où émergent des accents durs »[48]. Ateş Orga, pour le blog Colin's Colums, à propos du même concert, félicite le pianiste français pour sa maîtrise technique[49].
En 2024, Christophe Huss, du quotidien québécois Le Devoir, écrit à propos de son album Fauré : « Nous sommes convaincus par l'intelligence musicale, pas par le concept sonore[50] ». Jean-Marc Petit (ResMusica) est nettement plus positif, applaudissant « un voyage fascinant […] un sfumato qui nous parle déjà de l'au-delà[51] ».
Discographie
- 2016 : Scarlatti, Chopin, Liszt, Ravel
- 2016 : Bach, Beethoven, Medtner
- 2017 : Schubert, Szymanowski
- 2017 : Messiaen : Quatuor pour la fin du temps, avec Martin Fröst, Janine Jansen et Torleif Thedéen
- 2019 : Scarlatti: 52 Sonatas
- 2024 : Fauré, Complete works for piano solo
Filmographie
Compositions
Debargue est l'auteur de nombreuses pièces pour piano et pour ensembles de musiques de chambre [54],[55],[56].
Ensemble et piano
- 2017 : Concertino pour piano, orchestre à cordes et percussions, créé par l'auteur et la Kremerata Baltica à Cesis (Lettonie)[57].
Musique de chambre
- 2018 : Quatuor symphonique pour quatuor avec piano, créé au centre de musique de chambre de Paris par l'auteur, Eva Zavaro (violon), Adrien Boisseau (alto) et Jérôme Pernoo (violoncelle)[58]
- 2019 : Trio pour violon, violoncelle et piano, créé au théâtre des Champs-Élysées par l'auteur, David Castro-Balbi et Alexandre Castro-Balbi[59],[60] après une première version en 2017[61]
- 2019 : Sonate pour violoncelle (et piano) (interprétée par l'auteur et Camille Thomas au violoncelle à Lavaux Classic en 2019)[62]
- 2020 : Sonate pour violon (et piano)[63]
- 2022 : Quatuor à cordes en la mineur (créé par le quatuor Terpsycordes au Victoria Hall de Genève) [64]
- 2024 : Quintette pour piano et cordes en mi mineur[65]
- 2025 : Deuxième Trio pour violon, violoncelle et piano[66]
