Alfred de Montesquiou

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Alfred de Montesquiou, né à Paris en 1978, est un journaliste, auteur et réalisateur, lauréat du prix Albert-Londres ainsi que du prix Renaudot.

Jeunesse et études

Il grandit entre les États-Unis, l’Angleterre et la France. Changeant fréquemment d’école et de langue, il se réfugie dans la lecture et dévore les classiques dès son plus jeune âge, avant de devenir un assidu de Joseph Kessel. Il effectue ses études secondaires au lycée Montaigne, une hypokhâgne au lycee Molière, puis étudie l’histoire et la philosophie à la Sorbonne, où il obtient une maîtrise en philosophie.

À 19 ans, il intègre Sciences Po, où il est lauréat de la Bourse Max Lazard, qui lui finance un long périple en dromadaire à travers le désert du Sahara sur les traces de Théodore Monod, avec les clans nomades des Maures Reguibat. Il est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris puis, deux ans plus tard, du master de journalisme de la Columbia Journalism School de l'université Columbia à New York[1].

Parcours professionnel

Correspondant pour l’agence de presse américaine AP, il vit d’abord en Haïti où il couvre les violences après la révolution et la chute du président Aristide. En 2005-2007, il vit entre le Soudan et Le Caire. Au Moyen-Orient, il travaille comme reporter de guerre, notamment lors des conflits en Afghanistan, en Irak, au Liban à Gaza et en Libye pour Associated Press. Ses nombreux mois de reportages pour couvrir le génocide du Darfour, opérant clandestinement derrière les lignes rebelles pour raconter l'étendue des crimes commis par le régime soudanais, l’amènent à travailler sur la Cour pénale internationale, à La Haye, qui enquête sur les crimes contre l'humanité commis au Soudan. Ce travail viendra nourrir son livre Le Crépuscule des hommes (ed. Robert Laffont, 2025) sur le Procès de Nuremberg.

Il est ensuite grand reporter pour le magazine Paris Match, puis couvre la plupart des révolutions du Printemps arabe, en Tunisie, en Égypte, en Libye, ainsi que la guerre civile syrienne. En Ukraine, il couvre la révolution puis la guerre russo-ukrainienne.

Il s’est spécialisé dans les reportages clandestins, traversant les frontières en contrebande pour écrire sur les groupes insurgés, quelles que soient leurs affiliations politiques : les gangs des Chimères en Haïti, les guérillas Zaghawas du SLA au Jebbel Marra, le SPLM dans les Monts de la Lune, le Hezbollah au Liban, les guérillas marxistes du Kurdistan, les groupes jihadistes de Djabhat an Nosrah en Syrie etc. À Gaza en 2008, il compte parmi les rares reporters internationaux qui parviennent à traverser la frontière lors de l’opération « Plomb Durci » pour raconter ce qu’endurent les civils palestiniens[2]. En Libye, en 2011, il rejoint une poignée de journalistes qui forcent en bateau le blocus du port de Misrata par l’armée de Khadafi. Ses collègues Tim Hetherington et Chris Hondros sont tués lors du reportage. Ses reportages avec les rebelles en Syrie contre Bachar El-Assad nourrissent son roman L’Étoile des frontières (Ed. Stock) dédié à son proche ami le photographe Rémi Ochlik, tué par la dictature syrienne à Homs[3].

Il a également opéré avec les armées régulières, notamment les casques bleus de l’ONU dans plusieurs pays d'Afrique, la Légion étrangère française en Surobi et les U.S. Marines dans Kandahar et au Helmand, lors des grandes opérations offensives de 2009 et 2010 face aux talibans. Il a aussi effectué des reportages avec les Forces spéciales américaines au Mali et Niger au début de l’insurrection djihadiste du Sahara, et avec les Forces spéciales ainsi que les unités paramilitaires des Rangers Inuit du Canada lors d’une expédition au pôle Nord.

Il enseigne le reportage à l'École de journalisme de Sciences Po, où il siège au conseil pédagogique.

Il est également chroniqueur BD pour LeJournal.info, média en ligne dirigé par Laurent Joffrin.

En 2025, il produit pour France Culture « Les Envahisseurs », un podcast en dix épisodes sur les grands envahisseurs de l'Histoire et leur rôle dans le brassage des cultures et des idées[4].

Documentaires

En 2017, pour une série diffusée sur Arte, il retrace le voyage de Marco Polo de Venise à la Chine. En 2019, deuxième série pour Arte lui fait mener une enquête écologique à travers l’Amérique du Sud, de l’Équateur au Cap Horn, via l’Amazonie et les Andes.

Il réalise également plusieurs documentaires d’enquête pour France Télévisions, notamment au Liban, au parc du Virunga au Congo et au Qatar en 2022, pour le mondial de football. En 2024, il réalise pour Canal+ une série historique sur Jules César, interprété par Roschdy Zem.

Depuis 2021, ses documentaires télévisés sont co-produits par la société Dreamtime, dirigée par son père.

Prix

En 2012, il est lauréat du prix Albert-Londres catégorie presse écrite pour sa couverture de la guerre civile libyenne de 2011[5].

En 2013, il est lauréat du prix de l'essai du Nouveau Cercle de l’Union Interallié pour son ouvrage Oumma[6].

En 2014, il reçoit le prix « Enquête journalistique» du SEPM pour sa couverture du crash du vol Malaysia Airlines 17, abattu en Ukraine par les rebelles pro-russes du Donbass[7].

En 2021, son roman L'Étoile des frontières, sur la guerre en Syrie, est finaliste du prix Orange du Livre et remporte le prix du livre de l'été[8] de la fondation Minerve (Institut de France) et de la ville des Sables d'Olonne, sous la présidence du jury de Jean-Christophe Ruffin[9].

En 2022, son documentaire Liban, au cœur du chaos remporte le « Laurier d'or de l'audiovisuel » du meilleur grand reportage de l'année[10].

En 2025, son roman historique Le crépuscule des hommes est sélectionné pour le prix Goncourt, le Grand prix du roman de l'Académie française et le prix Interallié. Il remporte le prix Renaudot de l'essai.

Œuvres

Notes et références

Voir aussi

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