Ali Larijani

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PrédécesseurAli Akbar Ahmadian
PrédécesseurHassan Rohani
SuccesseurSaïd Jalili
Ali Larijani
Illustration.
Ali Larijani en 2025.
Fonctions
Secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale

(7 mois et 12 jours)
Prédécesseur Ali Akbar Ahmadian
Successeur Mohammad Bagher Zolghadr

(2 ans, 2 mois et 5 jours)
Prédécesseur Hassan Rohani
Successeur Saïd Jalili
Membre du Conseil de discernement
iranien

(5 ans, 9 mois et 17 jours)
Président Sadeq Larijani

(11 ans, 2 mois et 11 jours)
Président Hachemi Rafsandjani
Président de l'Assemblée consultative islamique

(12 ans)
Prédécesseur Gholam Ali Haddad-Adel
Successeur Mohammad Bagher Ghalibaf
Membre du majles

(12 ans)
Élection
Réélection 4 mai 2012
29 avril 2016
Directeur général de la Radio-télévision de la république islamique d’Iran

(10 ans, 3 mois et 10 jours)
Prédécesseur Mohammad Hachemi Rafsandjani
Successeur Ezzatollah Zarghami
Ministre de la Culture et de l'Orientation islamique

(1 an, 6 mois et 4 jours)
Président Hachemi Rafsandjani
Prédécesseur Mohammad Khatami
Successeur Mostafa Mir-Salim (en)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Nadjaf (Irak)
Date de décès (à 67 ans)
Lieu de décès Téhéran (Iran)
Nature du décès Assassinat ciblé par bombardement
Nationalité Iranienne
Parti politique Parti de la coalition islamique
Fratrie Sadeq Larijani
Diplômé de Université de technologie de Sharif
Université de Téhéran
Profession Homme politique, philosophe
Religion Islam chiite

Ali Ardashir Larijani (en persan : علی اردشیر لاریجانی), né le à Najaf (Irak) et mort le à Téhéran (Iran), est un militaire et homme politique iranien.

Issu d'une influente famille chiite, il est un officier des Gardiens de la Révolution Islamique et un vétéran de la guerre Iran-Irak.

Entre 1994 et 2004, il dirige l'Islamic Republic of Iran Broadcasting (IRIB), la radio-télévision d'État. Il est secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale de au . À ce titre, il supervise les négociations autour de l'accord sur le programme nucléaire iranien.

Il est président de l'Assemblée consultative islamique d'Iran de 2008 à 2020. Le , Ali Larijani est nommé secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale.

Proche du guide suprême Ali Khamenei, il est considéré comme l'un des hommes les plus puissants d'Iran, dirigeant la diplomatie, la défense et les services de sécurité depuis l'été 2025 et jouant un rôle clé dans la répression des manifestations iraniennes en 2026[1].

Larijani aurait joué un rôle central au sein du pouvoir iranien après la mort d'Ali Khamenei, le . Il est tué dans un bombardement israélien le dans le cadre de la guerre d'Iran de 2026.

Situation personnelle

Origines et famille

Ali Larijani est issu d'une famille chiite très influente.

Il est le fils de l'ayatollah Hashim Larijani (en) et un gendre de l'ayatollah Morteza Motahhari.

Son frère, l'ayatollah Sadeq Larijani est membre du conseil des gardiens de la Constitution. De 2009 à 2019, Sadeq Larijani est chef du système judiciaire iranien. Fin 2018, il est nommé président du Conseil de discernement de l'intérêt supérieur du régime [2].

Ali Larijani est marié à Farideh Motahari, fille de Morteza Motahhari, figure intellectuelle majeure de la rvolution de 1979[3]. De cette union sont nés trois enfants — deux filles et un fils — qui restent pour la plupart en retrait de la vie publique. L’une de ses filles, Fatemeh Ardeshir-Larijani, fait toutefois exception : médecin oncologue, elle a mené une carrière académique aux États-Unis, notamment au sein de l’université Emory, avant de se retrouver récemment au cœur de controverses liées au contraste entre son parcours occidental et les positions politiques de son père[4].

Études et formation

Ali Larijani suit d'abord des études universitaires scientifiques.

Il obtient son Bachelor of Science en informatique et en mathématiques avec la mention summa cum laude à l'université de technologie de Sharif.

Il s'oriente ensuite vers la philosophie et obtient un master en philosophie occidentale de l'université de Téhéran et un doctorat. Larijani a publié trois études sur la philosophie d'Emmanuel Kant[5].

Carrière politique

Débuts

Ali Larijani commence sa vie active dans le Corps des gardiens de la révolution islamique. Il est ensuite vice-ministre du Travail et des Affaires sociales, puis vice-ministre de la Communication.

En 1992, il est nommé ministre de la Culture et de l'Orientation islamique sous le président Hachemi Rafsandjani, succédant à Mohammad Khatami qui était démissionnaire.

Entre 1994 et 2004, il dirige l'Islamic Republic of Iran Broadcasting (IRIB), l'agence de radio-télévision publique, sur nomination du Guide suprême.

Candidat à l'élection présidentielle de 2005

Ali Larijani est candidat à la présidence lors de l'élection présidentielle de 2005. Il se classe sixième, avec 5,83 % des votes.

Il est considéré comme le candidat le plus important de l'alliance des conservateurs pour l'élection présidentielle de 2005. Il est soutenu par la Société islamique des ingénieurs, entre autres groupes conservateurs et est désigné comme le choix final du Conseil pour la coordination des forces de la Révolution (en persan : شورای هماهنگی نیروهای انقلاب), qui est composé de représentants de partis et organisations conservatrices influentes. Cependant, il est le moins populaire des trois candidats conservateurs, les autres étant Mahmoud Ahmadinejad (2e place à l'issue du premier tour) et Mohammad Ghalibaf (5e à l'issue du premier tour).

Le , il succède à Hassan Rohani en tant que secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale. Il y est l'un des deux représentants du Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei. Dans le cadre de ses fonctions, il est notamment le principal négociateur sur les sujets en rapport avec la sécurité nationale, comme le sujet du programme nucléaire iranien.

Ali Larijani démissionne le et est remplacé par le vice-ministre des Affaires étrangères chargé des relations avec l'Europe et les États-Unis, Saïd Jalili.

Président de l'Assemblée consultative

En , Ali Larijani est élu président de l'Assemblée consultative islamique d'Iran[6]. Interrogé en 2010 par la chaîne Euronews, il déclare que l'Iran est devenu « une puissance nucléaire pacifique » comparable au Japon, et concernant l'éventualité d'attaques israéliennes ou américaines sur les installations nucléaires de l'Iran, il ajoute : « Nous ne cachons pas nos capacités balistiques »[7].

Il ne se représente pas lors des élections législatives iraniennes de 2020 et son mandat à la tête de l'Assemblée doit s'arrêter dès qu'un successeur est élu, mais en raison de la pandémie de Covid-19, cette élection est retardée[8].

Il est remplacé en par Mohammad Ghalibaf[9].

À partir de 2020, Larijani est conseiller spécial auprès du Guide de la révolution. Il conduit notamment les négociations menant à un accord pluriannuel de coopération stratégique avec la Chine[10].

Élections présidentielles de 2021 et 2024

Ali Larijani dépose sa candidature à l'élection présidentielle de 2021 et est considéré comme l'un des favoris avec Ebrahim Raïssi[11], mais sa candidature n'est pas validée par le Conseil des gardiens de la Constitution[12]. Il est toujours conseiller du guide suprême pour les affaires étrangères, et négociateur international.

Sa candidature à l'élection présidentielle de qui fait suite à la mort du président Ebrahim Raïssi[13] n'est pas non plus retenue par le Conseil des gardiens de la Constitution[14].

Chef du Conseil de sécurité nationale

Jouissant pleinement de la confiance du guide suprême Ali Khamenei, celui-ci le nomme membre du Conseil suprême de sécurité nationale, puis secrétaire de ce conseil en [15].

Selon une enquête de The New York Times, depuis cette période, il dirige presque seul la diplomatie, la défense et les services de sécurité, ne rendant compte qu'au guide suprême[1]. Il est notamment charger de préparer l'Iran à la guerre et protéger le système de la république islamique en cas d’assassinat de ses dirigeants[1].

Selon plusieurs officiels iraniens, le négociateur Steve Witkoff aurait souhaité dialoguer avec le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghtchi[1]. Ce dernier aurait demandé l'autorisation du président de la République, qui a répondu qu'il ne peut rien faire sans l'accord de Ali Larijani[1].

Répression des manifestations de 2026

Pendant les manifestations en Iran de janvier 2026, il est chargé de réprimer le mouvement par la force, tout en assurant la liaison avec les alliés de l'Iran et avec les États-Unis. Ali Larijani désigne également 4 remplaçants possibles pour chacun des principaux ministres ou généraux afin d'assurer la continuité du pouvoir en cas d'attaque américaine[16].

Ali Larijani a été désigné par le gouvernement Trump comme l'un des « architectes de la répression brutale » contre les manifestations en Iran : il est sanctionné par les États-Unis pour avoir ordonné « l'usage de la force contre des manifestants pacifiques »[17]. Selon des sources journalistiques et gouvernementales, il aurait coordonné la réponse sécuritaire ayant mené à des milliers de morts et blessés en 2026[18].

Guerre d'Iran et mort

Dans le cadre de l'attaque israélo-américaine de février-, il est considéré comme l'un des hommes politiques iraniens les plus influents après la mort d'Ali Khamenei le [19]. Selon certaines sources, il s'oppose à la nomination de son deuxième fils, Mojtaba Khamenei, comme nouveau guide suprême, estimant qu'une succession héréditaire contredit les principes de la république islamique et que le pays a besoin d'une figure plus modérée et rassembleuse[20],[21]. Le , il apparaît dans une manifestation pro-régime[22] lors de la journée mondiale d'Al-Quds dans le centre de Téhéran[23].

La position de Larijani est repérée par des agents israéliens. Il aurait changé d'appartement le matin même de sa mort[24]. Ali Larijani est en effet tué dans un bombardement israélien le à Téhéran, en compagnie de son fils, Morteza, de son adjoint, Alireza Bayat, ainsi que de plusieurs membres de sa garde rapprochée[25]. Le commandant des forces de sécurité intérieure du Bassidj, Gholamreza Soleimani, est lui aussi tué lors d'une frappe aérienne israélienne distincte au cours de la même nuit[26]. Le ministre de la Défense israélien Israël Katz se réjouit de la réussite de cet assassinat (en)[27],[28]. Les funérailles d’Ali Larijani ont lieu le lendemain de sa mort dans les rues de Téhéran, en présence de plusieurs milliers de manifestants[29]. Sa succession à la tête du Conseil suprême de sécurité nationale illustre la lutte d'influence croissante entre le président Massoud Pezechkian, qui soutient l'ancien ministre de la Défense du gouvernement modéré de Hassan Rohani, Hossein Dehghan, et les Gardiens de la Révolution, partisans de l'ultraconservateur Saïd Jalili. Un compromis est finalement trouvé entre les deux camps avec la nomination de Mohammad Bagher Zolghadr le [30].

Selon certains observateurs Ali Larijani laisse, après sa disparition, l'image d'un dirigeant pragmatique qui aurait été en mesure de négocier la paix avec Israël et ses alliés[non neutre][31],[28].

Idéologie

Notes et références

Liens externes

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