Mojtaba Khamenei
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Conseil de direction intérimaire
| Mojtaba Khamenei مجتبی خامنهای | ||
Mojtaba Khamenei en 2023. | ||
| Fonctions | ||
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| Guide suprême de l'Iran (chef de l'État) | ||
| En fonction depuis le (1 mois et 16 jours) |
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| Élection | 8 mars 2026 | |
| Président | Massoud Pezechkian | |
| Prédécesseur | Ali Khamenei Conseil de direction intérimaire |
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| Biographie | ||
| Nom de naissance | Mojtaba Hosseini Khamenei | |
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | Machhad (Iran) | |
| Nationalité | Iranienne | |
| Parti politique | Front de la stabilité de la révolution islamique[1] | |
| Père | Ali Khamenei | |
| Mère | Mansoureh Khojasteh Bagherzadeh | |
| Grand-père paternel | Javad Khamenei (en) | |
| Grand-mère paternelle | Khadijeh Mirdamadi (ar) | |
| Fratrie | Mostafa Khamenei Masoud Khamenei |
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| Conjoint | Zahra Haddad-Adel (fa) | |
| Enfants | Mohammad Bagher Khamenei Fatemeh Sadaat Khamenei Mohammad Amin Khamenei |
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| Famille | Khamenei | |
| Entourage | Gholam Ali Haddad-Adel (beau-père) | |
| Diplômé de | Séminaire de Qom | |
| Profession | Religieux | |
| Religion | Islam chiite duodécimain | |
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| Guides de la Révolution de la république islamique d'Iran | ||
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Mojtaba Hosseini Khamenei (en persan : مجتبی حسینی خامنهای), né le à Machhad (Iran), est un religieux et homme d'État iranien, Guide suprême d'Iran depuis le .
Fils cadet du Guide suprême de la République islamique Ali Khamenei, Mojtaba Khamenei est considéré comme proche des conservateurs au sein du clergé iranien. Il prend la direction de la milice Basij pour mener la lutte contre les protestations postélectorales iraniennes de 2009, apportant son soutien au président Mahmoud Ahmadinejad[2].
En raison d'un bombardement ciblé ayant conduit à la mort de son père dans le cadre de la guerre déclenchée en 2026 par les États-Unis et Israël contre l'Iran, il est lui-même élu Guide suprême le par l'Assemblée des experts. Cependant, en raison des graves blessures infligées lors du bombardement visant son père, il serait incapable de gouverner.
Famille et formation
Mojtaba Hosseini Khamenei est le deuxième fils d'Ali Khamenei, président de la République puis Guide suprême d'Iran, et à l'époque militant islamique et opposant au chah, et le petit-fils du grand ayatollah Javad Khamenei[3]. Après avoir obtenu son diplôme d'études secondaires, il étudie la théologie. Ses premiers professeurs comprennent son propre père et l'ayatollah Mahmoud Hashemi Shahroudi. En 1999, il poursuit ses études à Qom pour devenir religieux. Mohammad-Taqi Mesbah Yazdi, l'ayatollah Lotfollah Safi Golpaygani et Mohammad Bagher Kharazi (en) y sont ses professeurs. Il détient le rang d'hodjatoleslam[4].
Vie privée

En 2004, Mojtaba Khamenei épouse Zahra Haddad-Adel, la fille de Gholam Ali Haddad-Adel. Celle-ci meurt le dans l'attaque qui coûte la vie à son beau-père. Ils ont trois enfants, un fils nommé Mohammad Bagher, né en 2007[5], une fille, Fatemeh Sadaat, née en 2013, et un deuxième fils, Mohammad Amin, né en 2017.
Patrimoine
Mojtaba Khamenei disposerait d'une importante fortune, ainsi que d'un patrimoine immobilier au Royaume-Uni et en Suisse, qu'il contrôlerait via des prête-noms, comme l'homme d'affaires iranien Ali Ansari[6].
En 2016, Ali Ansari aurait obtenu un passeport chypriote, ce qui lui a permis de mener discrètement des affaires dans l'Union européenne[6]. Le journaliste Georges Malbrunot décrit Ansari comme allié de la famille Khamenei[7].
En , le Royaume-Uni annonce geler tous les actifs d'Ali Ansari pour financement des Gardiens de la révolution islamique[8],[9].
Guide suprême de la République islamique
Le , au lendemain de l'élection de l'Assemblée des experts, BBC Persian révèle un sondage réalisé auprès d'une trentaine d'observateurs de la politique iranienne, portant sur les personnalités les plus susceptibles d'être désignées guide suprême par la nouvelle assemblée. Le nom de Mojtaba Khamenei est celui qui ressort le plus, devant celui du président Ebrahim Raïssi[10],[11]. Après la mort de ce dernier dans un accident d'hélicoptère, le , le statut de Mojtaba Khamenei comme successeur potentiel de son père se retrouve renforcé[12],[13].
Le , à 9 h 32, des missiles balistiques israéliens Blue Sparrow tuent Ali Khamenei. En plus de son père, Mojtaba Khamenei perd son épouse, sa sœur, sa nièce et son beau-frère dans le bombardement[14]. Présent à cette réunion de famille, il fait à ce moment-là un tour dans le jardin et s'en sort avec une fracture au pied, un hématome autour de l'œil gauche ainsi que de légères lacérations au visage, selon une source relayée par CNN[15],[16].
Malgré l'opposition d'Ali Khamenei à toute succession héréditaire, partagée par le chef de la sécurité Ali Larijani et le président Massoud Pezechkian, ainsi que la préférence des modérés pour Hassan Rohani, Hassan Khomeini (en) ou Alireza Arafi, l'Assemblée des experts élit le Mojtaba Khamenei comme nouveau guide suprême, sous la pression des gardiens de la révolution[17]. Selon les politologues Sina Toossi et Danny Citrinowicz, cette élection « aurait été improbable dans des circonstances normales »[18],[19]. L'ayatollah Mahmoud Rajabi (fa), membre de l'Assemblée des experts, reconnaît que « les conditions sécuritaires » liées à la guerre « ont influencé le processus de sélection »[20].
Si le fils du président iranien rapporte le que Mojtaba Khamenei « est sain et sauf », l'ambassadeur iranien à Chypre déclare le même jour « pense[r] qu'il est à l'hôpital » et donc « pas en état [...] de prononcer un discours »[16]. Selon une source haut placée, relayée par le quotidien koweïtien Al-Jarida (en), il est transféré à Moscou le afin d'y être soigné[21]. Le , le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, affirme qu'il est « probablement défiguré », expliquant ainsi son absence d'apparition publique depuis le début du conflit[16]. Le , le président des États-Unis, Donald Trump, va plus loin en indiquant qu'il « est soit mort, soit mal en point, parce qu'on n'entend plus parler de lui »[22]. Le , le quotidien britannique The Times publie un mémo diplomatique, fondé sur des renseignements américains et israéliens, selon lequel « Mojtaba Khamenei est soigné à Qom dans un état grave et ne peut participer à aucune prise de décision du régime »[23]. Quelques jours après, des membres de son entourage déclarent à l'agence de presse Reuters que Khamenei est gravement blessé aux jambes et au visage, mais qu'il est mentalement apte à diriger[24]. Le , le New York Times, fondé sur les rapports de plusieurs responsables iraniens s'exprimant anonymement, rapporte que Mojtaba Khamenei, bien que grièvement blessé, est « vif d’esprit et actif », et qu'il a, « du moins pour l’instant », délégué le pouvoir décisionnel à des généraux des Gardiens de la révolution[25].
Activités et influence
Mojtaba Khamenei enseigne la théologie islamique au séminaire de Qom[26]. Il enseigne le dars-e kharij, le plus haut niveau d'enseignement en jurisprudence et une condition préalable pour atteindre le rang de mujtahid, un érudit qualifié pour effectuer un raisonnement juridique indépendant (ijtihad) en droit islamique[27].
Bien que discret, Mojtaba Khamenei aurait commencé à exercer d'importantes responsabilités dès les années 2000 selon les services de renseignement américains, qui le décrivent comme un dirigeant « compétent et énergique »[28].