Allan Sekula

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Allan Sekula, né le à Érié (Pennsylvanie) et mort le à Los Angeles, est un photographe, écrivain, réalisateur de films et théoricien de l'art américain[1].

Né en 1951 à Érié en Pennsylvanie, Allan Sekula a vécu et travaillé à Los Angeles. Il commence des études scientifiques à l'université de Californie à San Diego et décide en 1968 de devenir artiste sur les conseils de John Baldessari[2]. Il suit dans cette université les cours de Marcuse, puis de Louis Marin et de David Antin.

Il réside à l’Atelier Calder à Saché de à [3],[4]

Grand lecteur d'ouvrages sur la photographie, admirateur de Jean-Luc Godard et de Jean-Pierre Gorin, Sekula se dit alors influencé à la fois par Duchamp et par Marx[5]. Il commence à utiliser la photographie pour des pièces performatives en 1971, des photos depuis un train longeant une usine de produits chimiques où il a travaillé, ou documentant un vol de steaks surgelés qu’il jette sur l'autoroute (Meat Mass, 1972). Ces actions se destinent à « provoquer des conflits avec de grands systèmes techniques et économiques » et débutent ainsi un travail critique approfondi des mécanismes du capitalisme. Les documents seront bientôt pour lui plus important que les actions mêmes, et son intérêt se porte de plus en plus sur la photographie. Au contraire des différentes tendances - l'art conceptuel, le modernisme - qui intègrent la photographie dans le système et le marché de l'art au prix de son caractère social et politique, Sekula a toujours revendiqué l'impureté fondamentale du médium. Elle est pour lui un outil de description insuffisant à décrire entièrement ce qu'elle montre, et par conséquent son œuvre revendique la dépendance de l'image à l'égard de son contexte. Dans Dismantling Modernism (Défaire le modernisme), il théorise cette position à partir d'œuvres d'artistes qui lui étaient proches à ses débuts, comme Martha Rosler, Fred Lonidier et Phil Steinmetz.

Ses critiques de l'exploitation, du monde du travail et de l'éducation, s'appuient sur sa propre expérience et différents boulots alimentaires - dans un restaurant, un laboratoire scientifique, en tant que conférencier sur l'art. Untitled Slide Sequence (1972) est une révision critique de la "scène primitive" du cinéma, la sortie d'usine à un rythme ultra rapide filmée par les Frères Lumière. Sekula photographie en une séquence la sortie des employés d'une usine d'aéronautique (en pleine guerre du Viêt Nam)[5], à laquelle l'intervention de la sécurité de l'usine met fin, et il en constitue un diaporama de 25 images, devenu en 2011 un tirage papier.

Pour Sekula, la photographie et le film produisent du sens et du langage. Et l’image s’articule dans son travail à différents textes – dialogues enregistrés, citations, écrits. Aerospace Folkstales (1973), est une œuvre à caractère autobiographique « sur l'armée de réserve du travail », où il analyse les différentes pressions qui s'exercent sur les membres de la société dans le travail comme dans la vie domestique. Il y articule l'image à différents textes – dialogues enregistrés, citations, écrits. Sekula a qualifié ce stade de sa démarche de stratégie du film en pièces détachées (disassembled movie). Son enquête la plus extensive, Fish Story (1989-1995), explore un espace absent de l’attention médiatique : le monde de la mer, en se tenant éloigné du pittoresque[6]. On peut y relier d’autres ensembles comme Black Tide/Marea Negra (2002-2003), un essai photographique sur le naufrage du Prestige sur les côtes espagnoles ou The Docker’s Museum, une collection d’objets et d’images attachés à l’univers de la mer rassemblée par l’artiste. Des films comme Lottery of the Sea (2010) et celui réalisé en 2011 avec Noël Burch, The Forgotten Space, prolongent ce travail d'investigation à long terme des coulisses de la globalisation[7].

Allan Sekula meurt le à Los Angeles des suites d’un cancer de l’œsophage[8]. Allan Sekula partageait la vie de Sally Stein, historienne de la photographie[9]. Celle-ci fera don de la bibliothèque de l'artiste, comportant 15 000 volumes, à la bibliothèque du Clark Art Institute[10].

Bibliographie

  • Un recueil de ses premiers textes sur la photographie vient d'être publié en traduction française aux éditions des beaux arts de Paris, Essais sur la photographie, édité par Marie Muracciole (Ensba, ).
  • Également en français : Titanic's Wakes, éditions du Point du Jour, 2003.
  • Fish Story, version française éditée par le musée des beaux arts et de la dentelle de Calais, 1995.

Expositions

Notes et références

Liens externes

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