Alqas Mirza
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| Alqās Mīrzā | |
Alqas Mirza, à la cour de Soliman le Magnifique Illustration tirée du Suleymanname (en) (1558). | |
| Titre | |
|---|---|
| Gouverneur de Astarabad (en) | |
| 1532/33 – | |
| Successeur | Sadraddin Khan Ustajlu |
| Gouverneur de Shirvan | |
| – (9 ans) |
|
| Prédécesseur | Shahrukh de Shirvan (en), à titre de Chirvanchah |
| Successeur | Ismaïl II |
| Biographie | |
| Dynastie | Séfévides |
| Nom de naissance | Abu'l kacem Ghazi Sultan Alqas Mirza |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Tabriz |
| Date de décès | (à 34 ans) |
| Lieu de décès | Château de Qahqaheh à Mechguine-Chahr |
| Père | Ismaïl Ier |
| Mère | Khanbegi khanum Mawsillu |
| Fratrie | Tahmasp Ier Sam Mirza Bahrâm Mîrzâ |
| Conjoint | Khadija Soltan Khanum Ustajlu |
| Enfants | Soltan Ahmad Farrukh Mirza |
| Profession | Prince royal |
| Religion | Islam chiite |
| modifier |
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Abu'l Kacem Ghazi Sultan Alqas Mirza (persan : ابو القاسم غازی سلطان القاس میرزا), plus connu sous le nom de Alqas Mirza ou Elkaz Mirza (القاس میرزا) né le à Tabriz et mort précipité du haut des remparts du Château de Qahqaheh, le , est un prince séfévide et le deuxième fils du roi chah Ismaïl Ier. Au début de l'année 1546, avec l'aide des Ottomans, il organisa une révolte contre son frère, le roi Tahmasp Ier.
Alqas Mirza est né le dans un camp d’hiver près de Tabriz, en tant que troisième fils du chah Ismaïl Ier. Selon une source, son nom serait un jeu de mots sur 'Qisas (représailles), faisant allusion au désir de repousser les Ottomans après la bataille de Tchaldiran[1]. Selon le Tāriḵ-e Rawżat al-ṣafā-ye nāṣeri de Reza-Qoli Khan Hedayat (en), il naquit dès que la nouvelle de la mort de Selim Ier parvint au royaume séfévide[2]. Sa mère était Khanbegi khanum Mawsillu, issue de la tribu des Aq Qoyunlu (Mawsillu (en)), fille de Sufi Khalil Beg Mawsilu (en)[3].
Sa carrière militaire débuta dès 1528, lorsqu’il participa à la bataille de Jam (près de Zurabad (en)) contre les Ouzbeks. À l’âge de seize ans, il reçut de son frère Tahmasp la charge de gouverneur d’Astarabad (en), assisté de Badr Khan Ustajlu (en) en qualité de lala (précepteur) (en). Il fut chargé de lever une armée contre ses anciens ennemis ouzbeks tandis que Tahmasp combattait les Ottomans à l’ouest, dans le cadre de la guerre ottomano-séfévide (1532-1555). Par la suite, il fut envoyé conquérir la province de Rustamdar (en). Entre 1534 et 1536, il rejoignit Tahmasp dans la lutte contre Soliman le Magnifique[4].
Conquête de Shirvan
Shirvan était en proie au chaos après la mort de Khalilullah II (en) en 1535. Les nobles shirvanais firent venir Shahrukh (en), son neveu issu du Chamkhalat de Gazikumukh (en), et le placèrent sur le trône à la place de Sultan Burhaneddin (en), fils de Khalilullah et de sang semi-séfevide. Cet acte déclencha la révolte du Qalandar, dont le chef prétendait être le frère de Khalilullah, frère de Muhammad, et marcha contre Shahrukh. Selon l'historien Khurshah ibn Qubad (en), la reine douairière Parikhan Khanum (en) approuva la révolte et envoya des émissaires à Tahmasp[5], l’invitant à envahir le pays. Bien que le Qalandar ait finalement été vaincu grâce au soutien des forces du Chamkhalat près de Salyan et tué, cela constitua un prétexte suffisant pour l’intervention des Séfévides afin de « rétablir l’ordre ». L’historien séfévide Iskandar beg Munshi (en), écrivant un siècle plus tard, justifia l’incursion séfévide en accusant les émirs du Shirvan d’opprimer le peuple et d’utiliser Shahrukh comme un pantin[6]. Cependant, il existe des indices, selon l'historien Martin Dickson (en), que Tahmasp envisageait déjà de conquérir le Shirvan dès 1532, projet retardé par une invasion ouzbèke[7].
En conséquence, en , Tahmasp I ordonna à Alqas de marcher sur le Shirvan, accompagné de son régent Badr Khan, de son beau-père Mantasha Soltan Ustajlu, de Sevindik Bey Afshar, de Yaqub Soltan Qajar, de Qara Vali Arapgirlu, de Mirza Mohammad Talysh (en) et d’autres émirs. Après avoir franchi la Koura avec une garnison de 300 hommes et 20 000 soldats, ils occupèrent Surkhab (près de l’actuel Arab-Kyukel (en)) et les châteaux de Qabala (près de l’actuel Chukhurkabala) avant de mettre le siège devant la forteresse de Gulustan (en), défendue par Nimatullah beg. Shahrukh, quant à lui, s’était retranché dans la forteresse de Bughurt (en) avec son wakil (en) Huseyn beg. Le siège de la forteresse dura quatre mois[6]. Bien que Darvish Muhammad Khan (en), Khan de Chaki soit venu au secours du Shirvanshah, il fut pris en embuscade par le contingent talysh et se replia. Le Shirvanshah finit par se rendre avec son wakil. La lettre de capitulation envoyée par Alqas parvint à Tahmasp le à Marand. Gulustan fut prise quelques jours plus tard, le . Il fut décidé d’envoyer Shahrukh à Tabriz comme otage le [8]. Tahmasp ordonna ensuite la destruction de la forteresse de Bughurt le et nomma Alqas premier beylerbey du Shirvan, mettant fin à 677 ans d’indépendance des Shirvanshahs.
Cependant, la conquête du Shirvan n’était pas encore achevée, car Bakou et Chaki continuaient de résister. Cette dernière rejoignit finalement le camp séfévide comme État vassal après le mariage de Darvish Muhammad Khan avec la reine douairière Parikhan Khanum en 1539. La conquête de Bakou fut confiée à Ghazi Khan Takalu, qui avait récemment déserté les rangs ottomans et reçut Salyan, Mahmudabad (près de l’actuelAminli (en)) et Bakou comme fiefs vers .
Règne sur Shirvan
À la suite du rappel de Badr Khan Ustajlu, Ghazi Khan devint le nouveau lala d’Alqas en 1540-1541, après la prise de Bakou durant l’hiver. Ghazi, étant un adversaire de la tribu Ustajlu, rompit l’équilibre entre les tribus et limita l’autonomie du prince. Pour aggraver les choses, son frère Ali beg Takalu fut nommé gardien du sanctuaire d'Ardabil. Cependant, Ghazi commença bientôt à montrer des tendances rebelles. Sur ordre de Tahmasp, Alqas fit exécuter Ghazi et son frère Mustafa beg en 1544/45[4].
Les racines de la rébellion ultérieure d’Alqas restent obscures. Selon Ahmad Monshi Ghomi (en), un certain Begoglu Ustajlu souhaitait épouser Khanbegi Khanum, la mère d’Alqas, et Tahmasp l’y autorisa. En réponse, Alqas le fit exécuter[4]. Walter Posch soutient qu’après l’exécution de Ghazi, Alqas reçut ses soldats et, grâce au trésor du Shirvanshah et à une économie solide, il se sentit assez puissant pour agir en quasi-indépendant. La noblesse shirvanienne mécontente favorisait également Alqas. Celui-ci cessa bientôt les malédictions tabarra (en) et retira les qadis séfévides du Shirvan. Bien que Matrakçı Nasuh ait vu cela comme un signe de conversion au sunnisme, il cherchait probablement à apaiser ses nouveaux sujets shirvaniens[9].
Peu après, en 1545, Tahmasp envoya un émissaire depuis Qazvin, nommé Ali agha Akhcha Sakal Urganch oghlu[10], et exigea l’exécution du vizir shirvanien d’Alqas, Sayyid Mir Azizullah Shirvani. Alqas refusa d’obéir, affirmant qu’il ne pouvait pas verser le sang d’un sayyid. Les deux frères se réconcilièrent cependant provisoirement, après l’intermédiation de la mère et du fils d’Alqas en mai-[4]. Alqas accepta de fournir 1 000 toman et 1 000 cavaliers chaque année comme tribut, de participer à la campagne prochaine de Tahmasp en Géorgie et d’exécuter des nobles shirvaniens[8]. Selon Matrakçı Nasuh, cette demande fut à nouveau rejetée[11]. Furieux, Tahmasp le rappela à la cour, tandis qu’Alqas envoyait un cavalier à l’Empire ottoman pour demander de l’aide. L’émissaire fut arrêté par Léon Ier de Kakhétie et ses lettres furent transmises au chah. Toutefois, les sources séfévides s’accordent à dire qu’Alqas était en accord avec son frère et lui obéissait.
Après le serment d’allégeance en - , Alqas reçut l’ordre d’attaquer les Circassiens. Du point de vue de Tahmasp, sa présence en Géorgie empêchait Alqas de contacter les Ottomans. Tahmasp devait soutenir Bagrat III d'Iméréthie contre Kai-Khosrov II Jakéli et les Ottomans. Pendant ce temps, Alqas marcha contre la Kabardie avec 6 000 hommes, négociant avec le peuple tabassaran et le Gazikumukh (en) pour traverser leurs territoires. Cependant, il ne put faire grand-chose à cause du froid dans la région montagneuse. Plusieurs officiers, dont Parvandi agha Rumlu et Shahnazar beg, frère de Darvish Muhammad, tombèrent au combat contre les Circassiens. Après avoir réussi à tuer seulement 600 Circassiens, il fut contraint de se replier sur Derbent.
Pendant ce temps, Tahmasp campa à Ievlakh et envoya Ibrahim Khan Zulqadar, Husaynjan Soltan Rumlu, Gokcha Soltan Qajar, Shahverdi Sultan (en), Khwaja Basan et 5 000 cavaliers pour prendre la famille d’Alqas en otage. Dawlatyar, intendant de l’ordu d’Alqas, apprenant cela, emmena la famille à la forteresse de Gulustan. Un autre contingent, sous Suleyman bey Chalabi Chepni avec 600 hommes, fut envoyé pour assiéger Derbent. Alqas répondit en envoyant Muhammad bey Afshar[10], ainsi que les frères Deli et Saru Qaytmas. Muhammad bey fut vaincu près de Qabala et certains officiers d’Alqas furent emprisonnés ou tués. Incapable de résister aux forces du chah, Alqas s’enfuit à Khinalyg mais dut affronter l’armée séfevide sur les rives de la rivière Samour. Vaincu et blessé, Alqas s’enfuit vers l’Empire ottoman par la route Gazikumukh-Crimée-Constantinople en 1547[12] avec 40 compagnons[4]. Malgré la fuite d’Alqas, la forteresse de Gulustan continua de résister, son commandant Dawlatyar tuant l’émir séfévide Hamza beg Kashani. La forteresse fut prise après trois mois de siège. Derbent tomba également après la reddition de Khanbegi Khanum, sa défenseure. Tahmasp attribua le Shirvan à son fils, le futur shah Ismail II, avec Gokcha Soltan comme régent.
En exil
À Constantinople en 1547, il entra en contact avec le sultan ottoman Soliman, lui expliquant les raisons de son départ d’Iran ainsi que son désir d’y revenir en tant que client des Ottomans. À cette nouvelle, Soliman se hâta de quitter Edirne pour rencontrer l’exilé Alqas[12], lequel promit un soutien massif des Qizilbash si Soliman acceptait de l’aider, et il se peut qu’il se soit converti au sunnisme[4].
Peu après, Alqas, avec l’appui de Soliman, marcha contre son ancien pays. Aidé par Ulama Pacha Takalu, un transfuge safavide devenu beylerbey d’Erzurum, il occupa Khoy le avec 40 000 hommes. Alqas vainquit ensuite les Safavides près de Marand et établit son camp près de Eyshabad (en). Cependant, le soutien promis des Qizilbash ne vint jamais et Soliman fut contraint de se replier sur Van. Tout en continuant de soutenir Alqas, Soliman l’envoya conquérir l’Irak persan (en). En conséquence, Alqas réussit à s’emparer de Hamadan et captura la famille de son frère Bahrâm Mîrzâ. Poussant plus loin, il conquit Qom, pilla Ray, assiégea Ispahan, prit le château de Izadkhvast et alla jusqu’à Chiraz avant de revenir à Behbahan. Alqas regagna finalement les territoires ottomans le . Craignant l’échec et une punition imminente, Alqas fit appel au chef kurde Surkhab d’Ardalan, qui le livra à Bahram Mirza le .
Mort et famille

Alqas fut remis à Hasan Bey Yuzbashi et emprisonné dans le forteresse de Qahqaheh avec ses fils. Six mois plus tard, il fut exécuté par Hasan Yuzbashi, qui le fit précipiter du haut des remparts de la forteresse le . Hasan Yuzbashi est le fils de Begoglu Ustajlu[4].
Alqas était marié à Khadija Soltan Khanum, fille de Mantasha Soltan Ustajlu. De cette union naquirent deux fils, Soltan Ahmad et Farrukh Mirza. Après la mort d’Alqas, Khadija épousa Badr Khan Ustajlu (en) en 1552, puis Sayyed Abolqasem Razavi en 1559. Les deux fils d’Alqas furent exécutés en 1568 avec son frère Sam Mirza et ses enfants[13].