Bahrâm Mîrzâ
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Bahrâm Mîrzâ | |
Portrait probablement contemporain de Bahram Mirza dans Prince et courtisan, attribué à Doust Mohammad, vers 1540.[1],[2] | |
| Titre | |
|---|---|
| Gouverneur de Hérat | |
| – (3 ans) |
|
| Prédécesseur | Sam Mirza |
| Successeur | Sam Mirza |
| Gouverneur du Guilan | |
| 1536/37 – 1536/37 | |
| Prédécesseur | Soltan-Hasan Kiya (dynastie Kar-Kiya) |
| Successeur | Administration séfévide (éphémère) |
| Gouverneur de Hamadan | |
| – (2 ans) |
|
| Prédécesseur | Abdollah Khan Ustajlu (en) |
| Successeur | Non précisé |
| Biographie | |
| Dynastie | Séfévides |
| Nom de naissance | Abû al-Fath Bahrâm Mîrzâ |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Maragha |
| Date de décès | (à 32 ans) |
| Lieu de décès | Erdalan |
| Père | Ismaïl Ier |
| Mère | Tajlu Khanum (en) |
| Fratrie | Tahmasp Ier Sam Mirza Alqas Mirza |
| Conjoint | Zaynab Sultan Khanum (en) |
| Enfants | Sultan Ibrahim Mirza Soltân Hosayn Mirzâ Badi-al Zaman Mirzâ (en) |
| Profession | Prince royal |
| Religion | Islam chiite |
| modifier |
|
Abou al-Fath Bahrâm Mîrzâ (persan : أبو الفتح بهرام ميرزا) né le à Maragha et mort le à Ardalan, probablement d’une overdose d’opium est un prince séfévide et le plus jeune fils du chah Ismaïl Ier.
Bahram Mirza est né le à Maragha[3],[4]. Il est le plus jeune fils du chah Ismaïl Ier, fondateur de la dynastie séfévide[5]. En raison de son goût pour les légendes nationales iraniennes, le chah Ismaïl Ier le nomme Bahram, en hommage au souverain sassanide Bahram V, célèbre pour sa vie romanesque et ses exploits de chasseur[6].
La mère de Bahram Mirza est Tajlu Khanum (en), une Turkmène de la tribu Mawsillu (en)[3],[7]. À la mort du chah Ismaïl Ier en 1524, son fils Tahmasp Ier[5] — frère germain de Bahram Mirza — lui succède[7]. Les deux frères entretiennent une relation étroite, le chah Tahmasp Ier sollicitant fréquemment les conseils de Bahram Mirza[4].
Carrière
Conformément à la tradition séfévide, Bahram Mirza se voit confier le gouvernorat de plusieurs provinces, sous la supervision d’un tuteur qui détient l’autorité réelle[7]. En 1530, il succède à son frère Sam Mirza comme gouverneur de Hérat, avec Ghazi Khan Takkalu pour tuteur[5],[8]. Au printemps 1532, une armée ouzbek commandée par Ubaid-Allah Shah met le siège devant Hérat. Si l’armée iranienne parvient à tenir un siège aussi long, c’est parce qu’elle est approvisionnée par des Ouzbeks hostiles à Ubaid-Allah Shah. En , ce dernier lève le siège et se retire[7].
Le mois suivant, le chah Tahmasp Ier arrive à Hérat, où il remplace Bahram Mirza et Ghazi Khan Takkalu par Sam Mirza, assisté d’Aghzivar Khan Shamlu comme tuteur. Dans les années suivantes, Bahram Mirza participe activement à la guerre ottomano-séfévide, suite à l'invasion de l'Iran par l'Empire Ottoman. Il prend part aux combats de Tabriz en 1534, et l’année suivante il repousse les soldats ottomans qui tentaient de reprendre les territoires brièvement occupés en 1534[7].
En 1536/1537, le chah Tahmasp Ier tente d’étendre le contrôle séfévide à la faveur de la mort du souverain de la dynastie Kar-Kiya (en) dans l’est du Guilan, Soltan-Hasan Kiya. Il nomme Bahram Mirza gouverneur de Gilan, chargé d’imposer l’autorité safavide avec l’appui d’une importante armée. Durant son bref mandat, Bahram Mirza se heurte à une forte opposition : des soulèvements éclatent, le forçant à fuir vers Qazvin. Selon l’historien moderne Colin P. Mitchell, « cela ne fit probablement pas bonne impression sur son frère aîné ». Sa nomination suivante connue date de 1546, lorsqu’il succède à Abdollah Khan Ustajlu (en) comme gouverneur de Hamadan, avec Cheragh Soltan Gerampa Ustajlu pour tuteur[5],[9].
Bahram Mirza joue un rôle décisif dans la répression de la révolte de son frère Alqas Mirza, qui avait envahi l’Iran continental avec le soutien ottoman. En 1548, alors que Bahram Mirza est absent, Alqas Mirza attaque Hamadan et capture sa famille, qu’il avait envoyée à Bagdad (celle-ci est libérée après la mort d’Alqas Mirza)[5],[7]. Alqas Mirza et ses troupes sont ensuite pourchassés à travers le centre de l’Iran par Bahram Mirza, en coordination avec Ibrahim Dhu'l-Qadar, gouverneur de Shiraz. En 1549, dans la ville de Marivan, Alqas Mirza se rend à Bahram Mirza[5]. Ce dernier le conduit devant le chah Tahmasp Ier, qui le fait enfermer dans le château de Qahqaheh[10].
Bahram Mirza meurt au cours de cette période, le , dans un village d'Ardalan, probablement des suites d’une overdose d’opium[4],[5]. Il est enterré à Mashhad[4]. Le , Alqas Mirza est exécuté en étant précipité du château[10].
Mécénat culturel

Grand mécène des arts, Bahrâm Mirzâ était également un calligraphe, peintre, poète et musicien talentueux[7]. Dans ses poèmes, il utilisait les pseudonymes « Bahrâm » et « Bahrâmi »[4]. Certains des mêmes peintres et calligraphes semblent avoir travaillé à la fois pour lui et pour le chah Tahmasp I, ce qui suggère que leurs goûts artistiques étaient similaires. Le principal calligraphe de Bahrâm Mirzâ était Rostam-Ali Khorasani, neveu du peintre de renom Kamal ud-Din Behzad. Un pavillon de jardin construit par Bahrâm Mirzâ comportait des peintures murales figuratives réalisées par deux éminents artistes de la cour séfévide, Agha Mirek et Mir Mossavver[7].
Bahrâm Mirzâ confia à Dust Mohammad Haravi la tâche de compiler sa collection d’art sous forme d’album[4], qu’il acheva entre 1543 et 1545[12]. Connu sous le nom de Album Bahram Mirza (en), il est conservé au palais de Topkapı à Istanbul depuis la seconde moitié du XVIe siècle. Cet album semble avoir exercé une influence significative sur la perception, en Iran séfévide, d’un style artistique persan distinct[13]. Il contient des œuvres de plusieurs artistes de renom tels que Kamal ud-Din Behzad, Ahmad Musa, Abd al-Hayy (en), Jafar Tabrizi (en), Sultan Ali Mashhadi (en), Shah Mahmud Nishapuri et Anisi[4]. La double page introductive de l’album, habituellement consacrée aux portraits de cour, représente Ali ibn Abi Talib, soulignant ainsi l’héritage spirituel revendiqué par les Séfévides. Dans la préface, Ali est qualifié de « premier peintre de l’islam ». L’album contient également de nombreuses peintures chinoises, bien que cela ne soit pas mentionné explicitement dans le préambule[14].
Bahrâm Mirzâ employa aussi des historiens, tels que Budaq Monshi Qazvini (en), auteur du Javaher al-akhbar (en) (« Les joyaux des histoires »), et Yahya ibn Abd al-Latif Hoseyni Qazvini (en), auteur du Lobb al-tavarikh (« L’essence des histoires »)[5].
